La grande magie : écriture et astrologie

Galvanisée par cette nouvelle perspective qui s’offre à moi avec ma décision de devenir autrice indépendante, j’ai passé les derniers jours à exhumer de mes archives tous mes textes restés « en plan ». J’ai relu, un peu corrigé, mis en forme, histoire de me remettre sur les rails. Souvent, j’ai été absorbée dans un vortex où le temps et l’espace n’existaient plus, pour me rendre compte le soir venu que plusieurs heures étaient passées. Souvent, j’ai été stupéfaite par les coïncidences entre des écrits datant de plusieurs années et des événements survenus après. Je pense de plus en plus que l’écriture est une sorte de TARDIS.

C’est comme cela qu’hier, ayant relu le premier jet (sur lequel il y a beaucoup de travail) de mon deuxième roman, je me suis dit « tiens, si je faisais le thème astral de François ». François est mon personnage masculin, qui m’a donné beaucoup de fil à retordre à l’époque, car il avait un secret, mais ne voulait pas me le révéler, et ce pendant des dizaines de pages. Bon, désormais je connais ce secret, et le pourquoi du comment de ses gros défauts.

Donc, j’ai fait son thème astral, et j’ai d’abord été très impressionnée par la cohérence par rapport au personnage. Et surtout par ce magnifique amas de planètes en maison 4, très… révélateur, par rapport à son secret (chut !) (il n’y a pas strictement d’indice dans le titre). Mais surtout : je voulais qu’un événement qui survient dans sa vie soit lié à son « retour de Saturne », période propice aux crises personnelles. Me voilà donc en train de calculer quand avait eu lieu ce retour de Saturne pour le placer à la bonne date, ce n’était pas grand chose à modifier. Je n’ai pas eu besoin : l’événement était déjà à la bonne date. Je précise qu’à l’époque où j’ai écrit ça, je n’avais pas encore étudié l’astrologie. Je n’avais aucune idée de l’existence du retour de Saturne.

J’ai trouvé que c’était de la grande magie, encore une fois. Je ne sais pas si beaucoup d’écrivains font ça, faire le thème astral de leurs personnages, mais ça me donne une multitude de nouvelles perspectives, et c’est merveilleux !

Invitation à un voyage astrologique

Et voilà, j’ai le plaisir de vous présenter le petit dernier des livrets d’activités poétiques : l’Invitation à un voyage astrologique !

Ce n’est pas un cours d’astrologie, mais plus modestement un voyage vers soi en utilisant une carte particulière : votre carte du ciel.

Ce n’est pas un cours d’astrologie parce que ce serait un travail énorme, et que même si j’ai suivi une formation, j’en serais bien incapable pour le moment. Par contre, je me suis rendu compte, en suivant mes cours, que même une première approche, assez simple, pouvait déjà nous en apprendre beaucoup sur nos énergies, notre lumière et nos ombres, et la manière dont elles agissent entre elles, et c’est ça que j’ai eu envie de vous transmettre.

Comme d’habitude, ce livret contient des questions d’introspection et de journaling guidé, des activités littéraires, et des propositions de pages artistiques.

J’espère qu’il vous plaira !

Je suis vivante

J’ai longtemps cherché mon mot pour 2022. Fait de multiples exercices pour m’aider. Mais je n’étais pas complètement convaincue. Amour ? Poésie ? Ce ne sont pas les mots d’une année : ce sont les mots d’une vie.

J’avais fini par me fixer sur « Equilibre » parce que, oui, une des mes intentions est bien de trouver l’équilibre. Mais je ne sais pas, là encore, je n’étais qu’à moitié convaincue.

Et puis, c’est venu. Comme ça. Comme ça m’arrive souvent : une fulgurance. Ce n’était pas un mot : c’était une phrase. « Je suis vivante ». Comme une évidence.

Je dis souvent que l’une de mes plus grandes peur, ce n’est pas de mourir, c’est de ne pas vivre. Et pourtant, ces dernières années, j’ai l’impression de ne pas trop avoir vécu. Comme beaucoup, vous me direz, mais ce n’est pas seulement lié à la pandémie. Dans mon cas, elle n’a fait qu’exacerber une tendance à ne pas vraiment être pleinement dans la vie, et mettre le doigt sur quelque chose de l’ordre de la perte du feu intérieur. Une lassitude, un manque d’entrain général à force d’être coincée dans un quotidien qui ne me convient pas.

Et cette année, je veux que ce soit mon mantra. Je suis vivante. Je veux habiter pleinement mon corps. Je veux sentir mon cœur battre. Désirer, aimer, vivre, profiter. Aimer ce que je fais. Me lever le matin avec entrain parce que plein de belles choses m’attendent.

