Le Lion qui rugit en moi

L’autre jour, je suis retombée sur très ancien (bien avant que je ne fasse faire ma carte du ciel et que j’apprenne moi-même l’astrologie) dans lequel une astrologue m’expliquait que notre Ascendant était le signe vers lequel on se dirigeait de plus en plus en vieillissant, et je résistais à cette idée : je lui expliquais que non, j’aimais trop mon signe solaire (Poissons) et que je détestais mon Ascendant, Lion. Là j’ai failli tomber de ma chaise : quoi ? Moi ? Je n’aimais pas mon Ascendant ? Mais quand ? J’aime beaucoup mon Ascendant !

Après, en m’y penchant de plus près, j’ai compris pourquoi, à cette époque, j’avais pu dire ça. Alors le fait est que dans ma pratique de l’astrologie, l’Ascendant ce n’est pas tout à fait ça. Pas que ça : c’est le signe qui vient soutenir notre signe solaire pour l’aider à se révéler dans toutes ses hautes vibrations. Il cherche toujours à s’exprimer, mais il est parfois difficile à incarner pleinement, et c’est pour ça qu’il ne s’épanouit qu’à partir d’un certain âge, souvent après la trentaine et le retour de Saturne. Sauf que moi, pour couronner le tout, j’ai Saturne, le sévère Saturne, celui qui peut limiter, restreindre, frustrer, pile sur cet Ascendant. Ce n’est même plus une conjonction, c’est une fusion, raison pour laquelle j’ai sans doute longtemps censuré mon côté Lion, qui ressortait quand même, mais par ses mauvais côtés.

Le jour où j’écris cet article, je suis justement en train d’écrire la partie consacrée au Lion dans le Voyage astrologique que je suis en train d’écrire. Et que veut le Lion ? Il veut rayonner, s’exprimer, être le centre de l’attention. Il est dans la joie, le plaisir, la légèreté, la créativité. Mais c’est une énergie qui est difficile à accepter, surtout pour une femme, encore aujourd’hui (Saturne, c’est le père autoritaire, et donc la société patriarcale), et à chaque fois dans ma vie que j’ai voulu sortir du lot, je me suis pris un coup de Saturne sur la tête : j’ai déjà parlé du harcèlement, de la chasse aux sorcières dans certaines vies passées, et si certains se souviennent de cette sombre histoire de procès en 2014 parce que j’étais trop influente, Saturne était à cette période mal aspecté).

De fait, c’est toujours compliqué de vraiment incarner les hautes vibrations de son Ascendant. Pour bien faire, il faut partir de son Descendant, qui pour moi est en Verseau. Partir de l’ombre de son descendant (pour le Verseau, ce serait le fait d’être très sociable mais incapable de se connecter vraiment aux autres et de les laisser prendre leur place dans notre intimité car on est toujours dans la peur d’être menacé dans sa liberté, d’être incompris, rejeté, ahahah) pour aller vers la lumière de son Ascendant (accepter pleinement qui on est sans peur du jugement des autres, être aimé pour qui on est, rester authentique), sans oublier la lumière de son Descendant (l’originalité, l’indépendance d’esprit, l’intérêt pour les sujets un peu « space » : bon, je crois que je suis pas mal là) sinon on tombe dans l’ombre de son Ascendant (l’égocentrisme et la terreur de ne pas être aimé : bon, il y a encore un peu de boulot). Ah oui, c’est compliqué !

Mais devinez qui transite actuellement sur mon Descendant ? Notre ami Jupiter, qui se retrouve donc en opposition avec monsieur Saturne. Or dans la mythologie, on sait ce que Jupiter fait à Saturne : il lui coupe les c*** (une planète en transit impose sa loi à la planète natale, donc l’idée est bien là). Et Jupiter, c’est la planète de l’expansion, de la légitimité à être et à rayonner, de la croissance. Bon, j’ai aussi Uranus sur mon MC (et ça, c’est très bien : ça veut dire reconversion professionnelle) et Neptune chez lui sur mon soleil (là c’est plutôt des changements au niveau émotionnel et vie privée). Mais je ne vais pas développer aujourd’hui.

Bref. Mon Lion intérieur rugit, et il a envie de prendre sa place, et c’est une bonne nouvelle, je crois ! Et vous, votre Ascendant, vous l’aimez ou pas ?

