Autrice indépendante : la suite !

Aujourd’hui, j’avais prévu de vous parler de mon carton d’exemplaires auteur, des dédicaces, de l’envoi des SP. Sauf qu’encore une fois, les choses ne se sont pas passées comme je l’avais prévu. Et là, cela ne vient pas du tout d’une erreur de ma part (puisque depuis j’ai compris comment fixer une date de sortie mais référencer bien en amont pour qu’ils puissent faire leur stock), mais d’une circonstance extérieure totalement indépendante de ma volonté : il se trouve que mon carton, avec mes livres, que j’aurais dû recevoir samedi, a eu un accident, qu’il était tout abîmé, et qu’on ne me l’a donc pas livré. Il a donc fallu que je refasse ma commande, et compte tenu des délais, je ne l’aurai que samedi.

Alors le positif : au moins, je peux constater que la qualité de la marchandise est un point important pour Amazon, et qu’ils ne m’ont pas livré un carton tout abîmé. Et ils me l’ont remboursé très vite. L’autre point positif, parce que je crois que c’est mon travail du moment, c’est que cela m’oblige à nouveau à lâcher prise et à suivre les événements tels qu’ils arrivent, sans me crisper sur ce que j’avais prévu.

Le négatif, c’est que je n’ai pas mes livres alors que des gens les attendent. Des gens qui me l’ont acheté, et des gens qui attendent leur SP. Et en retardant l’envoi des SP, je retarde d’autant la parution des premiers avis, ce qui est ennuyeux. Mais voilà, j’ai choisi l’indépendance, et cela fait partie des risques et des aléas.

Donc : je continue à avancer, si je m’agace ça ne fera pas arriver mon carton plus vite. Donc j’écris. Et surtout : j’ai terminé les corrections de mon recueil de nouvelles érotiques, pour parution à la rentrée. Il ne me manque plus que les ISBN : pour le reste, j’ai fait la mise en page de la version numérique et de la version papier (et alors, le truc merveilleux : ce qui m’avait pris des heures la première fois m’a pris dix minutes : compétence acquise), j’ai fait une playlist accessible par QRcode parce qu’il est beaucoup question de musique dans les textes, et bien sûr j’ai fait la couverture. L’idée est que tout soit paré au décollage lorsque je reviendrai de vacances !

Voilà, j’espère tout de même que la semaine prochaine nous pourrons parler dédicaces et services de presse !

Autrice indépendante : une histoire de lâcher-prise

Poursuivons notre petite série. Nous en sommes arrivés au stade où le roman est sorti, où vous pouvez l’acheter, ce que d’ailleurs vous faites, et je vous en remercie.

Sauf que les choses ne se sont pas déroulées comme je l’espérais ni le croyais. J’avais publié le roman la veille du jour J, pour être sûre qu’il soit bien en ligne à la date que j’avais prévue, et je sais que cela peut prendre un peu de temps (jusqu’à 72h : ce n’est pas très précis, ça, mais j’y reviendrai). Donc, vendredi, le roman était en ligne dans ses deux versions, numérique et broché. Tout était ok alors ? Et bien, non. Parce que le broché apparaissait bien, mais comme indisponible pour cause de rupture de stock. Et là, panique : après tout le travail que j’avais fourni pour le lancement, voilà que les gens veulent commander mon livre et ne peuvent pas. Alors je cherche sur les forums, j’appelle Amazon et j’ai au bout du fil (enfin, si je puis dire : ça fait belle lurette que les téléphones n’ont plus de fil) un gars gentil mais qui, je le crains, n’a pas compris mon problème. Et donc ne l’a pas résolu.

Ce qui me chiffonnait dans l’histoire, c’est qu’il était commandable sur les plateformes étrangères, pour peu qu’on vive dans les pays concernés, mais pas en France. Inutile de vous dire que je bouillonnais, et que j’étais dépitée. J’ai fini par comprendre qu’après la publication, il faut quelques heures (voire jours) pour qu’il apparaisse disponible, une histoire de stocks tampons : pour ne pas que les délais de livraison soient trop longs, ils se prévoient du stock pour pouvoir les expédier en même temps que les livres du réseau traditionnel. Bon, dans les faits, cela a été vite : vendredi soir j’ai enfin pu commander mes exemplaires auteurs (qui eux passent bien par le réseau de l’impression à la demande, donc je ne les aurai qu’en fin de semaine), ce qui laissait augurer que le reste arriverait vite, et en effet, samedi matin en me levant j’avais des messages de lecteurs (plus matinaux que moi) me disant que c’était bon et qu’ils avaient pu commander ! J’aime mes lecteurs… Dans la foulée j’ai aussi pris un exemplaire par la voie classique, histoire de l’avoir plus vite !

