[conférence] S’éveiller au féminin sacré, par Karine Bégic

Comme je suis un peu obsessionnelle et que lorsque je commence à creuser un sujet, on ne m’arrête plus, je poursuis mes recherches sur le féminin sacré, et je suis tombée par hasard sur cette conférence de Karine Bégic, du site Essenti’elles (j’aime bien le clin d’oeil avec le nom de mon propre site). De fait, je ne suis pas la seule à m’intéresser au sujet, qui est de plus en plus porteur : le féminin s’éveille, et les changements viendront du féminin, en tant que polarité, présente en chacun de nous à des degrés divers. Il s’agit d’une énergie très puissante, qui a été abîmée et muselée mais pas vaincue, et il s’agit donc, pour chacune (puisque même si la polarité est aussi présente chez les hommes la question concerne surtout les femmes) d’aller à la rencontre de qui elle est, et de ce qu’elle a à offrir au monde.

La première partie de la conférence s’intéresse aux caractéristiques du féminin sacré, et propose à chacune de se situer par rapport à lui. Le point de départ (et nous y reviendrons très prochainement) est la Grande Déesse, dont le pouvoir créateur était à l’origine de tout, et vénérée comme telle, jusqu’à ce que les hommes se rendent compte qu’ils avaient un rôle dans la procréation et substituent un dieu mâle à la Déesse, ce qui a provoqué des changements vis-à-vis de la considération du féminin, bafoué à la fois dans son corps, dans son être et dans sa vie : de cela, nous héritons encore aujourd’hui. Or, si l’énergie du féminin sacré est extrêmement puissante, elle est encore aujourd’hui reniée, aussi bien par les hommes que par les femmes, et celles qui dans l’histoire se sont rebellées, en accord avec leur nature, ont été persécutées. Ce qu’elle représente, c’est une force créatrice, une intuition, une sensibilité. Et même si elle est un peu endormie, elle est toujours présente, et on peut s’y reconnecter, en écoutant ce qui nous porte vraiment, en étant soi, sensible, empathique, intuitive, créatrice, douce et aimante, sans ce soumettre aux normes de la société qui a tendance à survaloriser les caractéristiques du pôle masculin.

Le deuxième axe s’attache à analyser ce qui peut empêcher cette connexion : ce peut être le refus de qui l’on est en tant qu’être spirituel incarné, le rejet de soi en tant que femme, certains parcours de vie aboutissant à de fausses croyances ou conditionnements, le monde dans lequel on vit et qui nous laisse penser que sensibilité et douceur sont des faiblesses alors que ce sont des forces, la place des femmes dans la société, les lignées karmiques ou transgénérationnelles. Autant de raison qui font que chez certaines personnes, l’énergie féminine est éteinte.

Comment alors éveiller la femme sacrée, se connaître et guérir ses blessures de femme ? C’est l’objet de la troisième partie. Il s’agit d’abord de mener un travail d’introspection, puisque tout part de soi, afin de défaire ses nœuds énergétiques, accueillir cette part féminine, guérir, faire la paix, pardonner sa lignée et apprendre à s’aimer, en travaillant sur tous les aspects du féminin, et notamment les cycles, afin de reconnaître sa puissance intérieure : le siège du féminin sacré, c’est l’utérus qui contient toutes les mémoires, qui est le siège de la création (d’un enfant, mais pas que) et qui correspond au deuxième chakra (dit chakra sacré). Une énergie présente même sans utérus. Se reconnecter à soi, manifester ce féminin, c’est accueillir l’amour inconditionnel, l’authenticité, la réceptivité, la joie. Il s’agit alors de créer une véritable relation avec soi-même, prendre du plaisir, suivre la voie du cœur et de l’intuition, s’aimer, être fière de soi : il faut donc accepter de prendre du temps pour soi et pour écouter ses ressentis.

La conférence se termine par la présentation du programme de formation pour celles qui veulent aller plus loin, et par les questions.

Alors je pense qu’à titre personnel, cette conférence est arrivée un peu tard dans mon parcours, puisque j’ai déjà mené ce travail d’introspection et de reconnexion, et  que si j’ai trouvé cette conférence passionnante j’y ai peu appris, à part un « flash » au sujet de quelque chose qui ne me semblait pas avoir d’importance et qui en fait en a, ce qui m’a été confirmé quelques jours plus tard par un autre événement sans lien (enfin sans lien objectif) et m’a permis de comprendre certaines choses à propos de certaines personnes. Bref : cela étant, je conseille tout de même à tout le monde de consacrer un petit moment à cette conférence (j’insiste encore une fois : elle ne peut que faire beaucoup de bien aux hommes).

Psychologie de la séduction, de Nicolas Gueguen : qu’est ce qui nous attire chez l’autre ?

