La lenteur ou l’art de prendre son temps

L’autre jour, j’étais excédée. Je m’étais mise en retard en rêvassant trop longtemps avant de partir (le matin je me lève plus tôt pour pouvoir prendre mon temps et m’accorder un moment de « reprise de contact avec le monde » comme j’appelle ça, vu que n’étant décidément pas du matin, me lever tôt, à une heure qui n’est pas mon heure naturelle, fait que je ne suis pas opérationnelle tout de suite), j’ai donc dû me dépêcher, je n’ai pas eu le temps en arrivant de boire tranquillement mon café, après bien sûr j’ai dû encore courir, et au retour pas mieux, il a fallu que je passe prendre mes courses et que je rentre vite chez moi pour les ranger avant mon rendez-vous Zoom. En fait, j’avais l’impression d’avoir passé la matinée à être bousculée, et s’il y a un truc dont j’ai horreur, c’est d’être bousculée. Et de plus en plus.

A une époque, je photographiais les horloges. Et il m’était totalement impossible de me passer de montre, même en vacances, je regardais sans cesse l’heure. Aujourd’hui, je ne photographie plus les horloges, et je n’ai de montre qu’au travail (bien obligée). Le reste du temps, je ne me préoccupe pas de l’heure. Et lorsque je suis dans les activités que j’aime, qui me nourrissent, je suis totalement hors du temps, pas angoissée par son passage.

Et je crois que plus le temps (justement) passe, moins je supporte d’être bousculée par les horaires fixes. J’aime prendre mon temps, faire les choses à mon rythme, qu’on ne me presse pas de faire telle chose à tel moment alors que pour moi c’est le moment de faire telle autre chose et cela est cela est le parfait corollaire de l’introversion dont je parlais lundi. Les gens pressés, stressés me stressent, si on me stresse je retombe dans mon ombre, je suis excédée et j’explose. Et ce n’est bon pour personne.

Moi je veux prendre mon temps, m’arrêter, contempler, observer. Respirer.

Par contre, je déteste perdre mon temps : pas le temps où je rêvasse, où je me promène, où je ne fais en fait rien, mais qui est tout de même à moi et où j’en fais ce que je veux : il n’est pas perdu, au contraire, il est riche (même si pour beaucoup c’est aussi du temps perdu). Non, je parle du temps qu’on me vole avec des trucs désagréables, celui des temps de trajet, des files d’attente, des réunions inutiles, et que je ne peux pas consacrer à prendre mon temps ailleurs. Le parfait exemple, c’est les courses : avant l’invention du drive, c’était pour moi le summum du temps perdu, et j’apprécie grandement que ça prenne 5 minutes pour passer la commande, et 5 minutes pour la récupérer. Mais je n’y fais que les grosses courses et les trucs pénibles : le temps libéré à ne pas arpenter les allées du supermarché, je peux le consacrer à prendre le temps d’aller chez le boucher, le primeur, le fromager, le poissonnier chez qui ce n’est pas du temps perdu de faire les courses. Oui, je suis bizarre je sais. Ou non, d’ailleurs.

Longtemps, j’ai cru que j’étais une procrastinatrice, et que mon mode de fonctionnement c’était de faire les choses dans l’urgence, au dernier moment, dans le stress. En réalité, c’est plus compliqué : si on me laisse le temps, je fais tout en temps et en heure. Malheureusement, mes journées ne sont pas à rallonge, et je dois donc faire des choix. Et quoique je fasse, quel que soit le travail que je ferai sur moi, j’en arriverai toujours au même point : je remettrai à plus tard ce qui me soûle (je ne vous fais pas un dessin) au profit de ce qui m’enchante et me nourrit. Et qui me semble, en réalité, beaucoup plus essentiel.

Et c’est une autre raison (je pense que la liste fait 1km mais justement en ce moment j’essaie de tout regrouper pour mettre les choses au clair) pour laquelle mon travail ne me convient plus. De plus en plus de choses à faire, dans l’urgence, l’impossibilité de prendre son temps, d’être lent, à des horaires qui me semblent complètement farfelus et qui ne tiennent aucun compte du rythme de chacun. Et cela finit par me rendre littéralement malade. Ne pas pouvoir suivre mon rythme. Et je crois qu’il est temps, là aussi, que j’aille vers autre chose, même si je suis encore une fois à rebours de la société… désormais, je le revendique au lieu d’en souffrir.

