Autrice indépendante : la couverture

En attendant mon ISBN (non mais vraiment : 3 semaines !), je me suis attelée à la couverture, un des aspects qui m’amusaient le plus. Je savais à peu près ce que je voulais : un dessin stylisé (et non une photo : je n’aime pas tellement les livres avec une photo en couverture), très féminin et élégant.

Je me suis servie de Canva, bien sûr, qui propose un vaste choix dans le domaine, et j’ai tout de suite eu le coupe de foudre pour toute une série de designs dans le même univers. Certains ne sont accessibles qu’avec la version Premium, mais d’autres sont achetables à l’unité (ce que je n’ai pas encore fait puisque mon choix n’est pas définitif, d’où le filigrane). Je trouve qu’elles correspondent parfaitement au roman et à son contenu, c’est très féminin et romantique, très floral, et le symbole du papillon qui s’envole exactement le propos du roman (je vous parlerai du roman et de son héroïne la semaine prochaine).

Pour la couleur, je suis d’abord partie sur le Rose Pivoine de ma charte graphique (même si j’ai choisi de ne pas lier Le Voyage poétique à mon activité d’autrice indépendante, cela reste tout de même dans le même univers), que je trouve finalement trop soutenu, et je suis donc plutôt allée vers quelque chose de plus poudré.

Enfin, concernant la police, je suis tombé amoureuse de « Le Jour » qui existe en version Sérif et en version Script (tous les essais que je vais vous montrer n’utilisent pas encore cette police, puisque j’ai essayé différents rendus, dont l’un avec les polices dont je me sers pour le Voyage). Je pense d’ailleurs la réutiliser pour l’Oracle des poètes !

Voici ce que ça donne avec les différentes variations, et c’est là que vous intervenez : j’ai fait mon choix pour la couleur (la plus pâle même si j’aime bien aussi la version intermédiaire et la version dégradée) et pour la police (celle qui est sur tous les essais sauf 1), mais j’aimerais que vous me disiez quelle illustration vous préférez : elles sont très proches les unes des autres, mais je suis sûre que l’une d’elles vous parle plus que les autres (oui, il y en a une pour laquelle j’ai une petite préférence et ça se voit, mais j’hésite encore) ! Je veux bien aussi votre avis sur l’emplacement du nom et du titre : un en haut et l’autre en bas (mais alors lequel où ?) ou bien tout en bas ? Et n’hésitez pas si vous avez autre chose à dire !

Donc, tadam :

Autrice indépendante : les premiers pas

Je me suis dit que peut-être ça vous intéresserait de me suivre dans cette nouvelle aventure, que je vous parle de mes choix, de mes questions, de tout ce que je fais (et du roman lui-même, bien sûr). Aujourd’hui, je vais vous parler du choix le plus épineux, celui du lieu de publication, et de la première démarche légale, l’ISBN.

Le premier choix est celui de la plateforme. Je ne voulais plus passer par un prestataire, car j’ai essayé pour Salomé et je n’étais pas du tout satisfaite : on paye, déjà assez cher, pour un an, juste pour mettre en ligne ; ensuite, dès qu’on veut un service de plus, il faut repayer. Et si on vend un livre, ils prennent une commission. Cela fait beaucoup de sous dans leur poche, et pas tellement dans la mienne, alors qu’au final c’est moi qui fais tout le boulot, donc non, parce que j’ai trouvé que le service n’était pas à la hauteur de la facture. Je sais que certains auteurs sont très satisfaits, moi je ne l’étais pas, donc je cherchais une autre solution.

Une possibilité était de créer l’ebook et de le mettre sur différentes plateformes, et de passer par un imprimeur pour la version papier, étant donné que je veux absolument une version papier (étant moi-même rétive à la lecture numérique). Solution que, je vais être honnête, je n’ai même pas envisagée : trop chère, trop peu pratique. Mon intention est l’indépendance, mais je ne peux pas tout gérer non plus jusqu’aux envois du livre, sinon je ne m’en sors pas.

