La transcendante, de Patricia Reznikov

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Un jour, mon appartement a brûlé, et avec lui, toute ma bibliothèque.
Tous les auteurs que j’aimais, ceux qui m’avaient aidée à me construire, ceux qui m’avaient accompagnée comme une famille, ceux qui avaient bercé mes moments de solitude, tous sont partis en fumée. Comme dans un mauvais rêve, une sorte d’holocauste. Sont morts des poètes russes, américains, des romanciers français, anglais, allemands. Et, d’une certaine manière, moi aussi, je suis morte avec eux.

Après l’incendie qui a ravagé sa bibliothèque, la narratrice, Pauline, retrouve un exemplaire intact de La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne. Y voyant un signe, et sur une impulsion soudaine, elle part à Boston sur les traces du roman, à la recherche de quelque chose sans doute, mais elle ne sait pas quoi…

J’ai beaucoup aimé ce voyage initiatique où les livres, et un roman en particulier, ont un pouvoir rédempteur et salvateur ; pour renaître moi-même, je n’aurais pas forcément choisi Boston, berceau du puritanisme et donc de tout ce qui me crispe dans l’Amérique actuelle (et pourtant, dois-je voir comme un signe de très souvent me retrouver en Nouvelle-Angleterre avec mes lectures du moment ? ), et pourtant, force est de constater qu’en refermant ce roman, on a plutôt envie de découvrir cette ville, sur les pas des transcendantalistes américains (Hawthorne, Thoreau, Emerson que bizarrement je croise beaucoup également en ce moment) sur lesquels on apprend beaucoup de choses passionnantes. Mais ce roman n’est pas pour autant un récit de voyage, car il est plus symbolique que réaliste : il y a en Pauline un peu d’Ulysse et d’Alice, et les personnages qu’elle croise, hauts en couleurs, sont là pour la guider et l’aider à trouver ce qu’elle ne savait pas chercher. En cela ce roman est très beau, très poétique, très riche philosophiquement et culturellement, il m’a beaucoup parlé et fait réfléchir, et si je n’en fais pas un coup de coeur c’est simplement parce que j’ai souvent été un peu agacée par les phrases en anglais qui sont ensuite traduites par la narratrice, qui selon moi heurtent le rythme. Mais cela reste une lecture passionnante !

Le roman est en lice pour le Renaudot.

Jostein l’a lu également !

La Transcendante
Patricia REZNIKOV
Albin-Michel, 2013

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By Hérisson