Instantané : bouquet de soleil

Le mimosa est un de mes grands plaisirs de la fin de l’hiver, de ceux qui m’aident à tenir jusqu’au printemps : sa couleur qui fait comme un rayon de soleil dans le bureau, son odeur, son velouté, tout me ravit !

Lorsque j’écrivais la première version de l’invitation à un voyage sensoriel il y a deux ans, j’en avais un bouquet sous les yeux et sous le nez. C’était bien trouvé : j’écrivais sur la sensorialité avec dans mon bureau un de ces éléments qui me sont indispensables parce qu’ils stimulent mes sens ! L’odorat en particulier fait ressurgir des émotions et des souvenirs et il est un formidable déclencheur d’écriture (et j’ai conscience, en écrivant ce post, de faire une mise en abyme).

Dans le livret poétique sur les cinq sens, vous trouverez de multiples activités pour vous reconnecter à ces stimuli si précieux pour créer, pour écrire et pour plonger en soi ! C’est le premier que j’ai écrit, celui qui était pour moi une évidence, et je crois que c’est celui que je préfère !

Le livre des sens, de Diane Ackerman : jouir du monde

Quel régal pour les sens que ce monde ! Voici l’été : le parfum et le bruissement du vent qui entre par la fenêtre peuvent nous tirer doucement du lit. Les rideaux de tulle se moirent dans le soleil, semblent frémir de lumière. Et puis, voici l’hiver : on a peut-être entendu, à l’aube, le bruit d’un petit cardinal se jetant contre son reflet dans la vitre de la fenêtre et, encore endormi, on a cependant compris de quoi il s’agissait. On a secoué la tête de désespoir, on s’est levé, on est allé dans le bureau pour dessiner la silhouette d’un hibou, à moins que ce ne soit un autre prédateur, sur une feuille de papier que l’on a collée à la fenêtre avant de gagner la cuisine pour se préparer un grand café : amertume légère et arôme puissant.

Après avoir lu Le Livre de l’amour, de la même autrice, j’avais très envie de me plonger dans son essai sur les sens, d’abord parce que c’est une thématique qui m’intéresse, ensuite parce que je me suis dit qu’il pourrait éventuellement compléter les recherches que j’avais menées sur le sujet (depuis plus de vingt ans, c’était déjà un de mes axes de recherches pour mon mémoire de Maîtrise) et dont j’ai tiré l’Invitation à un voyage sensoriel.

Dans cet essai, Diane Ackerman étudie les cinq sens sous toutes leurs coutures, aussi bien dans une dimension historique, biologique, sociale ou encore poétique : l’odorat, le toucher, le goût, l’ouïe, la vision (il est dommage qu’elle n’explique pas l’ordre qu’elle a choisi, car je pense que c’est intéressant) avant de consacrer un court chapitre aux synesthésies.

Un ouvrage riche et passionnant, dont la lecture m’a appris bien des choses : on sent que l’autrice se passionne pour son sujet, et ses sujets de réflexion sont d’une grande variété. Sa manière de présenter le résultat de ses recherches parvient à allier quelque chose d’intime, où on sent la joie de l’émerveillement face à la sensualité du monde, son écriture étant souvent empreinte de poésie, et en même temps des informations précises et sérieuses. Beaucoup de très beau passages, par exemple sur le baiser, émaillent le texte, et j’ai adoré le dernier chapitre, consacré aux manies d’écrivains pour stimuler la créativité par les sens (la lecture de ce chapitre m’a permis de me sentir normale, avec mon tableau d’inspiration, mon coussin d’équilibre et mes bougies parfumées).

Bref : un essai passionnant à lire, très instructif, qui invite à jouir pleinement de la richesse du monde.

