Ce qui m’inspire en ce moment #2

Nouvelle salve d’inspiration, pas uniquement sur le journal poétique cette fois puisque je suis aussi à la recherche d’inspiration plus générale, notamment sur le plan « entreprendre » : je cherche des gens qui sont dans leur mission de vie, qui ont une entreprise dans la créativité, parce que je suis moi-même en train de réfléchir à ce que je veux faire précisément. Donc les personnes dont j’aime suivre les activités, que j’ai découvertes récemment, dont le travail me parle :

1. The unexpected Gipsy : j’ai découvert sa chaîne youtube par hasard, grâce à l’algorithme. Wendy est une artiste freelance et enseignante en art anglaise, elle a créé sa chaîne à l’occasion du confinement et y montre son quotidien sous forme de vlog. Je n’aime pas spécialement son travail de peintre (c’est une question de goût) mais par contre j’aime beaucoup sa pratique du journaling, et la manière dont elle en parle comme « thérapie de l’âme » !

2. Caro Arevalo : également une découverte algorithmique youtube. J’aime énormément ses tableaux « mystiques » et son énergie !

3. Fabienne Roy : je suis absolument amoureuse de ses petits projets qui sont pleins d’amour et de poésie, et font un bien fou à l’âme. Son compte mérite vraiment le coup d’œil !

4. Manon Lavoie : on reparlera d’elle un jour prochain, car son travail m’inspire pour ce que je veux développer moi-même, en tout cas dans l’idée : la créativité comme moteur de transformation (elle appelle ça alchimie par la créativité) et comme outil pour se connaître. Elle a écrit un livre, Créer le meilleur de soi, dont je vous reparlerai si un jour il finit par arriver chez moi. Elle a aussi un programme de créativité, « le cercles des muses ». Elle propose beaucoup de contenus aussi sur Instagram, et j’aime sa vision, son énergie et sa joie de vivre !

5. Susannah Conway : j’étais tombée sur son blog il y a de ça plusieurs années (comme quoi, cela fait un moment que j’ai les pistes nécessaires), et je le suivais avec plaisir : Susannah est écrivain et photographe, et j’aime vraiment sa vision du monde. Et récemment, en creusant davantage, j’ai découvert tout son travail sur le journaling, mais cette fois plus dans sa dimension écrite, et notamment ses cycles de formation. Et très clairement, ça vibre très fort !

Voilà, j’espère que ça vous inspirera aussi !

Inspiration journal artistique (et poétique)

L’autre jour, vous m’avez demandé quelles sources m’inspiraient pour mes journaux poétiques. Alors même s’il est difficile de répondre car c’est un peu partout, et surtout que je ne suis jamais totalement les process indiqués car évidemment l’art c’est très personnel (et qu’à la base j’ai transformé le truc en appelant « journal poétique »), je vous ai fait une petite sélection :

1. Le plus complet : le site everythingart
C’est en anglais, mais c’est une mine pour le mixed-media : une newsletter inspirante (et à l’inscription vous recevez un petit cahier d’exercices avec plusieurs « prompts » pour commencer vos pages), des cours. Certaines choses sont payantes comme la chaîne de TV et certains cours, mais il y a aussi pas mal de ressources gratuites pour commencer.

2. Jordan Clark : je l’ai découverte via sa chaîne Youtube, et j’aime également beaucoup son compte Instagram. Son univers est doux, poétique, et elle fait des choses simples et épurées, parfait pour débuter !

3. Berber Van Gorp : je suis en amour avec ses vidéos ASMR. Pas d’explications, juste le process en images et c’est totalement poétique. Je ne suis pas toujours très convaincue par le résultat final, mais j’ai pris 2-3 idées !

4. Melody Miroir, qui est une fidèle lectrice et propose de très chouettes tutoriels sur Youtube mais aussi sur Instagram. J’aime particulièrement cette vidéo pour faire une galaxie, et en suivant Mélody on a accès à plein d’autres ressources car elle-même partage ses inspirations !

