Le Pouvoir des animaux, de Didier van Cauwelaert : la conscience universelle

Dans la tête de Franck en revanche, on trouve simplement du vide qui explose pour créer de la vie par hasard. Original, aussi. Autrement dit, vous avez construit le développement de votre pensée non pas sur l’observation et l’empathie, comme moi, mais sur l’imaginaire — pour le meilleur et surtout pour le pire, d’après ce que j’entrevois. Et vous vous massacrez au nom de mythes incompatibles qui vous ont coupés de vos racines réelles. Curieuse conception du progrès. Ça marchait mieux chez les abeilles.

Certains d’entre vous l’attendaient, je sais : la livraison annuelle de Didier van Cauwelaert (cela dot, en ayant déjà eu une à la rentrée, j’ai été un peu surprise d’en voir arriver un autre en ce printemps, mais j’imagine que le confinement a rendu les écrivains prolixes). Un roman dans lequel on retrouve un des sujets majeurs de l’auteur : les animaux et leurs formidables pouvoirs. Mais il n’est ici question ni de chiens ni d’abeilles, mais d’animaux un peu spéciaux.

Wendy est la spécialiste mondiale du tardigrade, une étrange créature dont elle a la certitude qu’elle pourrait aider à guérir certaines maladies humaines, et notamment l’Alzheimer de son mari. Franck lui voudrait recréer génétiquement le mammouth afin de le réintroduire en Sibérie, afin d’empêcher la fonte du permafrost. Leurs univers entrent en collision lorsqu’au cours de ses recherches il découvre un tardigrade vieux de plusieurs milliards d’années, et le fait sortir de son hibernation. Mais leurs recherches entrent en concurrence.

Un roman assez amusant, au parti-pris narratif original, et qui se laisse lire avec beaucoup de plaisir. On se sent comme à la maison quand on connaît bien l’auteur et ses obsessions, les animaux comme je l’ai dit plus haut, la conscience universelle qui relie tous les êtres, et bien sûr l’amour comme force qui surpasse tout. Ce n’est pas son plus grand roman (mais ne me demandez pas lequel c’est, j’aurais un bug), mais c’est une lecture très plaisante !

Le Pouvoir des animaux
Didier van CAUWELAERT
Albin Michel, 2021

L’Inconnue du 17 mars, de Didier van Cauwelaert : l’amour sauvera l’humanité

Et donc je me nourris d’intelligence, d’imagination, d’amour, et je suis arrivée au bout de vos réserves. Vous ne produisiez plus de quoi assurer ma survie – pire : vous alliez causer la disparition de votre écosystème, que vous appelez prétentieusement « l’environnement » alors qu’il vous a créés. Et vous étiez sur le point de vous autodétruire par l’appât du gain, le fanatisme et la bêtise haineuse…

Evidemment. Je ne pouvais pas passer à côté.

Le 17 mars, 1/2 heure avant l’heure fatidique du début du confinement, Lucas, un ancien prof de lettres désabusé devenu SDF est enlevé par une femme surgie de son passé, qui l’emmène se confiner dans un château où il a grandi et qu’il a dû quitter 22 ans plus tôt après une tragédie. Là, elle lui confie une mission : trouver le message à transmettre à l’humanité.

Ce que j’aime avec les romans de Didier van Cauwelaert c’est qu’à chaque fois que j’en ouvre un j’ai l’impression de retrouver une sorte de famille, dans un univers réconfortant, plein de légèreté, de fantaisie et d’humour. Honnêtement, si celui-ci n’est pas son meilleur, j’y ai pris un plaisir fou et un sourire a plané sur mes lèvres tout au long de ma lecture. On retrouve évidemment les marottes habituelles de l’auteur, et ici j’ai aimé la manière dont il a canalisé ce que pouvait être finalement le virus, une sorte de test, de réajustement, la manière dont il se sert des thèses complotistes pour mettre au jour la logique à l’œuvre derrière ce qui semble dépourvu de sens. Et il montre surtout l’importance des émotions positives pour sauver l’humanité, et bien sûr l’amour, c’est d’ailleurs ce que je dis depuis toujours.