Donc, j’ai choisi la solution Amazon KDP (Kindle Direct Publishing). Je sais que ça va en faire tiquer certains, mais après beaucoup d’investigations, je me suis rendu compte que c’était tout de même ce qui se faisait de mieux, puisque tout en restant maître de tout mon processus, je peux déléguer à la plateforme bien des choses : pour la version numérique, j’ai plusieurs choix de création, j’en reparlerai parce que je me bats avec ce point-là ; après, je peux soit mettre l’ebook sur Amazon et ailleurs, soit intégrer le programme Kindle illimited, qui me permet d’être rémunérée à la page lue par les membres du programme qui, moyennant un abonnement mensuel, peuvent emprunter tous les livres qu’ils veulent, ce qui favorise la curiosité ; par contre, si je choisis d’intégrer le programme, je ne peux pas déposer l’ebook sur les autres sites libraires. Je pense intégrer le programme car d’après mes recherches ça fonctionne plutôt bien. Et puis ce n’est pas un engagement à vie, je ne signe rien avec mon sang, donc ça ne coûte rien d’essayer.

Mais c’est surtout la question de la version papier qui m’a convaincue : c’est du print on demand, donc même si les délais sont un peu longs, ça évite les stocks, et c’est Amazon qui gère l’impression et l’expédition. Sauf que je peux aussi commander des épreuves mais également des exemplaires auteurs, je ne paye que les frais d’impression et les frais de port, ce qui est somme toute raisonnable, exemplaires que je peux ensuite vendre par mes propres canaux (par exemple un salon ou une dédicace). Je n’en commanderai pas des centaines, mais quelques uns pour les services de presse, organiser un concours, on verra. Et je trouve qu’Amazon reste très raisonnable concernant la part du prix de vente qu’il prélève, et contrairement aux prestataires on ne paye que si on vend.

Je ne suis pas du tout sponsorisée, encore une fois, c’est vraiment le fruit d’une mûre réflexion : il y a deux ans, lorsque déjà j’avais pensé à devenir autrice indépendante, j’étais arrivée à la même conclusion que c’était la meilleure solution en tout cas pour moi, et c’est ce qui m’avait arrêtée. Depuis, j’ai fait du chemin, et j’ai décidé que parfois il faut arrêter le manichéisme. Bref.

Une fois ce choix fait, il faut demander un ISBN. Il n’est pas obligatoire pour la version numérique, mais si on a aussi une version papier, il le devient. Deux solutions : soit Amazon nous en fournit un gratuitement, soit on le demande à l’AFNIL. J’ai fait le deuxième choix, pour avoir vraiment ma marque, mais c’est payant (le premier), 34€, et c’est long, 3 semaines (je ne comprends pas qu’il faille 3 semaines pour un numéro, c’est dingue). Donc j’en suis là : j’attends mon ISBN.

Dernier point, statutaire : j’ai fait le choix de ne pas lier mon activité d’autrice indépendante au Voyage Poétique : c’était possible mais pas obligatoire (depuis peu : avant il fallait nécessairement le statut d’autoentrepreneur). Et j’ai fini par conclure que même si bien sûr c’était lié, ça restait deux projets différents, notamment d’un point de vue administratif, et de toute façon je n’aime pas mettre tous mes oeufs dans le même panier sinon les moutons sont mal rangés. Ce point nous conduira sans doute à de folles aventures avec l’URSSAF Limousin, tant honni dans la profession…

Voilà pour ces quelques points administro-techniques. La semaine prochaine, nous aborderons quelque chose de beaucoup plus créatif : un peu de mise en page, et surtout la couverture !

De l’organisation et de l’outil qui a changé ma vie

Certains m’ont demandé récemment comment je faisais pour arriver à gérer tout ce que je fais sans perdre la boule, attendu que je n’avais pas, a priori, de retourneur de temps à ma disposition. Et c’est vrai que je cumule beaucoup, surtout ces derniers temps : mon travail alimentaire (clairement en trop dans mes journées mais comme son nom l’indique il me permet de manger et d’avoir un toit), le blog, le Voyage Poétique, l’écriture et l’édition indépendante, la gestion des multiples réseaux sociaux, l’aquarelle et la créativité en général. Et la vie, quand même. Cela fait, au final, beaucoup de casquettes sur ma petite tête.

