Instantané #130 (de la couleur avant toute chose)

Samedi dernier, jugeant sans doute qu’il n’y avait pas encore assez de désordre dans ma bibliothèque, je me suis dit que j’allais en mettre encore plus, et réaliser un de mes fantasmes : une bibliothèque arc-en-ciel. Ni une ni deux, j’ai tout sorti et commencé à faire des piles de livres en les triant par couleur, sachant que dès le départ j’avais décidé que seule une des trois bibliothèques serait organisée comme cela, et que ce serait seulement pour les livres que je n’avais pas besoin de retrouver rapidement.

Rapidement, je me suis heurtée à un problème, qui me rend folle en temps normal mais là encore plus : la hauteur des livres. Toutes mes étagères ne font pas la même hauteur, et certains éditeurs font des livres qui sont trop hauts et ne logent pas partout. Raison pour laquelle beaucoup de livres sont classés par éditeurs, faute de pouvoir les classer par auteurs (et encore, certains éditeurs s’amusent à avoir plusieurs formats de livres, ça me rend dingue). Et pour les classements thématiques, je suis obligée d’en ranger certains couchés, parce que je n’ai pas assez d’étagères « hautes ». Je vous jure, j’ai de ces problèmes.

Donc là, avec mes couleurs, souci : dans chaque pile de couleur, j’avais des livres trop hauts, je perdais une place folle et ça m’agaçait. En outre, j’avais fait mon arc-en-ciel sur la bibliothèque de gauche, et je trouvais l’effet visuel décevant. Je me suis donc dit que j’avais perdu mon après-midi et que j’allais devoir tout défaire, mais comme on était rendu le soir, j’avais la flemme, et décidai qu’on verrait le lendemain.

Mais tout de même j’étais déçue et au fil de la soirée j’ai trouvé la solution : déjà, tout transférer sur l’étagère du milieu, pour un effet symétrique et aussi pour que ça se voit mieux. Ensuite, faire 2 étagères par type de couleur (une haute/une basse), ce qui me permettait à peu près de résoudre le problème des livres trop haut.

Et au final : je suis enchantée. Je trouve que ça donne vraiment une touche de gaité au salon, et j’ai eu raison de persévérer.

Des livres et des nuages, de Pier Paolo Giarolo

des livres et des nuagesCela fait un moment que j’avais envie de voir ce documentaire au titre si poétique, et que j’avais repéré je ne sais plus où, je ne sais plus comment.

Nous sommes au Pérou, dans la région de Cajamarca, là où l’empereur inca Atahualpa a été fait prisonnier par Pizzaro, là où nombre d’indiens ont été massacrés. A 4000m d’altitude, la vie quotidienne n’est pas facile, et 75% des habitants sont pauvres. Et pourtant, ils ont une richesse : les livres. A l’initiative des paysans s’est mis en place un réseau de bibliothèques rurales, afin de ne pas laisser l’esprit en jachère mais le cultiver, comme on cultive la terre. Les livres sont peu nombreux mais précieux, et ils circulent de village en village.

Un documentaire qui se regarde comme une histoire : le choix qui a été fait est celui d’une caméra objective, sans voix off, sans commentaires ni analyses. On suit le quotidien de ces gens et on se met dans leurs pas.

Et l’ensemble est formidablement émouvant : des paysages extraordinaires, des gens qui n’ont rien, et pour qui les livres sont un trésor — surtout les livres documentaires, sur la culture de la terre ou sur la médecine traditionnelle ; les histoires, contes et légendes, passent avant tout par l’oral, avant d’être mises par écrit et devenir des livres. Et il y a cette petite fille, Sonia, qui vient chaque jour à la bibliothèque pour voir si de nouveaux livres sont arrivés tant la lecture est importante pour elle.

Il est rare qu’un documentaire puisse être qualifié de « poétique » : celui-là le peut sans problème. Habité par la grâce, extrêmement touchant, enchanteur, il nous transporte dans un autre monde et nous redonne espoir en l’avenir, malgré tout !

