Sorcières, êtes-vous là ?

A force de tomber toujours sur des histoires de sorcières, j’ai fini par tomber sur un colloque sur les sorcières, à Orléans, organisé par deux anciennes collègues. En mars j’ai donc envoyé une proposition de communication, qui a été acceptée, et le colloque a lieu demain et vendredi. J’y parlerai de « la sorcière, figure de puissance et de liberté dans la littérature féminine contemporaine ». Tout un programme, n’est-ce pas !

En vérité, je flippe un peu parce que je n’ai pas participé à un colloque depuis plus de dix ans. Mais je suis aussi excitée comme une puce, parce que je sais que cet événement a du sens dans mon parcours et pour ce qui commence à se dessiner de plus en plus nettement. Et j’espère que j’arriverai à ensorceler mon public !

Si vous voulez en faire partie, vous avez toutes les infos ici !

Lisbonne, géocritique d’une ville

Lisbonne, géocritique d'une villeLisbonne est une ville mythique, aussi mythique sinon davantage que Dublin et Prague. Ici, il n’y a pas que Joyce et Kafka. Il y a certes Pessoa. « Pessoa, toujours Pessoa, notre destinée », comme se lamentait gentiment José Cardoso Pires, dans une récente déclaration d’amour à sa ville d’adoption, intitulée Lisbonne. Livre de bord. Voix, regards, ressouvenances (1997). Mais il n’y a pas que Pessoa, comme il n’y a pas que Joyce et Kafka à Dublin et Prague. Ces dix dernières années, une pléthore d’écrivains a contribué à tracer de nouvelles lignes (de fuite), à parfaire le portrait de la ville. Lisbonne a quelque chose que les autres villes ne possèdent pas : elle est le début et la fin, l’alpha et l’oméga ; elle est au bout du monde et en son centre, elle est un cul-de-sac de l’Europe en équilibre sur trois continents. Cela n’a laissé personne indifférent. A commencer par Ulysse, Personne par excellence, et Pessoa, Personne par déférence. (Bertrand Westphal, « Pourquoi une géocritique de Lisbonne ? »)

Je continue sérieusement à préparer mon séjour lisboète (et comme vous pouvez le constater, j’ai déjà confectionné ma memory box), et j’ai poursuivi mes investigations littéraires par la relecture de cet ouvrage dont j’avais fait la recension dans une autre vie, ouvrage qui constitue les actes d’un colloque organisé conjointement par les universités de Lisbonne, Limoges et Clermont-Ferrand et qui porte sur la géocritique (lire pour savoir ce que c’est).

Au fil des contributions, nous voilà plongés dans la légende de la fondation de Lisbonne par Ulysse (et oui !), le tremblement de terre de 1755, la peinture, la bande dessinée, le cinéma (Wim Wenders), le mythe de Sébastien, et l’écriture de Lisbonne chez toute une pléiade d’écrivains aussi divers que Larbaud, Soupault, Reda, Volodine, Baudelaire, Rolin, Torga, Mann, Muñoz Molina, Tabucchi, Saramago. Et bien sûr, Pessoa.

Evidemment, c’est un véritable plaisir intellectuel de se replonger dans des études universitaires pointues, a fortiori lorsqu’on connaît ceux qui les ont écrites (80% des contributeurs ont été soit mes profs, voire ont dirigé mes recherches, soit je les ai croisés à l’occasion d’un colloque ou un autre). Mais l’essentiel est surtout ici l’image littéraire et artistique qui est donnée de Lisbonne, image d’une ville ouverte sur l’ailleurs, ville qui se rêve avant de se voir, « fantasme de ville » comme le dit Alain Montandon, qui se démultiplie : fourmillante, sensuelle, lumineuse et colorée, c’est une ville palimpseste, saturée de signes et de sens.

Lisbonne, ville de papier, de textes, d’écrivains et de littérature : je n’ai pas fini de la rêver et de la fantasmer avant de pouvoir enfin me promener dans ses ruelles et pouvoir peut-être, moi-même, apporter ma petite pierre à cet édifice.

Lisbonne, géocritique d’une ville
Etudes réunies par Alain MONTANDON
Presses Universitaires Blaise-Pascal, 2006

L’écrivain vu par la photographie. Formes, usages, enjeux

L'écrivain vu par la photographie. Formes, usages, enjeuxL’écrivain vu par la photographie vise ainsi à répondre à une série d’interrogations concernant les usages, les fonctions et les enjeux des figurations photographiques des écrivains, qu’il s’agisse de portraits ou de représentations plus indirectes — outre les lieux de vie, les proches ou les manuscrits, l’on peut également songer aux photographies de mains ou d’objets qui symbolisent parfois l’écrivain en dépit de son absence sur le cliché. Il s’agit donc d’examiner comment la littérature, et d’autres domaines comme le journalisme, l’enseignement, la publicité et le monde muséal, usent de ces images et les soumettent à leurs logiques et à leurs finalités propres. L’interaction entre ces différents domaines informe la rencontre et détermine les mobiles des uns et des autres et, dès lors, non seulement la production de ce type d’images, mais aussi leurs usages concrets et par conséquent leurs significations.

Les portraits d’écrivains me fascinent, et cela faisait longtemps que je cherchais un beau livre sur le sujet — cherchais sans vraiment chercher, cela dit. Je suis tombée sur celui-ci l’autre jour à la boutique de la Fondation Cartier, et je n’ai, bien sûr, pas pu résister.

Cet ouvrage constitue les actes d’un colloque organisé à Cerisy en juin 2014. L’objectif est donc plus réflexif qu’esthétique : partant du constat que, malgré leurs réticences, les écrivains sont très photographiés, il s’agit d’interroger, à travers 25 contributions illustrées ce que, finalement, la photographie change dans la relation entre les lecteurs et les auteurs.

C’est évidemment passionnant, très riche, et suscite une véritable réflexion, même si au final cela ne correspond pas vraiment à ce que je cherchais (un beau livre avec des photographies d’écrivains : ici, il y a plutôt du texte, même si ce texte est accompagné de beaucoup d’illustrations) : je me suis régalée à la lecture de ces études, qui offrent une multiplicité de réflexions (et d’interrogations) sur une question de plus en plus importante !

Un beau livre à mettre sur la table basse !

L’écrivain vu par la photographie. Formes, usages, enjeux
Sous la direction de David MARTENS, Jean-Pierre MONTIER et Anne REVERSEAU
PUR, 2017