Ce qui m’agace un petit peu dans l’histoire, c’est qu’au final on ne peut pas prévoir de date exacte de sortie, sinon une date fictive, vu que le temps de mise en ligne et de référencement est assez aléatoire… Or, on sait que la date de sortie est très importante, pour impulser le mouvement, et pour le classement !

Cela dit, j’ai bien compris l’idée qu’il fallait que je lâche prise, parce que je ne pourrai jamais tout contrôler, il y aura toujours des imprévus, des trucs que je n’aurai pas anticipé, des aléas techniques, et que si c’est vraiment la voie que je veux suivre, il va falloir m’y faire. Oui, c’était un peu un test de passage et je crois que je l’ai réussi : je me suis agacée, c’est sûr, j’étais un peu dépitée évidemment, mais je n’ai pas pleuré (et ça, quand on connaît mon hypersensibilité qui me fait pleurer devant les pubs Ricoré, c’est un exploit) et je ne me suis pas non plus mise en colère, je n’ai insulté personne, donc tout va bien.

Et depuis, j’ai reçu mon exemplaire, et c’est une joie indicible, qui valait bien tout ce travail !

Vous pouvez l’acheter ici !

Autrice indépendante : le jour J (et un concours)

Et nous y voilà : c’est le grand jour. Une page qui se tourne et un nouveau chapitre qui s’ouvre.

Une page qui se tourne : ce livre je l’ai porté pendant dix ans, écrit et réécrit des milliers de fois jusqu’à trouver la solution qui lui convenait, jusqu’à trouver sa place, et je crois vraiment avoir fait le bon choix. Les dernières semaines ont été un tourbillon. Et désormais il ne m’appartient plus, en tout cas il n’appartient plus seulement à moi, et c’est un mélange d’excitation et d’appréhension.

Un nouveau chapitre : ces dernières semaines j’ai vraiment senti que quelque chose de nouveau était en train de se mettre en place. Aujourd’hui, c’est le premier jour du reste de ma vie !

Vous pouvez donc désormais vous procurer le livre, au choix en version papier ou en version numérique : ici ! (A l’heure où j’écris il apparaît comme en rupture de stock mais ça devrait être rapidement corrigé).

La deuxième bande annonce :

Et comme promis, je vous propose un concours : le gagnant recevra un exemplaire dédicacé ainsi que des goodies ! Pour participer rien de plus simple : il suffit de me dire en commentaire que vous souhaitez participer, et ce avant le 1er juillet ! Je contacterai directement le gagnant ! Vous pouvez obtenir plus de chances en partageant le lien de l’article, soit sur Facebook soit sur Twitter et me tagguer pour que je puisse le voir (ou bien directement repartager ma propre publication sur ces réseaux) ! Il y a aussi un concours sur Instagram !

Autrice Indépendante : changements et questionnements

Profitant d’une accalmie sur le front de la publication en elle-même — tout est prêt pour vendredi : je vais mettre le broché en ligne dans la journée pour garantir qu’il soit disponible vendredi, et j’ai reçu mes goodies — et ne voulant pas que l’excitation retombe, je me suis lancée dans un autre élément de communication : mon site d’auteur, puisqu’il paraît qu’il en faut absolument un. J’ai donc passé ma journée de vendredi, comme vous avez pu le constater, à refonder entièrement le site pour en faire ma « vitrine » : j’ai changé le nom (mais pas l’adresse parce que je ne veux pas perdre mon référencement ni des lecteurs dans l’opération), fait une page d’accueil statique, restructuré le menu de manière à ce qu’on s’y retrouve : le blog n’est donc plus en une, même s’il reste l’élément central, et j’ai simplifié les catégories parce qu’avec ma manie de tout sous-catégoriser, on ne s’y retrouvait plus, et je n’ai donc laissé que les grandes catégories. J’ai créé une page pour les livres, et une autre pour l’infolettre.

