Roman Holiday (Vacances Romaines) de William Wyler

Roman HolidayYour Excellency, I trust you will not find it necessary to use that word again. Were I not completely aware of my duty to my family and to my country, I would not have come back tonight… or indeed ever again!

J’avais envie d’une petite comédie romantique vintage…

Ann est une princesse parfaite, gracieuse, souriante, aimable avec tout le monde, et passe sa vie à remplir une multitude d’obligations. Mais elle est jeune, et à force qu’on lui impose une vie sans une minute à elle, elle fait ce qu’on appellerait aujourd’hui un burn out. En visite protocolaire à Rome, elle s’enfuit de l’ambassade et est recueillie par un journaliste un peu roublard et sans le sou, qui d’abord ne la reconnaît pas, puis si, et voit en elle la chance d’avoir le scoop de sa vie…

Un film mignon comme tout, drôle, plein de fraîcheur et de charme, et en même temps assez triste. Audrey Hepburn est rayonnante, et Grégory Peck au sommet de sa graouritude. Le film a vieilli, mais c’est aussi ce qui le rend particulièrement attachant…

A voir et à revoir !

Roman Holiday (Vacances Romaines)
William WYLER
1953

Sabrina, de Billy Wilder

SabrinaParis is for lovers. Maybe that’s why I stayed only thirty-five minutes.

Un film que j’avais vu il y a une éternité, et que j’avais très très envie de revoir (pour me changer un peu de Woody Allen).

La jeune Sabrina Fairchild est la fille du chauffeur des Larrabee. De loin, elle observe leurs fêtes somptueuses, et meurt d’amour pour le plus jeune des fils, David, un playboy qui ne pense qu’aux conquêtes et sait à peine qu’elle existe. Après deux ans passés à Paris pour apprendre la cuisine, Sabrina revient sur le domaine, métamorphosée en une magnifique jeune femme qui fait tourner la tête des hommes. On pourrait espérer qu’elle ait oublié David, mais ce n’est pas le cas, et lui-même, lorsqu’il la voit, en tombe immédiatement amoureux, au point d’envisager d’annuler son quatrième mariage. Ce qui n’est pas du goût de Linus, son frère aîné, qui va se mettre en tête de les séparer en courtisant Sabrina. Mais comme on le sait depuis Musset, on ne badine pas avec l’amour…

Ce film est évidemment un petit bijou de grâce et de drôlerie : si le scénario n’est pas des plus originaux (on sait bien dès le départ comment tout cela va se terminer), on prend néanmoins un plaisir immense à voir évoluer nos trois personnages incarnés par des acteurs extraordinaires : Audrey Hepburn au sommet de sa grâce et de son élégance servie par des costumes absolument somptueux, Bogie tel qu’en lui même, qui arrive à être sexy même en jouant un psychorigide coincé qui manque furieusement de fantaisie, et William Holden plus cabochard que jamais !

Un très joli film, très hollywoodien, qui a vieilli bien sûr, mais cela fait partie du plaisir !

Sabrina
Billy WILDER
1954

My Fair Lady, de George Cukor

936full-my-fair-lady-poster I’ll take it. I’ll make a duchess of this draggle-tailed guttersnipe

Quoi de mieux qu’une bonne comédie musicale pour entrer dans cette période de Noël ?

A Londres, au début du XXème siècle, au cours d’une averse, Eliza Doolittle, une pauvre fleuriste de rue, subit les railleries du professeur Higgins, qui se moque de son accent cockney. Mais le lendemain, elle se rend chez lui et demande au prétentieux professeur des leçons de phonétique afin de parler comme une « lady dans une boutique de fleurs » et de pouvoir s’élever un peu dans l’échelle sociale. Le colonel Pickering, ami et collègue du professeur, propose un pari à ce dernier : transformer suffisamment Eliza pour la faire passer pour une grande dame raffinée lors d’une réception à l’ambassade de Transylvanie, quelques mois plus tard. Higgins relève le défi et installe la jeune fille chez lui…

Ce film, adapté d’une comédie musicale elle-même adaptée de la pièce Pygmalion de George Bernard Shaw, est un véritable petit bijou, fondée sur une idée assez intéressante : la langue et la manière de l’utiliser, discriminantes, montrent à quelle classe sociale on appartient. Eliza, de basse extraction, massacre la langue de Shakespeare tout comme Ribéry peut massacrer celle de Molière aujourd’hui. Higgins, lui, est un puriste doté d’une oreille absolue qui lui permet de deviner exactement d’où chacun vient rien qu’en l’entendant dire trois mots. Et la confrontation entre les deux est tout à fait jubilatoire : Eliza pleine de verve et de caractère d’un côté, Higgins, tyrannique et misogyne de l’autre (« I prefer a new edition of the Spanish Inquisition / than to ever let a woman in my life« ), c’est la lutte des classes et la guerre des sexes en même temps, pour notre plus grand plaisir. Higgins se veut Pygmalion, il joue à la poupée et façonne la jeune femme à sa guise, mais il apprend aussi, l’irréductibilité homme/femme (« Why a woman can’t be more like men ? »), et l’amour…

Car oui, c’est une histoire d’amour, entre un vieux garçon imbuvable et une jeune gouailleuse assez insupportable qui devient papillon, quelque chose entre Cendrillon et Pretty Woman qui pétille d’énergie. Certaines scènes sont anthologiques : les courses à Ascot connues pour les chapeaux improbables de celles qui y assistent, le bal à l’ambassade avec une Hepburn en robe Cecil Beaton qui serait plus que parfaite pour moi (oui !).

