Bonnes adresses parisiennes : La Belle Hortense et Les Philosophes

Il est des lieux qui donnent immédiatement l’impression d’être un habitué, tant l’on s’y sent comme chez soi et tant l’accueil est parfait. C’est le cas de La Belle Hortense : j’avais noté cette adresse proposée par François Busnel dans son Paris littéraire et m’étais promis de tester dès que l’occasion se présenterait. Elle s’est présentée l’autre jour, lors du week-end du Forum Fnac. Idéalement située entre la Halle des Blancs Manteaux et mon hôtel, l’adresse était incontournable, et Benoît, Leiloona et moi y sommes allés deux fois. Et nous avons adoré !

Le lieu est cosy — autrement dit, tout petit : un bar et, à l’arrière, une petite salle confortable mais pour s’y installer, il faut bien tomber car il n’y a guère de place, mais si on a de la chance, qu’est-ce qu’on y est bien, au milieu des rayonnages couverts de livres soigneusement choisis et de bonnes bouteilles de vin — mention spéciale pour le blanc « à bouche que veux-tu » (à consommer avec modération), dont le nom à lui seul est tout un programme, et qui ne déçoit pas.  Pour manger, soit dans l’arrière-salle soit tranquillement installé au bar, la maison propose notamment des assiettes mixtes parfaitement équilibrées (d’un point de vue gustatif, pas tellement nutritionnel) d’exquis fromages et de goûteuses charcuteries. Bref : un endroit parfait pour les soirées entre amis, un café-librairie comme on les aime !

En face, Les Philosophes. En réalité, le patron, Xavier Denamur, possède tout le carré : La Belle Hortense et Les Philosophes, donc, mais aussi La Chaise au plafond, l’Etoile manquante, et Le Petit Fer à cheval, ce qui permet notamment de prendre l’apéritif d’un côté en attendant qu’une table se libère de l’autre — du reste, c’est une question d’ambiance, car le menu est le même et les serveurs vont et viennent de l’un à l’autre. Nous n’avons pas pu dîner aux Philosophes car il y avait trop de monde, par contre le lendemain (dimanche) j’y ai pris un petit déjeuner très agréable : terrasse sympathique et calme (la rue n’est pas très passante), personnel aux petits soins. J’y ai aussi repris un dernier verre avec Benoît.

Les Philosophes - petit déjeuner
Les Philosophes – petit déjeuner

Bref, deux adresses à retenir pour mes prochaines pérégrinations dans le quartier : on s’y sent bien comme chez soi !

La Belle Hortense
31 rue Vieille-du-Temple
75004 Paris

Les Philosophes
28 rue Vieille-du-Temple
75004 Paris

Le site commun de tous les restaurants de Xavier Denamur ici !

Carte Postale ferretcapienne

IMG_2809Lire dans mon hamac // Ne pas quitter mes espadrilles // Rêvasser sans fin // Manger des huîtres // Boire l’apéro // Ecouter les vagues // Buller…

Paris Mythique : La Rotonde

Montparnasse by night - La Rotonde
Montparnasse by night – La Rotonde

Ah là là, la Rotonde ! Qu’est-ce qu’on a pu en parler ces derniers temps ! Et en dire tout de même pas mal d’âneries. Ce qui m’a amusée dans l’histoire, c’est que j’y avais déjeuné (tout à fait par hasard a priori, mais finalement je me demande) 3 jours avant le rontondegate ou affaire de la Rontonde et que je pouvais donc en parler de manière informée. J’y suis revenue quelques jours plus tard, moins par hasard cette fois, plutôt à vrai dire pour faire de la provocation. Vous me connaissez : j’adore ça.

La Rotonde, tout comme la Closerie et plus généralement beaucoup de cafés du quartier (le Select, le Dôme, la Coupole…), ouverte en 1903, est un des lieux les plus fréquentés par les artistes et écrivains du Montparnasse de l’entre-deux-guerres : Picasso, Modigliani, Cocteau, on ne va pas faire la liste. Evidemment, il est beaucoup plus mal fréquenté aujourd’hui, je ne parle évidemment pas de notre Président mais de quelques neuneus d’extrême-droite qui en ont malheureusement fait leur camp de base. Raison de plus pour y aller : ne leur laissons pas salir la mémoire de cet endroit !