Ce qui m’a menée à de grands questionnements autour du Voyage Poétique : un projet auquel je tiens, mais qui en l’état ne fonctionne pas très bien. Pour plusieurs raisons sans doute, mais la première, je pense, est que j’ai fait une erreur en lui créant un site à part : erreur stratégique et commerciale, mais surtout erreur énergétique (ceci expliquant cela) : en fait, cela me donnait le sentiment de m’éparpiller, et que c’était « à part », alors que non, ça fait partie de l’ensemble. Les livrets font intégralement partie de mon activité d’artiste autrice indépendante. Ce qui m’a amenée à la conclusion que je devais non seulement redéfinir mon offre (comment exactement, je ne sais pas, ce sera l’un des points de mes introspections estivales) mais aussi tout rapatrier ici, dans un espace dédié mais appartenant à mon site d’autrice.

Alors je ne vais pas faire ça demain, mais c’est en cours de réflexion. Conséquence : le site du Voyage Poétique est voué à disparaître, ainsi que la page Facebook, aux alentours de la rentrée. Conséquence bis : il n’y aura pas de nouveaux livrets durant l’été, ni d’infolettre, mais tous les livrets sont en promo, l’occasion parfaite pour les découvrir !

Mon été va être chargé, mais exaltant : outre cette réflexion sur le Voyage Poétique (et probablement aussi une refonte de la maquette de l’oracle), je vais travailler sur une version collector du roman en relié à sortir à la rentrée (c’est en version test sur KDP) (il a donc fallu que je demande de nouveaux ISBN et la bonne surprise, c’est qu’une fois qu’on a son segment de marque, c’est gratuit), travailler sur la sortie de Salomé à l’automne, tout ça entre deux envois parce que beaucoup de gens veulent le livre papier mais pas commander sur Amazon !

Et évidemment, écrire, parce que c’est quand même ça, l’essentiel !

Autrice indépendante : prêt pour le lancement

Et voilà : à un peu plus d’une semaine du lancement, tout est prêt pour le décollage ! Je suis excitée comme une puce !

Ce que j’ai fait depuis la dernière fois :
1. Finaliser la couverture avec le code-barre et les informations légales ; là encore, KDP peut en fournir un mais je préfère le faire moi-même : depuis le début, j’ai décidé de ne me servir de KDP qu’au minimum, à savoir pour l’impression et la distribution, mais pour tout ce qui est de l’ordre de la marque éditoriale je tiens à garder la maîtrise du processus. J’ai donc créé l’ebook moi-même (avec Calibre), créé la couverture de A à Z, mis en forme le fichier, commandé mes propres ISBN (ce qui me permet donc d’avoir ma propre marque éditoriale) et généré mon code-barre.
2. Faire ma page auteure sur le site : c’est simple, rapide, et je trouve que c’est mieux pour donner envie.
3. Corriger les derniers petits détails, et tout pré-charger sur la plateforme. Il ne me reste plus qu’à cliquer sur « publier ».
4. Le dépôt-légal, obligatoire pour les livres papier : je me suis créé un compte sur le site de la BNF pour qui je suis désormais « éditeur », j’ai rempli toutes les infos, mon livre est donc enregistré, il ne me restera plus qu’à leur envoyer un exemplaire papier après parution !

J’en ai donc terminé avec les aspects techniques, maintenant tout le travail va tourner autour de la communication ! Premier élément : j’ai commandé des cartes postales de promotion, des marque-pages et un autre goodie qui sera une petite surprise !

Surtout, je me suis amusée à faire un book-trailer (en réalité, deux : un pour teaser, et un autre pour le jour de la sortie) : j’y ai passé toute une journée, d’autant qu’il a fallu en faire 2 versions, une 16:9 et une 9:16 mais j’ai kiffé comme disent les jeunes (encore que je ne suis pas certaine qu’ils le disent toujours) : encore une fois j’apprends plein de nouvelles choses, et comme c’est vraiment mon but dans la vie, apprendre de nouvelles choses, je suis servie, et le résultat n’est pas du tout déshonorant je trouve (j’imagine que les vidéastes vont trouver plein de défauts mais tant pis). En vrai, je n’en reviens pas d’avoir trouvé une vidéo qui correspond parfaitement à l’idée sans même la chercher, et je n’en reviens pas non plus que les mouvements correspondent exactement à la musique. Si ça ce n’est pas de la grande magie encore une fois !