Des livres et des nuages
Pier Paolo GIAROLO
52mn
Ideale Audience/ARTE France
2012

A lire : l’interview du réalisateur

Bloc Notes

Lecture, mon amour

© Francesca MANTOVANI / READING WILD
© Francesca MANTOVANI / READING WILD

J’imagine que vous connaissez Reading WildSinon, en quelques mots : il s’agit d’un site qui propose des rencontres, des interviews, des reading list, des chroniques, des lectures, et se démarque par la richesse et la variété de son contenu (texte, audio, photo, video…). C’est, aussi, un magnifique compte Instagram, qui propose notamment des photographies de personnalités en train de lire. De cela est né l’idée d’une exposition, « lecture mon amour » : les photos (sublimes) sont de Francesca Mantovani, et les modèles sont, entre autres, Anne Berest, Emma de Caunes, Bernard Lehut, Karine Tuil, Annie Ernaux, Nina Bouraoui ou encore Philippe Sollers… Le résultat, dont j’ai vu quelques exemples, est tout simplement magnifique, une ode à la lecture comme style de vie… C’est à voir à la Maison de la poésie, du 10 au 20 novembre !

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Les jeudis Arty

jeudisarty

Les JEUDIS ARTY reviennent pour une 8ème édition, le jeudi 3 novembre 2016 ! Associant un parcours nocturne dans une trentaine de galeries du Marais à une soirée de performances au Carreau du Temple, les Jeudis Arty proposent une immersion unique dans l’univers de l’art et de la création contemporaine. En fonction de ses envies, le public est amené à choisir sa formule de découverte (parcours libres, visites guidées thématiques, ambassadrices Jeudis Arty…). Artistes exposés, mais aussi galeristes, se prêtent au jeu des questions/réponses dans une ambiance conviviale. Cette nouvelle édition fera de nouveau la part belle à la création émergente ! L’occasion d’une jolie promenade, non ?
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La bibliothèque de Pierre Bergé

Gustave Flaubert. La Tentation de Saint Antoine. Paris, 1874. © Stéphane Briolant
Gustave Flaubert. La Tentation de Saint Antoine. Paris, 1874. © Stéphane Briolant

La deuxième partie de la vente consacrée à la fabuleuse bibliothèque de Pierre Bergé aura lieu les 8 et 9 novembre à Drouot. Elle sera entièrement consacrée à la littérature du XIXe siècle, depuis les préromantiques jusqu’en 1900 – autrement dit : de “l’affaire Sade” à l’affaire Dreyfus. On notera, entre autres, un magnifique ensemble consacré à Flaubert, avec des éditions originales dédicacées (comme celle qu’il a envoyée au « maître des maîtres, c’est-à-dire Victor Hugo), des manuscrits autographes ou encore des livres ayant appartenu à Gustave lui-même. Très remarquable également, une édition originale des Fleurs du Mal. Si vous faites comme moi et que votre banquier n’est pas d’accord pour que vous enchérissiez sur ces merveilles, vous pouvez tout au moins aller les admirer avant la vente, du 4 au 7 novembre à Drouot. *soupir de frustration*