Alors, à un moment, j’ai ressenti une chose bizarre en lisant ce roman, comme si à travers son message général qui s’adresse à tous il y avait aussi comme un appel qui m’a à un moment submergée (mais vraiment, ça s’est mis à vibrer très fort et j’ai eu les larmes aux yeux). les temps qui arrivent impliquent un regroupement immédiat de ceux qui ont été sollicités. Alors puisque c’est ma mission aussi, je vous le redis : n’oubliez pas l’amour car rien d’autre n’a d’importance. Et c’est lui qui sauvera l’humanité.

LInconnue du 17 mars
Didier van CAUWELAERT
Albin Michel, 2020

La bienveillance est une arme absolue, de Didier van Cauwelaert : de la sollicitude

De fait, à une époque où tout se radicalise — la bêtise, la ruse, la haine, l’ego, le politiquement correct et même les discours humanitaires —, la bienveillance peut apparaître comme une valeur obsolète, ringarde, inadaptée. Je pense qu’elle est au contraire la seule réponse thérapeutique à la crise morale que traversent nos sociétés. Une réponse qui, à défaut de changer le monde du jour au lendemain, lui redonne des couleurs et compense les déceptions qu’il nous inflige, tout en renforçant ce système immunitaire assez paradoxal qui s’appelle l’empathie. D’où l’urgence de radicaliser la bienveillance. Je veux dire par là : pratiquer cet état d’esprit sans peur, sans honte, sans modération et sans nuances.

C’était un dimanche triste et pluvieux. Je m’étais forcée à sortir et à aller visiter un « musée » dans lequel il n’y avait au final rien à voir, et en rentrant chez moi à pieds, de mauvaise humeur, sous mon parapluie, je me suis arrêtée au Relay de la gare. Et quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur cet essai dont j’ignorais totalement l’existence : un essai sur l’un des sujets que je travaille avec assiduité (la bienveillance, donc) par l’un de mes auteurs préférés, dont les livres suscitent toujours chez moi de fécondes réflexions, il n’en fallait pas plus pour me redonner le sourire (et pour avoir l’impression qu’on m’envoyait un signe d’encouragement). Je suis rentrée chez moi, je me suis séchée (à cause de la pluie), me suis fait un chocolat chaud, et enroulée dans un plaid je me suis plongée dans cet ouvrage que j’ai lu d’une traite.

Il s’agit donc d’un plaidoyer pour la bienveillance, comme seule réponse adéquate aux misères de notre temps : l’amour sauvera le monde, j’en suis convaincue depuis toujours. Une bienveillance active, sans aucune dimension de condescendance qu’elle a parfois, mais qui consiste simplement à vouloir le bien de l’autre et agir en conséquence. Par l’exemple et de multiples récits personnels ou non, Didier van Cauwelaert nous invite donc à devenir des guerriers de la bienveillance.

J’ai ri, j’ai pleuré : c’est dingue comme cet auteur parvient en l’espace de quelques lignes à susciter des émotions variées, notamment la première moitié qui est assez autobiographique. Il nous parle à nouveau de son père (ce que j’ai trouvé très intéressant comme synchronicité par rapport au récit que j’étais en train de lire et que j’ai abandonné pour une soirée le temps de dévorer celui-ci : cela m’a permis de comprendre certaines choses grâce à ce double éclairage), mais aussi, pour la première fois, de sa mère, qui est décédée très récemment. Il nous parle également, comme c’est son sujet de prédilection, des animaux et des plantes (et là encore la synchronicité est fascinante car le même jour j’ai acheté L’arbre-monde de Richard Powers, dont je vous parlerai bientôt). Des sujets qu’il a déjà abordés ailleurs (et ses lecteurs fidèles reconnaîtront certaines anecdotes) mais qu’il prolonge souvent en nouveaux développements.

Un livre très réconfortant, d’abord parce qu’il est toujours réconfortant de lire un auteur qui a la même vision du monde que nous (ça donne un peu moins l’impression de venir d’une autre planète) mais aussi parce qu’un message aussi positif et optimiste, ça change !