Et vous, vous aimez prendre votre temps ?

Introvertie mais pas trop

J’avais déjà écrit un article sur la solitude. Et si j’y reviens, ce n’est pas pour dire que j’ai changé et que désormais, j’adore les lieux pleins de gens. Oh làlàlà, non. J’aime toujours autant les activités calmes, solitaires et contemplatives, me promener seule, et je piaffe d’organiser à nouveau une petite escapade à l’étranger. Tout simplement parce que j’ai besoin de faire les choses seules, d’avoir des moments seule pour recharger mes batteries. C’est comme ça que je fonctionne. Parce que je suis une introvertie, d’après la classification de Jung. Et c’est là qu’est le point, car pendant longtemps j’ai comme beaucoup mal compris cette notion d’introversion.

Dans l’esprit des gens, l’introversion est souvent confondue avec la timidité voire le repli sur soi, les angoisses sociales et ce genre de choses. Or, si un introverti peut aussi être timide et avoir des angoisses lorsqu’il est avec d’autres (c’est mon cas en ce moment à cause du masque : cela m’angoisse terriblement de ne pas pouvoir lire les expressions sur le visage des gens et de ne pas connaître le visage de certaines personnes, mais c’est contextuel : je n’aime pas la foule, mais j’arrive tout de même à gérer à peu près), ce n’est pas systématiquement le cas. Je suis bavarde, je n’ai aucun problème à aller vers les gens et à leur parler (même si ça reste souvent superficiel car on n’entre pas comme ça dans ma sphère intime), et cela ne m’angoisse pas de parler en public (il vaut mieux, me direz-vous).

Les interactions sociales ne me font pas peur. Par contre, elles me vident, m’épuisent. Parce que la différence entre introverti et extraverti se place en fait sur le terrain énergétique : là où l’extraverti se recharge au contact des autres, l’introverti se recharge lorsqu’il est seul. C’est pour ça que je n’ai jamais été autant en forme que pendant le confinement : mes batteries étaient pleines, alors qu’au quotidien, et c’est une autre raison pour laquelle mon travail ne me convient pas, je me vide beaucoup plus vite que je ne me remplis. D’où le burn out : même en passant beaucoup de temps seule, à faire des activités qui me nourrissent, je suis beaucoup trop souvent « dans le rouge » et ça finit en panne sèche. Je n’arrive pas à maintenir l’équilibre, alors même que je ne suis pas « trop » introvertie (disons que c’est du 60/40).

L’avantage en ayant compris ça, c’est que je n’ai plus l’impression d’être une sauvage asociale lorsqu’au bout d’un moment, même quand je suis avec des gens que j’aime, je ressens le besoin de m’isoler : c’est véritablement un besoin vital, une respiration. Il me sera toujours nécessaire de me promener seule, de m’isoler pour peindre ou écrire, et de faire des fugues (je vous reparle bientôt d’un livre sur le sujet). C’est comme ça, et en le comprenant, je peux aussi mieux gérer les choses, les expliquer aux gens précieux pour qu’ils ne se sentent pas rejetés et donc envisager plus sereinement une vie à deux (surtout si je peux enfin travailler de manière indépendante : ça sera plus équilibré), sans peur de voir toute mon énergie disparaître.

Donc je suis une introvertie, pas trop mais j’ai tout de même un besoin vital de solitude pour aller bien. Et vous, introverti ou extraverti ?

Instantané : bords de Loire

Je ne vais pas souvent me promener en bord de Loire. Mais je la traverse certains matins pour aller travailler, et au-delà des circonstances assez pénibles de cette traversée, je suis émerveillée par les lumières du soleil levant à un certain endroit du pont. Et c’est un spectacle que j’aimerais vraiment pouvoir photographier pour le partager, mais il n’est pas possible de s’arrêter sur le pont. Aussi me suis-je dit, dimanche, que j’allais y faire un tour et voir si c’était possible de garer ma voiture à proximité et trouver un endroit pour photographier. Malheureusement, ça ne l’est pas très facilement. Mais tant pis, j’ai tout de même pu profiter de la Loire, du soleil, des petits chemins déserts de la rive sud. Et m’émerveiller.

