Instantané : vêtu d’automne

« Allons nous gaver de beauté et de poésie », me suis-je dit dimanche dernier en partant pour ma promenade au jardin des plantes ! Je voulais voir où en était mon gingko : il est encore vert, comme la plupart de ses voisins. Et la lumière n’était vraiment pas belle. Je circulais, j’en profitais, de toute cette beauté, tout de même, mais quelque chose résistait. Et puis, soudain, tout fut parfait : une éclaircie, une luminosité exactement comme je la voulais, le ciel tout à coup d’un bleu intense et le soleil à travers les feuillages au moment où je passais sous cet érable, le seul arbre du jardin à être vêtu d’automne ! Et ce fut merveilleux ! 

Instantané : bords de Loire

Je ne vais pas souvent me promener en bord de Loire. Mais je la traverse certains matins pour aller travailler, et au-delà des circonstances assez pénibles de cette traversée, je suis émerveillée par les lumières du soleil levant à un certain endroit du pont. Et c’est un spectacle que j’aimerais vraiment pouvoir photographier pour le partager, mais il n’est pas possible de s’arrêter sur le pont. Aussi me suis-je dit, dimanche, que j’allais y faire un tour et voir si c’était possible de garer ma voiture à proximité et trouver un endroit pour photographier. Malheureusement, ça ne l’est pas très facilement. Mais tant pis, j’ai tout de même pu profiter de la Loire, du soleil, des petits chemins déserts de la rive sud. Et m’émerveiller.

Instantané : bords de Loire

Instantané : promenade du dimanche

C’est une de mes intentions de la rentrée : reprendre une habitude que j’avais perdue alors qu’elle était importante pour moi : la promenade du dimanche. C’est un des impératifs de Julia Cameron, qui dans ses programme conseille d’aller se promener, seul, une heure par semaine. Et c’est vrai que ça fait un bien fou, de s’aérer, de s’émerveiller, de délasser un peu l’esprit et de laisser vagabonder ses pensées. C’est comme ça que dimanche dernier, je suis allée au Jardin des Plantes, un endroit que je n’ai découvert qu’il y a deux ans et dont je n’ai pas beaucoup profité puisqu’après il y a eu le confinement, puis le masque obligatoire partout même dans les parcs donc je ne vois pas bien l’intérêt de se promener. Et c’était comme une redécouverte : le jardin des roses, les espaces méditerranéens, les serres, l’immense Gingko. Je l’avais rencontré en automne (et ce jardin est sublime en automne) mais en été, c’est d’autres couleurs, d’autres odeurs, d’autres sons, et c’est magnifique !

Instantané : la magie des fleurs

Saint Fiacre est le patron des jardiniers. A Orléans, il est fêté (sauf l’an dernier) le dernier week-end août, par des installations florales dans l’église Saint-Marceau : des milliers de fleurs qui donnent à l’endroit l’allure d’un temple païen dédié à Vénus. Ici, c’est l’émerveillement qui domine : des « ah », « des oh », des « comme c’est beau ». Et par les temps qui courent, toute cette beauté, toute cette poésie, ça fait un bien fou, et c’est de cela dont es gens ont besoin, je crois. De la magie des fleurs. D »émerveillement.

Instantané : les hirondelles

Une des choses que j’adore et qui m’émerveillent, en cette saison, c’est le ballet du soir des hirondelles. Avec les couleurs et les lumières du ciel d’été comme toile de fond, c’est un spectacle absolument ravissant, non ?

S’émerveiller, de Belinda Cannone : la vigilance poétique

Car s’émerveiller résulte d’un mouvement intime, d’une disposition intérieure par lesquels le paysage à ma fenêtre ou l’homme devant moi deviennent des événements. […] J’aimerais ici évoquer cet état intérieur propice à la saisie émerveillée du monde. Celle-ci n’est pas liée au caractère exceptionnel du spectacle que nous contemplons : c’est notre vigilance poétique, notre concentration, qui peut rendre « spectaculaire » (visible) un objet intrinsèquement humble. Je m’intéresse à cet état parce qu’il relève d’une sagesse — d’un savoir-vivre à conquérir contre l’agitation de nos jours.

J’avais cet essai en ligne de mire depuis un moment. Evidemment. D’autant que certains essais de Belinda Cannone m’ont, pour ainsi dire, émerveillée : quand elle parle du désir, c’est absolument sublime. Mais voilà, j’ai laissé passer, et puis, et puis, l’autre jour, je n’ai plus résisté.

Dans cet essai, réalisé en partenariat avec l’Association Régionale pour la Diffusion de l’Image, Belinda Cannone cherche à saisir l’essence de l’émerveillement, qui repose non dans l’objet mais dans l’attitude de celui qui contemple : un état de vigilance poétique, qui permet d’ouvrir grand les yeux sur le monde, y être attentif, afin de percevoir toute sa beauté, même dans les choses les plus infimes, de ressentir pleinement la joie et de vibrer intensément.

Autant le dire : c’est l’histoire de ma vie. Habiter poétiquement le monde. Vibrer comme une immense lyre.

Et cet essai m’a donc, littéralement, émerveillée : qu’est-ce que cette formulation, « l’état de vigilance poétique », m’a profondément touchée ! Et cette écriture. A chaque page, j’avais envie de tout noter tant Belinda Cannone sait saisir avec ses mots ce qui est à la fois expérience intime (et en ce sens le texte est très personnel), et universelle.

Cet essai résolument inspirant a fait vibrer mon âme !

S’émerveiller
Belinda CANNONE
Stock, 2017

Instantané : diffusion

Je viens de découvrir l’encre acrylique grâce au merveilleux cours d’Art Journal de Mélody (et vraiment n’hésitez pas à le suivre : c’est follement inspirant). Et c’est un coup de foudre : je ne me lasse plus de déposer des gouttes d’encre sur le papier et de les faire se diffuser les unes dans les autres, on dirait que les couleurs font l’amour, fusionnent, cela fait des formes étonnantes et ça m’émerveille !

Et vous, qu’est-ce qui vous a émerveillé cette semaine ?