La Bienveillance est une arme absolue
Didier van Cauwelaert
Editions de l’Observatoire, 2019

Les émotions cachées des plantes, de Didier van Cauwelaert : les végétaux ont-ils une âme ?

Mais, n’en déplaise à ces raisonneurs confondant rationalisme et a priori, l’imagination n’est pas qu’une déformation de la réalité. C’est, en l’occurrence, la capacité de concevoir une action future à partir de la perception du présent, nourrie par les enseignements de la mémoire. Quels que soient les rouages d’une telle imagination, elle me paraît à la fois la cause et la conséquence de ces « émotions cachées » des plantes, que nous allons maintenant essayer de décrypter.

Comme je l’ai déjà expliqué, dans ma vie précédente j’étais une serial killeuse de plantes ; je ne m’y intéressais absolument pas, je les trouvais jolies mais je ne m’en occupais pas plus que d’un bibelot, et elles mourraient immanquablement après un temps plus ou moins court passé chez moi. Mais les choses ont changé : depuis quelques mois, j’en ai adopté beaucoup, mon appartement est devenu une véritable jungle urbaine et je crois qu’elles se sentent bien (sauf ma maranta qui me donne du souci actuellement). Je pense qu’elles apprécient l’emplacement qui est le leur (non loin de la baie vitrée, elles profitent d’une magnifique luminosité matinale mais ne sont pas brûlées par le soleil de l’après-midi) et d’être toutes ensemble. Mais je crois qu’elles aiment surtout que je leur accorde mon attention, pas seulement en les arrosant, mais surtout en leur parlant gentiment, en les félicitant avec enthousiasme lorsqu’elles font de nouvelles pousses (du coup elles en font plein), en leur passant de la musique. Tout comme je parle aux fleurs du jardin quand je rentre le soir, et aux arbres. De fait, j’ai découvert que les plantes n’étaient pas seulement de la décorations, mais qu’elles constituaient une vraie présence, et qu’elles augmentaient mon taux vibratoire. Cela peut paraître dingue dit comme ça, mais ça ne l’est pas, et c’est pour cette raison que je voulais lire cet essai (et pas seulement à cause de son auteur).

Dans cet ouvrage, Didier van Cauwelaert s’attache donc à montrer, expériences scientifiques à l’appui, que les végétaux ne sont pas des machins inanimés, mais qu’ils peuvent faire preuve de ce qu’on pourrait appeler intelligence : ils ont conscience du danger et savent mettre en place des stratégies pour se défendre de leurs prédateurs (ce qui ne laisse pas d’être inquiétant, parce que le jour où ils en auront marre de l’humain…), ils savent utiliser la séduction et la ruse, ils sont sensibles à la flatterie et poussent mieux avec des compliments, ils peuvent faire de la transmission de pensée, ressentir de l’empathie et de la compassion, se montrer solidaires entre eux, ils utilisent un véritable langage, aiment la musique (enfin, certaines musiques), éprouvent du chagrin, n’aiment pas trop les caresses et ont, visiblement, conscience de la mort.

Tout cela est absolument passionnant : on retrouve des faits dont l’auteur avait déjà parlé dans ses Dictionnaire de l’impossible mais ici les faits sont creusés, analysés, et surtout étayés par de nombreuses expériences scientifiques qui laisseront songeurs les plus incrédules. L’idée qui se dégage de tout ça, c’est tout de même que l’humain a créé un joyeux bordel, en mettant sont nez partout, pour « aider » les plantes à mieux grandir, ne pas être malades, se défendre contre leurs prédateurs, alors qu’elles en sont tout à fait capables toutes seules ; de fait, le végétal est apparu bien avant l’homme sur la planète, et très probablement lui survivra très longtemps (en poussant un « bon débarras » de soulagement ?) lorsqu’il aura disparu. De fait, j’ai lu certains passages à mes plantes, et elles étaient tout à fait d’accord !

