Partager comme un artiste, d’Austin Kleon : 10 façons de révéler sa créativité et de se faire remarquer

En fait, mon but est de vous amener à concevoir votre travail comme un processus continu et de vous montrer comment partager ce processus de manière à attirer vers vous les gens qui sont susceptibles d’aimer ce que vous faites. Je vais aussi vous apprendre à composer avec les critiques et les désagréments auxquels on s’expose quand on s’ouvre au monde et partage avec lui le fruit de sa créativité. Voler comme un artiste vous a appris à piquer des idées aux autres pour vous inspirer. Partager comme un artiste vous enseignera la méthode à appliquer pour inspirer les autres à piquer vos idées. 

Après avoir lu Voler comme un artiste, j’avais envie de continuer sur ma lancée avec ce deuxième ouvrage qui, finalement, m’a beaucoup plus intéressée car il me concernait plus, vu que je n’ai aucun problème pour trouver des idées, limite je songe à en vendre quelques unes, ni pour créer : mon problème c’est la phase d’après, celle de trouver son public. D’autant que la question du « lien aux autres » est au cœur du travail que m’envoie l’Univers en ce moment. Bref, comment faire connaître son travail ?

Austin Kleon nous a appris à voler les autres, il va maintenant nous apprendre à donner et partager, de manière à ce que finalement cela circule et donne un cercle vertueux. Il ne s’agit donc pas d’autopromotion ni de racolage, mais de faire en sorte qu’en partageant ses idées et son processus de création, on se construit un public, une communauté, un écosystème créatif, en profitant du fait qu’internet offre un large terrain d’action ! Pour Kleon, il faut donc partager, chaque jour, son travail, et notamment son processus créatif, carnets, scrapbooks, influences, inspirations, ébauches… que ce soit sur les réseaux sociaux ou… un blog !

J’ai beaucoup aimé ce livre à la fois drôle et inspirant car il rejoint en fait beaucoup de mes intuitions. Partager ce que j’écris, mes réflexions, mes inspirations, ce qui m’émerveille et est donc au centre de ma création (le sujet et l’objet), c’est ce que je fais déjà parce que j’ai toujours pensé que ça faisait partie du processus, en tout cas du mien, et j’aime beaucoup ce que Kleon écrit sur son blog : c’est à la fois mon bloc-notes, mon carnet de croquis, mon atelier, ma galerie d’art personnelle, ma boutique et ma salle de séjour. Absolument tout ce qui m’est arrivé de bien dans ma carrière a vu le jour dans mon blogue : mes livres, mes expositions, mes conférences ; certaines grandes amitiés existent parce que je me suis ménagé une petite place sur Internet. Un outil essentiel donc, pas pour se promouvoir au sens strict mais pour s’inventer, se construire et partager qui on est en tant que personne et en temps qu’auteur. Une sorte de storytelling.

Et le conseil le plus important : persévérez !

Un livre que je conseille à tout le monde, mais en particulier à ceux qui cherchent à partager leur travail et trouver leur public !

Partager comme un artiste : 10 façons de révéler sa créativité et de se faire remarquer
Austin KLEON
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Henri-Charles Brenner
Editions de l’homme, 2014

Voler comme un artiste, d’Austin Kleon : 10 secrets bien gardés sur la créativité

Primo : émerveillez-vous. Secundo : Invitez les autres à partager votre émerveillement. Il faut vous émerveiller de ce qui n’enchante personne. Si tout le monde se passionne pour les pommes, passionnez-vous pour les oranges. Plus vous partagerez ouvertement vos passions, plus votre travail touchera les autres. Il n’en va pas des artistes comme des magiciens : ils ne courent aucun risque à dévoiler leurs secrets. 

En ce moment, j’écris quelque chose qui n’a pas encore de contours bien définis sur la créativité. De manière somme toute logique (ou non, d’ailleurs) je me suis donc lancée parallèlement dans la lecture d’ouvrages sur le sujet que je n’avais pas encore lus et qui sont des références. C’est le cas d’Austin Kleon qui s’est notamment fait connaître avec ce petit ouvrage au titre un peu provocateur mais qui, en fait, propose plein d’idées non pas pour voler le travail des autres mais s’en nourrir, et libérer sa créativité.

