Klaus, de Sergio Pablos : le plus poétique des films de Noël

Un acte désintéressé en entraîne toujours un autre. 

D’humeur pas spécialement joyeuse, je me suis mise vendredi soir dernier devant le premier film d’animation proposé par Netflix, et qui ambitionne rien de moins que de nous raconter la légende à l’origine du personnage de Santa Klaus.

Jasper est le fils du directeur de la Poste : vénal, paresseux, il ne pense qu’à son confort, et en désespoir de cause son père l’expédie à Smeerensburg, une petite île où règne une guerre des clans sans pitié. Son objectif ? Que 6000 lettres soient envoyées dans l’année, ce qui promet d’être impossible tant tout le monde déteste tout le monde. En cherchant désespérément qui voudrait bien envoyer une lettre, Jasper fait la rencontre de l’Ermite de la forêt, Klaus, qui passe ses journées à fabriquer des nichoirs à oiseaux et dont la maison est remplie de jolis jouets en bois…

Ce film est une petite pépite qui m’a plus d’une fois mis la larme à l’œil et m’a redonné foi en l’humanité (ce qui est pour ainsi dire un miracle de Noël) : certains diront que c’est dégoulinant de bons sentiments, mais c’est tout à fait ce dont nous avons besoin en cette période de l’année, non ? Ce film est généreux, poétique, plein de bienveillance et de joie même s’il sait aussi se montrer mélancolique parfois : il nous montre comment finalement la gentillesse et la gaieté peuvent changer les gens et rendre le monde plus beau. Et l’amour, bien sûr. L’histoire est belle, et les images sublimes : il s’en dégage une grâce et une lumière qui nous rappellent les dessins animés un peu anciens, quelque chose d’un peu vintage qui sert parfaitement le propos du conte.

Bref, un coup de cœur pour ce joli conte de Noël qui ravira les enfants mais aussi les grands !

Klaus
Sergio PABLOS
Netflix, 2019

Sleeping Beauty (La Belle au bois dormant), de Clyde Geronimi

Belle au bois dormantSi on fait un rêve plusieurs fois, on dit qu’il se réalise un jour… Et j’en ai rêvé au moins cent fois…

La Belle au bois dormant est le premier film que j’ai vu au cinéma. Si je me base sur les dates de ressortie, je devais avoir trois ans, et je ne suis pas absolument certaine que je l’avais revu depuis. Mais ce conte a eu une influence marquante sur moi et ma manière de voir le monde : la preuve, c’est que mon premier roman en est une sorte de réécriture. Malheureusement, aucun des éditeurs contactés à ce jour n’est particulièrement enthousiasmé par ce roman. Je ne désespère pas, hein, mais afin de conjurer le sort, je me suis dit que j’allais revoir ce dessin animé qui est quand même à l’origine de tout.

Il était une fois dans un lointain pays un roi et une reine qui rêvent d’avoir un enfant. Un jour, enfin, ce rêve se réalise, et ils prénomment leur petite fille Aurore. Ils organisent une fête à laquelle sont conviés tous les habitants du royaume, ainsi que le roi voisin avec son jeune fils, le prince Philippe, auquel Aurore est promise en mariage. Sont également présentes les marraines d’Aurore, trois bonnes fées qui lui offrent des dons ; mais alors que le troisième s’apprête à offrir le sien, une invitée-surprise arrive : Maléfique qui, vexée de ne pas avoir été invitée, se venge de cet affront en jetant un mauvais sort à la petite princesse : en grandissant, elle deviendra gracieuse et belle, aura pour elle l’amour et la dévotion de chacun, mais avant le jour de ses seize ans se piquera le doigt à un fuseau et en mourra. Heureusement, la troisième fée parvient à adoucir le mauvais sort :  la princesse Aurore ne mourra pas mais tombera dans un profond sommeil d’où seul le baiser d’un prince pourra la tirer. Et pour garantir encore plus la sécurité de la jeune fille, les trois marraines décident de l’élever dans la forêt et de la garder avec elles jusqu’à ses seize ans révolus…