J’ai aussi fait des mock-up : en gros, ce sont des maquettes du livre papier ou du livre numérique, que l’on peut intégrer dans différents décors. Bien utile pour avoir des jolies photos de communication sans avoir l’exemplaire papier. J’en ai fait de deux sortes : une version « 3D » juste du livre en matriciel, que je peux intégrer dans n’importe quelle image (ça n’a pas forcément besoin de donner quelque chose de réaliste : simplement c’est plus joli et attractif que la couverture « à plat »), et plusieurs où le livre est intégré dans un décor qui le met en valeur. Le tout sans Photoshop (même s’il existe aussi des solutions avec Photoshop). Là encore, c’est magique (même s’il ne faut pas regarder de près les détails, je trouve ça plutôt réussi) :

La grosse question maintenant : comment vous procurer le livre ?
– Si vous le voulez en version numérique : c’est simple, il est déjà disponible en prévente : vous pouvez soit le commander tout de suite, et dans ce cas-là il vous sera directement transmis dès qu’il sera sorti (c’est un format epub sans DRM donc normalement vous pouvez le lire sur tous supports). Vous pouvez aussi attendre le 17 juin pour le commander. A noter que si vous avez l’abonnement Kindle illimited vous pourrez le lire par ce biais.
– Si vous le voulez en version papier, que vous ne voulez pas spécialement une dédicace et que cela ne vous dérange pas de passer par Amazon : ça sera au même endroit, j’espère le 17 juin aussi mais il se peut que cela demande 2-3 jours de plus pour la mise en ligne. Ensuite compter une petite semaine pour l’avoir. Normalement les libraires peuvent l’avoir aussi, mais je ne garantis pas. N’hésitez-pas à demander !
– Si vous voulez une version papier avec dédicace : là, ça se corse. Mais j’ai plusieurs solutions : si vous me fréquentez dans la vraie vie, pas de souci, vous achetez votre exemplaire et je vous fais un grifouilli quand on se voit. Si vous voulez une dédicace mais pas forcément sur le livre lui-même et qu’on ne se fréquente pas dans la vraie vie, je vous propose de vous envoyer une carte postale que vous pourrez mettre dans le livre (ou un autre…)
– Si vous ne voulez absolument pas passer par Amazon et que votre libraire ne veut/peut pas le commander et/ou que vous voulez absolument une dédicace sur le livre : me contacter, j’aurai quelques exemplaires auteurs mais je n’aurai pas beaucoup de stock d’avance et question logistique/comptabilité c’est un peu plus compliqué pour moi, et cela n’entre pas dans mes ventes pour le classement, mais ça reste possible à la marge.
– Pour les SP : me contacter !

Autrice indépendante : la dernière ligne droite

Suite de notre petite série. Comme vous l’avez vu samedi, j’ai reçu les ENC, et encore une fois je suis vraiment ravie de la qualité, tant du rendu de la couverture (je pense que les problèmes que j’ai vus ça et là chez d’autres auteurs viennent de leur fichier : il faut un PDF haute qualité pour impression, et il faut choisir la colorimétrie CMYK et non RGB proposée par défaut pour que les couleurs soient parfaitement respectées) que de la qualité du papier (c’est du 90g donc une épaisseur respectable et tout à fait conforme aux livres d’éditeurs classiques que j’ai dans ma bibliothèque).

J’ai rédigé le communiqué de presse, que ceux que ça intéresse peuvent télécharger ci-dessous, et déposé la version epub sur le site « Simplement Pro », qui met en relation les auteurs indépendants et les chroniqueurs. Je n’en attends pas grand chose parce que je n’ai pas l’impression à première vue que je sois sur le bon segment pour intéresser les chroniqueurs inscrits (toujours cette question de dépasser des cases, ce qui est mon problème récurrent et celui de mon héroïne) (cela dit, j’ai déjà une chroniqueuse qui me l’a demandé, donc c’est un bon début, à voir par la suite), et je compte plus sur mon réseau à moi (c’est-à-dire : VOUS), mais ça ne coûte rien, donc autant essayer !