Le Livre des sens
Diane ACKERMAN
Traduit de l’américain par Alexandre Kalda
Grasset, 1991

Instantané : nuances de roses

La semaine dernière, j’étais passée, mais un peu vite, devant une affiche annonçant une manifestation autour de la rose. Mais je n’avais pas pu voir où elle avait lieu, et le temps de rentrer chez moi, j’avais oublié le nom, et je n’avais donc pas pu la retrouver sur Internet, ce qui m’avait un peu agacée (surtout quand on sait le nombre de trucs totalement inutiles que retient mon cerveau) mais enfin, j’étais passée à autre chose.

Et dimanche matin, je me suis levée avec l’envie subite d’aller au jardin des plantes profiter des dernières chaleurs de l’été. Il faisait très beau, après une semaine automnale, j’ai enfilé une jolie robe et des sandales, et me voilà partie. Et, bien sûr, je suis tombée sur l’événement que je cherchais : j’ai vraiment bien fait encore une fois d’écouter mon intuition, car je me suis régalée dans tous les sens du terme. J’ai pu profiter du jardin, de ses couleurs et de ses odeurs, de la serre où je n’étais jamais entrée et où j’ai pu admirer de superbes aquarelles botaniques et des compositions florales autour de la reine des fleurs. J’ai aussi dégusté une crêpe sur un banc, au soleil, et c’était merveilleux.

Encore un dimanche où mes cinq sens ont été satisfaits : la beauté, les odeurs, le chant des oiseaux, la caresse du soleil, le bon goût de la crêpe. C’est ça, comme je vous le disais hier, habiter érotiquement le monde !

Instantané : l’odeur du chèvrefeuille

C’est tout moi : une photo pour parler d’une odeur. Cela dit, s’il est une chose que je regrette, c’est qu’on ne puisse pas capturer les odeurs comme on le fait avec les images ou les sons. Imaginez : on se promène, comme je l’ai fait dimanche, et on est enivré par le parfum des fleurs, en l’occurrence le chèvrefeuille. Pour tout dire, c’était le but de ma promenade : aller enfouir mon nez dans les haies de chèvrefeuille. On est enivré, on en profite sur l’instant, mais si on pouvait la garder, cette odeur de printemps, pour s’en gorger pendant l’hiver, est-ce que ça ne serait pas merveilleux ? Et conserver l’odeur des gens qu’on aime ?

Lorsque je respire le chèvrefeuille, je pense toujours à Tristan et Yseult, et au lai du chèvrefeuille de Marie de France. Et à ces magnifiques vers :

Ils étaient tous deux
comme le chèvrefeuille
qui s’enroule autour du noisetier:
quand il s’y est enlacé
et qu’il entoure la tige, ils peuvent ainsi continuer à vivre longtemps. Mais si l’on veut ensuite les séparer,
le noisetier a tôt fait de mourir,
tout comme le chèvrefeuille.
<<Belle amie, ainsi en va-t-il de nous:
ni vous sans moi, ni moi sans vous!>>

Invitation à un voyage sensoriel : concours

Et si je vous en offrais un exemplaire, de ce livret d’activités poétiques sur les cinq sens ? Banco !

Pour participer au concours, c’est simple : il vous suffit de me dire en commentaire le sens qui est pour vous le plus important, celui qui vous procure le plus de plaisir. N’oubliez pas de me laisser une adresse email valide pour que je puisse vous l’envoyer directement.

Et si vous aviez la gentillesse de partager ce concours autour de vous, afin de faire connaître mon travail, ça ne vous apportera pas de chance supplémentaire (c’est complexe à gérer) mais je vous en serai très très reconnaissante !

Vous avez jusqu’au dimanche 30 janvier à 10h !

Bonne chance

Les énergies du Taureau et les cinq sens

Dans mon thème astral, je n’ai pas de Taureau. Pour tout dire, je n’ai pas de signes de terre, ce qui explique beaucoup de choses. Enfin, plus exactement : je n’ai aucune planète en Taureau, mais les énergies du signe sont tout de même présentes, puisque nous avons tous toutes les énergies, mais nous les utilisons plus ou moins. D’autant que j’ai un truc important qui est en Taureau : mon Milieu du Ciel. C’est-à-dire l’angle qui représente la carrière, la renommée. Et que oui, j’ai toujours senti que cette dimension était essentielle pour moi dans mes activités « professionnelles », même si c’est longtemps resté confus.