Il y a d’ailleurs quelque chose de Jupitérien, là dedans (non, pas jupitérien comme on l’a dit de M.) : en astrologie, Jupiter est la planète de la croissance, il redonne vie au rêve, permet de grandir et de trouver le succès, la réussite, la prospérité. C’est aussi la planète de la transcendance et des apprentissages par l’expérience, en allant à la rencontre de l’autre, en ouvrant son esprit et son imaginaire, la planète du développement personnel. Jupiter nous invite à nous interroger sur notre vérité, ce qui nous fait vibrer, nos croyances profondes, et les suivre. Jupiter est, finalement, la planète de la joie, une planète pleinement vivante. Or, il se trouve que Jupiter m’a beaucoup accompagnée en 2021 : je l’avais sous le nez tous les soirs (même si à un moment je croyais que c’était Vénus), et son positionnement dans mon thème natal était intéressant : en Verseau, elle se retrouvait chez moi sur mon Descendant, en opposition donc à mon Ascendant sur lequel est planté mon Saturne natal, à qui il a coupé les c***. Littéralement.

Or, Jupiter vient d’entrer dans le signe des Poissons, mon signe solaire donc, dont il est, avec Neptune (qui est déjà en Poissons), le maître : leur conjonction aura lieu le 12 avril (d’un point de vue global, c’est plutôt bon signe pour la pandémie, un peu moins pour les élections). Cette conjonction aura lieu sur mon soleil natal, soleil qui se trouve être mon maître d’ascendant. Et Uranus, pour compléter le tableau, sera à nouveau en conjonction avec mon MC, pour une nouvelle phase de libération professionnelle. Pendant que Saturne sera opposé avec lui-même, sur mon DC (là je n’ai pas d’avis, si ce n’est que les gros transits de Saturne tous les 7 ans sont toujours très transformateurs et annoncent des évolutions : a priori ça cadre avec le reste…).

Que de potentiels, donc, pour retrouver cette énergie vitale un peu mise à mal ces dernières années.

Ce n’est pas une résolution : c’est une aventure !

Et vous, vous avez un mot (ou une phrase) pour 2022 ?

L’Astrologie miroir, de Marie Sélène : rayonner ses planètes

Lire ton thème astral, c’est accepter d’exister pleinement et d’explorer tous les recoins de ton être, et trouver des idées lumineuses pour dénouer tes petites contradictions intérieures…

Marie Sélène est l’une des premières personnes que j’ai suivies lorsque j’ai commencé à m’intéresser vraiment à l’astrologie, notamment par le biais de son podcast Invente ton ciel qui malheureusement n’existe plus. Ce que j’aime chez elle, c’est sa manière poétique d’habiter le monde, et j’avais donc très envie de me pencher sur son guide d’astrologie. Entre temps, j’ai suivi une formation sur les étoiles, et ce livre, s’adressant à ceux qui découvrent cet univers, pouvait donc apparaître comme superflu, mais l’autre jour, plongée dans l’écriture de mon livret Voyage astrologique, je me suis dit qu’il serait bon que j’y jette tout de même un oeil.

Il y a autant d’approches de l’astrologie que d’astrologues, je suis en train de construire la mienne même si je n’ai pas vocation à devenir concrètement astrologue, et celle de Marie Sélène me plaît beaucoup. Son principe est que nous sommes là pour rayonner pleinement notre soleil, et que toutes les autres planètes, ainsi que l’ascendant, sont des sortes de ministres qui, incarnant chacune une fonction psychologique, vont nous y aider. Elle va donc nous guider à la découverte de notre carte du ciel selon cette optique, afin de nous permettre de mieux nous comprendre. Et nous raconter de belles histoires…

J’aime follement cette manière poétique et imagée de parler d’astrologie et de donner toute leur place aux mythes qui la construisent. C’est un vrai voyage à la découverte de soi auquel elle nous invite, très clair et pédagogique, et en même temps très complet sur cette dimension là : elle ne s’intéresse ici qu’aux placements des planètes en signe et à leur fonction psychologique, mais elle le fait très très bien, et même moi qui commence à avoir pas mal voyagé à travers ma carte, j’ai compris de nouvelles choses très intéressantes (mais comme je l’ai déjà dit : les informations viennent à nous au moment voulu). A noter aussi les très belles illustrations de Diglee.

Si vous vous intéressez à l’astrologie et que vous avez envie de dépasser la lecture des horoscopes, souvent faite par des gens qui ne sont pas plus astrologues que moi mathématicienne et qui de toute façon ne s’appuient que sr le signe solaire, sans pour autant faire appel à un professionnel, ce guide est parfait pour commencer le voyage, en attendant mon propre livret !