5. Vivre et créer, le site d’Anne-Solange Tardy : ce n’est pas du journal artistique mais ça m’inspire beaucoup.

Voilà quelques pistes pour commencer, nous y reviendrons certainement car cette histoire de journal poétique est vraiment un des aspects les plus aboutis de mon « projet 2021 ». Mais l’essentiel est, de toute façon, de laisser marcher son intuition, la technique, bien sûr indispensable, n’est qu’un outil et il ne faut pas chercher à reproduire des pages telles quelles aussi jolies soient-elles ! Amusez-vous, et soyez vous-même !

Journaux poétiques, lignes de suite

Il y a près d’un an, je vous avais présenté ma pratique de ce que j’appelle « journaux poétiques » ou davantage comme tout le monde « journaux artistiques » ou « art journals » (mais journaux poétiques c’est vraiment moi, en fait). Et j’en avais reparlé en septembre, expliquant que cela me permettait d’ouvrir d’autres canaux et d’accéder plus facilement à certaines choses et à mieux écrire.

Le fait est que ces deux derniers mois, ma pratique a encore évolué et qu’elle tend de plus en plus à devenir une fin en soi, et non plus un moyen en vue d’une fin. Il y avait déjà eu un grand changement pendant le confinement, et j’avais peu à peu totalement laissé de côté la dimension « thérapeutique » telle que l’entend Anne-Marie Jobin. Alors je pense que ça a tout de même une dimension thérapeutique quelque part, ça en a toujours, mais ce n’est pas l’objet. Mais entre la fin du carnet n°4 et le n°5 qui est en cours, j’ai fini par trouver après bien des tâtonnements ce que je voulais faire. Une sorte de « déclic ».

J’ai acheté beaucoup de matériel, pour ne pas être prise au dépourvu. J’ai des boîtes entières de trucs de récupération (parce que tout peut servir). J’ai regardé des heures de vidéos sur le collage, le mixed-media, les techniques pour apprendre de nouvelles pratiques et avoir des idées. Je me suis abonnée à des newsletters. J’ai suivi des live. A force de pratiquer quotidiennement, j’ai progressé techniquement même s’il y a encore du boulot sur certains points (découper droit, coller proprement…) y compris en peinture et en dessin (même si le dessin et la peinture à proprement parler c’est dans un autre carnet).

Et je me suis mise à découper des livres, ce qui a tout changé, ou presque, car je me suis rendu compte que depuis le début c’est ce qui manquait dans cette histoire : l’écriture, le texte, la poésie au sens strict. J’illustrais déjà par-ci par-là des citations, mais ce n’était pas la base de tout. ça l’est devenu. Ou quasi.

Alors je ne suis pas contente de toutes les pages (on ne l’est jamais) mais il y a de moins en moins de pages que j’estime totalement loupées. Mes pages sont plus complexes voire plus « conceptuelles », plus variées, plus texturées. L’écriture reste évidemment mon mode d’expression premier, nécessaire et vital, mais j’ai envie de continuer à développer mon journal poétique (qui physiquement commence à devenir encombrant), et d’ailleurs cela fait partie de mes projets.

Journaux et carnets de notes

Bien sûr, j’aime les carnets. Tous les carnets. Un écrivain ne peut pas ne pas aimer les carnets. J’en sème partout et aujourd’hui j’avais envie de vous parler de deux en particulier.

D’abord, le journal. Là, je parle bien du « journal intime » et non du « notebook » dont nous parlerons plus loin, même si je sais que certains ne font pas de différence, contrairement par exemple à Joan Didion qui dans « on keeping a notebook » distingue bien les deux et explique que si elle se sent incapable de tenir un journal et que cela ne l’intéresse pas de le faire, son carnet de notes lui est indispensable. Le journal est, pour beaucoup, une des premières pratiques d’écriture, et parfois reste la seule. Et c’est très bien. Comme beaucoup, j’ai eu un journal intime à l’adolescence, et même des, puis j’ai abandonné (à quel âge, je n’en sais rien) et repris en 2013. Soit bien après avoir repris l’écriture. Les débuts sont un peu chaotiques d’ailleurs : des notes éparses, vagues, sur un carnet Moleskine petit modèle noir non ligné couverture souple que j’avais acheté à Paris sur un coup de tête. Je n’écris plus mon journal que sur ce modèle. Chaque carnet est numéroté, daté, et archivé. En temps normal, un carnet me fait environ un an mais c’est parfois plus parfois moins : le carnet n°6 fait 3 mois, et les suivants plus ou moins pareil voire moins. Sauf à certaines périodes, je n’écris pas tous les jours, j’écris lorsque j’en ressens le besoin, lorsque j’ai quelque chose à dire dont je veux garder une trace, ou quelque chose que je veux « libérer ». J’y parle de mes travaux d’écriture (beaucoup), d’amour (à partir du carnet n°6 surtout), de mes états d’âme. Bizarrement, je n’ai que très peu écrit dans mon journal durant le confinement et je le regrette car garder une trace précise de cette période aurait été intéressant (même si j’ai d’autres traces dans d’autres textes et notamment ici), pour relire plus tard ou pour servir à d’autres écrits ou tout simplement pour mieux comprendre ce qui me traversait : même si mon journal ne fonctionne pas comme mon (mes) « notebooks », il m’est arrivé d’y replonger pour trouver telle ou telle information.