Alors évidemment, je pars avec un avantage certain : mon multipotentiel. J’ai mis 40 ans à comprendre comment je fonctionnais at à arrêter de culpabiliser sur ce mode de fonctionnement (et certains jours encore, il m’arrive de me dire que ma vie serait tellement plus simple si j’étais capable de me contenter de ce qui est pour moi un travail alimentaire que je cherche à quitter parce qu’il ne me convient pas (justement) alors que d’autres l’adorent). Mais maintenant je sais : j’ai ça dans le sang, j’ai besoin de faire de nombreuses choses différentes, et maintenant que je me connais mieux, je sais aussi à quelles heures je suis plus efficace pour telle activité (d’où l’un de mes problèmes avec le salariat : les horaires fixes, où on me demande d’être efficace à une tâche à une heure où je ne le suis absolument pas). Et, autre avantage : j’apprends très vite, et je travaille très vite, ce qui m’a longtemps laissée perplexe. A l’école, je mettais un quart d’heure à faire ce que les autres faisaient en une heure, et d’un côté moi je me posais des questions, et de l’autre je me faisais houspiller parce qu’on m’accusait de « bâcler ». Alors que non, et aujourd’hui c’est un réel avantage dont je suis reconnaissante (à qui, je ne sais pas).

Mais si tout cela est une force, il faut aussi s’en servir. Et là, j’ai appris à avoir une organisation en béton armé, à l’aide de deux outils, dont l’un découvert récemment mais qui m’a fait gagner un temps fou.
1. Le premier outil, je l’utilise depuis 2016 et j’en ai déjà parlé, c’est mon bullet journal papier. Chaque dimanche, je consacre un moment à la préparation de la semaine : mes objectifs, les choses à faire, et ensuite je dispatche sur les différents jours, avec mon emploi du temps en tête, ce qui me permet de savoir quel jour j’aurai l’énergie et le temps de faire telle chose. Et je fais du « batch working » : comme je sais que les jours où je travaille je n’ai pas l’énergie mentale pour les contenus du blog par exemple, je les écris le week-end et je programme. Idem pour certains contenus de réseaux sociaux : c’est beaucoup plus rapide et efficace, en plus, que de saupoudrer un peu chaque jour, car c’est le démarrage qui prend le plus de temps et d’énergie. Ainsi, chaque jour, j’ai une liste de tâches à effectuer, que je coche au fur et à mesure, ce qui évite la fatigue décisionnelle. Alors bien sûr cela n’évite pas totalement les imprévus ou les coups de mou, mais ça aide vraiment parce que ça fait comme une autoroute.
2. Et puis, récemment, j’ai découvert Notion, qui est finalement une sorte de Bullet Journal géant numérique, dont je ne maîtrise pas encore toutes les subtilités. Alors en réalité, je l’avais découvert dès sa création, mais je n’avais strictement rien compris ; or, à force de voir des vidéos d’entrepreneurs disant combien ça avait changé leur vie, j’ai été regarder de plus près : allez sur Youtube, tapez Notion, et vous verrez tout ce qu’on peut faire simplement. De mon côté, je m’en sers essentiellement pour mon calendrier éditorial : cela m’aide ainsi à visualiser ce qui me reste à faire (et à quelle étape j’en suis), quoi est prévu quand, je note aussi mes différentes idées « pour plus tard ». Je me suis aussi récemment créé une page de tout ce que j’avais à faire pour l’édition indépendante. J’y ai intégré mon Trello pour les livrets (cela dit je me sers peu de cette fonction). J’ai également fait des moodboards, des listes de films et de livres, des listes d’achats, des « to do » pour les voyages par exemple. Je l’ai sur mon ordinateur car c’est plus lisible, mais aussi sur mon téléphone en cas de besoin. En fait, c’est un outil tellement malléable qu’on peut faire ce qu’on veut, et oui, cela me fait gagner un temps fou.

Dernier point : avoir une pièce bureau. Depuis 5 ans que j’ai cette chance, ça a totalement changé ma vie car tout est bien mieux organisé, donc pas de perte de temps, et cela me permet aussi de mieux compartimenter.

Donc voilà : personnellement, même si j’aimerais lâcher du lest (mais ce que je veux vraiment lâcher, je ne peux pas, et tout le reste me passionne vraiment), je n’ai aucun problème, même sans retourneur de temps, à avoir mille projets, au contraire, c’est ma manière d’être et plus ça va, plus c’est facile !

Pourquoi j’ai fini par décider de devenir autrice indépendante

C’est le fruit d’une longue réflexion, qui s’étend elle aussi sur les deux dernières années (et s’est faite en parallèle, bien sûr) : tantôt j’étais décidée, tantôt plus du tout, mais aujourd’hui, après une semaine de tempête dans mon crâne, je crois que je suis enfin prête.