En plus c’est un très beau lieu, joliment décoré dans le style art déco, feutré, paisible. Le personnel est aux petits soins, et personnellement j’apprécie particulièrement la terrasse (comme d’habitude : je vais finir par écrire un guide des terrasses), parfaite pour écrire dans son carnet Moleskine ou bouquiner face à un café ou un verre de vin.

Question prix, c’est on ne peut plus raisonnable (pour Paris, évidemment) : le café est dans les 3€20, prix moyen constaté dans la Capitale (on peut évidemment trouver moins cher, mais surtout plus cher : il est à 4€40 au Flore et aux Deux Magots, un peu plus Chez Francis, et à… 15€ au Fouquet’s). Pour le déjeuner, un croque-monsieur au pain de campagne, un verre de vin et un café m’ont coûté 21€. Voilà voilà : ce n’est pas une brasserie de luxe mais un lieu qui a une histoire !

La Rotonde
105 boulevard du Montparnasse

Paris mythique : la Closerie des Lilas

Closerie des LilasComme je l’ai dit plusieurs fois, le quartier du Montparnasse n’est pas vraiment mon quartier. Je n’aime, résolument, pas la tour Montparnasse, cette espèce de verrue qui défigure le paysage, et je trouve le boulevard horriblement bruyant (« vivant » diront certain. Moi j’ai tout de même envie de dire « bruyant »). Or, par un fait incontrôlable du hasard, mes deux dernières escapades parisiennes s’y sont pourtant géolocalisées. Du coup, l’autre jour, j’ai décidé d’aller déjeuner à la Closerie des Lilas, où je n’étais jamais allée (ce qui est bien, c’est que malgré tout il me reste toujours des choses inédites à faire à Paris).

Lieu mythique parmi tous, cette ancienne guinguette est inscrite dans l’histoire du Paris littéraire et artistique : Verlaine et Rimbaud, Puis plus tard Picasso et Prévert, Hemingway et Fitz… et tant d’autres, sont passés par là…

Le cadre, déjà, est enchanteur : petit écrin de verdure à l’abri des regards et de l’agitation du boulevard, on y pénètre comme dans un lieu secret, accueilli par les lilas (alors en pleine floraison) et le personnel d’une courtoisie réelle. J’ai choisi la terrasse couverte (il ne faisait pas très beau).

En attendant son repas, un verre à la main, l’activité plaisante est de regarder le set de table où sont reproduites les signatures de tous les gens célèbres qui sont passés par là : Hemingway, bien sûr, Aragon et Elsa Triolet, Gainsbourg, Vaclav Havel, et Paul Auster (probablement avec Siri, mais elle ne devait pas être célèbre à l’époque)… Éventuellement, si comme moi on est une caricature, on sort son carnet Moleskine pour écrire quelques mots d’un air inspiré…

Quant à la nourriture, comme je suis une petite mangeuse et que je lorgnais sur l’assortiment de petits desserts, j’ai juste pris une entrée (des asperges façon risotto) et le dit assortiment : c’était fort joli, et fort bon.

Ce n’est pas si cher que ça, le cadre est chic mais en même temps sans chichis, le personnel aux petits soins sans être envahissant : une bonne adresse, pas forcément pour en faire sa cantine mais pour des déjeuners et dîners agréables dans un lieu chargé d’histoire, où planent les mânes des plus illustres artistes…

La Closerie des Lilas
171 boulevard du Montparnasse

Week-end à Bourges

Week-end à BourgesDe là vient peut-être que cette ville semble faite pour les rêves. Deux de ses fils ont laissé, en des temps bien différents, des chefs-d’oeuvre visionnaires. Jacques Coeur est passé de sa maison de guingois, sise rue d’Auron, à un palais tout proche qu’il n’habita jamais. Entre les deux, il avait traversé le monde et inventé les temps modernes. Alain-Fournier n’a eu, lui, que le temps d’apercevoir le domaine enchanté et de nous laisser seuls avec la figure éternellement jeune du Grand Meaulnes. (Jean-Christophe RUFIN, préface de Bourges, ville d’art et d’histoire, Editions du patrimoine/Centre des Monuments nationaux)