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Spectaculaire Second Empire
Second EmpireEn marge de l’exposition Spectaculaire Second Empire dont nous reparlerons probablement bientôt, le musée d’Orsay  propose une large programmation d’événements. On notera en particulier le festival de cinéma Le Second Empire à l’écran (jusqu’au 29 octobre) avec par exemple Nana de Jean Renoir ou L’Histoire d’Alèle H de Truffaut. Le débat Faut-il réhabiliter de Second Empire ? avec Jean-Noël Jeanneney et Jean Tulard le jeudi 3 novembre à 19h30 et Le colloque « Sans blague aucune, c’était splendide » Regards sur le Second Empire les jeudi 24 et vendredi 25 novembre ! De quoi se cultiver agréablement !
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Les abeilles de Guerlain
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Pour la troisième année la maison Guerlain et le Cherche-midi organisent un concours de nouvelles, « les Abeilles de Guerlain », ouvert à tous les auteurs n’ayant jamais été publiés, sur le thème, cette fois, du toucher. Pour participer, il vous suffit d’envoyer votre texte, qui comprendra 12000 signes maximum, à abeillesdeguerlain@cherche-midi.com avant le 15 décembre. Les nouvelles seront ensuite soumises à un jury présidé par Laurent Boillot, président-directeur général de la Maison Guerlain, et composé entre autres d’Elisabeth Barillé ou Claire Castillon. Les nouvelles retenues seront éditées au Cherche-Midi en 2017, et l’ensemble des droits d’auteurs reversés aux Restos du Coeur pour leur atelier de lutte contre l’illettrisme. A vos plumes !

Dans ma bibliothèque (et à côté, aussi)

Depuis le temps qu’on se connaît, vous et moi, je ne vous ai jamais officiellement présenté ma bibliothèque, que vous avez néanmoins pu apercevoir ça et là sur certaines photos. Donc voilà, ça donne ça :

Bibliothèque

Mon choix s’est porté sur la fameuse Billy d’Ikea, pour une raison toute simple : je ne désespère pas d’avoir un jour plus de place et de pouvoir en ajouter, et là au moins je suis sûre que le modèle n’aura pas disparu (en tout cas, à peu près sûre). Comme vous le voyez, c’est un joyeux foutoir, attendu qu’il y a dans cette bibliothèque beaucoup de choses qui ne sont pas strictement des livres. J’aime bien mettre en avant les jolis couvertures, il y a un pot avec toute une ribambelle de marque-pages, mais aussi, honnêtement, pas mal de bric-à-brac !

A part ça, c’est à peu près classé, mais selon plusieurs catégories différentes, ce qui fait qu’au final je suis bien la seule à pouvoir m’y retrouver, et encore pas toujours.

La première subdivision est générique et thématique : essais (deux étagères du haut, à gauche), mode (juste dessous), érotisme (tout en bas, toujours à gauche), fantasy (tout en bas à droite, ne se voit pas sur la photo) théâtre, poésie. A cette première subdivision, j’en ai ajouté une autre, avec certaines étagères exclusivement consacrées à une aire géographique et linguistique : littérature anglo-saxonne, hispano-américaine, italienne, allemande… ça ne matche pas forcément, donc Shakespeare par exemple est avec ses compatriotes et non avec les autres dramaturges.

En haut, à droite, j’ai mis les vieux livres et les Pléiade.

Ensuite, concernant les romans de littérature générale (90% du contenu), pour des raisons de place et d’esthétique, j’ai séparé les livres de poche et les gros volumes, les premiers étant à peu près par ordre alphabétique et les seconds par éditeur, ce qui m’oblige à quelques acrobaties pour qu’un auteur qui publie chez plusieurs éditeurs ou a changé en cours de route ait tous ses bouquins ensemble, et me fait rouspéter lorsque tous les livres d’un même éditeur (a fortiori tous les livres d’un même auteur chez un même éditeur) n’ont pas tous les mêmes dimensions (exemple type : Albin Michel, qui me fait m’arracher les cheveux à cause de Didier : déjà il publie aussi chez Plon (entre autres), mais passons, passons aussi sur le fait que certains je les ai en poche, mon gros problème c’est que les anciens et les nouveaux n’ont pas les mêmes dimensions, et ça m’agace ; Schmitt c’est pire parce que ce n’est même pas une histoire d’anciens et de nouveaux. J’ai le même problème avec Paul et Siri chez Actes Sud).

De près, ça donne ça :

Bon ça, c’est dans l’idéal. Le problème c’est qu’évidemment, avec le temps et le flux entrant constant absolument pas équilibré par un flux sortant, les bibliothèques sont devenues bien trop petites, et les livres ont commencé à coloniser tous les espaces libres de l’appartement. En piles. Très aléatoires, à la stabilité problématique.