Comme la Balance, le Taureau est gouverné par Vénus. Mais là où la Balance est dans le côté intellectuel, esthétique, artistique de la déesse (l’Aphrodite dite Urania, Aphrodite Céleste), le Taureau représente sa dimension charnelle, sensuelle, que d’aucuns qualifient de « vulgaire » (Aphrodite pandemos). Le Taureau, c’est un hédoniste qui aime la bonne chère (c’est souvent comme ça qu’on le caricature) mais aussi les plaisirs de la chair, et plus généralement tout ce qui va réjouir ses sens : il aime le beau, le bon, le confortable. Ses qualités sont donc d’avoir une belle connexion à la terre et à son corps, c’est un signe très ancré, qui sait prendre soin de lui, de sa maison, prendre son temps, tout en se connectant à ses émotions. Bref : le Taureau est sans doute le signe qui sait le mieux profiter de l’abondance de la vie.

C’est le signe qui correspond parfaitement à mon mantra de 2022 : je suis vivante. Et c’est une énergie qui, en fait, me correspond parfaitement bien : j’aime bien manger, j’aime prendre soin de chez moi, j’aime qu’autour de moi ce soit beau, douillet, que ça sente bon…

Avec mon opposition d’Uranus, en Taureau donc, sur mon Milieu du Ciel, il était somme toute logique que ma « libération professionnelle » ait quelque chose à voir avec ces thématiques. Et de fait : le premier livret que je vous propose est consacré aux cinq sens. C’est à un Voyage sensoriel que je vous invite pour commencer 2022, et ce voyage poétique vers vous-même qui est la base de mon travail. Un voyage pour vous reconnecter à vos sens, tous, afin de jouir plus pleinement de la vie.

Alors, vous me suivez ? C’est par ici pour embarquer !

Je, ici, maintenant

C’était le sujet de la dissertation de littérature comparée à l’agrégation, l’année où était au programme un ensemble de textes se rapportant au flux de conscience et intitulé « Fiction de l’intime ». J’avais adoré ce programme, à tel point que je m’étais même totalement perdue dedans, accumulant les lectures sur le sujet qui, honnêtement, n’étaient pas indispensables. Mais on ne se refait pas : quand un sujet m’intéresse, je déroule la pelote. Et si ce n’était pas indispensable sur le moment, je crois que ce travail m’a nourrie, et a influencé mon rapport au monde et à l’écriture.

Pourtant, le jour de l’épreuve, le sujet m’avait laissée perplexe. Je n’ai évidemment aucun souvenir de ce que j’ai bien pu raconter, ni même de ma note exacte, c’était assez moyen disons. Mais l’autre jour, alors que je me promenais dans les bois, il m’est revenu. Pas la simple donnée linguistique : « je, ici, maintenant » qui désigne la situation d’énonciation. Encore que, justement : parfois, le je qui parle, s’il est physiquement ici et maintenant, est mentalement ailleurs et hier ou demain. Est-ce que le je, ici, maintenant existe ?

Et ce jour-là, je me suis dit que oui. Que mon « je », encore tremblotant, encore fragile, prenait des forces et s’affirmait de plus en plus. Que j’étais ici, dans ce bois, parce que j’étais consciente de respirer, les odeurs de sous-bois et de champignons, d’air frais ; de sentir la terre sous mes pieds et la caresse de l’air sur mon visage ; d’entendre les oiseaux, le vent dans les feuilles et les autres promeneurs au loin ; de voir toute la beauté qui m’entourait. De marcher. Et c’était maintenant, pas hier ou demain.

Et c’est juste ça, la pleine conscience, pour moi : être pleinement dans le monde, enfin ! Et c’est pour cela que la promenade du dimanche (ou d’un autre jour) est si essentielle !