Cela faisait une éternité que tous les ans, les beaux jours venus, je me disais qu’il faudrait quand même que je me fasse une petite escapade à Bourges. Encore plus depuis que j’avais lu Le Grand Coeur. Mais évidemment, je ne l’avais encore jamais fait. Seulement voilà, le week-end dernier, il fallait impérativement que je fuie Orléans : depuis l’an dernier, un événement en marge des fêtes de Jeanne d’Arc est organisé à 500m de chez moi, événement dont le nom seul me donne des palpitations :  le set electro. Or non seulement je n’aime pas la musique électro (et c’est un euphémisme), mais pire, elle me rend physiquement malade. L’an dernier, je m’étais laissée surprendre : je n’étais pas au courant, et j’ai passé une nuit cauchemardesque à sentir tout mon appartement vibrer au son des basses, à avoir envie de vomir, à ne pas tenir debout et à penser ma dernière heure venue (je n’exagère pas pour une fois). Et je m’étais bien promis que je ne revivrais pas ça. Cette année, sitôt la date de cet événement honni connue, j’avais donc décidé de m’exiler*. Alors évidemment, j’aurais pu simplement passer le week-end à Paris, mais j’avais envie d’un peu de changement, alors je me suis dit : Bourges !

Malgré les mauvaises raisons pour lesquelles j’ai organisé ce petit week-end et le temps pas vraiment idéal, je n’ai absolument pas regretté ce choix tant Bourges est une ville parfaite pour ce genre d’excursions. C’est une très très jolie ville, dans laquelle j’ai aimé errer au hasard, et moins au hasard. Evidemment, je n’ai pas visité tous les musées et autres monuments qui s’offraient à moi, j’ai fait des choix drastiques. Mais il y a tout de même des impératifs.

La place Etienne Dollet et la Cathédrale

Pourtant, les cathédrales et plus généralement les lieux de culte ne sont pas les endroits qui ont ma préférence. Seulement, dans une ville comme Bourges, on ne peut guère la manquer, cette cathédrale majestueuse, d’autant plus que ce week-end là, elle était illuminée, ce qui m’a donné l’occasion, de l’extérieur, de l’observer sous toutes ses coutures.

L’intérieur vaut également le coup d’oeil, d’autant que contrairement à la plupart de ses consoeurs, celle-ci n’a pas de transept et n’est donc pas en forme de croix. On notera, en particulier, de très très beaux vitraux, et de très belles grandes orgues. Là encore, j’ai visité de jour, puis de nuit, ce qui change évidemment totalement l’ambiance !

Comme je vous l’ai déjà raconté, j’ai été prise de l’envie très subite de monter en haut de la tour, le genre de trucs que je ne fais absolument jamais. Cela dit, ça vaut vraiment la peine, pour la vue arrivé en haut, mais aussi pour l’ascension elle-même, qui offre plein de point de vues différents, et des détails intéressants dans les escaliers.

Enfin, la crypte, qui n’en est d’ailleurs pas vraiment une puisqu’elle n’est que partiellement sous terre. Passionnant, car on peut y voir toutes les pièces du jubé qui ont été retrouvées après sa destruction (très rare) ainsi que le gisant du duc de Berry. Là encore, de jour et de nuit (le soir de l’illumination, il y avait des chants grégoriens et honnêtement, même en étant totalement hermétique à la religion, ça donne la chair de poule).

Juste à côté de la cathédrale : ne pas hésiter à jeter un oeil à l’ancien évêché (aujourd’hui la mairie) et bien sûr aux jardins, surtout si le soleil a décidé de se montrer !

Le palais Jacques Coeur

C’était évidemment la destination première de mon escapade, et rien que l’extérieur, de jour comme de nuit, vaut le déplacement. J’ai passé des heures à rêver devant. Je l’ai aussi bien évidemment visité, et pour le même prix, n’hésitez pas à choisir la visite guidée : c’est passionnant !

Le musée des arts décoratifs – Hôtel Lallemant

Très malheureusement, suite à un problème avec des saletés de bestioles qui bouffent le bois, seule une infime partie des collections est actuellement visible, le reste étant à l’abri. Néanmoins, je pense que la visite vaut le coup d’oeil, rien que pour l’architecture extérieure.

La promenade des remparts

Elle longe les vestiges de l’enceinte antique, et permet de percevoir la forte dénivellation entre la ville haute et la ville basse, notamment avec le « passage casse-cou » que les amateurs de littérature apprécieront particulièrement puisqu’il porte le nom de George Sand !

Se balader dans les rues

Bien sûr, c’est ce que je préfère faire : me promener au hasard, et Bourges est vraiment faite pour ça : de vieilles rues quasi-désertes, des maisons à pans de bois, de magnifiques hôtels particuliers… De jour comme de nuit, on y passerait des heures !

