Tripalium

L’autre jour, je crois que j’ai mis le doigt sur ce qui bloque encore au niveau de ma reconversion. Je crois. En fait, je passe des heures sur mes livrets, l’oracle, les nouvelles idées et vraiment cela me procure une joie immense. Par contre, pour tout ce qui est de l’ordre de l’entreprise elle-même, ça bloque, j’ai fait le logo mais c’est tout, même le site internet je bloque, ne parlons donc pas de tout le reste, je vous prie.

Alors bien sûr, il y a le fait que moi, ma zone de génie, c’est la créativité et je sais que tout le reste, l’administratif, ça va être pénible. Je le sais, et je pensais que c’était ce qui bloquait, mais je crois que ce n’est qu’une illusion. Ce qui bloque vraiment, c’est ma vision de ce que doit être le travail.

L’une des étymologies possibles du mot, c’est tri-palium, qui se trouve être un instrument de torture. Le travail, c’est la souffrance, la douleur, ou en tout cas la contrainte, le déplaisir. Personne autour de moi, quand j’étais enfant, n’aimait son travail : il était un mal nécessaire pour avoir un salaire, et la vie, la vraie, c’était tout ce qui était en dehors, les week-end, les vacances. C’est comme ça que je me suis retrouvée à faire un travail qui n’est qu’alimentaire, et que j’ai beaucoup de mal (enfin, mon inconscient : moi j’y arrive très bien) à imaginer que ce qui me permet de gagner ma vie ne soit pas une torture. Il y a donc, je crois, toute une reprogrammation à faire pour que je puisse accepter de gagner de l’argent avec quelque chose qui me rend heureuse.

D’autant que, en tirant le fil, je me suis rendu compte que l’argent aussi était un problème : j’ai pris l’habitude depuis des années de proposer du contenu gratuit, et je bloque sur le prix. En fait, idéalement, les livrets poétiques, j’aimerais les proposer en accès libre, parce que je suis heureuse de les avoir écrits, parce que je suis sûre que cela contribuera a créer des émotions positives et que c’est déjà une belle récompense. C’est pareil d’ailleurs pour mes textes littéraires, et c’est ce qui sans doute bloque aussi. Alors bien sûr, je pourrais, tout proposer en accès libre : mais ça ne règlerait pas mon problème de départ, qui est que je ne supporte plus mon travail alimentaire.

Donc j’en suis là, à me battre avec mes croyances limitantes qui m’empêchent d’avancer. Mais les formuler, c’est déjà commencer à les transformer, alors j’imagine que je suis sur le bon chemin…

La magie du langage, de Robert Dilts : changer les croyances avec les mots

Ce livre traite de la magie des mots et du langage. La langue est l’un des éléments clés à partir duquel nous construisons nos modèles mentaux du monde et peut avoir une influence considérable sur notre perception de la réalité et notre manière d’y répondre. Le langage verbal est une caractéristique propre à la race humaine et il est considéré comme l’un des principaux facteurs qui distinguent les humains des autres créatures. Le grand psychiatre Sigmund Freud, par exemple, pensait que les mots étaient l’outil fondamental de la conscience humaine et, en tant que tels, avaient des pouvoirs spéciaux.

La magie, c’est agir sur le monde grâce à des mots, qu’on appelle des formules magiques.

Basé sur les principes de la PNL, qui étudie l’influence de notre langage sur notre programmation mentale, cet essai s’intéresse donc à la magie du langage, c’est-à-dire comment les mots et le langage peuvent influencer nos croyances. Nous avons tous, en effet, une « carte du monde », qui est la manière dont nous donnons sens à notre expérience en fonction de nos représentations mentales liées à l’éducation, au passé, à nos valeurs etc. Le souci est que parfois, cette carte est fausse, partielle ou obsolète : la magie du langage, grâce à plusieurs modèle, va nous permettre, en formulant autrement, de dépasser ces limites.