Mes journaux sont d’une austérité absolue, je ne varie même pas la couleur de l’encre : ce n’est que de l’écriture, noire, dense, sans aucune fantaisie. C’est ce dont j’ai besoin pour ce carnet-là, qui est un carnet introspectif, qui m’a permis d’avancer dans ma vie et de mieux me connaître. Je n’ai pas toujours ce journal sur moi, même s’il m’arrive d’écrire dedans à une terrasse de café ou dans un moment creux. Tous les tomes sont archivés par ordre dans une boîte qui est sur mon bureau, et que je sors parfois pour les feuilleter, pour relire telle ou telle période. Et ce qui est intéressant, dans le fait de « documenter sa vie » par écrit c’est que ça la rend plus dense, plus riche, et qu’on y est plus attentif. L’idée n’est pas nécessairement de se rappeler les faits eux-mêmes dans leur exactitude ; même si on les reprends dans une œuvre future, il y aura toujours quelqu’un pour nous dire que non, les choses ne se sont pas déroulées de cette manière, que la robe était rouge et non bleue et que c’était en juillet et non en septembre. Parce que la mémoire est quelque chose d’aléatoire. Ce qui importe, c’est la manière dont les faits nous ont percuté, et dont ils ont touché notre imaginaire. Ce qui importe c’est ce qu’on en fait. Un journal n’est pas une boîte d’enregistrement.

En suite il y a les « carnets de notes et d’écriture ». Tout écrivain se doit d’avoir un carnet de notes, parce qu’on ne sait jamais quand une idée surgira, et elle surgira à coup sûr quand on sera le moins disponible : au volant sur l’autoroute, sous la douche, au moment de s’endormir… et si on ne la note pas tout de suite (en se disant « oh, j’arriverai bien à m’en souvenir »), elle partira (pour aller voir quelqu’un de plus disponible : les idées sont un peu capricieuses et susceptibles, et si on ne s’occupe pas d’elles tout de suite, quitte à interrompre ce qu’on faisait (aussi urgent cela soit-il), elles vont voir ailleurs. Un carnet de notes toujours prêt permet de résoudre partiellement ce problème. De mon côté j’en ai deux sortes.

J’ai d’abord le vrai « carnet d’écriture » qui est mon laboratoire : c’est là que je fais des recherches, que j’écris les idées de textes futurs, les idées de corrections, parfois des extraits entiers (essentiellement des débuts de nouvelles), des plans et découpages, synopsis, recherches bibliographiques… c’est un foutoir innommable tous les projets se mélangent joyeusement — ou plutôt se superposent, il est en très mauvais état car un été il a pris l’eau, mais il m’est essentiel, même si je ne m’en sers pas tous les jours (ça dépend de ce sur quoi je travaille, en ce moment je m’en sers beaucoup).

Et j’ai ensuite les carnets (j’en ai un dans le bureau, un dans le salon sur la table basse et un dans mon sac) où je prends des notes : des citations, les idées qui viennent sur tout et n’importe quoi, le nom d’un livre dont on parle et qui m’intéresse, des listes, des informations dont je pense qu’elles peuvent resservir… et aussi des bouts d’idées de textes qui auraient leur place ailleurs : bref, un carnet de notes, fouillis et qui part dans tous les sens, comme un bon carnet de notes ! De fait je n’en ai pas toujours sur moi, et je me sers aussi pas mal de la fonction notes de mon smartphone (qui m’a aussi souvent servi pour écrire des morceaux de textes, mais avouons que ce n’est pas ce qu’il y a de plus pratique…). Certains notent aussi dans leur carnet le résultat de leurs observations : une bribe de conversation volée, une situation, qui parfois servent de déclencheurs d’écriture. Je ne le fais pas, ça ne m’est pas naturel, mais je devrais faire un effort.