L’Astrologie miroir. Le guide pour s’observer sous toutes ses facettes et rayonner de tout son être.
Marie Sélène
Marabout, 2020

Le Lion qui rugit en moi

L’autre jour, je suis retombée sur très ancien (bien avant que je ne fasse faire ma carte du ciel et que j’apprenne moi-même l’astrologie) dans lequel une astrologue m’expliquait que notre Ascendant était le signe vers lequel on se dirigeait de plus en plus en vieillissant, et je résistais à cette idée : je lui expliquais que non, j’aimais trop mon signe solaire (Poissons) et que je détestais mon Ascendant, Lion. Là j’ai failli tomber de ma chaise : quoi ? Moi ? Je n’aimais pas mon Ascendant ? Mais quand ? J’aime beaucoup mon Ascendant !

Après, en m’y penchant de plus près, j’ai compris pourquoi, à cette époque, j’avais pu dire ça. Alors le fait est que dans ma pratique de l’astrologie, l’Ascendant ce n’est pas tout à fait ça. Pas que ça : c’est le signe qui vient soutenir notre signe solaire pour l’aider à se révéler dans toutes ses hautes vibrations. Il cherche toujours à s’exprimer, mais il est parfois difficile à incarner pleinement, et c’est pour ça qu’il ne s’épanouit qu’à partir d’un certain âge, souvent après la trentaine et le retour de Saturne. Sauf que moi, pour couronner le tout, j’ai Saturne, le sévère Saturne, celui qui peut limiter, restreindre, frustrer, pile sur cet Ascendant. Ce n’est même plus une conjonction, c’est une fusion, raison pour laquelle j’ai sans doute longtemps censuré mon côté Lion, qui ressortait quand même, mais par ses mauvais côtés.

Le jour où j’écris cet article, je suis justement en train d’écrire la partie consacrée au Lion dans le Voyage astrologique que je suis en train d’écrire. Et que veut le Lion ? Il veut rayonner, s’exprimer, être le centre de l’attention. Il est dans la joie, le plaisir, la légèreté, la créativité. Mais c’est une énergie qui est difficile à accepter, surtout pour une femme, encore aujourd’hui (Saturne, c’est le père autoritaire, et donc la société patriarcale), et à chaque fois dans ma vie que j’ai voulu sortir du lot, je me suis pris un coup de Saturne sur la tête : j’ai déjà parlé du harcèlement, de la chasse aux sorcières dans certaines vies passées, et si certains se souviennent de cette sombre histoire de procès en 2014 parce que j’étais trop influente, Saturne était à cette période mal aspecté).

De fait, c’est toujours compliqué de vraiment incarner les hautes vibrations de son Ascendant. Pour bien faire, il faut partir de son Descendant, qui pour moi est en Verseau. Partir de l’ombre de son descendant (pour le Verseau, ce serait le fait d’être très sociable mais incapable de se connecter vraiment aux autres et de les laisser prendre leur place dans notre intimité car on est toujours dans la peur d’être menacé dans sa liberté, d’être incompris, rejeté, ahahah) pour aller vers la lumière de son Ascendant (accepter pleinement qui on est sans peur du jugement des autres, être aimé pour qui on est, rester authentique), sans oublier la lumière de son Descendant (l’originalité, l’indépendance d’esprit, l’intérêt pour les sujets un peu « space » : bon, je crois que je suis pas mal là) sinon on tombe dans l’ombre de son Ascendant (l’égocentrisme et la terreur de ne pas être aimé : bon, il y a encore un peu de boulot). Ah oui, c’est compliqué !

Mais devinez qui transite actuellement sur mon Descendant ? Notre ami Jupiter, qui se retrouve donc en opposition avec monsieur Saturne. Or dans la mythologie, on sait ce que Jupiter fait à Saturne : il lui coupe les c*** (une planète en transit impose sa loi à la planète natale, donc l’idée est bien là). Et Jupiter, c’est la planète de l’expansion, de la légitimité à être et à rayonner, de la croissance. Bon, j’ai aussi Uranus sur mon MC (et ça, c’est très bien : ça veut dire reconversion professionnelle) et Neptune chez lui sur mon soleil (là c’est plutôt des changements au niveau émotionnel et vie privée). Mais je ne vais pas développer aujourd’hui.

Bref. Mon Lion intérieur rugit, et il a envie de prendre sa place, et c’est une bonne nouvelle, je crois ! Et vous, votre Ascendant, vous l’aimez ou pas ?

Instantané : la Pleine Lune et Vénus

J’aime vraiment beaucoup cette photo. Pas seulement pour son esthétique, même si, évidemment, je l’aime aussi pour ça : ce soir-là, le ciel était couvert (enfin ce soir-là : on se comprend) mais il s’est légèrement dégagé pour que la Lune apparaisse derrière un halo de nuages, pile au-dessus de ce magnifique immeuble que je vois depuis mon balcon. Et, un peu plus haut, Vénus est, par enchantement, elle aussi dégagée.