Instantané : la Pleine Lune et Vénus

J’aime vraiment beaucoup cette photo. Pas seulement pour son esthétique, même si, évidemment, je l’aime aussi pour ça : ce soir-là, le ciel était couvert (enfin ce soir-là : on se comprend) mais il s’est légèrement dégagé pour que la Lune apparaisse derrière un halo de nuages, pile au-dessus de ce magnifique immeuble que je vois depuis mon balcon. Et, un peu plus haut, Vénus est, par enchantement, elle aussi dégagée.

Et là est l’autre raison pour laquelle j’aime beaucoup cette photo : les deux astres qui me guident en ce moment, m’éclairant ensemble. J’ai beaucoup observé les étoiles cet été (enfin, quand c’était possible) et appris à reconnaître certaines constellations. Je trouve que cette activité contemplative me va bien, qu’elle est très poétique et qu’elle complète bien mon apprentissage de l’astrologie. Et Vénus, c’est surprenant mais en temps normal, je ne la vois pas si souvent, alors que cet été, j’ai l’impression qu’elle était toujours là quand je regardais le ciel.

Alors, je trouve que c’est un joli signe…

Edit : on me signale en commentaire (merci Cyril) que ce n’est pas Vénus mais Jupiter, ce qui ne change rien à l’esthétique de ma photo mais un peu son sens (même si j’aime beaucoup les énergies jupitériennes… si ça se trouve Jupiter m’appelle pour que je travaille avec elle au lieu de toujours me concentrer sur Vénus, Neptune et Uranus !)

Le ciel t’aidera, de Sophie Keller : l’astrologie au service de l’être

En parallèle de mon entrée dans l’administration, je me suis inscrite à une formation de quatre ans en astrologie. Mon travail me sécurisait mais ne me passionnait pas : c’était le deal. Toutefois le milieu politique, sa lâcheté, son égoïsme, son machisme, son mensonge commençaient sérieusement à nourrir ma colère. Le pouvoir n’est pas dans l’hypertrophie des egos ou dans les rapports de force qu’elle engendre. Pour moi le vrai pouvoir est la capacité à transformer, à apporter de la lumière partout où la souffrance règne, et de l’intelligence pour faire évoluer l’humain, à se relier à la force de vie pour traverser la mort. Pour la Balance que je suis, c’est la quintessence de l’amour qui est au cœur de la création.

Sophie Keller est une astrologue que je suis avec beaucoup d’intérêt sur Instagram, car j’aime énormément sa vision de l’astrologie, encore une fois non comme un outil de divination, mais comme un outil de transformation de l’être, intuitif et créatif — poétique, en somme. D’ailleurs, j’aimerais beaucoup qu’elle me lise ma carte du ciel, puisque comme je l’ai déjà dit une lecture n’est pas unique ; c’est un peu comme lorsqu’on explique un texte littéraire : selon le projet de lecture, on va insister sur des éléments qui ne seront pas les mêmes. Pour le moment elle a suspendu ses consultations, et j’ai poursuivi avec son livre mon apprentissage de l’astrologie. En attendant de m’offrir une vraie formation, peut-être un jour.

Il ne s’agit pas pour autant d’un manuel d’astrologie, même s’il propose de nombreuses clés pour découvrir l’astrologie ou approfondir certaines connaissances, notamment en lien avec certains concepts jungiens. Après avoir évoqué son propre cheminement, Sophie Keller nous explique différents concepts issus de la psychanalyse et ce qu’est la fameuse « ère du Verseau », avant d’entrer dans le vif du sujet, le thème astral : la carte du ciel et ses composantes, les grands rendez-vous de la vie, le Soleil et la Lune, les nœuds lunaires, les différentes planètes et leurs transits, Chiron et la Lune noire.

Comme tout cela me passionne, j’ai lu cet essai d’une traite, mais j’y reviendrai cet été plus tranquillement pour bien assimiler tout ce que j’ai appris, et j’en ai appris, des choses, notamment sur les transits, auxquels je ne m’étais pas encore intéressée, et cet ouvrage m’a vraiment permis d’approfondir mon thème et donc ma connaissance et ma compréhension de moi et de ce qui se joue en ce moment (l’opposition d’Uranus, ce qui explique bien des choses). Surtout, j’ai beaucoup aimé la manière dont Sophie Keller conçoit l’astrologie dans une approche holistique de l’existence : la carte du ciel est un miroir de ce qui se joue en nous, de notre psyché, et les planètes nous indiquent ce qui veut croître en nous, elles ne nous influencent pas mais nous donnent des pistes. De nombreux exemples de transformations à des moments clés émaillent les chapitres, et nous permettent de voir, concrètement, comment ça fonctionne.

