Art Nouveau et érotisme, de Ghislaine Wood

Art Nouveau et érotismeLe tournant du siècle dernier, peut-être plus que toute autre période de l’histoire de l’art, est considéré comme une période de licence sexuelle et de folie décadente. Seules les dernières années de l’Empire romain et la fin de l’Ancien Régime peuvent rivaliser avec son hédonisme. L’Art Nouveau, style artistique prédominant de cette « fin de siècle », reflète cette fascination pour l’identité sexuelle et érotique. Au XXème siècle, la création prendra en compte le caractère utilitaire et la technologie mais, à la fin du siècle dernier, les créateurs jouent d’une palette de symbolismes, dont l’érotisme, pour exprimer la modernité. Ils tentent d’explorer les implications psychologiques de la sexualité. L’érotisme est l’un des traits caractéristiques de l’Art Nouveau. On le trouve à la fois dans l’utilisation explicite des formes et de l’imagerie érotiques et dans l’emploi symbolique du mythe et de la religion.

A l’occasion de mon déménagement, j’ai retrouvé ce petit livre, dont le sujet est bien évidemment fascinant. Retrouvé, non pas parce que je l’avais perdu, mais parce que je ne me rappelais plus du tout le posséder. Acheté à Bruxelles, je l’avais sagement rangé à mon retour, erreur que je n’ai pas commise à nouveau, vous pensez bien.

Ghislaine Wood, conservatrice adjointe au Victoria & Albert museum, nous invite donc à découvrir l’Art Nouveau sous l’angle particulier de ses liens avec l’érotisme : les sources et influences, les motifs, les thèmes…

C’est fascinant et très instructif, bien sûr, même quand on connaît plutôt bien la période « fin de siècle » pour avoir travaillé dessus. Un livre à lire, mais aussi à feuilleter, car il est doté d’une très riche iconographie, très troublante ! Si vous venez chez moi, vous le trouverez facilement, en bonne place sur la table basse (j’aime éveiller la curiosité de mes invités !)

Art Nouveau et érotisme
Ghislaine WOOD
Herscher, 2000

Bruxelles #3 : Art Nouveau

La Belgique figure parmi les foyers les plus actifs de ce mouvement qu’est l’Art Nouveau et qui personnellement me fascine, avec notamment l’architecte Victor Horta, et en se promenant il n’est pas rare de tomber sur de magnifiques restes, qui mériteraient parfois un petit coup de rénovation et de mise en valeur, ou qui sont parfois classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Je n’ai pas pu tout voir malheureusement et je me suis concentrée sur quelques points facilement accessibles et repérés dans un de mes livres : l’hôtel Gresham, l’ancien grand magasin « Old England » qui abrite aujourd’hui le MIM, le square Ambiorix avec notamment la maison du peintre de Saint-Cyr, et le quartier saint-Gilles autour du musée Horta (mais malheureusement il pleuvait, je n’ai pas pu en profiter autant que j’aurais voulu). Mais en fait on pourrait organiser tout un voyage thématique sur l’Art Nouveau à Bruxelles

Au temps de Klimt – la sécession à Vienne, à la Pinacothèque

KlimtIl y a des périodes de l’histoire de l’art qui sont plus fascinantes que d’autres. Cela dépend évidemment de la personnalité de chacun, mais pour moi, la Sécession est une période absolument passionnante, et Klimt est inscrit au panthéon des artistes qui m’inspirent. J’ai beaucoup lu sur cette période, beaucoup de livres et un numéro spécial de Télérama sur l’exposition Vienne 1900 du Grand Palais en 2005 (que je n’avais malheureusement pas vue) que j’ai feuilleté mille fois. Autant dire que j’étais très excitée à l’idée d’aller voir cette exposition et de m’en mettre plein les mirettes.

L’exposition nous plonge au tout début du XXème siècle. Vienne est alors la capitale culturelle de l’Europe, et va devenir le foyer d’un art nouveau, grâce au jeune Gustav Klimt.

Ses débuts sont plutôt académiques, et après avoir étudié à l’Ecole des arts et métiers de Vienne (1878), il ouvre deux ans plus tard, avec son frère Ernst et un condisciple, Franz Match, il un atelier de décors de théâtre et de peinture murale qui jouit d’un certain succès. Mais, très vite, il se sent à l’étroit. Pour orner les murs du grand hall de l’université de Vienne, il propose une œuvre monumentale,  Philosophie, médecine et Jurisprudence, qui fait scandale. Klimt prend définitivement ses distances avec l’art académique et fonde avec une vingtaine de jeunes artistes viennois la Sécession (1897) : un art de la liberté et du renouveau un art total où s’associent la peinture mais aussi la musique, l’architecture, la littérature, la philosophie et la psychanalyse de Freud.