Esthétiquement, la facture du film reste très théâtrale, très Broadway, dans les décors et les chorégraphies, on a l’impression d’être dans une maison de poupée, et cela contribue au charme fou de ce film.

Bref, un très joli moment qui fait passer en douceur le dimanche soir…

My Fair Lady
George CUKOR
Etats-Unis, 1964

Breakfast at Tiffany’s de Truman Capote (et le film de Blake Edwards)

Breakfast

Ce que j’ai trouvé de mieux c’était de prendre un taxi et d’aller chez Tiffany. Ça  ça me calme immédiatement. La sérénité, l’air de supériorité. On a le sentiment que rien de très mauvais ne pourrait vous atteindre là, avec tous ces vendeurs aimables et si bien habillés. Et cette merveilleuse odeur d’argenterie et de sacs en crocodile. Si je pouvais trouver dans la vie un endroit qui me procure la même impression que Tiffany, alors j’achèterais quelques meubles et je baptiserais le chat.

Je pense que je ne surprendrai personne en avouant que Breakfast at Tiffany’s est l’un de mes films cultes. Aussi me suis-je dit, il y a peu, qu’il était temps de lire le roman de Truman Capote dont il est l’adaptation (habituellement, je fais plutôt les choses dans l’autre sens, le livre puis le film, mais après tout les habitudes, c’est ennuyeux à la longue). Et comme je suis un peu snob, j’ai poussé la perfection jusqu’à acheter l’édition Folio de luxe, fournie avec un magnifique coffret incrusté de faux diamants (dommage qu’il ne soit pas assez grand pour la plupart des livres, sinon il aurait parfaitement trouvé sa place dans mon sac à main). Et j’ai A-DO-RÉ (qui l’eut cru ?).

Nous sommes à New-York, en 1943. Le narrateur, écrivain,  revient dans son ancien quartier et se remémore les quelques mois de son amitié amoureuse avec une jeune femme du nom de Holly Golightly, personnage totalement déraisonnable et par là même profondément touchant. Holly a la mauvaise habitude de perdre ses clés et de sonner chez ses voisins au milieu de la nuit pour se faire ouvrir la porte de l’immeuble. C’est d’ailleurs comme ça que le narrateur fait sa connaissance. Holly ne quitte jamais ses lunettes de soleil. Elle est un peu folle et totalement fantasque, et c’est ce qui rend les hommes fous d’elle. Cela, et sa légèreté, son dilettantisme : elle semble se moquer de tout. Tous les jeudi, elle se rend à la prison de Sing Sing pour visiter Sally Tomato, un mafieu qui lui donne 100 $ à chaque visite ; ou, plus exactement, son avocat donne à Holly 100$ en échange du « bulletin météo », et Holly est tellement naïve qu’elle ne voit pas la baleine sous le gravillon. Holly organise des fêtes totalement déjantées chez elle. Bref, c’est un papillon, et on comprend qu’on ne puisse pas l’oublier si facilement…

Quant au film, je l’ai revu après ma lecture, et j’ai trouvé que Blake Edwards a pris de grandes libertés avec le roman, pas toujours très justifiables : par exemple, j’ai du mal à comprendre pourquoi il fait du narrateur un gigolo. Après, concernant le casting, j’ai lu que Truman Capote déplorait le choix d’Audrey Hepburn, car Holly est blonde dans le livre, et évidemment pas l’actrice, mais en même temps elle est tellement parfaite dans le rôle que cette entorse est pardonnée. Par contre ce qui m’a un peu gênée sur le coup, c’est que Blake Edwards fait de l’histoire une love story avec happy end, ce qui n’est pas du tout le propos du roman. Ceci dit, ça m’a gênée cette fois, parce que je venais de lire le livre, mais c’est quand même à la base ce qui fait que j’adore ce film. Et si on ajoute les somptueux costumes d’Hubert de Givenchy, les wayfarer (je soupçonne que le film ne soit pas innocent dans mon choix de ne pas quitter les miennes) et bien évidemment, la chanson, Moon River, qui m’émeut au-delà du dicible…

Donc j’ai apprécié la lecture du roman, mais je crois que je préfère, quand même, le film.