J’ai corrigé les ENC, les erreurs de pagination venaient en fait du fichier : j’avais envoyé un .docx, non stable, et non un .pdf (ce n’était donc pas une erreur de latéralisation). Il restait aussi quelques traces de révision dans la marge, le truc qui me rend dingue : on croit qu’on a tout supprimé, mais Word est plus têtu qu’une mule qui n’a pas soif ! J’avais aussi un problème de marges, je n’avais pas pensé à mettre la reliure en miroir ce qui faisait que le texte était légèrement décalé d’une page à l’autre. Ce n’était pas un problème très grave, mais ça ne faisait pas très « pro » ; maintenant, je le saurai pour la prochaine fois : ce sont des petits trucs à apprendre (à noter que KDP fournit des gabarits adaptés à la taille de coupe choisie, dans lesquels il suffit de copier/coller son texte, mais je n’avais pas fait attention à cet outil). J’ai enfin fait quelques très légères révisions sur la quatrième de couverture (j’ai gardé la police parce qu’une fois imprimé je trouve que ça rend bien, mais je trouvais le texte trop près de la pliure du dos, je l’ai donc réaligné, et j’ai changé la fleur stylisée pour une pivoine). J’ai commandé une nouvelle épreuve pour être sûre, et cette fois, c’est bon (ils sont vraiment très rapides pour l’impression/envoi des épreuves donc ça doit être pareil pour ceux qui commanderont le livre papier) !

Et aujourd’hui, il est temps que je vous raconte l’écriture du roman. Tout commence en 2010 : une fois ma thèse achevée, j’ai créé ce blog, ça, je l’ai déjà raconté mille fois. Mais c’est aussi à ce moment-là que j’ai reçu l’impulsion pour me remettre à écrire des histoires, suite à certains événements dans ma vie privée. Tout de suite, mais sans pouvoir expliquer pourquoi à l’époque, j’ai eu la structure : la roue du zodiaque. Dans le roman, chaque rencontre « amoureuse » de mon héroïne (qui a longtemps porté un autre prénom que Juliette) est liée à un signe : elle commence par le Lion et finit par le Cancer, en passant deux fois par le Scorpion. Quand je l’ai écrit, je n’ai pas bien compris d’où ça venait, aujourd’hui que j’ai étudié l’astrologie je vois combien c’est intimement lié à la dimension initiatique du roman : chaque signe est une énergie particulière, et donc un apprentissage.

Ce roman, je l’ai ensuite réécrit un million de fois. J’exagère à peine. Et je crois que certaines personnes, qui l’ont lu il y a des années, le reconnaîtront peu. Ce n’est qu’en 2016 que j’ai décidé de commencer à l’envoyer à des éditeurs (2 ou 3 l’avaient eu avant parce qu’ils me l’avaient demandé mais au final ils l’avaient trouvé trop… inclassable). A l’époque, j’ai pensé que cette impulsion était liée au décès de mon grand-père, aujourd’hui je sais que c’était lié à l’irruption dans ma vie de quelqu’un que je n’avais pas encore remarqué mais qui était bien là, et donc le désir de clore ce chapitre de ma vie et d’en ouvrir un nouveau. Ce qui a pris du temps, comme on voit.