Vous aurez compris : j’ai adoré, et je conseille vraiment cet essai à tous ceux qui sont curieux d’en apprendre un peu plus sur le sujet, il est très clair, très abordable, et constitue une excellente introduction.

Le Ciel t’aidera
Sophie KELLER
Robert Laffont, 2021

Apprendre l’astrologie

Evidemment : venant des étoiles, intéressée par à peu près tout, ce n’était qu’une question de temps avant que je ne me mette à apprendre vraiment l’astrologie. Là encore, pas du tout pour devenir astrologue (encore que, après tout, sait-on jamais), mais pour en connaître suffisamment afin de m’en servir… dans le truc que je suis en train de développer et qui s’approfondit de jour en jour.

A l’origine, l’astrologie n’était pas quelque chose qui m’intéressait plus que ça. Alors même que mon premier roman est construit sur une roue zodiacale (à mon avis, mon inconscient avait déjà sa petite idée en tête). D’ailleurs, je ne lisais (et ne lis toujours pas) mon horoscope, mais j’aime bien les comptes de mèmes astrologiques sur Instagram, je m’intéresse aux énergies de la Nouvelle et de la Pleine Lune et aux rétrogradations de Mercure, et j’ai une application d’astrologie qui me donne ma météo. Et puis l’an dernier, l’occasion faisant le larron, j’ai fait lire mon thème de naissance, et j’ai trouvé ça absolument passionnant, j’ai appris et compris plein de choses sur moi, comment mieux me servir de certains de mes placements planétaires pour avancer, quelles étaient mes forces et mes faiblesses.

Mais bien sûr, une lecture de thème n’est jamais complète, et j’ai continué à creuser le mien par moi-même, notamment sur les quatre éléments, ou sur la fameuse Lune Noire. Je pioche des vidéos de cours à droite et à gauche, et il y a vraiment beaucoup à faire rien qu’avec le contenu gratuit. Et puis, l’autre jour, j’ai proposé à quelqu’un qui m’est cher de jeter un œil à son thème. L’idée n’était pas du tout de lui faire une vraie lecture de thème, mais plutôt de lui donner quelques pistes. Et en fait j’ai trouvé ce thème et l’activité de lecture tellement intéressants que j’ai travaillé dessus pendant 15j, ce qui m’a obligée à réellement approfondir mes connaissances de base sur les planètes, les signes, les maisons, et ma bête noire : les aspects. Tous les jours j’apprends de nouvelles choses.

Il y a deux choses qui me passionnent dans cette histoire. D’abord faire le thème astral de quelqu’un je trouve que c’est finalement très beau et très intime (en tout cas dans la circonstance présente, j’imagine que c’est différent si on fait le thème de quelqu’un qu’on ne connaît pas) : on a un accès direct à son âme (ne levez pas les yeux aux ciel : le propriétaire du thème, qui avait un peu de mal à y croire mais que ça amusait de me laisser faire, a été étonné de la justesse). C’est presque un mode d’emploi. Comme ce que disait Barthes : La résistance au bois n’est pas la même selon l’endroit où l’on enfonce le clou : le bois n’est pas isotrope. Moi non plus ; j’ai mes « points exquis ». La carte de ces points, moi seul la connais, et c’est d’après elle que je me guide, évitant, selon des conduites extérieurement énigmatiques ; j’aimerais qu’on distribuât préventivement cette carte d’acupuncture morale à mes nouvelles connaissances (qui, du reste, pourraient l’utiliser aussi pour me faire souffrir davantage). On comprends mieux pourquoi, comment, certaines réactions face à certaines situations (même si, évidemment, il ne faut pas en abuser). Un conseil : ne donnez jamais vos coordonnées de naissance à quelqu’un dont vous n’êtes pas sûr.

Et puis, bien sûr, c’est poétique. Comme le Tarot (et je n’ai pas arrêté d’étudier le Tarot : les deux sont très liés, donc les deux apprentissages se complètent), les Astres racontent des histoires. Des histoires d’amour, des disputes et des ruptures. Dans le thème que j’étudie, Vénus organisait une fête dans sa maison 4 en Balance, et y avait convié la moitié des autres planètes, ce qui donne des énergies… curieuses.