A l’origine, je n’étais pas du tout convaincue par le système. Il faut dire que j’ai eu de très mauvaises expériences : des textes ni faits ni à faire et truffés de fautes, des auteurs agressifs. J’avais aussi tenté pour mon recueil de nouvelles, mais je n’avais pas choisi la bonne plateforme et je ne me suis pas investie donc ça n’a pas fonctionné. Mais, pour être honnête, j’ai aussi eu de belles expériences, des œuvres qui valaient le coup et dont il aurait été dommage que personne ne puisse les lire simplement parce qu’aucun éditeur ne leur donnait leur chance.

Mais je restais agrippée, moi, à ce désir qu’on me choisisse, qu’on me donne ma chance. D’être reconnue en tant qu’autrice par une autorité extérieure. Qui me donne l’autorisation. Evidemment, ce besoin d’être validée, reconnue, il vient du rejet que j’ai subi de longues années à l’école, et que je continuais à revivre. Non, on ne veut pas de toi. Cela aurait pu finir par fonctionner, d’ailleurs, cette forme de guérison du passé. Cela a même failli fonctionner, une fois.

Sauf que : ce désir de validation extérieure entrait en collision avec ma valeur la plus profonde, la plus essentielle : mon besoin de liberté et d’indépendance. Un éditeur, ça reste un patron, quelqu’un qui vous impose des décisions parce qu’il pense que c’est mieux. C’est aussi quelqu’un qui peut vous jeter du jour au lendemain. Or tout ce que je fais actuellement pour quitter mon travail alimentaire, c’est bien, justement, parce que je ne supporte plus qu’on me dise ce que j’ai à faire, qu’on décide de mon emploi du temps, de ceci, de cela : je suis faite pour être indépendante. Point.

Je ne m’en rendais pas compte, parce que c’était assez inconscient, mais c’est bien parce que j’étais tirée dans deux directions opposées que je finissais par faire du sur-place. Comme dans ce jeu de foire où deux équipes tirent une corde. Tantôt ça va d’un côté, tantôt de l’autre. Mais il faut bien à un moment qu’une des deux équipes lâche pour que la corde finisse par partir complètement d’un côté.

Chez moi, c’est mon désir de validation extérieure qui a lâché : je n’ai besoin de personne pour m’autoriser à publier mes textes. Je n’ai pas besoin que quelqu’un me dise que je suis écrivain. Je m’y autorise moi-même.

Je dois admettre que ces derniers temps, j’ai été pas mal aidée dans ma prise de conscience par tout ce qui se passe dans le monde de l’édition : ce n’est pas très joyeux, et c’est venu appuyer sur le bouton de ma peur primaire : celle de ne pas être libre de mes décisions. Je l’ai vu d’ailleurs lorsqu’en août 2019 un éditeur voulait le publier : on m’a demandé de faire des corrections qui ne me convenaient pas, que j’ai faites parce que comme on me donnait ma chance je ne voulais pas la laisser passer, mais j’avais l’impression de me trahir (et ça devait tellement se sentir qu’au final, il n’en a plus voulu). Je ne veux plus qu’on m’oblige à me contorsionner pour entrer dans des cases carrées alors que je suis un rond.

Du reste, de plus en plus d’auteurs confirmés font le choix de devenir indépendants, c’est peut-être une évolution logique du système, l’ancien se meurt, inventons autre chose.

Un autre élément a achevé de me convaincre : j’ai besoin de couper le cordon ombilical avec ce roman. Je ne peux pas juste le ranger dans un tiroir : j’ai besoin que mon héroïne parte vivre sa vie dans le monde. C’est viscéral : là encore, pour que l’ancien meure et que je puisse commencer quelque chose de nouveau, j’ai besoin de clore vraiment ce dossier, et de pouvoir me consacrer à de nouveaux projets littéraires qui attendent leur tour. Et je ne veux plus attendre le bon vouloir d’un éditeur.

Alors c’est pénible parce qu’il faut tout faire : la mise en page du texte (j’ai failli envoyer mon traitement de texte se faire rôtir en Enfer), la couverture, les démarches légales (ça c’est mon dernier souci). Mais pour moi qui ai toujours ce désir d’apprendre de nouvelles choses, c’est pénible, mais c’est aussi exaltant.

Alors je ne sais pas quand il paraîtra (sans doute assez rapidement : je suis longue à la prise de décision, ça peut prendre des années comme on le voit, mais une fois que c’est fait, j’y vais au bulldozer). Je vous tiendrai évidemment informés, et j’espère que vous me suivrez dans cette aventure !