Instantané #132 (le chemin des cœurs, encore)

La semaine dernière, après la neige est venue la glace. C’était très impressionnant, je n’ai pas failli sortir de ma cours (parce qu’il y a une pente, et qu’elle était recouverte d’un centimètre de glace, et que ma voiture n’est pas conçue pour de telles conditions climatiques — moi non plus, remarquez). Mais enfin j’y suis parvenue. Mais ce n’est pas le sujet : le sujet, c’est ce cœur qu’avait formé la glace, devant ma voiture. J’ai trouvé ça d’une telle beauté, et que c’était encore une fois un joli message (je vois de plus en plus de cœurs, et les photographier est un « projet poétique » qui me ravit). Suivre le chemin du cœur…

Instantané #71 (le chemin des cœurs)

Habiter poétiquement le monde, c’est aussi voir ce qui nous entoure comme une forêt de symboles, et être attentif aux signes, aux synchronicités, aux coïncidences. Alors bien sûr, il faut faire attention aux biais cognitifs : plus on les cherche, plus on les voit. Mais tout de même : en ce moment, je trouve qu’il y a beaucoup de cœurs, sur mon chemin.

Tout a commencé avec le joli livre de Julie Lipinski et Thibault Chenaille, Chasseurs de coeurs qui rassemblait des photos de cœurs que la nature mettait sur leur chemin, et que pendant longtemps (j’imagine qu’ils continuent) ils se sont envoyés par texto pour se dire « je t’aime ». Un livre que j’adore feuilleter régulièrement, et je me suis dit que c’était un tellement joli projet, tellement poétique, que j’avais envie d’y participer aussi. Mais làs : j’avais beau scruter, point de cœurs.

Et puis, ils ont fini par venir. D’abord un pétale de pivoine (avec un peu d’imagination). Puis un nuage (avec pas mal d’imagination aussi), après des heures et des heures passées à les regarder. Et puis ça s’est accéléré et là, depuis janvier, j’ai d’abord vu, stupéfaite, cette tache d’humidité sur le mur extérieur de la résidence, devant laquelle je suis passée un nombre incalculable de fois ; puis ce galet, à un endroit où un galet n’a strictement rien à faire ; et puis, dimanche, cette tâche sur ma table en marbre, que je soupçonne d’être apparue pendant la nuit, sinon je ne vois pas comment j’avais pu la louper.

Même si ça ne signifie rien (on verra bien), j’adore trouver comme ça des cœurs sur mon chemin, ça met un peu de poésie dans le morne quotidien !