Donc maintenant, j’ai plein de jolis carnets dans lesquels je note tout ce que j’apprends, et ça enrichit ma vision du monde de nouvelles couleurs…

Lilith, ou la lune noire

L’autre jour, j’avais l’impression de me heurter toujours au même problème sans trouver de solution. Toujours mon problème de lien aux autres, qui coince. Je ne sais pas faire confiance, je n’y arrive pas, donc je ne suis jamais complètement authentique face à quelqu’un (surtout quelqu’un que j’aime) parce que j’ai peur d’être abîmée, comme j’ai été abîmée dans mon adolescence par les moqueries et les vexations de mes congénères (ça aussi, ça ressurgit toujours). Et en fait, je ne parviens pas à ressentir de sécurité, au contraire je me sens perpétuellement en danger, alors faire confiance, m’abandonner dans l’amour de quelqu’un, taratata (je pense en fait que quand on essaye de m’aimer, ça doit faire comme si on serrait un hérisson dans ses bras : et pourtant, j’essaie). Bref, cette question je l’ai déjà creusée un nombre incalculable de fois, et je ne vois pas de clé.

Et une nuit, je vois très clairement apparaître mon thème astral, et en gros quelqu’un qui me dit d’aller jeter un œil à ma lune noire, autrement appelée Lilith. J’avais déjà jeté un oeil lorsque j’avais lu Gardiennes de la lune et le résultat m’avait intéressée, mais j’avais eu le tort de ne pas creuser.

Mais je vais un peu vite : il faut d’abord que je vous explique ce qu’est la lune noire. Certains appellent de cette manière la nouvelle lune, mais ce n’est absolument pas ça. Pas ça du tout. La lune noire est un point théorique sur l’orbite de la lune : elle n’est absolument pas matérielle, ce n’est pas une planète mais un point hypothétique aveugle qui, par analogie, va correspondre à un vide, un manque fondamental dont il faut devenir conscient (puisque la lune noire est plus que les autres une force de l’inconscient qui nous fait nous auto-saboter), car la prise de conscience va interrompre la répétition des schémas. En astrologie karmique, elle indique ce qui doit être nettoyé. On l’appelle aussi Lilith, du nom de la première épouse d’Adam qui l’a envoyé se faire voir parce qu’il ne s’intéressait pas à ses orgasmes à elle. Elle représente donc notre part d’ombre, ce que nous demandent de travailler les pleines lunes des saisons intérieures.

Dans le thème astral, elle apparaît sous la forme d’un croissant de lune avec une petite croix dessous. Or si vous vous souvenez, il y a quelque temps, j’avais fait lire ma carte du ciel, et on pourrait donc penser qu’on m’avait indiqué ce shadow work à effectuer. Et bien pas du tout, car tous les astrologues n’utilisent pas la lune noire (comme il s’agit d’un point théorique) et que la mienne ne le fait pas. J’imagine que c’est parce que je n’en étais pas encore arrivée là, et que j’avais d’autres points à traiter avant.

Donc toute seule comme une grande, je suis allée voir ma lune noire, qui se trouve en cancer et en maison 11. Les deux aspects (le signe et la maison) sont très intéressants, mais en l’occurrence surtout la maison : en maison 11, Lilith… complique les activités de groupe, et le natif se sent toujours différent et rejeté. Si c’est pas beau, ça : exactement le problème qui tournicote depuis des mois sinon toujours dans ma tête ! Alors attention, ce n’est pas une malédiction : l’idée c’est justement de descendre en soi chercher ce qui était caché, la part de soi qui était occultée (j’ai même envie de dire enfermée dans un coffre dont on a perdu la clé) et la ramener à la lumière. C’est transcender la lune noire. Pour moi il s’agit d’arriver à ne pas avoir peur que si je me montre telle que je suis je vais être traquée, et accepter de me reposer en confiance dans l’amour.

Tout cela c’était il y a moins d’un mois, et dans la nuit de samedi à dimanche j’ai fait ce rêve : j’étais en équilibre un peu précaire, et celui qui m’est précieux (mais ne le sait pas, ou si, il le sait, enfin c’est une autre histoire) me disait de faire attention de ne pas tomber. Je lui répondais que je ne risquais rien. « Parce que je te tiens ? » disait-il, une question rhétorique à laquelle je répondais oui, parce que tu me tiens. Et j’avais confiance…

Et tenez-vous bien : hier, mon application d’astrologie m’envoie une notification pour me féliciter car je venais d’achever un cycle au cours duquel j’étais confrontée à mes problèmes en ce qui concerne les relations, afin d’y voir clair.