10 chapitres, 10 conseils : Volez comme un artiste (c’est-à-dire qu’on ne crée jamais à partir de rien), n’attendez pas de savoir qui vous êtes avant de commencer (vous le découvrirez en chemin), écrivez le livre que vous avez envie de lire, servez-vous de vos mains (la création implique tout le corps), l’importance des activités parallèles et des violons d’Ingres, faites du bon travail et diffusez-le (idée qui sera reprise dans l’ouvrage suivant, dont nous parlerons mercredi), nous ne sommes plus prisonniers de la géographie, soyez aimable, soyez ennuyeux (!) et créer, c’est soustraire.

Vif, percutant, souvent drôle, illustré du travail d’Austin Kleon lui-même, ce livre fourmille de bons conseils et de réflexions intéressantes sur l’art et la créativité, notamment cette idée (qui est la mienne aussi) qu’il est important pour un artiste de travailler sur plusieurs projets car en fait cela rend les choses moins angoissantes (si on bloque sur le projet 1, on travaille sur le projet 2 ça évite de paniquer parce qu’on n’avance pas), et aussi qu’il est intéressant d’avoir des activités « annexes » qui ouvrent d’autres canaux.

A lire, ne serait-ce que par curiosité !

Voler comme un artiste : 10 secrets bien gardés sur la créativité
Austin KLEON
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie-Josée Thériault
Editions de l’homme, 2014

L’art-thérapie d’Alain Dikan : soigner par la création

A la différence des adultes, les enfants ont une faculté « naturelle » à jouer et à créer. […] ils sont dans un état de « flow », à savoir un état optimal, source de joie, de plaisir et de liberté, pendant lequel le temps est mis entre parenthèses. Or cet état de « flow » va fortement développer leur créativité et leur permettre de profiter pleinement de l’instant présent, de lâcher-prise et de se concentrer entièrement sur leur activité. 

Je songe de plus en plus activement à ma reconversion professionnelle, et à force de tournicoter les choses dans tous les sens, je me suis rendu compte que j’étais très attirée par le champ de l’art-thérapie, par strictement en tant que telle d’ailleurs mais enfin, il fallait que je me penche sur la question. Du coup, lorsque je suis tombée sur ce manuel d’introduction, je me suis dit que c’était un signe.

Ce guide s’ouvre par une partie historique à la fois sur l’art et la psychiatrie, pour faire émerger peu à peu la discipline de l’art-thérapie, une pratique d’abord empirique et qui se constitue progressivement en discipline à part entière avec ses fondements, ses méthodologies et ses pratiques, à la fois dans le domaine médical, social, pédagogique mais aussi dans le développement personnel. La deuxième partie s’intéresse aux concepts : le jeu, le processus de création, la matière, l’instant présent, le mouvement corps/âme et le lien avec soi et avec les autres. La troisième partie, la plus riche, aborde précisément les médiations : arts plastiques (dessin, peinture, calligraphie, collage, modelage), arts scéniques (dramathérapie, mime, masque, marionnettes, danse-thérapie), arts numériques (photographie, video/cinema, jeux video), musicothérapie, écriture et land art. Enfin la dernière partie est consacrée au métier lui-même.

Très clair et complet, ce manuel ne s’adresse pas seulement à ceux qui voudraient se reconvertir, mais plus généralement à tous ceux que la création intéresse car il permet de réfléchir à beaucoup de choses : pour ma part, il m’a permis donc de mieux cerner vers quoi je voulais me diriger. Notamment, il m’a permis de comprendre pourquoi en ce moment j’ai de plus en plus besoin des arts plastiques en plus de l’écriture, et même pourquoi quand ça bloque je vais dessiner, peindre où danser dans le salon en secouant mon tambourin : c’est parce que j’ai besoin de quelque chose de plus corporel, d’abord parce que j’ai décidément quelque chose à travailler du côté du corps et de la matière mais aussi parce que le corps peut exprimer ce que l’intellect ne peut pas toujours. Passer par quelque chose de corporel a donc tendance à faire émerger des choses que je peux ensuite écrire.

Bref, très intéressant pour quiconque s’intéresse au processus créatif !

