Instantané : la Pleine Lune et Vénus

J’aime vraiment beaucoup cette photo. Pas seulement pour son esthétique, même si, évidemment, je l’aime aussi pour ça : ce soir-là, le ciel était couvert (enfin ce soir-là : on se comprend) mais il s’est légèrement dégagé pour que la Lune apparaisse derrière un halo de nuages, pile au-dessus de ce magnifique immeuble que je vois depuis mon balcon. Et, un peu plus haut, Vénus est, par enchantement, elle aussi dégagée.

Et là est l’autre raison pour laquelle j’aime beaucoup cette photo : les deux astres qui me guident en ce moment, m’éclairant ensemble. J’ai beaucoup observé les étoiles cet été (enfin, quand c’était possible) et appris à reconnaître certaines constellations. Je trouve que cette activité contemplative me va bien, qu’elle est très poétique et qu’elle complète bien mon apprentissage de l’astrologie. Et Vénus, c’est surprenant mais en temps normal, je ne la vois pas si souvent, alors que cet été, j’ai l’impression qu’elle était toujours là quand je regardais le ciel.

Alors, je trouve que c’est un joli signe…

Edit : on me signale en commentaire (merci Cyril) que ce n’est pas Vénus mais Jupiter, ce qui ne change rien à l’esthétique de ma photo mais un peu son sens (même si j’aime beaucoup les énergies jupitériennes… si ça se trouve Jupiter m’appelle pour que je travaille avec elle au lieu de toujours me concentrer sur Vénus, Neptune et Uranus !)

Enfants du soleil, d’André Brahic : Histoire de nos origines

Bien que l’étude de nos origines concerne avant tout les astronomes, les physiciens, les chimistes, les mathématiciens, les minéralogistes, les géophysiciens et bien d’autres, elle a de telles implications philosophiques et sociologiques qu’elle continue de susciter les passions et quelquefois les polémiques. Même entre scientifiques, les disputes sont nombreuses. Les différentes voies d’exploration sont si variées que beaucoup d’auteurs s’ignorent délibérément. En étudiant les textes consacrés à la question de nos origines, on rencontre plus de « philosophes que d' »ingénieurs » et quelquefois plus de métaphysique que de physique, mais la situation est en train de changer. La recherche spatiale, le développement des moyens d’observation et d’analyse ont fourni des outils si puissants que nous vivons une véritable révolution dans l’histoire de l’acquisition des connaissances, et que personne ne peut ignorer les contraintes apportées par les observations et par les modèles. 

Lorsqu’André Brahic est mort, en 2016, j’ai eu envie de relire cet essai qui faisait partie de la sélection pour le Grand Prix des lectrices de Elle en 2000. Mais impossible de mettre la main dessus, alors que je savais pourtant à peu près où il était. L’autre jour, je me suis dit que quand même, j’allais chercher à nouveau, et je l’ai trouvé tout de suite. Je ne vais pas m’étendre sur ce mystère. Le fait est qu’évidemment, l’essai a 20 ans et que dans le domaine de l’astronomie, cela en fait une antiquité, et que très certainement de nombreuses découvertes ont été faites depuis sa publication, et qu’il faudrait donc l’augmenter voire le corriger sur certains points, mais ce n’est pas grave, je pense que l’essentiel y est.

L’objet de cet essai est donc d’enquêter sur les origines du monde, en partant des mythes et des légendes, premières réponses à la question, et des débuts de l’astronomie dès l’Antiquité. Ensuite, la première partie est consacrée à l’archéologie du ciel : reconstituer l’histoire à partir des traces : l’inventaire du système solaire, la question du temps, des matériaux, du mouvement et des autres galaxies ; fort de ces observations, il s’agit ensuite d’élaborer un scénario possible de la naissance du monde, et de s’intéresser à l’après : l’évolution de la terre et l’apparition de la vie, la fameuse question (sans réponse) de savoir si nous sommes seuls dans l’Univers, et le futur de la planète…

Très pédagogique et non dénué d’humour, cet essai constitue la parfaite introduction pour le néophyte qui voudrait en savoir plus sur notre univers et notre histoire, et le but assumé de l’ouvrage est de donner envie d’en savoir plus. Tout en restant scientifique, l’auteur s’attache à ne pas trop dépoétiser le monde ; il y a néanmoins des passages auxquels je n’ai rien compris (en fait, dès qu’il s’agit de physique pure, avec les atomes, les électrons et les machins comme ça je suis larguée) mais j’ai toujours fini par me retrouver, et j’ai bien sûr appris beaucoup de choses. En fait, il n’y a que la conclusion qui m’a un peu agacée, car j’y ai trouvé que l’auteur y manquait cruellement d’ouverture d’esprit, ce qui est d’ailleurs un des défauts de la science moderne, nous y reviendrons dans quelque temps car je suis en train de lire un ouvrage sur le sujet.

Mais cela reste un essai passionnant, éclairant et très instructif (qui m’a en outre, vu son titre, donné l’impulsion pour revoir l’intégrale des Mystérieuses cités d’or, sujet sur lequel nous reviendrons également plus ou moins prochainement) !

Enfants du Soleil. Histoire de nos origines
André BRAHIC
Odile Jacob, 1999