Donc j’ai bon espoir de m’en sortir, cette fois…

Rituels, magie etc.

Demain a lieu la plus importante des fêtes du calendrier des sorcières, Samhain, qui je l’avoue a une place de plus en plus grande dans mon cœur : j’aime décorer ma maison version automne, mettre des lumières (l’heure d’hiver me déprime profondément alors je mets des lumières et des bougies partout), creuser ma citrouille (cette année j’ai acheté une vraie Jack) et y faire brûler une bougie toute la nuit pour les aimés disparus (aller au cimetière n’a aucun sens pour moi car ils n’y sont pas, mais ça, si), préparer un plat avec la chair. Samhain est une sorte de jour de l’an, situé pile entre l’équinoxe d’automne et le solstice d’hiver (le solstice étant supposé marquer le milieu de la saison hivernale, qui commence donc à Samhain : on est un peu décalé) : en ce jour où le voile entre les mondes est le plus fin, on dit adieu à l’ancien pour accueillir le nouveau. D’ailleurs, toutes les fêtes du calendrier celtique (qui ont ensuite été allègrement récupérées par le christianisme) sont liées au passage des saisons. Et si elles reviennent en force dans nos cultures de plus en plus éloignées des religions institutionnelles, c’est justement parce qu’il nous manque ça : le rituel. Ce qui met de l’ordre, du lien, de la magie. Du sens.

Les rituels sont essentiels pour faire société, et dans un monde où les religions traditionnelles ne font justement plus sens chez beaucoup, le retour à la sorcellerie, aux rites païens dans une version pour beaucoup plus symbolique que strictement magiques, (même si j’aime bien aussi faire de vrais rituels magiques), marque un désir de quelque chose de plus poétique, de plus authentique, personnel et sincère : le passage des saisons, les cycles de la lune qui jusqu’à il y a peu n’intéressaient plus guère que les jardiniers. Une « religion » (dans l’étymologie du mot le faisant dériver de religare, relier) de liberté où tout en étant lié aux autres, chacun pratique comme bon lui semble, selon son cœur : les cristaux, les fumigations, les formules rituelles que l’on peut composer comme un poème et partager ou non, les oracles et autres arts divinatoires, les autels, l’astrologie qui n’est autre qu’un retour à la mythologie. Ou tout simplement un joli moment où on fait des choses agréables, qui ont du sens pour nous : mon rituel du solstice d’hiver est juste de relire mes happiness papers (même si je ne les mets plus en bocaux) en buvant du champagne, c’est curieux mais c’est mon rituel.

Pour Samhain en revanche je fais un truc plus élaboré niveau magie avec le pentacle, les bougies, l’invocation des quatre éléments, le tambourin et tout le tralala, surtout cette année où, imaginez un peu, Samhain tombe un soir de pleine lune, déjà c’est pas tous les ans, mais en plus une pleine lune bleue (deuxième pleine lune dans un même mois, phénomène un peu rare) : c’est la première fois depuis 75 ans que ça arrive ; et accrochez-vous : cette pleine lune en Taureau est conjointe à Uranus (planète du changement, de la rébellion) rétrograde, opposée au soleil en scorpion conjoint à Mercure (planète de la communication) rétrograde. Et Mars est rétrograde aussi, tant qu’à faire. Si ça ne vous dit rien niveau astrologique, en résumé on a un assemblage qui ne se produit jamais et qui va dépoter sévèrement niveau énergies (et niveau expression des colères, moi ça fait 15 jours que je les sens déjà en moi mais on voit bien actuellement comment elle s’exprime partout), autant en profiter pour faire un peu de magie ! Mais vous pouvez aussi manger des bonbons devant Harry Potter (c’est d’ailleurs ce que je ferai après).

« Le rituel a pour fonction de donner des repères dans l’espace et dans le temps, il est un élément structurant de la vie, il rythme les saisons, les âges de la vie, il donne de la profondeur et de l’importance aux différents moments charnières de notre vie », écrit ainsi Odile Chabrillac. Les rituels remettent donc du sens dans un monde qui n’en a plus guère. Surtout en ce moment.