Et vous alors, les carnets ?

Instantané #95 (juste quelque chose de joli)

Lorsque Myriam a créé sa marque de papeterie, Atelier d’Albion, j’ai tout de suite aimé l’univers qu’elle proposait, et bien sûr le fait que ce soit fabriqué en France. En bonne amoureuse et des jolies choses, et de la papeterie, je ne pouvais qu’être tentée mais bien sûr le temps a passé, enfin je ne vous fais pas toute l’histoire.

Et puis, pendant le confinement, Myriam a eu une très jolie idée : demander à des artistes, écrivains, blogueurs de partager une idée sur leur carnet, et elle m’a proposé de participer, ce que j’ai fait avec joie et avec une page de mon journal poétique. Ce qui m’a du coup refait penser à mon projet, et si j’ai attendu la fin du confinement, dès lundi je me suis offert un peu de joie avec un beau carnet « je suis poète », un autre tout aussi joli mais plus petit avec une machine à écrire vintage, et un petit sticker machine à écrire. Je ne sais pas encore ce que je vais écrire sur mon carnet rouge (le carnet machine à écrire je sais : c’est le type de carnets que j’ai toujours sous la main pour noter les idées en vrac).

Bref, si vous ne connaissez pas, je vous engage à aller découvrir cette jolie marque !

Le journal des rêves

Les rêves et moi, c’est une histoire longue comme ma vie. Je suis hyperonirique (c’est-à-dire que je rêve dans toutes les phases de mon sommeil, du moment où je m’endors à celui où je me réveille), ils sont souvent assez clairs au niveau du sens, et je m’en souviens plutôt bien la plupart du temps. Certains m’ont même tellement marquée que des années après, je m’en rappelle aussi parfaitement que d’événements vécus. Je vous ai déjà parlé de celui que j’avais fait, adolescente, dans lequel je découvrais que j’étais une extra-terrestre et que je partais pour rejoindre ma planète en traversant une forêt de symboles. Par contre je ne crois pas (mais c’est possible que si) vous avoir raconté celui que j’ai fait il y a deux ans, la veille d’un événement totalement inattendu vu les circonstances et qui a bouleversé toute ma vie, en tout cas intérieurement : j’achetais une grande maison, et je cassais tout à l’intérieur pour tout refaire (ceux qui s’y connaissent en interprétation des rêves, à lire ça, on sans doute esquissé un petit sourire). En ce moment, je rêve souvent de bébés (qui parfois représentent mon enfant intérieur, d’autres fois mes projets).

Quand j’étais adolescente, je faisais aussi beaucoup de rêves prémonitoires, mais à part le rêve de la maison raconté ci-dessus, je n’en fais plus. Il faut dire que ce n’était pas très utile, vu que j’étais simplement avertie de ce qui allait se passer mais ne pouvais rien y changer.

Cette année, j’ai décidé de travailler encore davantage avec mes rêves, avec un carnet spécial (je ne suis plus à un carnet près). J’avais déjà essayé, de noter mes rêves et de les analyser, notamment après la lecture de L’Art de rêver de Nicole Gratton. J’ai d’ailleurs toujours ce carnet. Mais là j’ai décidé d’être encore plus efficace : je me suis offert un beau carnet spécial qui me tentait depuis des semaines : The Dream Journal de Cocorrina.

Cocorrina est une illustratrice dont j’ai découvert par hasard le travail sur Instagram (elle fait de sublimes gifs) et qui m’enchante tant son univers me correspond parfaitement. Donc j’ai commandé ce journal des rêves, qui non seulement est absolument sublime, mais parfaitement adapté à la lecture des rêves.