J’imagine que c’est parce que j’avais beaucoup apprécié la conférence de Tobie Nathan sur la passion amoureuse que Youtube s’est dit (je sais, Youtube n’est pas une personne) que celle-ci, sur la séduction, m’intéresserait aussi.

Nicolas Gueguen est professeur de sciences du comportement, et s’intéresse notamment aux processus de l’influence sociale. La séduction n’est pas son sujet de recherches principal, mais néanmoins, il souhaite, sur un objet a priori irrationnel et sur lequel plusieurs branches scientifiques se penchent pourtant, comme la sociologie, la psychologie, la biologie et la physiologie, voir s’il existe des constantes. Attention, on parle bien ici de processus de séduction, des quelques premières secondes, et non d’attachement amoureux.

Et, comme on s’en doute, il existe en effet des variables mesurables statistiquement, qui tiennent d’ailleurs essentiellement aux codes non-verbaux : certains lieux sont plus propices que d’autres (ceux suscitant des émotions fortes), le physique et l’apparence à tout de même de l’importance surtout pour les hommes, certaines techniques d’approches sont manifestement imparables, et quoiqu’on en dise les points de similarité sont essentiels. Evidemment, ici, il s’agit surtout de mesurer statistiquement des choses qui relèvent de l’évidence (malheureusement : oui, mettre un décolleté,  sourire et battre des cils, c’est efficace pour attirer le mâle).

A défaut d’apprendre beaucoup de choses (même si la conférence débute sur la contradiction d’une idée reçue : les hommes seraient en fait plus « fleurs bleue » que les femmes, ils tombent plus rapidement amoureux, mais ces coquins ne le disent pas), j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre cette conférence menée avec beaucoup d’humour. Et je me suis dit qu’il y avait des scientifiques qui s’amusaient beaucoup sur leurs études de terrain.

Psychologie de la séduction
Nicolas GUEGUEN
Université de Bretagne Sud, 2016

Est-il possible de rendre l’autre amoureux ? de Tobie Nathan : de la passion amoureuse comme expérience de possession

La passion amoureuse, c’est le rite de possession des mondes sans dieux…

Dans le cadre des conférences de l’Université permanente de Nantes, l’ethnopsychiatre Tobie Nathan s’est intéressé le 26 février 2015 au thème de la passion amoureuse, et à cette question de savoir s’il est possible (et comment) de rendre l’autre amoureux. Conférence que j’avais dans mes vidéos à regarder depuis une éternité, et qui m’est revenue en mémoire l’autre jour (à la base toujours pour le Truc, mais je ne m’en suis pas servi car j’ai dû mettre un point malheureusement final je le crains à ce texte dont je ne sais plus quoi faire car il m’est totalement impossible de le relire. Bref).

Le point de départ de cette conférence est la distinction entre l’eros, la passion amoureuse, et la philia, l’amour altruiste, distinction nécessaire car c’est la première que l’on peut déclencher, et non la seconde ; d’ailleurs, la passion amoureuse serait toujours serait toujours le résultat d’une manipulation, manières de faire, objets magiques, philtres, parfums, prières, rites… idée qui peut heurter les occidentaux, mais semble évidente dans d’autres civilisations.

Mais commençons par définir la passion amoureuse : émotion, sentiment et état, elle se manifeste par quatre caractéristiques : la souffrance et le manque (elle agit comme une drogue), la générosité (l’autre est plus important que nous-même), la métamorphose (comme lorsque la chenille devient papillon, notre être se dilue totalement pour devenir autre) et l’évidence (le hasard se révèle en destin). Et c’est ce phénomène que l’on pourrait créer.

Finalement, la passion amoureuse est comme un rite de possession : saisis par une altérité radicale, nous dédions notre moi à un autre. C’est un culte rendu à l’altérité, et chez les anciens peuples c’est grâce à la sexualité qu’on entre dans la civilisation, comme le montre le mythe d’Enkidu et le rôle fondateur de la déesse de l’amour et de l’érotisme Innana (l’inverse donc, de ce que dit Freud).

Comment faire, alors ? Le conférencier donne quelques recettes de sorcellerie, assez difficiles à mettre en pratique d’ailleurs. Du reste, est-ce ce que nous voulons, donner à l’autre une maladie, une souffrance, le tenir en notre pouvoir et nier son libre-arbitre ? Non, bien sûr…

Bref, j’ai résumé à gros traits, mais cette conférence est absolument passionnante, claire, vivante, pédagogique, souvent drôle, truffée d’anecdotes et de digressions savoureuses qui montrent une érudition qui semble sans limites !

Est-il possible de rendre l’autre amoureux ?
Tobie NATHAN
Université de Nantes, 26 février 2015