L’art-thérapie
Alain DIKANN
Grancher, 2018

L’art sous contrôle, de Carole Talon-Hugon : le tournant moralisateur de l’art contemporain

Le problème de savoir si l’art peut s’assigner des buts éthiques, et s’il peut être jugé sur des critères moraux, qui avait été jugé inopportun et même malséant par la modernité et jusque très récemment encore, retrouve une actualité aussi brûlante qu’inattendue. 

C’est un fait incontestable : nous vivons dans une société de plus en plus moralisatrice, et l’art (malheureusement) n’échappe pas à la règle.

Dans cet essai, Carole Talon-Hugon examine ce tournant moralisateur : partant du constat qu’il y a encore quelques années l’art se moquait de la morale, estimant que ce n’était pas le propos, elle note qu’aujourd’hui de plus en plus d’oeuvres affichent bel et bien des intentions morales en même temps qu’on assiste à un retour de la « critique morale » et de la censure, et interroge ce fait. Après avoir fait un état des lieux qui envisage ce nouvel agenda sociétal de l’art contemporain et de la critique éthique, elle effectue une mise en perspective historique autour de l’autonomisation de l’art avec la modernité afin de montrer qu’il ne s’agit pas strictement d’un retour en arrière mais d’autre chose. Ensuite, elle s’interroge sur l’efficacité de l’art contemporain à remplir les missions qu’il se donne et à influencer les consciences, avant d’aborder la colonisation de l’art par la morale.

Un essai très clair, vivifiant intellectuellement, qui pose beaucoup de questions et ouvre nombre de pistes de réflexions. Nonobstant, il m’a un peu déprimée, je l’avoue : si je n’ai rien contre le fait que l’art puisse devenir le support des combats LGBT, féministes, post-colonialistes, écologiques, voire tout ça à la fois, je suis par contre très hostile au fait qu’on l’y oblige, et surtout évidemment violemment révulsée par toute forme de censure, notamment morale. D’ailleurs, sur ce sujet, il me semble qu’il manque une réflexion sur la relativité de la morale : ce qui est immoral pour les uns ne le sera pas pour les autres. L’exemple le plus frappant (c’est en tout cas celui qui me touche le plus) est celui du « puritanisme féministe » : lorsqu’on placarde sur des affiches représentant des nus de Schiele pour sa rétrospective au Leopold Museum des carrés avec écrit « cent ans mais toujours aussi scandaleux aujourd’hui », lorsqu’on décroche d’un musée un tableau de Waterhouse sous prétexte qu’il représente des femmes nues, je me dis que certaines ont visiblement un problème avec la sexualité et le corps féminin mais qu’elles feraient mieux d’en parler à leur psy au lieu d’essayer d’imposer leur puritanisme à tout le monde, vu que pour ma part je ne vois pas en quoi représenter un corps féminin est scandaleux et immoral — et à ce compte-là, il ne va pas rester grand chose de l’histoire des arts.

Bref, un essai très intéressant, qui tire aussi une sonnette d’alarme : l’art n’a sans doute rien à gagner de ce tournant moralisateur, et beaucoup à y perdre !

L’Art sous contrôle
Carole TALON-HUGON
PUF, 2019

The Male Nude, de David Leddick : l’histoire du nu masculin en photographie

Il aura fallu deux guerres et la détermination de nombreux photographes, hommes et femmes, pour que l’homme baisse enfin son pantalon et renoue avec la vision de l’homme des artistes de l’Antiquité et de la Renaissance : celui-ci doit être beau. Aujourd’hui, hommes et femmes partagent les mêmes emplois et responsabilités, et être beau est autant la responsabilité de l’homme que celle de la femme.

Il y a quelques années, le musée d’Orsay avait consacré une exposition à l’homme nu dans l’art, et les polémiques qu’elle avait suscitées avaient permis de constater que malheureusement, encore au XXIe siècle, la nudité masculine n’allait pas de soi, contrairement à la nudité féminine : non seulement certains considèrent qu’un homme nu, ce n’est pas beau, mais encore, qu’une image le représentant est nécessairement pornographique. Jetons donc ces préjugés au feu : le corps masculin est beau, esthétiquement intéressant, et il ne faut pas forcément le désirer pour l’admirer.

Si l’exposition d’Orsay s’intéressait à tous les genres, peinture, sculpture, art graphique et bien sûr photographie, cet ouvrage sur lequel je suis tombée « par hasard » cet été est exclusivement consacré à cette dernière, et retrace les évolutions, du XIXe siècle à nos jours, de ce qui a eu bien du mal à se hisser au rang d’art. Un texte (trilingue : anglais/allemand/français), et surtout beaucoup de photographies.