Du coup je suis obligée de coloniser chez les autres. Chez mes parents par exemple, où je possède toujours toute une bibliothèque et quelques étagères, à leur grand désespoir parce qu’ils possèdent également beaucoup de livres, et que si je pouvais libérer la place ça ne serait pas du luxe. Mais non, je m’incruste.

Quant aux beaux livres et BD, ils ont un espace dédié, qui n’est pas à l’origine à strictement parler une bibliothèque, mais une desserte, dont j’ai hérité de mon arrière grand-mère et qui a cet avantage d’être du mobilier ancien bien solide, et apte donc à supporter un poids certain. D’autres sont sous la table basse, voire sur :

Je vous fais grâce des cinq boîtes entièrement pleines de vieux trucs et notamment de tous les ouvrages théoriques pour ma thèse, des toilettes (petits trucs rigolos dans lesquels grapiller), de la cuisine (livres… de cuisine), des montagnes de livres attendant d’être lus dans la table de nuit, à côté ou sur l’annexe de mon bureau, et de tous les bouquins pour le boulot.

Et vous, chez vous c’est… rangé, ou pas ?

(et si vous aimez voir les bibliothèques des gens, je vous conseille le superbe blog The Archivists)

Bloc notes

<Le salon du patrimoine culturel>

salon du patrimoineUne idée de sortie pour ce week-end, au cas où vous seriez déjà allé au salon de la photo ? Le salon du patrimoine culturel qui se tient ce week-end au Carrousel du Louvre, et où 350 exposants sont là pour faire découvrir, apprécier et partager leur passion : la sauvegarde et la préservation de notre patrimoine culturel.

<« The forbidden sale » : Pierre Molinier, collection Emmanuelle Arsan>

Théo Lesoual’ch & Pierre Molinier, Emmanuelle Arsan, tirage argentique d’époque (estimation 1 500 – 2 000 € / 1 700 – 2 250 $)
Théo Lesoual’ch & Pierre Molinier, Emmanuelle Arsan, tirage argentique d’époque
(estimation 1 500 – 2 000 € / 1 700 – 2 250 $)

Si j’étais riche, je pense que je pourrais tout à fait devenir collectionneuse d’art et passer ma vie dans les ventes aux enchères, notamment celles qui sont consacrée à l’ars erotica. Comme celle-ci, par exemple : le 13 novembre prochain, pendant le Mois de la Photo, le département Photographie d’Artcurial proposera aux enchères une collection majeure : la collection de près de 200 œuvres de Pierre Molinier, réunies par Emmanuelle Arsan qui fut une des muses de l’artiste. Elle regroupe photographies, dessins, clichés d’œuvres et lettres personnelles, qui témoignent de l’admiration que se portaient les deux artistes, et leur passion commune pour le plaisir et l’amour.

<La bibliothèque de Pierre Bergé>

sadeSi j’étais riche, donc, et que je passais ma vie dans les ventes aux enchères, je ne louperais certainement pas celle de la bibliothèque de Pierre Bergé, qui se tiendra le 11 décembre à Drouot, organisée par Pierre Bergé et associés en collaboration avec Sotheby’s. Comme malheureusement il est peu probable que d’ici-là ma fortune se soit assez accrue pour cela, je me contente de musarder sur le site dédié, qui permet notamment de feuilleter le superbe catalogue et d’admirer les merveilles qui sont proposées à la vente et qu’il serait difficile de toutes citer. Pour ceux qui veulent admirer de plus près et qui éventuellement sont milliardaires et peuvent se permettre d’envisager d’investir, plusieurs expositions : à Londres du 6 au 9 novembre, à Bruxelles le 19 novembre et enfin à Drouot, juste avant la vente, du 8 au 10 décembre.