Bref : si vous passez dans les parages, n’hésitez pas, Bourges est vraiment une très belle ville d’art et d’histoire, qui a parfaitement su conserver et valoriser son patrimoine, et qui invite à la flânerie et à la rêverie !

*Ce que je trouve d’ailleurs inadmissible : moi si j’écoute les Carmina Burana à fond au milieu de la nuit, mes voisins vont appeler la police et ils auront raison. Je ne vois donc pas pourquoi la mairie, elle, a le droit de faire du tapage nocturne et d’empêcher les honnêtes citoyens (jusqu’à 30km à la ronde) qui payent leurs impôts de dormir jusqu’à 3h du matin. Mais passons.

Le cimetière du Montparnasse

Après ma visite du Père-Lachaise, je m’étais promis de visiter le cimetière du Montparnasse dès les beaux jours. Promesse tenue. Mercredi dernier il faisait beau sur Paris, les arbres étaient encore en fleurs, j’étais dans le quartier (ce qui m’arrive rarement, je suis plus Saint-Germain que Montparnasse, vous l’aurez noté) : les circonstances étaient donc idéales.

Et j’ai particulièrement aimé cette visite. Beaucoup plus petit que son homologue, plus plat, le cimetière du Montparnasse ne perd pas son visiteur, qui trouve assez facilement tel ou tel personnage auquel il a envie de rendre visite. Surtout, c’est un cimetière très vert, où la vie de la nature reprend ses droits sur la mort : beaucoup d’arbres, certains fleuris, des allées qui ne sont pas sauvagement désherbées ; les tombes, elles-mêmes, sont ornées de plantes, d’arbres en pots ou non, quand elles ne sont pas entièrement végétales. D’autres sont magnifiquement ornées de statues. C’est surprenant, et finalement très symbolique.

Mais une chose surtout m’a surprise — et séduite : alors qu’au Père-Lachaise rien finalement ne distingue les tombes des célébrités des autres, il en est tout autrement ici. La tradition générale, apparemment, est de laisser un ticket de métro, un petit mot. Des briquets sur la tombe de Gainsbourg (mais pas de billets de 500f). Sur celle de Marguerite Duras, un gros pot de fleurs est hérissé de stylo. Bon, parfois la dévotion confine au vandalisme : des traces de rouge à lèvre sur la tombe de Sartre (je ne suis pas sûre néanmoins que l’idée lui aurait déplu) ou des petits mots directement écrits sur le marbre de celle de Cortazar. C’est étonnant, et cela donne quelque chose de finalement assez païen à l’histoire.

Un cimetière, finalement, à l’image de ceux qui sont là : original et artistique.

Bonnes adresses parisiennes : Papier Plus et Mélodie Graphique

Papier+Toujours aussi dingue des papiers, stylos et autres carnets, j’avais soigneusement noté cette adresse indiquée par François Busnel dans Mon Paris littéraire :  Papier Plus, et m’y suis rendue à la première occasion. Le moins que l’on puisse dire est que je n’ai pas été déçue, tant l’endroit regorge de merveilles et de tentations : des carnets de toutes les tailles et de toutes les couleurs, des boîtes de rangement, des cahiers d’écriture, des crayons de couleur aux teintes originales, et des stylos… Bref, tout pour écrire, dessiner, décorer, et de très belle qualité puisque tous les papiers sont artisanaux. On trouve même quelques produits du typographe. Je me suis donc offert un lot de cahiers d’écriture pour mes projets de textes, un ensemble de crayons de couleur Faber Castel et des feutres de la même marque, et des chemises cartonnées. Et j’y reviendrai avec plaisir à l’occasion tant beaucoup d’autres choses me faisaient envie !

 

PAPIER PLUS
9 RUE DU PONT-LOUIS-PHILIPPE
75006 PARIS

Et puis, tant que j’y étais, j’ai traversé la rue pour aller faire un tour dans une autre boutique indiquée par notre guide suprême et qui se trouve juste en face : Mélodie graphique. Là encore, de très beaux carnets (mais dans lesquels, honnêtement, je n’aurais jamais osé écrire), de superbes papiers, des cartes, et surtout, des plumes (de vraies plumes, que l’on trempe dans le flacon d’encre) et des encres aux couleurs variées et originales. Je n’ai rien acheté, mais ce n’est pas l’envie qui me manquait. Une prochaine fois !

 

MÉLODIE GRAPHIQUE
10 RUE DU PONT-LOUIS-PHILIPPE
75006 PARIS