Un ouvrage absolument passionnant, et surtout d’une grande beauté. Beau, et émouvant car il s’en dégage souvent une grande fragilité : si, comme disait Victor Hugo, la femme nue est la femme armée, l’homme nu est désarmé, vulnérable, et donc touchant. On croise bien sûr dans ce livre de grands noms de la photographie : Cecil Beaton, Andy Warhol, Richard Avedon, Jeanlou Sief, Robert Mapplethorpe (évidemment), Bruce Weber, Terry Richardson, Herb Ritts, Steven Meisel, David Hockney, Annie Leibovitz, Nan Goldin… et on en découvre d’autres. Pour ma part, j’ai eu un coup de foudre pour le travail extrêmement troublant de Dianora Niccolini (la photo de couverture), sur lequel je me pencherai sans doute plus avant dans le futur.

Un très beau livre d’art donc, comme savent si bien en proposer les éditions Taschen, dans une collection, « Bibliotheca Universalis » assez raisonnable question prix. Parfait pour un cadeau de Noël, puisque la saison arrive !

The Male Nude
David LEDDICK
Taschen, 2015

La semaine sans complexe, sur une idée originale de Stephie

Bloc notes

Evidemment, l’actualité politique éclipse un peu l’actualité culturelle en ce jour d’hui. Mais enfin, tout de même, ici on parle culture, donc :

Courts métrages d’animation japonaise à voir gratuitement

Pour fêter les cent ans du film d’animation, le musée d’art moderne de Tokyo propose de découvrir des courts-métrages japonaise dont certains sont vieux d’un siècle : 64 courts-métrages créés entre 1917 et 1941 ont été mis en ligne gratuitement. Le site est en japonais, mais on s’y retrouve assez facilement !

13e édition de la Nuit Européenne des musées

Le samedi 20 mai prochain, de nombreux musées ouvriront gratuitement leurs portes partout en France et en Europe, de la tombée de la nuit jusqu’à minuit environ (mais ils ne se transformeront pas en citrouille). Visites éclairées, parcours ludiques, ateliers, projections, dégustations, spectacles vivants : des animations exceptionnelles et originales donneront à vivre au public une expérience du musée différente et ouverte à tous. Demandez le programme !

Oh les beaux jours !

Dans une ville où le rapport aux livres et à la lecture est fragile, mais où la culture est un enjeu de taille, Nadia Champesme et Fabienne Pavia ont souhaité créer un festival littéraire qui ressemblerait à Marseille : généreux, foisonnant, mélangé, différent, éclectique (et électrique !). Quitte, pour cela, à ne pas avoir peur de s’emparer de thèmes qui collent à son image : le football, le hip-hop, la politique, la mer… en montrant que la littérature peut éclairer, questionner, prolonger ou décaler des sujets partagés par tous. Oh les beaux jours !, c’est le titre de ce nouvel événement qui aura lieu du 23 au 28 mai prochains. Pour lui donner d’emblée une belle visibilité, elles ont imaginé un festival de six jours et convié plus de cent auteurs et artistes pour quelque soixante propositions artistiques et rencontres. L’idée étant aussi d’offrir aux spectateurs une déambulation dans la ville, la programmation s’installera dans des lieux culturels emblématiques : Le Mucem, La Criée, La Villa Méditerranée, la bibliothèque de l’Alcazar, mais aussi la Friche la Belle de Mai, où sera raconté le hip-hop à travers les livres, et Le Merlan, la scène nationale de Marseille située dans les quartiers Nord, où on montrera que football et littérature vont très bien ensemble ! Le festival se déploiera aussi dans l’espace public avec des formes participatives ouvertes à tous (ateliers, fresque géante sur La Canebière…). La volonté sera aussi d’élargir la forme classique des rencontres littéraires pour imaginer d’autres propositions susceptibles d’éveiller l’attention du public. C’est ainsi que Russell Banks, Joseph Boyden, Kamel Daoud, Maylis de Kerangal et Daniel Pennac se livreront à l’exercice du grand entretien façon Oh les beaux jours ! à travers des rencontres qui interrogeront leur parcours, leurs influences, leurs doutes et leurs coups de cœur, ponctuées d’extraits de films, d’archives visuelles et sonores, de lectures, mais aussi d’invités surprises ! Beau programme, n’est-ce pas ?