Instantané : bords de Loire

Tripalium

L’autre jour, je crois que j’ai mis le doigt sur ce qui bloque encore au niveau de ma reconversion. Je crois. En fait, je passe des heures sur mes livrets, l’oracle, les nouvelles idées et vraiment cela me procure une joie immense. Par contre, pour tout ce qui est de l’ordre de l’entreprise elle-même, ça bloque, j’ai fait le logo mais c’est tout, même le site internet je bloque, ne parlons donc pas de tout le reste, je vous prie.

Alors bien sûr, il y a le fait que moi, ma zone de génie, c’est la créativité et je sais que tout le reste, l’administratif, ça va être pénible. Je le sais, et je pensais que c’était ce qui bloquait, mais je crois que ce n’est qu’une illusion. Ce qui bloque vraiment, c’est ma vision de ce que doit être le travail.

L’une des étymologies possibles du mot, c’est tri-palium, qui se trouve être un instrument de torture. Le travail, c’est la souffrance, la douleur, ou en tout cas la contrainte, le déplaisir. Personne autour de moi, quand j’étais enfant, n’aimait son travail : il était un mal nécessaire pour avoir un salaire, et la vie, la vraie, c’était tout ce qui était en dehors, les week-end, les vacances. C’est comme ça que je me suis retrouvée à faire un travail qui n’est qu’alimentaire, et que j’ai beaucoup de mal (enfin, mon inconscient : moi j’y arrive très bien) à imaginer que ce qui me permet de gagner ma vie ne soit pas une torture. Il y a donc, je crois, toute une reprogrammation à faire pour que je puisse accepter de gagner de l’argent avec quelque chose qui me rend heureuse.

D’autant que, en tirant le fil, je me suis rendu compte que l’argent aussi était un problème : j’ai pris l’habitude depuis des années de proposer du contenu gratuit, et je bloque sur le prix. En fait, idéalement, les livrets poétiques, j’aimerais les proposer en accès libre, parce que je suis heureuse de les avoir écrits, parce que je suis sûre que cela contribuera a créer des émotions positives et que c’est déjà une belle récompense. C’est pareil d’ailleurs pour mes textes littéraires, et c’est ce qui sans doute bloque aussi. Alors bien sûr, je pourrais, tout proposer en accès libre : mais ça ne règlerait pas mon problème de départ, qui est que je ne supporte plus mon travail alimentaire.

Donc j’en suis là, à me battre avec mes croyances limitantes qui m’empêchent d’avancer. Mais les formuler, c’est déjà commencer à les transformer, alors j’imagine que je suis sur le bon chemin…

Ethique de la joie

On parle beaucoup de joie, en ce moment. Plus que de bonheur, nous sommes nombreux à avoir reçu cet appel à la transmettre, la cultiver, la mettre au centre de tout ce qui est important. La joie est avec l’amour la plus haute des vibrations, et on peut la trouver dans les plus petites choses. Elle a à voir avec l’émerveillement. Elle a à voir avec notre enfant intérieur.

La joie, c’est ce que nous ressentons lorsque nous sommes dans le juste, dans le vrai, dans ce qui est bon pour nous : nous sommes au bon endroit, nous faisons la bonne activité, nous sommes avec la bonne personne. Cette joie peut nous servir de boussole : s’il y a de la joie, alors il faut la suivre. Faire ce qui nous met en joie.

Et je sais que la joie (et l’amour), c’est la mission de l’entreprise que je veux créer, c’est la mission de mes livrets d’activités poétiques, de mon oracle, de tout : aider les gens à se sentir mieux, à se reconnecter à la joie, au merveilleux, à l’amour et à la poésie. Contribuer à créer des émotions positives. Faire vibrer le monde plus haut, car il est là, le secret.

Quand je crée mes livrets, lorsque j’écris, lorsque je travaille sur mon oracle, c’est bien de la joie que je ressens, celle de faire ce qui est juste, celle d’être à ma place. Alors même si ce n’est pas toujours simple, je suis cette joie.

Toute à mes réflexions, l’autre jour je suis tombée sur un très joli film, qui s’appelle La route de la joie et qui se propose de partir à la rencontre de gens qui portent la lumière, qui vibrent haut et aident le monde à aller mieux, chacun à leur manière. C’est un film qui fait beaucoup de bien :

Alors, je vous invite à toujours suivre votre joie ! A faire de la joie une éthique de vie !

