S’émerveiller comme le Petit Prince, de Christine Michaud et Thomas De Koninck : habiter poétiquement le monde

Et si nous devenions plus conscient de cette possibilité d’amour profond et fécond à l’intérieur de nous ? Nous le nourririons en colmatant nos fissures de vie, en laissant entrer plus de lumière. Pour cela, il nous faudrait possiblement ralentir la cadence, voire nous arrêter pour percevoir la beauté et nous en émerveiller.

Je l’ai déjà dit mille fois : Le Petit Prince, c’est le livre de ma vie, et d’ailleurs, lorsqu’il y a quelque temps on m’a demandé je ne sais plus à quelle occasion quel personnage de fiction je choisirais pour me représenter, c’est lui que j’ai cité. Je rapporte un exemplaire du livre de chacun de mes voyages. Aussi, lorsque l’autre jour je suis tombée sur ce petit ouvrage, je n’ai pas hésité.

De quoi est-il question ? D’habiter le monde comme le Petit Prince, à savoir poétiquement, en s’émerveillant de tout. Croisant les approche de la philosophie et de la psychologie positive, ce petit essai nous invite donc à mieux comprendre la pensée et la vision du monde qui sous-tend le conte : l’importance de la beauté, la quête de sens, le bonheur, les liens affectifs, la solidarité, la conscience, l’enfance, la Providence, Dieu, l’invisible essentiel.

Un très joli petit livre, qui invite à se poser beaucoup de questions sur le monde, à le vivre autrement, à redonner sa place à l’essentiel. Cela étant, j’ai trouvé que notre petit garçon blond apparaissait un peu comme un prétexte, et que les auteurs ne s’appuyaient pas assez sur les épisodes précis du livre, au profit de citations tirées d’autres ouvrages de saint-Exupéry, ce qui est bien entendu passionnant (d’autant que je voue un tel amour au Petit Prince que j’ai toujours eu peur de m’aventurer dans le reste de sa bibliographie, et que maintenant, cela me titille) mais m’a un peu frustrée par moments. Néanmoins, j’ai pris beaucoup, beaucoup de plaisir à cette lecture !

S’émerveiller comme le Petit Prince
Christine MICHAUD et Thomas De KONINCK
Gallimard, 2020 (J’ai Lu, 2021)

Tous les matins, on a une mission

On ne va pas se mentir : les temps sont un peu compliqués. Mais lorsqu’il y a peu je suis retombée sur cette citation d’Edouard Baer, elle m’a fait sourire, et j’ai eu envie de la partager avec vous. Même si en ce moment, j’ai parfois envie de revenir me coucher !

Tous les matins, on a une mission. Trouver la gaieté au milieu des raisons de désespérer. La beauté au milieu des laideurs. La gentillesse au milieu des visages fermés. Les caresses au milieu des griffes. La tendresse au milieu des gifles. L’ouverture au milieu des fermetures. Si vous acceptez cette mission, la journée sera magnifique. Si vous la refusez, allez vous recoucher tout de suite !

Edouard BAER

Instantané : vêtu d’automne

« Allons nous gaver de beauté et de poésie », me suis-je dit dimanche dernier en partant pour ma promenade au jardin des plantes ! Je voulais voir où en était mon gingko : il est encore vert, comme la plupart de ses voisins. Et la lumière n’était vraiment pas belle. Je circulais, j’en profitais, de toute cette beauté, tout de même, mais quelque chose résistait. Et puis, soudain, tout fut parfait : une éclaircie, une luminosité exactement comme je la voulais, le ciel tout à coup d’un bleu intense et le soleil à travers les feuillages au moment où je passais sous cet érable, le seul arbre du jardin à être vêtu d’automne ! Et ce fut merveilleux ! 

Instantané : bords de Loire

Je ne vais pas souvent me promener en bord de Loire. Mais je la traverse certains matins pour aller travailler, et au-delà des circonstances assez pénibles de cette traversée, je suis émerveillée par les lumières du soleil levant à un certain endroit du pont. Et c’est un spectacle que j’aimerais vraiment pouvoir photographier pour le partager, mais il n’est pas possible de s’arrêter sur le pont. Aussi me suis-je dit, dimanche, que j’allais y faire un tour et voir si c’était possible de garer ma voiture à proximité et trouver un endroit pour photographier. Malheureusement, ça ne l’est pas très facilement. Mais tant pis, j’ai tout de même pu profiter de la Loire, du soleil, des petits chemins déserts de la rive sud. Et m’émerveiller.

Instantané : bords de Loire

Instantané : promenade du dimanche

C’est une de mes intentions de la rentrée : reprendre une habitude que j’avais perdue alors qu’elle était importante pour moi : la promenade du dimanche. C’est un des impératifs de Julia Cameron, qui dans ses programme conseille d’aller se promener, seul, une heure par semaine. Et c’est vrai que ça fait un bien fou, de s’aérer, de s’émerveiller, de délasser un peu l’esprit et de laisser vagabonder ses pensées. C’est comme ça que dimanche dernier, je suis allée au Jardin des Plantes, un endroit que je n’ai découvert qu’il y a deux ans et dont je n’ai pas beaucoup profité puisqu’après il y a eu le confinement, puis le masque obligatoire partout même dans les parcs donc je ne vois pas bien l’intérêt de se promener. Et c’était comme une redécouverte : le jardin des roses, les espaces méditerranéens, les serres, l’immense Gingko. Je l’avais rencontré en automne (et ce jardin est sublime en automne) mais en été, c’est d’autres couleurs, d’autres odeurs, d’autres sons, et c’est magnifique !

Instantané : la magie des fleurs

Saint Fiacre est le patron des jardiniers. A Orléans, il est fêté (sauf l’an dernier) le dernier week-end août, par des installations florales dans l’église Saint-Marceau : des milliers de fleurs qui donnent à l’endroit l’allure d’un temple païen dédié à Vénus. Ici, c’est l’émerveillement qui domine : des « ah », « des oh », des « comme c’est beau ». Et par les temps qui courent, toute cette beauté, toute cette poésie, ça fait un bien fou, et c’est de cela dont es gens ont besoin, je crois. De la magie des fleurs. D »émerveillement.

Instantané : les hirondelles

Une des choses que j’adore et qui m’émerveillent, en cette saison, c’est le ballet du soir des hirondelles. Avec les couleurs et les lumières du ciel d’été comme toile de fond, c’est un spectacle absolument ravissant, non ?