L’objet de l’exposition de la pinacothèque est donc de raconter le développement de la Sécession, de ses premiers développements aux débuts de l’expressionnisme. Une large place est accordée à l’exposition Beethoven (1902), l’un des plus grands succès du mouvement, avec une très belle maquette du palais de la Sécession et une reconstitution à l’échelle de la frise Beethoven sur fond d’hymne à la joie. Autre moment phare : une étude de la dimension mystérieuse de la figure féminine et de la tension entre Eros et Thanatos, avec  Judith et Salomé que j’ai été bien heureuse de voir, ainsi que certaines pièces de Schiele, Moser ou Kokoschka.

Mais, en sortant, je n’ai pu m’empêcher de penser « tout ça pour ça ». Oui, il y a de belles choses, mais je suis néanmoins déçue : beaucoup trop de monde dans des salles beaucoup trop exiguës, si bien que j’ai dû passer les deux premières salles sans les voir pour pouvoir respirer (heureusement, j’avais acheté mon billet sur le net et je n’ai donc pas fait la queue ; j’y suis allée à l’ouverture, donc en passant le début j’ai semé la foule compacte) et que de manière générale c’était désagréable et oppressant ; une exposition que j’ai trouvée mal cernée, peu pédagogique (il faut à mon avis déjà au minimum connaître cette époque pour l’apprécier), pas toujours claire. Et puis, surtout, ça manque de Klimt et de ses oeuvres majestueuses de la période dorée : je savais qu’il n’y aurait pas tout, mais vu le titre de l’exposition, j’en attendais un peu plus.

Vu le prix exorbitant de l’entrée à la Pinacothèque, j’en attendais plus !

Au temps de Klimt, la Sécession à Vienne
Pinacothèque de Paris, du 12 février au 21 juin 2015

21

Praga Magica #5 : ville d’art et de littérature

Reprenons notre excursion là où nous l’avions laissée la semaine dernière et abordons une charmante rue : la rue Jan Neruda, un écrivain et poète tchèque qui a inspiré son pseudonyme  au prix Nobel de littérature en 1971, le Chilien Pablo Neruda. L’intérêt de cette rue, outre qu’elle a vu naître notre homme, est qu’elle a gardé les enseignes typiques au dessus des porches, et que c’est un ravissement à photographier.

Descendons maintenant vers le musée Kafka. Il n’y a pas de photos, car nous l’avons visité le deuxième jour et qu’à ce moment je respectais encore les interdictions ; en même temps, le lieu est très sombre, et ça n’aurait sans doute rien donné. Un mot tout de même : je ne suis pas un grande fan de Kafka et de son univers anxiogène, mais de ce côté là, le musée est particulièrement réussi tant il est oppressant. La scénographie est d’ailleurs particulièrement admirable et originale, en plus d’être instructive.

Du reste, Kafka est partout présent dans la ville, et nous le croisons par exemple à proximité de la synagogue espagnole, dans le Josefov :

14141946382_df304cf94d_z

Passons faire un petit tour devant le théâtre des Etats, intéressant parce que c’est là qu’eut lieu la première de Don Giovanni, le 29 octobre 1787, et que Milos Forman y a tourné les scènes relatives d’Amadeus. En témoigne une statue, intitulée « Le Commandeur », et qui personnellement me fait plutôt penser au spectre. Malheureusement nous ne sommes pas entrés à l’intérieur.

Par contre, nous avons visité le théâtre national, et là, j’avoue, je n’ai pas de mots pour décrire la beauté, la magnificence, la majesté de ce lieu absolument magique. Un rêve ? Y voir une représentation (il faudra donc que je revienne un jour à Prague).

Enfin, comment ne pas parler de l’Art Nouveau, puisque Prague est une des villes européennes qui comptent le plus de réalisations de ce style. On pense à Mucha, évidemment, qui a réalisé un des vitraux de la cathédrale mais a aussi participé à la décoration de la Maison municipale. Mais tant d’autres choses aussi, au gré des promenades…

Et voilà… la semaine prochaine, nous terminerons notre carnet de route pragois avec une petite croisière nocturne sur la Vlata…