<Les Abeilles de Guerlain : concours de nouvelles>

Logo_Abeilles_Guerlain_V2_925x521Comme l’an dernier, la maison Guerlain et le Cherche-midi organisent un concours de nouvelles, « les Abeilles de Guerlain », ouvert à tous les auteurs n’ayant jamais été publiés, sur le thème, cette année, des couleurs. Pour participer, il vous suffit d’envoyer votre texte, qui comprendra 12000 signes maximum, à abeillesdeguerlain@cherche-midi.com avant le 15 décembre. Les nouvelles seront ensuite soumises à un jury présidé par Laurent Boillot, PDG de Guerlain, et composé, entre autres, de Grégoire Delacourt, Clara Dupont-Monod, Sylvie Germain, Olivia de Lamberterie et Christophe Ono-dit-Biot. Les nouvelles retenues seront éditées au Cherche-Midi en 2016, et l’ensemble des droits d’auteurs reversés aux Restos du Coeur pour leur atelier de lutte contre l’illettrisme. A vos plumes !

<Billet gratuit>

billetgratuitEnvie d’un bon plan ? Ne quittez-pas : je vous présente Billet Gratuit, qui propose des invitations gratuites pour des pièces de théâtre, concerts, spectacles, principalement sur Paris mais aussi en province. Chaque semaine des centaines d’invitations sont disponibles, il suffit de s’inscrire pour les voir : on peut alors réserver une date et obtenir une invitation valable pour deux personnes. Il faut être au taquet car les dates sont souvent courtes (la veille ou le jour même) mais c’est parfait pour découvrir de jeunes artistes et se faire plaisir même si on n’a pas trop les moyens !

<Bibliothèque « sous-titre »>

etagere-fixations-invisible-pJe suppose que vous avez le même problème que moi : les livres qui petit à petit colonisent tous les espaces disponibles de votre foyer. Pour ma part, je n’ai plus de place dans mes bibliothèques, et plus de place non plus pour ajouter de nouvelles bibliothèques. Damned ! Je fais des piles, des petites piles, des grandes piles, qui parfois s’écroulent lamentablement. Et là, je tombe sur ça : la manufacture nouvelle propose des étagères à fixation invisible, conçues exprès pour les livres, et qui peuvent s’installer un peu partout, au dessus d’un canapé par exemple. L’idée est ingénieuse : de faux-livres, réalisés en bois et dont la tranche est recouverte d’un titre, d’un nom d’auteur, se dissimulent  parmi les vrais,  faisant aussi office à la fois de serre-livres et de fixation ! C’est joli et pratique, ça ne va évidemment pas sauver mon appartement de l’invasion mais j’aime beaucoup !

<Prix du polar auto-édité>

prix du polarPour son édition 2016 du prix du polar auto-édité, Thebookedition.com (Premier site d’autoédition français) s’associe au Furet du Nord (Une des plus grandes Librairies Physiques d’Europe) pour promouvoir et distribuer des auteurs indépendants afin de faire reconnaître l’autoédition comme un acteur incontournable du marché du livre d’aujourd’hui. Ce prix s’adresse donc à tous les auteurs indépendants ayant un livre déjà écrit et/ou publié depuis moins de deux ans, qui peuvent déposer leur texte avant le 31 décembre sur www.prixdupolar.com. 3 prix seront remis : le prix du jury, un prix encouragement du président du jury, et un prix des lecteurs ! A vos plumes (again) !

<48h pour écrire>

Affiche 48 heures pour écrire LDCette année encore, les Editions Edilivre organisent le concours d’écriture « 48 heures pour écrire« , qui en est à sa troisième édition. Organisé en partenariat avec Post-it, Studyrama, Didactibook, Youscribe et le magazine Books, il est ouvert à tous (il y a eu 2100 participants l’an dernier) et ce sont des milliers d’euros de lots que se partageront les quatre lauréats. Pour participer, rendez-vous le vendredi 20 novembre à 19h sur Edilivre.com pour connaître le thème : vous aurez alors 48 heures pour écrire et envoyer votre texte de 10 000 caractères maximum.

