Instantané : apprendre l’aquarelle

Quand j’ai du mal à écrire, et c’était le cas ces derniers temps même si c’est en voie de guérison, je change de canal (c’est un des conseils d’Elizabeth Gilbert dans Comme par magie). Parfois c’est du collage, d’autres fois du bricolage, en ce moment c’est vraiment la peinture et plus précisément l’aquarelle parce que j’aime absolument voir les couleurs se diffuser, et obtenir un résultat qui est rarement ce que j’avais en tête ! Et la semaine dernière, j’ai tellement aimé peindre cette petite séries de pensées (enfin, j’imagine que ce sont des pensées) que je les ai reproduites plusieurs fois, et je me demande si je ne vais pas en faire une petite carte ! Le fait est que j’aime bien cette manière de faire minimaliste, mais j’aimerais bien aussi, parfois, que ce soit plus réaliste : un de mes objectifs, pour 2022, ce sera donc de progresser en dessin (j’ai acheté le Cahier d’exercices pour apprendre à dessiner avec son cerveau droit : il paraît que cette méthode est fabuleuse) et en aquarelle (je manque de technique) avec le cours d’aquarelle botanique d’Anne-Solange Tardy !

Et vous, quelle activité créative vous fait du bien ? Qu’est-ce que vous avez envie d’apprendre en 2022 ?

Histoires Intimes, de Petites Luxures : l’infini du désir

Certains de ces récits vous feront sourire, d’autres vous ramèneront sans doute à votre propre histoire, mais quoi qu’il arrive, laissez toujours votre imagination divaguer et cheminer sur les sentiers espiègles du désir.

Comme beaucoup, j’aime énormément le compte Instagram Petites luxures, aux dessins suggestifs, sensuels et coquins, érotiques mais jamais vulgaires. Et j’avais donc très envie de découvrir ce livre. Il m’a fallu un peu de temps mais parfois, les plaisirs différés sont les meilleurs !

Ce joli livre nous raconte, comme son nom l’indique, 50 histoires intimes : des histoires authentiques, qui témoignent de l’infini des possibles amoureux et sexuels.

Et j’aime. J’aime infiniment ce livre d’une grande poésie et d’une grande sensualité, à la fois les textes, des instantanés de désir pur au milieu du chaos du monde, et les dessins, petits bijoux minimalistes et stylisés, diablement évocateurs ! Et il se dégage de l’ensemble quelque chose de gai, de léger : ici, le sexe est toujours joyeux, accompagné de rires et de situations souvent drôles, et c’est exactement la manière dont je conçois les choses !

Un livre qui va rejoindre ceux qui sont mis en avant dans ma bibliothèque (à l’étage rouge) ! Ce la ne plaira pas à tout le monde : moi j’aime l’érotico-poétique, et certains trouveront que c’est trop soft. Mais pour moi c’est parfait !

Histoires Intimes
Petites Luxures
Gallimard, Hoëbeke, 2019

Chez Stephie

L’histoire écrite sur la peau

Il y a presque deux ans, j’avais lu ce roman sur les tatouages d’Héloïse Guay de Bellissen. C’était très beau, très vibrant, cette idée de voyage vers soi, de marquer une étape et de raconter une histoire. Il y avait là quelque chose de l’ordre de la nécessité existentielle, quelque chose qui commençait à travailler au fond de moi.

Je le disais : je conçois ça comme un rite de passage, la conclusion d’une métamorphose, la clôture d’un cycle. Un changement de vie.

J’ai toujours le motif (que j’ai retravaillé récemment avec l’ouvrage sur le doodling sacré et je pense qu’il va encore évoluer, mais la triple lune est là depuis le début), j’ai l’emplacement (qui ne se verra pas), j’ai la tatoueuse. Tout cela, je l’ai depuis deux ans.

Ce que je n’ai toujours pas eu, ce qui me manque, c’est l’impulsion, le déclic. Parce que je crois que ce n’était pas encore le moment pour moi de clôturer ce cycle, même si je l’espérais fort (les périodes de transformation et de fin de cycle sont toujours inconfortables et on a hâte d’en finir). Mais là, quand je regarde 2020, je me dis que ouais, si, ça prend forme, et cette histoire de tatouage recommence à me titiller. Alors évidemment pas dans le contexte actuel, mais mais… on verra !

Et vous, vous avez franchi le pas ? Il dit quoi de vous, votre tatouage ?

Doodling sacré, de Marjorie Bourgoin : dessiner des symboles spirituels

Il peut être surprenant de constater que de nombreux symboles se retrouvent au sein de cultures issues d’époques différentes, et n’ayant donc jamais eu aucun contact entre elles. Si certaines ressemblances peuvent facilement s’expliquer pour les signes représentant des éléments réels  — comme la Lune, le Soleil, les plantes  — comment expliquer que beaucoup de concepts abstraits co-existent quasiment à l’identique dans la plupart des civilisations avec, très souvent, des sens équivalents ?