Et là est l’autre raison pour laquelle j’aime beaucoup cette photo : les deux astres qui me guident en ce moment, m’éclairant ensemble. J’ai beaucoup observé les étoiles cet été (enfin, quand c’était possible) et appris à reconnaître certaines constellations. Je trouve que cette activité contemplative me va bien, qu’elle est très poétique et qu’elle complète bien mon apprentissage de l’astrologie. Et Vénus, c’est surprenant mais en temps normal, je ne la vois pas si souvent, alors que cet été, j’ai l’impression qu’elle était toujours là quand je regardais le ciel.

Alors, je trouve que c’est un joli signe…

Edit : on me signale en commentaire (merci Cyril) que ce n’est pas Vénus mais Jupiter, ce qui ne change rien à l’esthétique de ma photo mais un peu son sens (même si j’aime beaucoup les énergies jupitériennes… si ça se trouve Jupiter m’appelle pour que je travaille avec elle au lieu de toujours me concentrer sur Vénus, Neptune et Uranus !)

Le ciel t’aidera, de Sophie Keller : l’astrologie au service de l’être

En parallèle de mon entrée dans l’administration, je me suis inscrite à une formation de quatre ans en astrologie. Mon travail me sécurisait mais ne me passionnait pas : c’était le deal. Toutefois le milieu politique, sa lâcheté, son égoïsme, son machisme, son mensonge commençaient sérieusement à nourrir ma colère. Le pouvoir n’est pas dans l’hypertrophie des egos ou dans les rapports de force qu’elle engendre. Pour moi le vrai pouvoir est la capacité à transformer, à apporter de la lumière partout où la souffrance règne, et de l’intelligence pour faire évoluer l’humain, à se relier à la force de vie pour traverser la mort. Pour la Balance que je suis, c’est la quintessence de l’amour qui est au cœur de la création.

Sophie Keller est une astrologue que je suis avec beaucoup d’intérêt sur Instagram, car j’aime énormément sa vision de l’astrologie, encore une fois non comme un outil de divination, mais comme un outil de transformation de l’être, intuitif et créatif — poétique, en somme. D’ailleurs, j’aimerais beaucoup qu’elle me lise ma carte du ciel, puisque comme je l’ai déjà dit une lecture n’est pas unique ; c’est un peu comme lorsqu’on explique un texte littéraire : selon le projet de lecture, on va insister sur des éléments qui ne seront pas les mêmes. Pour le moment elle a suspendu ses consultations, et j’ai poursuivi avec son livre mon apprentissage de l’astrologie. En attendant de m’offrir une vraie formation, peut-être un jour.

Il ne s’agit pas pour autant d’un manuel d’astrologie, même s’il propose de nombreuses clés pour découvrir l’astrologie ou approfondir certaines connaissances, notamment en lien avec certains concepts jungiens. Après avoir évoqué son propre cheminement, Sophie Keller nous explique différents concepts issus de la psychanalyse et ce qu’est la fameuse « ère du Verseau », avant d’entrer dans le vif du sujet, le thème astral : la carte du ciel et ses composantes, les grands rendez-vous de la vie, le Soleil et la Lune, les nœuds lunaires, les différentes planètes et leurs transits, Chiron et la Lune noire.

Comme tout cela me passionne, j’ai lu cet essai d’une traite, mais j’y reviendrai cet été plus tranquillement pour bien assimiler tout ce que j’ai appris, et j’en ai appris, des choses, notamment sur les transits, auxquels je ne m’étais pas encore intéressée, et cet ouvrage m’a vraiment permis d’approfondir mon thème et donc ma connaissance et ma compréhension de moi et de ce qui se joue en ce moment (l’opposition d’Uranus, ce qui explique bien des choses). Surtout, j’ai beaucoup aimé la manière dont Sophie Keller conçoit l’astrologie dans une approche holistique de l’existence : la carte du ciel est un miroir de ce qui se joue en nous, de notre psyché, et les planètes nous indiquent ce qui veut croître en nous, elles ne nous influencent pas mais nous donnent des pistes. De nombreux exemples de transformations à des moments clés émaillent les chapitres, et nous permettent de voir, concrètement, comment ça fonctionne.

Vous aurez compris : j’ai adoré, et je conseille vraiment cet essai à tous ceux qui sont curieux d’en apprendre un peu plus sur le sujet, il est très clair, très abordable, et constitue une excellente introduction.

Le Ciel t’aidera
Sophie KELLER
Robert Laffont, 2021