Alors, vous allez faire quelque chose demain soir ? Même si les enfants n’auront pas le droit de faire le tour des maisons (mais ils peuvent quand même se déguiser), même si on ne peut pas voir ses amis, célébrons tout de même pour que revienne la lumière ! Et ça va me faire du bien parce que là en vrai, l’idée d’un confinement où je suis quand même obligée de sortir de chez moi pour faire un boulot que je ne supporte plus, ça va être très compliqué et la fumée me sort par les oreilles.

Équilibre, harmonie, balance…

Bizarrement, je ne m’étais jamais plus intéressée que ça à l’astrologie. Enfin ce n’est pas tout à fait exact dit comme ça : j’utilise une application assez juste, The Pattern, j’écoute le podcast Invente ton ciel qui est très poétique et clair, je suis plusieurs astrologues sur Instagram et je m’intéresse aux mouvement des planètes : pleine lune, nouvelle lune, rétrogradations de Mercure etc. Sans y comprendre tout à fait tout la plupart du temps, d’ailleurs, car tout cela est en fait assez complexe. Donc je m’intéresse à l’astrologie, mais sans lire mon horoscope et surtout, je n’avais jamais franchi le pas de faire faire mon thème astral — thème de naissance (ce qui est un peu paradoxal vu que mon premier roman est basé sur l’astrologie, ce qui prouve qu’il n’était jusqu’à présent pas prêt, mais passons) : ça me titillait un peu, j’avais envisagé plusieurs personnes pour le faire, j’avais généré mon thème sur un site gratuit pour voir certaines choses, mais ça ne se faisait pas. Et puis l’autre jour l’occasion m’est tombée dessus, presque littéralement (j’exagère un tout petit peu, mais disons que c’était une occasion à ne pas manquer).

Ce n’est pas de l’astrologie prédictive : dans sa dernière newsletter, Garance Doré explique comment son astrologue lui avait prédit certaines choses, et ça me laisse assez perplexe (et je n’ai pas forcément envie). Non, ce qui m’intéressait c’était de voir les grandes lignes de ma manière (poétique) d’être au monde, et je vois ça comme une feuille de route mais sans fatalité : on me donne les cartes, le mode d’emploi, à moi de jouer !

Bonne nouvelle : j’ai un thème très équilibré ! Qui manque un peu de terre (mais que je manque d’une prise de terre je crois qu’il n’y a guère besoin d’être astrologue pour s’en rendre compte) (alors la terre n’est pas totalement absente de mon thème, ce qui serait un vrai problème : elle est juste beaucoup moins présente que les autres éléments), mais enfin, équilibré. Et ça tombe bien, parce que j’ai l’impression que c’est un peu mon challenge du moment, voire de toute ma vie, l’harmonie et l’équilibre. J’ai mon nœud nord en… Balance. Ceux qui me suivent sur Instagram auront peut-être noté que c’est le signe à qui j’envoie souvent des piques, car il se trouve que les natifs du signe, même quand je les aime très très très très fort, ont tendance à m’exaspérer à ne pas savoir prendre une décision, à mettre des plombes à agir : ça me rend folle et c’est normal, puisque c’est vers ça que je dois aller, la direction que je dois prendre, mais en partant du signe inverse, le Bélier, qui avance au bulldozer !

Et je trouve ça vraiment intéressant, cette histoire d’équilibre, parce que j’ai vraiment l’impression, actuellement, d’avancer sur un fil au milieu d’une tempête. J’arrive à trouver mon équilibre, à sentir ce que je dois faire, à être dans mon flow (là tout de suite par exemple en écrivant : je suis parfaitement dans mon axe, parfaitement bien, parfaitement à ma place, parfaitement moi) mais il suffit d’un rien pour que ça vacille à nouveau, voire carrément pour tomber.

Alors dans Mange, Prie, Aime, Elizabeth Gilbert dit que parfois il faut être déséquilibré pour trouver son équilibre. Et, de fait, le déséquilibre global actuel m’a, de manière paradoxale, aidée. Mais ça reste compliquée bien sûr.

Donc, le gros point de mon thème astral, c’est la balance (comme signe et aussi parce qu’en anglais, balance signifie équilibre) et l’harmonie. Et l’amour : comme le dit joliment mon astrologue, je suis une « exploratrice du sentiment » (c’est donc normal que ce soit, envers et contre tout, mon sujet d’écriture : comment l’amour est un moteur d’évolution et de transformation, ça aussi c’est écrit dans mon thème). Je vais mettre ça sur ma carte de visite.

Et vous, vous avez déjà fait votre thème astral ?