Un de mes objectifs pour 2021 (oui, je suis déjà passée à 2021 alors qu’on n’est même pas encore au solstice d’hiver) est de progresser en dessin, et d’essayer de dessiner un petit truc sinon tous les jours disons le plus possible. Et pour cette entreprise, le doodling est parfait (même si sur la photo ce n’est pas du doodling), et comme j’aime particulièrement tout ce qui est « ésotérique » et qu’il me servira pour mon grand projet de 2021 (enfin j’espère, mais comme j’en parle de plus en plus c’est que je commence à être prête) j’ai choisi de m’appuyer sur ce petit guide de Marjorie Bourgoin, connue sous le nom de Cococerise.

C’est très simple : un voyage à travers les formes, les couleurs, la composition, les symboles sacrés et naturels, que l’on apprend à dessiner pas à pas (des pages sont prévues pour s’entraîner), l’idée étant à la fin d’aboutir à de véritables compositions plus complexes.

Un livre que j’aime beaucoup et que je conseille à toutes celles qui ont envie de créer, il y a plein de belles idées, certaines formes sont encore un peu complexes pour moi mais on va dire que je progresse !

Doodling Sacré. Apprendre à dessiner des symboles spirituels et créer ses emblèmes magiques.
Marjorie BOURGOIN
Leduc.s, 2020

En cuisine avec Kafka, de Tom Gauld

En cuisine avec Kafka, de Tom GauldJonathan (Franzen, NDLR) ! Nos responsables marketing et nouveaux médias ont élaboré de nouvelles stratégies multiplateformes novatrices pour promouvoir votre nouveau livre ! Je vous en fais part ?
— Non.

Tom Gauld travaille pour des journaux prestigieux comme le Guardian, le New York Times et mon préféré, le New Yorker (j’adore le New Yorker, je ne le lis pas souvent parce que c’est pénible à trouver et que je ne veux pas m’abonner car je n’aurai pas le temps de le lire toutes les semaines, mais j’aime bien l’acheter au kiosque saint Germain quand je suis à Paris).  Et j’adore ce qu’il fait. Aussi, je ne pouvais absolument pas passer à côté de ce recueil de ses dessins littéraires, opportunément signalé par une de mes amies sur Facebook (merci Nathalie) (d’ailleurs, beaucoup de ces dessins ont tourné pas mal sur le réseau dans le milieu des livromaniaques).

Des dessins donc dont le thème général est la vie littéraire, les livres et ceux qui les aiment, ainsi que la vie moderne.

C’est évidemment très très drôle, et surtout tellement vrai : à chaque page, on ne peut s’empêcher de s’exclamer « oh mais oui, c’est tout à fait ça ». Ajoutez à cela un dessin simple mais original et parfaitement reconnaissable, une tendance nette à l’ironie voire au sarcasme qui pointe avec une grande intelligence notre monde moderne, du nonsense typiquement anglais, et vous obtiendrez un véritable plaisir de lecture pour un après-midi tout triste d’automne (et un cadeau parfait pour quelqu’un qui aime les livres). Pour ma part, j’aime particulièrement les strips où il réécrit les œuvres du passé à l’heure des réseaux sociaux, mais aussi celles mettant en scène l’écrivain au travail, mais aussi… bon, ok, j’aime tout de ces dessins : quelle que soit la situation livresque à laquelle vous êtes confronté (départ en vacances avec une valise pleine de livres, ouvrage disparu, classement de la bibliothèque), vous trouverez un dessin l’illustrant.

Donc : si vous aimez les livres, les livres qui parlent des livres, de leurs auteurs, de leurs lecteurs et de leurs personnages, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

En cuisine avec Kafka
Tom GAULD
Traduit de l’anglais par Eric Fontaine
2024 (c’est le nom de l’éditeur), 2017

Les Hugo, une famille d’artistes à la maison de Victor Hugo

hugoDans la famille Hugo, je demande… tout le monde. Et oui : le propos de cette exposition est de montrer comment la créativité artistique a pu animer toute une famille, et lui rendre hommage à travers un parcours qui occupe toute la maison de notre cher Totor, place des Vosges, et nous permet de voyager dans la famille, de génération en génération, jusqu’à aujourd’hui.

