L’endroit où les ailes se déploient

Je me suis toujours demandé si la métamorphose de la chenille en papillon était douloureuse — si cette dissolution suivie d’une recomposition, ça faisait mal ? J’imagine que oui, être totalement dissout, même si c’est pour devenir quelque chose de magnifique comme un papillon, ce n’est pas ce qu’il y a de plus agréable. Pourtant, elle y va, la chenille — c’est son instinct, elle ne peut pas lutter. Elle construit son cocon, s’enferme à l’intérieur pour que là s’opère la métamorphose. Cocon : là où on se transforme. La chenille disparaît. Le papillon apparaît. Progressivement se construit. Son corps, ses ailes.

Un jour, il est prêt, il est terminé. Et je me suis toujours demandé : est-ce que c’est difficile, de sortir du cocon ? Est-ce qu’il résiste, refuse de se déchirer pour laisser sortir la nouvelle personnalité de la chenille devenue papillon ? Est-ce que ça lui fait mal ?

Et puis, déployer ses ailes pour la première fois, les faire battre, et s’envoler…