Féerique, ce film (complètement différent des versions de Perrault et Grimm et pas seulement parce qu’il supprime toute la dernière partie) était encore plus profondément gravé en moi que ce que je pensais (je sais maintenant d’où viennent certaines scènes et certains schémas que je croyais avoir inventés). Les images sont d’une beauté absolue, le titre musical Once Upon a dream est un enchantement, et l’ensemble regorge de scènes extraordinaires, notamment celles avec les bonnes fées qui sont à croquer. Mais ce qui est intéressant surtout, ici, c’est la figure du Prince Philippe, qui est quand même the best ; c’est d’ailleurs le premier des princes de Disney à être doté d’un nom et à avoir un vrai rôle : il est beau, il est romantique, et il est courageux, en somme c’est l’homme idéal, et si on ajoute à cela la question du destin qui fait qu’Aurore et lui sont destinés l’un à l’autre non seulement par la politique mais aussi par l’amour et les rêves… C’est beau ! C’est l’une des plus belles histoires d’amour qui soient…

Evidemment, pour moi c’est un des plus beaux films de Disney pour des raisons sentimentales, mais même en faisant abstraction de son influence sur ma vie (comme quoi un film peut changer la vie de quelqu’un), il est sublime ! A voir et à revoir !

Sleeping Beauty (La Belle au bois dormant)
Clyde GERONIMI
Disney, 1959

The Sword in the Stone (Merlin l’Enchanteur) de Wolfgang Reitherman

merlinL’amour a une force énorme. Je dirais même que c’est la plus grande force sur cette terre.

La période de Noël est évidemment celle des films de Walt Disney, et j’avais très envie de revoir celui-ci, qui est un de mes préférés même s’il n’a pas eu un très grand succès lors de sa sortie et ne fait pas réellement partie des grands classiques. Pourtant, il a durablement marqué mon imaginaire (et pas seulement le mien, me suis-je laissé dire).

A Londres, peu après la mort d’un roi tellement aimé qu’on ne peut lui trouver de successeur, apparaît une épée fichée dans une pierre en forme d’enclume et portant un message : « Celui qui pourra arracher cette épée de l’enclume scellée dans la pierre sera digne d’être Roi, souverain maître de l’Angleterre. » Mais comme personne ne parvient à retirer l’épée de la pierre, c’est une période sombre qui s’ouvre et on finit par oublier cette histoire. Quelques années après, un jeune garçon, frêle et maladroit et surnommé Moustique, écuyer chez un seigneur voisin, atterrit inopinément chez Merlin l’enchanteur, qui décide de se charger de son éducation.

Sans jeux de mots, c’est un enchantement. Dès les premières secondes, on est plongé dans la magie, celle de l’histoire mais surtout celle de l’enfance et des vieux Disney, faits à la main, dessin par dessin. Et de fait, quoi de plus magique que cette légende arthurienne, même si elle est ici largement édulcorée et réduite à l’enfance d’Arthur, son éducation et la découverte de qui il est. Le film ne manque pas de morceaux d’anthologie : les bagages de Merlin qui arrive à loger toute sa bibliothèque dans un petit sac (comme Mary Poppins), la vaisselle qui se fait toute seule ou encore, scène culte, la bataille finale avec Mme Mim. C’est drôle (Merlin est maladroit comme tout) et attendrissant, et porteur d’une belle leçon : c’est l’intelligence et non la force qui donne la puissance, et d’ailleurs les livres sont omniprésents.

En regardant ce film, l’évidence m’est apparue que J. K. Rowling s’en était forcément imprégnée plus ou moins consciemment tant les points communs sont nombreux. Du coup, cela ajoute un supplément de sens à ce très joli film parfait pour Noël !!!

The Sword in the Stone (Merlin l’Enchanteur)
Wolfgang REITHERMAN
Walt Disney, 1963