Evidemment, à tout seigneur tout honneur, un large espace est consacré au Maître lui-même, mais pas l’écrivain : ici, c’est le dessinateur et le décorateur qui sont mis en valeur, avec notamment la reconstitution des lieux qu’il a voulu à son image : Hauteville House à Guernesey, le salon chinois de la maison de Juliette Drouet à Guernesey. Meubles, textiles, faïences, panneaux peints, mais aussi dessins (la série des souvenirs). L’ensemble est complété par des photographies des lieux tels qu’ils étaient à l’époque, ce qui donne une curieuse impression de mise en abyme. C’est extrêmement chargé, presque baroque, et partant assez impressionnant !

Faisons désormais connaissance avec le reste de la famille, qui s’est également adonnée à l’art : Julie Duvidal de Montferrier (belle-soeur de Victor Hugo dont elle a épousé le frère Abel), peintre d’histoire et portraitiste ; Adèle Foucher-Hugo, l’épouse, qui a appris le dessin avec Julie Duvidal ; François-Victor, le fils, journaliste et traducteur de Shakespeare, qui dessine également ; Charles, le fils aîné, journaliste et photographe ; Adèle, la fille cadette, musicienne ; Léopold, le neveu (fils d’Abel et de Julie Duvidal de Montferrier), scientifique mais aussi sculpteur, peintre, dessinateur et graveur ; Georges, le petit-fils, peintre et dessinateur ; Jean, arrière petit-fils, peintre, décorateur et illustrateur ; Jean-Baptiste, arrière-arrière petit-fils, photographe, et Marie, arrière-arrière petite-fille, peintre : ces deux derniers sont encore vivants et travaillent sur la mémoire de Hauteville House.

Alors, le génie se transmet-il par le sang ? Oui et non. Certains Hugo ont clairement un talent fou, d’autres ne doivent leur succès qu’à leur nom probablement, ce qui donne une exposition parfois inégale, mais dans l’ensemble assez sympathique parce que, malgré tout, c’est amusant de constater que si le talent ne tombe pas du ciel, il est probable que le contexte familial aide à trouver la voie de la création.

Les Hugo, une famille d’artistes
Maison de Victor Hugo
Place des Vosges
Jusqu’au 18 septembre 2016

Color your life : le coloriage pour adultes, c’est tendance !

Je ne crois pas que vous ayez pu passer à côté de cette mode qui fait fureur actuellement : celle du coloriage pour adultes.

Comme souvent, j’ai d’abord regardé le phénomène avec perplexité, me demandant bien ce que des gens ayant passé l’âge de la maternelle pouvaient bien trouver d’intéressant dans cette activité. Il faut dire que je n’ai jamais été très douée pour tout ce qui est « arts graphiques ». J’aurais adoré l’être, mais comme le prouve ce dessin exécuté lorsque j’avais 4 ans, je ne l’étais pas :

Dessin

(vous noterez l’inventivité du portfolio en papier peint, n’est-ce pas) (si ça se trouve, un jour, ce dessin vaudra une petite fortune) (ou non).

De fait, cela ne m’empêche pas du tout d’essayer de m’adonner à la peinture et ce genre de choses, mais enfin, sans grande réussite.

Bref. Je voyais passer sur Instagram et Facebook des photos de « coloriage pour adultes » (les gens, fiers de leurs réalisations, les prenant en photo pour les montrer au monde), et j’étais dubitative.

Et puis, l’autre jour, en allant me réapprovisionner en smoothies, je suis tombée sur un rayon entier consacré à ces albums à l’entrée de mon supermarché. Il y en avait vraiment une variété impressionnante, des mandalas, des trucs plus figuratifs, des grands, des petits, enfin bref, il y avait du choix.  Et, évidemment, j’ai fini par me laisser tenter. Parce qu’après tout, c’est créatif, comme activité, et ça ne demande pas beaucoup de matériel.

Après moult hésitations, j’ai choisi un petit modèle, constitué de « pensées positives » et dessiné par Lisa Magano : en fait il s’agit de cartes postales que l’on peut ensuite détacher et envoyer. Mais comme je ne suis pas hyper douée, je me vois mal envoyer ça aux gens.

En fait, c’est vrai que c’est assez sympa et ludique, en plus d’être plutôt joli et créatif : ça oblige à se concentrer, car les dessins sont assez complexes et nécessitent donc qu’on leur consacre pas mal de temps. C’est d’ailleurs pour cela que ça fonctionne : se concentrer sur une tâche comme celle-là, c’est relaxant, reposant, on ne peut pas penser à autre chose ou faire autre chose. Pour une hyperactive comme moi, incapable de ne faire qu’une seule chose à la fois, cela ne peut qu’avoir des effets bénéfiques. Un peu comme le yoga, finalement.

Je ne suis pas totalement convaincue que cela va m’amuser longtemps, mais en tout cas c’est pile dans la tendance actuelle : créativité, sérénité et recentrement, illustrée par Flow.

Et vous, vous avez essayé le coloriage pour adultes ?