Les Émotions cachées des plantes
Didier van CAUWELAERT
Plon, 2018

La personne de confiance, de Didier van Cauwelaert : trouver sa famille

On croit qu’on ne sert à rien sur terre, jusqu’au jour où quelqu’un vous demande l’impossible. Alors ça vous donne des ailes et tous les risques valent la peine d’être pris, parce qu’on est devenu nécessaire. 

Je dois dire que le Didier van Cauwelaert du printemps est vraiment tombé à pic, cette année, vu que je suis toujours plus ou moins en panne de fiction. Disons que ça s’en va et ça revient (c’est fait de tout petits riens), mais que ça a surtout tendance à s’en aller (comme beaucoup de choses dans ma vie en ce moment, remarquez) et que donc : aux grands mots, les grands remèdes.

Trouvé bébé dans un local à poubelles, Maximilien n’a jamais eu personne qui l’a aimé dans son enfance, et a le sentiment d’être parfaitement inutile. Devenu grutier pour la fourrière, il embarque un jour une Rolls, sans voir que se trouve à l’arrière une vieille dame qui a bien des problèmes, et qui va changer sa vie.

Un roman plein de tendresse et d’humanité, qui repose (encore une fois) sur les rencontres qui bouleversent totalement notre existence, et où l’on retrouve les thèmes obsédants de l’auteur : l’enfant trouvé (dans un local à poubelles, comme Zibal), le personnage qui a le sentiment de ne servir à rien et de ne pas avoir de place dans ce monde jusqu’à ce qu’on lui en donne une et qui finit par trouver sa famille, ceux à qui on appartient et qui nous donnent le sentiment non seulement d’enfin vivre vraiment mais d’être utile et aimé, quelques clins d’oeils à l’impossible (avec l’histoire d’Yvonne-Aimée de Malestroit). Le tout avec un procédé narratif assez plaisant, et bien sûr cet humour et cette légèreté reconnaissables entre mille : si ce n’est pas un des meilleurs romans de l’auteur, c’est en tout cas une lecture très agréable (je l’ai dévoré d’une traite) et une véritable bouffée de joie, d’optimisme et d’amour dans tous les sens du terme !

La Personne de confiance
Didier van CAUWELAERT
Albin Michel, 2019

J’ai perdu Albert, de Didier van Cauwelaert

J'ai perdu Albert, de Didier van CauwelaertJ’ai passé une nuit hallucinante de douceur. Comme si nos vides affectifs étaient devenus un terrain d’entente, un patrimoine commun. On était les mêmes, à des années-lumières. Issus de mères en béton armé et de pères trop tôt disparus, on s’était toujours crus indignes d’être aimés. Résignés à ne pouvoir combler que des profiteurs ou des manipulatrices. Condamnés aux plantages à court terme qui justifiaient nos complexes. 

Bien, donc comme tous les ans, je me suis précipitée (pour ne pas dire jetée) sur le dernier roman de Didier van Cauwelaert avant même sa sortie. Sauf que cette année, le tourbillon de la vie m’a empêchée d’en parler plus tôt, et au final ce n’est pas forcément plus mal parce que cette lecture a semé quelques graines en moi, qui depuis ont pas mal poussé.

Dans Au-delà de l’impossible, notre auteur explique comment, par le biais de deux medium (essentiellement Geneviève Delpech, mais aussi Marie-France Cazeaux), il a été mis en communication avec les esprits de deux des plus grands génies scientifiques du XXe siècle : Albert Einstein et Nikola Tesla. C’est aussi le thème de ce roman : si Chloé est la voyante la plus en vue du pays et ne se trompe jamais, c’est grâce à Einstein, qui lui transmet des messages. Mais lorsqu’elle se sert de son crédit pour faire engager son amoureux à un poste élevé, Albert se vexe (à moins qu’il n’ait d’autres raisons), boude et la quitte pour aller s’installer dans la tête d’un garçon de café apiculteur, qui n’en demandait pas tant.