 

 

Le journal des rêves
Le journal des rêves

Chaque double page s’organise de manière à tirer le meilleur parti des rêves. D’abord la date, les heures de sommeil et le titre du rêve (c’est très important de donner un titre, car le titre qui va « venir » est déjà un début d’interprétation. Ensuite la phase de la Lune (je compléterai par le signe dans lequel elle est, et à quoi ça correspond en me servant des Gardiennes de la Lune de Stéphanie Lafranque) et les émotions ressenties. Enfin, concernant le rêve proprement dit : les symboles et sentiments importants, et le récit/interprétation (à ce sujet, je déconseille fortement les clés des rêves : je trouve au final le Dictionnaire des symboles de Chevalier et Gheerbrant chez Bouquin, de toute façon un outil indispensable, beaucoup plus éclairant). Enfin on coche pour indiquer s’il s’agit d’un rêve récurrent et/ou lucide.

Voilà, je suis ravie de mon outil qui va peut-être me permettre de mieux comprendre certaines choses, et qui en plus sera joli sur ma table de nuit !

Et vous, vous avez quelle relation avec vos rêves ?

Ecrire dans un carnet Moleskine (à une terrasse de café)

Carnets MoleskineIl y a, autour du carnet Moleskine, un storytelling très réussi : si ce type de petit carnet existe depuis le XIXe siècle et que de nombreux artistes ont pu les utiliser et y ont éventuellement fait référence (Lucien Jacques dans son roman Carnets de Moleskine publié chez Gallimard en 1939, Bruce Chatwin dans Le chant des pistes qui parle d’un carnet fabriqué par une entreprise familiale tourangelle jusqu’en 1985 et qui ne porte pas de nom particulier, Hemingway qui mentionne dans Paris est une fête son carnet de notes), la marque Moleskine n’existe en tant que telle que depuis 1997. Ce qui fait que fort logiquement (sauf s’il voyageait dans le temps pour faire ses emplettes), Hemingway, même s’il avait un petit carnet similaire, ne pouvait pas utiliser celui-là.

Et pourtant. Bien que totalement consciente de tout cela, je voue aux petits carnets Moleskine un amour infini. J’ai d’autres carnets de la marque, j’ai des carnets d’autres marques, mais celui-ci m’accompagne partout depuis le 26 août 2013. C’est précis parce que comme il me sert en gros de journal, les dates sont indiquées. J’en suis au tome 4, et je prends toujours le même modèle : couverture souple noire, non ligné.

Il est toujours dans mon sac, parce que je ne sais pas à quel moment ça va me prendre d’avoir envie/besoin d’écrire quelque chose. A certaines périodes, c’est tous les jours voire plusieurs fois par jour ; parfois, il se passe des jours et des semaines sans que j’écrive un mot. Chez moi, dans le train. Mais ce que j’aime surtout, c’est le sortir lorsque je suis installée (seule) à une terrasse de café : c’est totalement caricatural, et cependant, le cliché de l’auteur qui écrit à une terrasse, il n’est pas né ex nihilo. Jurisprudence Hemingway.

Ce qui est amusant avec ces petits carnets, outre l’aspect « objet transitionnel » du truc (que j’archive précieusement) c’est que, en temps habituel, je n’écris qu’à l’ordinateur (à part dans la phase de recherches parce que sinon je ne m’y retrouve pas dans les fichiers, et à part lorsque que j’écris une nouvelle en loucedé pendant une réunion pourtant à la base peu propice à l’exercice), et chez moi (hormis donc dans la situation exposée précédemment). Ce qui est amusant aussi, c’est que je n’aime guère Hemingway (je suis fitzgeraldienne, moi) et que pourtant je ne cesse de croiser son ombre dans les lieux qu’il fréquentait assidûment à Paris, et d’écrire dans des carnets comme les siens.

Parfois je les relis, ces petits carnets. Ce n’est pas de la grande littérature (mais ce sera peut-être un jour, après ma mort, un témoignage intéressant qu’on s’arrachera aux enchères*), mais j’aime bien voir, couche par couche, les évolutions de mon moi.

Et puis, quand même, écrire dans un carnet Moleskine à la terrasse du Flore ou de la Rotonde, ça a de la gueule non ?

*Un jour, sur snap, j’avais fait une petite video de mes carnets, avec la même réflexion ; sauf que j’avais fait un délicieux lapsus, et que j’avais dit « on se les arrachera aux Enfers ».