Alors je vais aller un peu vite sur toutes les péripéties qui n’ont finalement mené à rien. Comme tout le monde, j’ai eu des lettres de refus impersonnelles, j’ai eu des absences de réponses. Mais beaucoup d’éditeurs ont fait l’effort d’être explicites dans leur refus, qui était toujours finalement du même genre : inclassable. Plutôt érotique pour les uns et donc pas pour eux, trop initiatique pour les autres, mais pourquoi le narrateur intervient (il me semblait que depuis Tristram Shandy ce n’était plus une originalité ; cela dit, les interventions du narrateur ont été supprimées depuis), mais à quel genre ça appartient (aucun, c’est bien le problème), ah mais ça ressemble à de la romance mais ça n’en est pas (non c’est fait pour), mais les hommes sont interchangeables (là je soupçonne des retours venant d’hommes), elle est un peu incohérente votre héroïne (oui, c’est son problème)… Au final, jamais la qualité intrinsèque du texte n’a été remise en cause (même quand je l’ai envoyé au Dilettante, éditeur connu pour ses fiches de lectures très précises mais au vitriol : ce n’était guère élogieux mais enfin, je n’écris pas comme un sagouin). Ce qui pêche, c’est vraiment cette impossibilité de le mettre dans une case (et donc, j’ai fini par comprendre : un problème de promotion). J’ai donc fini par plus ou moins laisser tomber, tout en continuant mes couches de réécriture et de corrections (ce qui n’était pas « laisser tomber » mais je pense que j’avais fait mon deuil de l’édition traditionnelle, sans être prête pour autant à tenter l’aventure en indépendante).

Entre temps, il a changé plusieurs fois de nom : Le Complexe de la Belle au bois dormant, puis Un Coeur au bois dormant, puis Le Complexe de Calypso. Le choix de L’Aimante est très récent, et vient de ma lecture des Sonnets portugais et plus précisément de l’introduction, dans laquelle il était fait mention de la figure rilkéenne de l’aimante : « allégorie de l’action d’aimer, incarnation d’un amour qui s’élève au-delà d’un objet surpassé et presque effacé par ce mouvement d’ascension, cette sublimation [donne une] dimension presque divine de l’aimante qui, abandonnée par un homme adoré perd avec lui son but mais demeure en état de passion. Grâce à une solitude profondément ancrée dans la vie, propice à l’éclosion dans l’être intérieur de la transcendance, elle connaît l’amour éternel et parfait, celui qui n’obtient pas de réponse ». J’ai failli en tomber de mon canapé tellement ça correspondait parfaitement à mon héroïne, d’autant que j’aimais aussi la polysémie avec l’idée d’aimant (au sens magnétique), que j’avais adoré dans le titre du roman de Parisis, Les Aimants.

Et voilà, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, cet épisode est déjà très long ! N’hésitez pas à me poser des questions si vous en avez !

Instantané : mon précieux

Je ne pouvais pas attendre la sortie du prochain épisode de la série de l’été « autrice indépendante » pour vous le montrer, j’en suis trop fière. Mercredi, j’ai reçu mes épreuves, et un choc ! Pas un choc négatif, au contraire : il est exactement comme je l’imaginais. J’appréhendais un peu, parce que certains auteurs étaient déçus du rendu des couvertures et de la qualité du papier avec KDP : ce n’est absolument pas mon cas, j’aime passionnément le fini mat qui a un aspect doux et velouté et élégant exactement comme je voulais, l’image est parfaitement nette, mon idée que le bout de l’aile du papillon le plus bas soit liée au titre par l’apostrophe donne ce que je voulais, et même la police de la quatrième de couverture, sur laquelle j’étais finalement sceptique, me convainc totalement. Et la qualité du papier est tout à fait satisfaisante !

Le seul souci vient d’une erreur de pagination, mais cela m’a fait rire parce que c’est totalement de mon fait : étant mal latéralisée depuis toujours, j’inverse la droite et la gauche. Et là, j’ai inversé les pages paires et impaires, imaginant les pages impaires à gauche, alors que c’est l’inverse, ce qui donne donc des sauts de pages là où il ne devrait pas y en avoir pour que les débuts de chapitres soient en page impaire. Bon, ça va se régler facilement.

En tout cas, ce que je ressens est… inexprimable (un des hommes du roman me dirait qu’un écrivain qui ne trouve pas ses mots, c’est un comble). Un mélange de fierté pour tout le travail accompli, l’impression de franchir une étape essentielle, et aussi la crainte de l’envoyer vivre dans le monde loin de moi après l’avoir couvé pendant des années ! Je vous avoue avoir versé quelques larmes d’émotion. J’ai déjà publié des choses, des articles dans des ouvrages universitaires et des nouvelles dans des recueils collectifs, mais là c’est mon nom sur la couverture et ça change tout ! Alors je savoure…

(Je rappelle que la version numérique est dès à présent disponible pour les blogueurs et apparentés qui le souhaitent, n’hésitez pas à m’envoyer un mail).