Merci Gustave

Merci Gustave

Merci Gustave ! c’est l’histoire de deux parisiens passionnés par la grande Dame de Fer, Nathalie Leret et Yves Castelain : créée en 2010, leur société propose des collections de Tour Eiffel revisitées en permanence, en série limitée, mais aussi plein de souvenirs estampillés Paris mais sans tomber dans le kitsch de ce qu’on trouve habituellement dans les boutiques de souvenirs : tasses à café, porte-clés, sets de tables, boules à neiges etc. Les collections sont régulièrement renouvelées, et comme vous le constatez j’ai un peu craqué sur la « so chic » et notamment la « mini Gus ». En tout cas, voilà de quoi donner des idées de cadeaux !

Une pensée pour la culture

En ce jour d’élections, une pensée pour elle : oubliée, instrumentalisée ou diabolisée, la culture est l’un des angles morts de cette campagne présidentielle. Absente de la plupart des débats, reléguée par certains à une fonction d’animation, conspuée par d’autres pour qui elle rime avec « marché de la spéculation » ou « idéologie de l’absurde », la culture, aujourd’hui en France, a besoin de tout notre soutien. C’est pourquoi le Palais de Tokyo se mobilise, en partenariat avec le Quotidien de l’art, et invite artistes, intellectuels, professionnels du monde de la culture et associatif, ainsi que tous les amateurs d’art à produire « une pensée pour la culture ». Une pensée qui claque ou qui infuse. Un mantra, un uppercut que les détenteurs du pouvoir à venir ne pourront faire taire ou mettre à terre, qui résonnera et nous accompagnera dans les années à venir. Envoyez votre pensée à : unepenseepourlaculture@palaisdetokyo.com ! Depuis le 3 avril, ces pensées sont affichées quotidiennement dans le hall du Palais de Tokyo et consultables sur le Tumblr  https://unepenseepourlaculture.tumblr.com/, en suivant le fil Twitter #unepenséepourlaculture ainsi que dans le Quotidien de l’art et dans d’autres médias.

Art Nouveau et érotisme, de Ghislaine Wood

Art Nouveau et érotismeLe tournant du siècle dernier, peut-être plus que toute autre période de l’histoire de l’art, est considéré comme une période de licence sexuelle et de folie décadente. Seules les dernières années de l’Empire romain et la fin de l’Ancien Régime peuvent rivaliser avec son hédonisme. L’Art Nouveau, style artistique prédominant de cette « fin de siècle », reflète cette fascination pour l’identité sexuelle et érotique. Au XXème siècle, la création prendra en compte le caractère utilitaire et la technologie mais, à la fin du siècle dernier, les créateurs jouent d’une palette de symbolismes, dont l’érotisme, pour exprimer la modernité. Ils tentent d’explorer les implications psychologiques de la sexualité. L’érotisme est l’un des traits caractéristiques de l’Art Nouveau. On le trouve à la fois dans l’utilisation explicite des formes et de l’imagerie érotiques et dans l’emploi symbolique du mythe et de la religion.

A l’occasion de mon déménagement, j’ai retrouvé ce petit livre, dont le sujet est bien évidemment fascinant. Retrouvé, non pas parce que je l’avais perdu, mais parce que je ne me rappelais plus du tout le posséder. Acheté à Bruxelles, je l’avais sagement rangé à mon retour, erreur que je n’ai pas commise à nouveau, vous pensez bien.

Ghislaine Wood, conservatrice adjointe au Victoria & Albert museum, nous invite donc à découvrir l’Art Nouveau sous l’angle particulier de ses liens avec l’érotisme : les sources et influences, les motifs, les thèmes…

C’est fascinant et très instructif, bien sûr, même quand on connaît plutôt bien la période « fin de siècle » pour avoir travaillé dessus. Un livre à lire, mais aussi à feuilleter, car il est doté d’une très riche iconographie, très troublante ! Si vous venez chez moi, vous le trouverez facilement, en bonne place sur la table basse (j’aime éveiller la curiosité de mes invités !)

Art Nouveau et érotisme
Ghislaine WOOD
Herscher, 2000