Bridget Jones’ Baby, de Sharon Maguire

bridget-jones-babyNe peut pas revenir en arrière et refaire les mêmes erreurs. Doit en faire de nouvelles.

J’attendais que ce film soit disponible en VOD depuis sa sortie au cinéma, autant dire une éternité : j’ai beaucoup aimé le roman, qui est de ceux qui vous réconcilient avec la vie, je savais que le film était très différent mais j’étais néanmoins curieuse.

Bridget a 43 ans et est de nouveau célibataire. Daniel vient de mourir, Darcy s’est marié à une autre : bref, sa vie est sur de mauvais rails, d’autant qu’au boulot, ce n’est pas la joie non plus. Mais, suite à une nuit avec un inconnu lors d’un festival puis avec Mark lors d’un baptême, le tout avec des capotes vegan périmées, elle attend un bébé. Problème : qui l’a mis là ?

Daniel manque, indéniablement, et le personnage de Jack (Patrick Dempsey) a beau être particulièrement charmeur et drôle, il lui manque ce petit truc indéfinissable. Cela mis à part, on passe évidemment un excellent moment avec ce film drôlissime et énergique, qui malgré l’intrigue de base prend une direction assez différente du roman. Bridget reste la même, totalement immature et gaffeuse, Mark est aussi choupitrognon (même si je trouve que Colin Firth vieillit assez mal, mais cela n’engage que moi), Emme Thompson campe une gynécologue extraordinaire, et on éclate de rire bien souvent avec des scènes d’anthologie (mais, malheureusement, sans la déclaration d’amour la plus touchante de l’histoire des déclarations d’amour qui est dans le roman). Le tout, bien évidemment, sur fond de décors londoniens, ce qui n’est pas rien.

Bref, un film qui fait du bien, qui donne la pêche, qui ne sera pas mon préféré dans la série parce que sans Daniel ce n’est quand même pas pareil, mais qui m’a fait passer une excellente soirée ! Précipitez-vous si vous ne l’avez pas encore vu !

Bridget Jones Baby
Sharon MAGUIRE
2016

Bridget Jones : the Edge of Reason, de Beeban Kidron

Bridget Jones Edge of reasonYou think you’ve found the right man, but there’s so much wrong with him, and then he finds there’s so much wrong with you, and then it all just falls apart.

Je déclare officiellement ouverte la saison du « je me cale au fond du canapé enroulée dans un plaid tout doux pour regarder une comédie romantique en boulottant des chocolats ». Comme s’il fallait des excuses tiens… Bref. L’autre jour, en lisant le dernier opus des aventures de Bridget, je me suis dit que ça faisait quand même un sacré bout de temps que je n’avais pas revu ce film n°2. Aussitôt pensé, (presque) aussitôt fait.

Bridget et Mark sont heureux et amoureux. Mais les problèmes vont vite surgir, sinon il n’y aurait pas d’histoire…

Un film à la fois à mourir de rire et d’une mignonitude absolue, qui parvient à redonner du peps à l’éternel dilemme féminin : le good boy vs le bad boy. D’un côté Mark Darcy, l’homme idéal quand même, qui pardonne à Bridget toutes ses bourdes, maladresses et bêtises : parce qu’il sait bien, lui, que si elle agit souvent sottement, c’est parce qu’elle manque de confiance en elle ; et vu le nombre de bêtises que j’ai pu faire pour exactement les mêmes raisons, ne rencontrant que consternation et agacement, je dis : Mark, you Rock. Mais le problème, c’est Daniel Cleaver, toujours dans les parages : c’est un enfoiré affectif, on a envie de lui mettre des claques, mais soyons honnête, il donne aussi de furieuses envies de luxure… Moi je prendrais bien les deux (oui, je suis gourmande, au restaurant je prends toujours l’assortiment de desserts).

Un film que j’adore parce qu’il fait un bien fou, on éclate de rire à chaque scène mais on final on a aussi des étoiles de bonheur dans les yeux, la bande original donne envie de danser, les images de Londres de se précipiter dans le premier Eurostar. On en ressort reboosté !