Instantané : promenade du dimanche

C’est une de mes intentions de la rentrée : reprendre une habitude que j’avais perdue alors qu’elle était importante pour moi : la promenade du dimanche. C’est un des impératifs de Julia Cameron, qui dans ses programme conseille d’aller se promener, seul, une heure par semaine. Et c’est vrai que ça fait un bien fou, de s’aérer, de s’émerveiller, de délasser un peu l’esprit et de laisser vagabonder ses pensées. C’est comme ça que dimanche dernier, je suis allée au Jardin des Plantes, un endroit que je n’ai découvert qu’il y a deux ans et dont je n’ai pas beaucoup profité puisqu’après il y a eu le confinement, puis le masque obligatoire partout même dans les parcs donc je ne vois pas bien l’intérêt de se promener. Et c’était comme une redécouverte : le jardin des roses, les espaces méditerranéens, les serres, l’immense Gingko. Je l’avais rencontré en automne (et ce jardin est sublime en automne) mais en été, c’est d’autres couleurs, d’autres odeurs, d’autres sons, et c’est magnifique !

Continuer à apprendre toute sa vie

Parmi mes projets/intentions pour cette nouvelle année, il y a : continuer à apprendre. Je l’ai déjà dit : j’adore apprendre de nouvelles choses, c’est une de mes forces d’ailleurs, et je pourrais passer ma vie à ça.

Alors attention, cependant, car il y a deux manières de continuer à apprendre tout au long de sa vie, ou plutôt, deux intentions pour le faire : il y a celle qui vient du syndrome de l’imposteur, la « formationnite aigüe », qui fait que l’on apprend, on se forme parce qu’on estime que l’on n’est jamais assez formé, que l’on n’a jamais assez de certifications pour pouvoir se sentir légitime. Bien sûr, je ne dis pas qu’il ne faut pas repérer ses axes d’amélioration dans tel ou tel domaine, mais qu’il ne faut pas en faire une excuse pour ne jamais se lancer. Par contre, oui, il est bon d’investir sur soi, de se demander de quoi on a besoin pour évoluer, que ce soit professionnellement ou personnellement.

Et un des avantages de la situation actuelle et du confinement (il faut bien qu’il y en ait) c’est que de plus en plus de choses sont accessibles en ligne, ce qui facilite tout de même l’organisation.

J’ai donc beaucoup d’envies cette année, je ne les comblerai pas toutes évidemment, certaines sont pour enrichir mon profil et mes connaissances pour ma reconversion professionnelle, d’autres sont parce que ça m’intéresse en soi, souvent c’est les deux. Donc voilà ce que j’aimerais commencer à apprendre cette année :

– Une nouvelle langue, mais j’hésite encore entre le portugais et l’italien.
L’astrologie : j’ai déjà suivi une vraie formation cet été mais j’ai envie d’approfondir et de toute façon c’est inépuisable, on n’a jamais fini d’apprendre les étoiles, et j’hésite entre plusieurs nouvelles directions dans mon parcours (l’astrologie humaniste, les synastries…)
– L’hypnose : je n’envisage pas d’ouvrir un cabinet, mais je pense qu’une formation de technicien, les bases donc, me permettrait d’ajouter une corde à ma lyre et serait enrichissante.
– La lithothérapie et l’aromathérapie : j’ai déjà lu beaucoup de choses sur le sujet, j’ai les bases, encore une fois ce n’est pas pour m’installer comme praticienne, mais pour enrichir et approfondir mon approche des choses.
– L’art-thérapie et le journal créatif : là pour le coup c’est vraiment à la base de mon projet même si ce que je fais n’est pas ni de l’art-thérapie ni du journal créatif puisque j’ai développé ma propre vision, mais je pense que repartir des bases serait intéressant (pour mieux m’en éloigner, de fait) et la formation de l’école jet d’ancre m’intéresse beaucoup, d’autant qu’elle est proposée à distance, mais pour un prix qui me semble compliqué…
– Et puis j’aimerais un truc manuel : je suis déjà avec assiduité les petites formations d’art journal proposées par Mélody Miroir et j’adore, mais j’aimerais quelque chose de vraiment différent du style poterie ou céramique…

Et vous, des envies d’apprendre de nouvelles choses ?