Les croyances et comment elles façonnent notre vie : c’est exactement ce sur quoi je suis en train de travailler pour mon projet secret, et cet ouvrage est donc tombé à pic, de manière pour ainsi dire magique, d’autant qu’en le lisant, je me suis rendu compte que cette question de carte et de territoire, de filtres mentaux que l’on insère entre le réel et la perception qu’on en a, c’est ce que j’étudie dans ma thèse (je n’avais pas encore fait le lien, là encore c’est magique). Au-delà de ça, j’ai beaucoup aimé cet essai, qui est parfois compliqué à comprendre dans les détails mais qui permet vraiment de recadrer les choses et de se rendre compte qu’une même idée, selon la manière dont la phrase qui la formule est tournée, n’aura pas le même impact (ni sur nous, ni sur les autres). Depuis que je l’ai lu, j’essaie par exemple de ne plus utiliser « mais » et de le remplacer par « même si ». D’ailleurs, il y a dans le livre beaucoup d’exemples et d’exercices pour apprendre à « formuler autrement » afin que la magie opère…

Ce n’est pas forcément un ouvrage pour tout le monde mais si vous vous intéressée au langage, à la PNL ou si vous cherchez à tordre le cou à certaines de vos croyances limitantes, ça peut vous intéresser.

La Magie du langage. Changer les croyances avec les mots
Robert DILTS
Préface et traduction de Béatrice Arnaud et Catherine Balance
Interéditions, 2021

Des projets, et comment en faire…

L’autre jour, quelqu’un, qui m’est plus précieux que l’air que je respire et que l’Univers a envoyé dans ma vie pour toujours mettre le doigt là où il faut que je prenne conscience d’un truc, m’a dit quelque chose à propos des projets. Et je me suis rendu compte que oui, en fait, faire des projets était difficile pour moi : avoir des rêves, des aspirations, des désirs, tout à fait. Mais pour que cela devienne réellement un projet il faut s’y mettre vraiment. Et y croire. Et c’est là que, me suis-je rendu compte en écrivant, ça bloque : la confiance. En moi, et dans le monde.

Des projets, un avenir, je n’y croyais pas, c’est pour cela que je supporte si difficilement la situation actuelle d’ailleurs, j’ai tendance à ne vivre qu’au présent mais lorsque dans le présent il n’y a pas de vie, et en ce moment nous ne vivons pas, c’est intolérable pour moi qui ai toujours en tête cette idée qu’il faut profiter parce que demain n’aura peut-être pas lieu et qu’il ne faut pas gâcher le présent pour le futur. Parce que par le passé, j’ai misé sur le futur au lieu de profiter du présent. Et le futur m’a déçue, trahie. Il n’a pas été digne de ce que je lui ai sacrifié. Mes projets ne se sont pas concrétisés. Le passé est plus fiable. Je suis plus douée en bilans qu’en projets. Le présent aussi, en tout cas à peu près.

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.

Sauf que… sauf qu’aujourd’hui je veux aussi un avenir. Je veux aussi des projets. Pas seulement me dire « ah tiens, j’aimerais bien faire ça ». Mais qu’une petite voix au fond de moi me harcèle de « tu n’en es pas capable », « tu ne t’en sortiras pas », « c’est dangereux, reste en sécurité là où tu es ». Non, me dire que je veux ça, que je peux l’obtenir, que j’en suis capable.

Et je crois que réfléchir à tout ça, ça a débloqué quelque chose (même si derrière se cachent d’autres choses à débloquer sur cette histoire de confiance en moi).

J’en ai parlé à ma thérapeute. Je fais des séances d’hypnose pour reprogrammer mon subconscient et foutre dehors ces vilaines pensées limitantes (je fais celle-là sur Youtube). Et j’ai refait un vision board, mais dans des énergies différentes.

Depuis des semaines je réfléchissais à ce que je voulais vraiment faire, dans le cadre de ma reconversion, et tout est venu à moi, comme par magie, et désormais je travaille vraiment sur ce qui est, je peux le dire maintenant, un vrai projet.

Et mercredi dernier, en sortant de mon garage, j’ai explosé mon rétroviseur. Belle synchronicité. Parce qu’il faut maintenant que je regarde en avant et non plus en arrière…