Bridget Jones : the Edge of Reason
Beeban KIDRON (d’après le roman d’Helen FIELDING)
2004

Bridget Jones Baby, d’Helen Fielding

Bridget Jones' BabyPourquoi tout le monde essaie-t-il de vous culpabiliser quand vous n’avez pas d’enfants ? Parce que quand même, tout le monde éprouve une certaine ambivalence face à la maternité, y compris ma mère. Elle est toujours en train de répéter : « Je me dis parfois que j’aurais mieux faits de ne pas avoir d’enfants, ma chérie. » Ce n’est déjà pas facile de se débrouiller dans le monde moderne, car les hommes sont une espèce primitive de moins en moins évoluée, alors la dernière chose dont une femme a besoin, c’est… Aaargh, on sonne.

Avec l’hiver qui approche, le froid, le ciel gris, tout ça, j’avais envie d’un truc doudou. Alors, évidemment, Bridget. J’avais boycotté le tome précédent, qui commençait par la mort de Mark. Je sais bien qu’un auteur a le droit de faire ce qu’il veut avec ses personnages (et encore que, ça peut se débattre), mais le lecteur a tout autant le droit de ne pas vouloir s’infliger ça. D’autant que Bridget sans Mark et Daniel, c’est comme une biscotte sans confiture. Bref. Ce tome se situant, chronologiquement, avant les tragiques événements dont nous venons de parler, je n’ai pas hésité.

Cela fait 5 ans que, suite à un malentendu impliquant Daniel et une culotte le jour de leurs fiançailles, Mark a rompu avec Bridget, s’est exilé en Caroline du Nord, et s’est marié. Daniel aussi, d’ailleurs, s’est marié. Bridget s’est alors consacrée à sa carrière et aux amants de passage. Mais alors que la quarantaine va bientôt sonner, elle retrouve un Mark fraîchement divorcé lors d’un baptême. Ils passent la nuit ensemble, mais Mark s’enfuit dès le lendemain. Peu de temps plus tard, c’est Daniel qu’elle retrouve divorcé, elle passe la nuit avec lui et n’en entend à nouveau plus parler. Mais voilà : quelque temps après, Bridget découvre qu’elle est enceinte. Mais de Mark, ou de Daniel ?

Un roman qui remplit parfaitement son office, et dans lequel on se sent aussi bien qu’enroulé dans un bon plaid moelleux. On retrouve avec plaisir les ingrédients qui ont fait le succès de la série : une Bridget plus maladroite que jamais, des gaffes et des malentendus en veux-tu en voilà, des scènes à pleurer de rire, des amis loufoques, et deux hommes qui jouent plus que jamais sur le terrain du combat de coqs, Daniel tel qu’en lui même (mi-affligeant, mi-attendrissant, surtout lorsqu’il se pique d’écrire un roman intello), Darcy toujours aussi choupi-trognon, et qui fait à Bridget une déclaration d’amour qui restera dans les annales de la déclaration d’amour. Bref, l’homme idéal même s’il a, tout de même, quelques défauts. On rit beaucoup, aux éclats même, on est aussi parfois ému, bref, on passe un excellemment moment avec ce roman.

Un mot quand même à propos du film : suite à un souci impliquant Hugh Grant un peu affligé par le scénario de Folle de lui (pas celui-là donc mais le 3e, qui se passe après) (et qui n’a pas été tourné, au final, si j’ai bien compris), le personnage de Daniel Cleaver a été remplacé par un autre bellâtre. J’avoue que ça me perturbe un peu, et que cette grosse différence entre les films et les livres risque d’en perturber d’autres…

En tout cas : à lire, je pense que ce roman peut venir à bout de n’importe que coup de déprime !

Bridget Jones Baby
Helen FIELDING
Traduit de l’anglais par Françoise du Sorbier et Dominique Autrand
Albin Michel, 2016 (sortie le 16 novembre)