Instantané #106 (Carte postale)

Coucou,

j’espère que vous passez, malgré tout, un bel été ! Cette semaine je vous envoie une petite carte-postale du Bassin d’Arcachon, ce qui va vous faire dire « comme d’habitude » mais en réalité pas tout à fait puisque je suis non pas au Cap-Ferret mais à côté d’Andernos. Ce qui me permet de faire un peu de tourisme aux alentours (Biganos et son très joli petit port, le lac de Lacanau où on fait très bien du paddle), même si dans les faits je suis aussi très souvent au Cap-Ferret (parce que l’habitude, parce que des histoires de marées, parce que les gens). Alors ce n’est pas « comme d’habitude », évidemment, mais on essaie de recharger au mieux les batteries en nageant (et ô combien l’eau m’a donné le sentiment de me régénérer et une certaine impression de sécurité), bullant au soleil, ramassant des coquillages, paddlant (j’insiste) ou ne faisant rien du tout. C’est différent, mais bien. Je fais le plein de douceur pour l’hiver.

La photo a été prise à Arès, en face de l’île aux oiseaux, un soir où j’ai été émerveillée par les reflets de l’eau.

Je vous embrasse !

Instantané #63 : from paradise with love

Hello folks ! Comme tous les ans, une petite carte postale ferret-capienne ! Il fait chaud (je dois être la seule personne à ne pas m’en plaindre, mais c’est vrai qu’ici il y a de l’air et de l’eau), je lézarde sur la plage, je retrouve mon élément naturel (l’eau), je bois l’apéro et mange des dunes blanches, je prends des bains de minuit et j’achète des robes rouges ! Bref, je me ressource, je me régénère, je renais à moi-même avant une nouvelle année qui s’annonce… décisive !

bisous bisous !

Um beijo de Lisboa

D9EDD235-A951-4F16-ABB8-428F744F6FF3.jpgJe vous écris de Lisbonne. Il fait beau. Très chaud même. Mais je suis bien. L’appartement que j’ai loué est magnifique et je passe des heures à regarder la ville qui s’étire paresseusement à mes pieds et dont les couleurs changent de minute en minute. J’aime me mettre dans les pas de Pessoa (et de José Saramago puisque mon avion portait son nom). J’aime les couleurs, les bruits, les goûts. J’aimerais apprendre le portugais et m’installer là, surplombant le Tage, et écrire…

Instantané #35 (Carte postale bruxelloise)

Grand Place

Hello Folks ! Un petit coucou de Bruxelles. C’est une ville magnifique, et les gens sont très sympas ! Pas envie de revenir… mais j’aurai plein de choses à vous raconter !

La fille surexposée, de Valentine Goby

13267344184_b3518dcf4c_oLa peau de la fille est saturée de lumière, elle la renvoie comme un métal. Ça, il ne l’a pas corrigé à l’écran, c’est une signature, une photo de début de siècle, la fille blessée par une ampoule trop vive, un flash trop proche dans un studio de l’Ancienne ou de la Nouvelle Médina de Casablanca. C’est une photo, dans un studio, d’une prostituée — khba — qui fait la Marocaine, quelque part près du quartier réservé du Bousbir.

J’avais envie de lire ce récit pour plusieurs raisons. D’abord, j’avais envie de découvrir Valentine Goby (mais Kinderzimmer traite d’un thème que j’évite plutôt à cause de mes tendances empathes, je mets des semaines à m’en remettre). Ensuite, j’avais envie de découvrir cette collection des éditions Alma, « Pabloïd », qui donne carte blanche à des écrivains pour composer un texte selon l’un des huit thèmes fondamentaux de l’art selon Pablo Picasso dans La tête d’Obsidienne d’André Malraux : la naissance, la grossesse, la souffrance, le meurtre, le couple, la mort, la révolte, et peut-être le baiser. Et celui-ci en particulier, car il se trouve qu’ayant fait ma thèse sur la représentation des femmes orientales dans l’imaginaire masculin européen, je me suis forcément intéressée à ces cartes postales colonialistes proposant un érotisme de pacotille. Trois raisons, cela faisait beaucoup, n’est-ce pas, donc comment résister…

La Fille surexposée, c’est l’histoire d’une carte postale. Elle est réalisée en 1924, dans un studio photo, et a pour modèle une prostituée déguisée avec les attributs que l’on imagine être ceux de la femme marocaine. Pour le nouvel an 1953, Maurice en achète un exemplaire et l’envoie à son ami Alexandre. En 2011, Isabelle, la petite fille de Maurice, trouve la carte dans les affaires que lui a laissées Alexandre, et dans le même temps Miloudi, un peintre, s’empare du cliché pour une de ses séries…

Quel étonnant voyage que celui de cette carte postale représentant Khadidja la marocaine, en réalité une prostituée du Bousbir, le quartier réservé où les blancs pouvaient aller pour quelques sous réaliser leurs fantasmes d’exotisme. Mais, évidemment, ce texte est beaucoup plus complexe qu’une simple dénonciation des stéréotypes de l’orientalisme et de la marchandisation du corps féminin (même si les pages qui nous font pénétrer le Bousbir sont particulièrement éloquentes). C’est, avant tout, un récit d’une profondeur étonnante sur l’art et sur l’image : ce qu’elle dit, ce qu’elle ne dit pas, son mensonge parfois, mais aussi la frontière étroite entre le visible et l’invisible. Car, surexposée, la fille de la photo est auss, avant tout, totalement ignorée. C’est aussi une réflexion sur l’interprétation du geste artistique : pendant tout le récit, on interprète d’une certaine manière la façon dont Miloudi s’empare de ces images pour les transformer ; et, de fait, on a tort…

Un très beau texte donc, servi par une écriture parfaitement maîtrisée, à découvrir absolument !

La fille surexposée
Valentine GOBY
Alma, 2014

Lu par Jérôme, Leiloona, Noukette

92737225_oBy Val

(La photo a été prise avec Ces sublimes objets du désir de Régine Deforges, Stock, 1998)

Carte Postale – La parenthèse enchantée

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Chers lecteurs,

me voici à la montagne pour quelques jours de vacances bien méritées. Ceci est la vue que j’ai le matin lorsque je me lève. Mais pas d’inquiétude, vous me connaissez : et d’un je suis accro à internet donc je ne serai pas loin, et de deux je suis psychorigide donc vous aurez quand même votre pain article quotidien. Donc même en n’étant pas là, je suis quand même là !

(Ce qui veut donc dire que si ça se trouve, je mens : je suis tranquillement chez moi et je vous fais bisquer avec une vieille photo — où est la vérité ?)