C’est évidemment un roman très drôle, bourré de quiproquos et autres embrouilles, comme Cauwelaert sait si bien les manier. On y retrouve bien sûr ses thèmes plus ou moins obsédants, l’amour, l’absence du père, la voyance, les abeilles et Einstein, et c’est un véritable plaisir de suivre Chloé et Zac, personnages abîmés par la vie et à la dérive, qui parviennent à se sauver l’un l’autre. Pour toutes ces raisons, j’ai adoré (mais je sais, je ne suis absolument pas objective concernant cet auteur). Mais à titre beaucoup plus personnel, j’ai aussi adoré parce que ce roman a fait signe et sens. Pour tout dire, j’ai reçu une espèce de signe à retardement qui explique pourquoi cet auteur, et un de ses thèmes obsédants en particulier, m’a toujours profondément touchée, et pourquoi, de fait, il a toujours accompagné ma vie. Et ça, je ne pouvais le comprendre qu’aujourd’hui, grâce à Einstein et à Zac. C’est la magie des synchronicités.

Alors au final, je ne crois pas qu’en soi, J’ai perdu Albert fasse partie des grands romans de l’auteur, et je sais qu’il ne plaira probablement pas à tout le monde (j’essaie d’être objective), même si sa drôlerie et son énergie procurent un grand plaisir de lecture. Nonobstant, c’est une lecture qui m’a beaucoup appris !

J’ai perdu Albert
Didier van CAUWELAERT
Albin-Michel, 2018

Rencontre sous X, de Didier van Cauwelaert

Rencontre sous X, de Didier van CauwelaertLe jour où j’ai rencontré Talia, on a fait l’amour devant quarante personnes. Ensuite, on est allés prendre un verre. Et on a fait connaissance.

Oui. Je sais. Mais il se trouve que l’autre jour, je ne sais pas pourquoi, je manquais un peu d’inspiration devant les quelques livres de la saison qui me restent à lire : non pas qu’aucun ne me faisait envie, mais plutôt que je ne savais pas lequel choisir, en plus j’avais envie de quelque chose de court à avaler dans la journée et je n’avais que des pavés. Du coup, j’ai tranché en choisissant tout à fait autre chose.

C’est tout à fait par hasard (et sur un malentendu) que Roy Dirkens, un jeune joueur de foot Sud-Africain désœuvré depuis que son club ne le fait plus jouer ni même s’entraîner, rencontre Talia, actrice porno ukrainienne : emmené par une connaissance sur le tournage d’un film, il est engagé suite à la défaillance de l’acteur principal. Par commodité, il se laisse faire, et continue à faire croire à tout le monde, notamment Talia, qu’il n’a pas un rond…

Le début du roman n’est pas sans rappeler un peu une scène de Love Actually, et la situation complètement hors-normes mène à des scènes à mourir de rire dans lesquels l’auteur se lâche totalement niveau gaudriole (j’adore quand il utilise plein de mots cochons, mais cela n’engage que moi), mais avec toujours ce petit côté distancié et délicieusement sarcastique qui lui évite de tomber dans le vulgaire, malgré le sujet. Et comme d’habitude, ce qui domine, c’est la tendresse et l’optimisme : les deux personnages sont deux gamins attachants, que la vie a fait grandir trop vite, et qui sont finalement exploités de la même manière. Cela peut sembler étrange de mettre sur le même plan le milieu du football et celui du porno, et pourtant : des deux côtés les individus sont vus comme de simples marchandises et exploités pour de l’argent alors qu’ils sont à peine majeurs (voire ne le sont pas), et des deux côtés la loi n’est pas toujours bien respectée (on va le dire comme ça).

Alors Rencontre sous X ne fait pas partie des meilleurs Cauwelaert, mais cela reste une lecture éminemment agréable, à la fois drôle et satirique, plein d’amour et de tendresse, avec un petit soupçon d’au-delà de l’impossible sans lequel un roman de Didier van Cauwelaert ne serait pas un roman de Didier van Cauwelaert (mais vraiment très peu). Bref, une lecture parfaite pour l’été !

Rencontre sous X
Didier van CAUWELAERT
Albin Michel, 2002 (Livre de Poche, 2004)