<Ecrire en Gallimard>

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© M. Martin Delacroix-Gallimard

Vous en rêviez, Gallimard l’a fait (et a mon avis, d’autres éditeurs suivront) : toute une ligne de carnets d’écriture aux couleurs de la mythique Blanche de la prestigieuse maison : des petits, des grands, des moyens, reprenant les titres des grands auteurs (« souvenirs personnels », « exercices de style »…) pour accueillir vos propres mots. Moi, j’ai déjà craqué :

gallimardEt vous ?

<La journée des auteurs à Sciences Po>

sciencespoLa Journée des Auteurs, anciennement la Journée des Dédicaces, le salon littéraire de Sciences Po, se déroulera à Sciences Po le 21 novembre. Le thème de cette année est particulièrement intéressant : « L’écrivain : sa vie versus son œuvre ». Plusieurs conférences, ateliers et concours seront organisés en amont, afin de préparer au mieux cette journée littéraire, et je jour-même vous pourrez retrouver de nombreux auteurs. L’événement est gratuit et ouvert au public. Pour en savoir plus, c’est par ici.

<Les vendredis d’Apostrophes>

© CINÉTÉVÉ / FRANCE 2
© CINÉTÉVÉ / FRANCE 2

Vendredi soir, France 2 proposait un documentaire réalisé par Pierre Assouline sur les « années Apostrophes », émission culte s’il en est. Des passages plus ou moins célèbres, sous forme d’abécédaire, et commentés par Pivot lui-même : l’émission sur l’amour avec Barthes et Sagan, Jean d’Ormesson qui mouche sévèrement Alain Peyrefitte, Bukowski rond comme un boulon, Cohen qui veut lire lui-même un extrait de Belle du Seigneur (« oh, je voudrais le lire moi »), Nabokov qui faisait semblant de boire du thé mais sifflotait du whisky, la première télé de Modiano, Kirk Douglas qui remet en place Séguéla venant de dire une ânerie (oh !), Gainsbourg qui explique à Beart que la chanson est un art mineur… Bref, des moments chargés d’émotions, du rire, de l’impertinence, de l’intelligence, de l’étonnement aussi devant la liberté qui régnait : tout le monde fume, tout le monde boit, et on y tient des propos qui feraient scandale aujourd’hui. Une petite madeleine (à moins que ce ne soit une biscotte) vintage, à voir absolument en replay (moi-même je pense me faire une deuxième séance).

 

Une petite dédicace ?

Je ne suis pas une fétichiste de la dédicace. Disons que je ne dis pas non si l’occasion se présente, mais je n’irais pas faire une heure de queue pour obtenir un petit grifouilli, même de Didier himself (ceci dit je n’ai pas eu besoin, Géraldine m’en avait fait faire une, qui n’est pas dans un livre et que vous ne verrez donc pas, mais à laquelle je tiens beaucoup ; d’ailleurs, elle est dans mon carnet Moleskine et je l’ai donc toujours sur moi. Oui, j’ai un grain, je sais). Toujours est-il que malgré cela, j’en ai tout de même un certain nombre, notamment d’ailleurs parce que de plus en plus de SP me parviennent agrémentés d’un petit mot, ce qui fait toujours plaisir. J’en ai aussi quelques unes venant de salons ou de rencontres avec les auteurs. L’autre jour, en essayant de ranger un peu ma bibliothèque (travail de Sisyphe), je me suis dit que tiens, j’allais les photographier et en partager quelques unes avec vous !

Evidemment, même si je ne suis pas fétichiste, je tiens tout de même beaucoup à ces livres en particulier. A ma mort, comme pour Régine Deforges, on organisera une grande vente publique de ma bibliothèque. Quoi, je rêve ?

[la valise de l’été] Le Soldeur, de Michel Field

Michel Field Le Soldeur JulliardChaque fois que je vous appellerai, ce sera pour vous dire un mot que j’aurai choisi. Un mot, et un seul. Borges l’a montré, et tous les dictionnaires en témoignent : un mot, un seul mot, suffit bien pour contenir l’infini de tous les autres. Ce mot sera comme un programme, comme un thème imposé : à vous d’en composer les variations à partir de vos livres.Quand je n’aurai pas envie de parler ou de vous entendre, je vous l’enverrai par texto. Et nous nous retrouverons le lendemain, chez le solder, à l’heure que je vous aurai indiquée. Vous me montrerez les livres que vous avez choisis pour répondre à ma demande. Je pourrai décider de vous en acheter un, ou plusieurs. Les autres, vous les vendrez. Si votre sélection m’étonne ou me séduit, nous prendrons un verre et nous discuterons — mais le mot choisi bornera l’horizon de nos échanges. Sinon, il faudra attendre le suivant…

Une nouvelle facette de la vie du lettré : après les affres de la critique par Arnaud Viviant, voici un roman consacré à la bibliothèque et à ses aléas. Un roman qui, je vous préviens d’entrée de jeu, est un énorme coup de coeur.

L’histoire d’un homme, dont nous ne saurons pas grand chose (à peine peut-on déduire de certaines allusions qu’il est journaliste), qui pour séduire une jeune femme se soumet au jeu cruel qu’elle lui impose : se séparer, pan après pan, de tout le contenu de sa bibliothèque, élément central de son existence.

Le résumé est simple, et en même temps il ne correspond que peu au roman, dont la trame narrative est finalement très ténue, et presque un prétexte. Car l’essentiel, ici, est ailleurs. Les vrais héros de ce roman, ce sont bel et bien les livres, que le personnage chérit de tout son être, de toute son âme, et qui le constituent. Vertigineux d’érudition, ce roman est donc avant tout une plongée dans ce qui pour certains apparaît comme une maladie, bibliophilie, voire bibliomanie, et nous invite à réfléchir sur notre propre relation aux livres. Ces livres qui portent tous une forte charge émotionnelle, car chacun est marqué par un souvenir, les circonstances de son achat, de sa lecture. Ces livres que nous classons, comme nous pouvons, car finalement la science de la bibliothèque n’est pas d’une grande aide face à l’océan à ranger sur les étagères ; qui ne s’est jamais retrouvé face à une forêt de livres à installer ne peut comprendre les merveilleuses pages où le personnage passe en revue les différentes possibilités d’ordonnancement qu’il a essayées au cours de sa vie, après avoir passé beaucoup de temps à choisir le meuble lui-même (et il a une très jolie théorie sur les Billy, que j’ai moi-même élues et j’en suis fort aise). Et puis, au fur et à mesure qu’il rêvasse et qu’il passe en revue le contenu de cette bibliothèque imposante, sa pensée digressive le conduit à approfondir certains sujets : la télévision, la question du genre et l’histoire du féminisme, la sociologie du rugby, la sexualité, la cuisine, la philosophie et la politique, les mots et la langue… sujets éclectiques et parfaitement maîtrisés, qui marquent l’immense culture de l’auteur. Car, oui, Michel Field parle évidemment de lui et de sa bibliothèque, mais chacun pourra projeter le contenu de son propre univers…

Alors, évidemment, lorsque les livres sont aussi consubstantiels à la vie, comment s’en séparer ? On pourrait croire que c’est un déchirement, une amputation. Et pourtant, bizarrement, le personnage y parvient plus facilement qu’on ne pourrait croire, il est même pris d’une frénésie de vide. Ce roman serait-il alors une fable, sur le dépouillement que demande le sentiment amoureux ? Pas vraiment non plus. Alors ? Alors je vous laisse lire. La fin est magistrale.

Un gros coup de coeur donc, qui ravira les amoureux des livres, même si finalement ce qui arrive au personnage est la matérialisation de ce qui est peut-être leur pire cauchemar !

Le Soldeur
Michel FIELD
Julliard, 2014

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