Le jeudi, c’est citation…

Aujourd’hui, je vous propose de méditer sur une citation du poète Rainer-Maria Rilke, évidemment et comme tous les jeudi sur le thème de l’amour… Ai-je besoin de préciser que cette citation figure en bonne place dans mon Livre de l’amour ?

Il est bon d’aimer : car l’amour est difficile. L’amour d’un être humain pour un autre, c’est peut-être l’épreuve la plus difficile pour chacun de nous, c’est le plus haut témoignage de nous-même : l’oeuvre suprême dont toutes les autres ne sont que des préparations […] L’amour, ce n’est pas dès l’abord se donner, s’unir à un autre. L’amour, c’est l’occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l’amour de l’être aimé. C’est une haute exigence : une ambition sans limite, qui fait de celui qui aime un élu qu’appelle le large.

 

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De la bibliomanie

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Il y a les bibliophiles, ceux qui « aiment » les livres, et notamment les belles éditions originales ou en série limitée. Et puis, lorsque cet amour devient limite pathologique, on parle de bibliomanie. De fait, je crois malheureusement que j’en suis atteinte. D’ailleurs, certains me prévoient une mort atroce, ensevelie sous une avalanche de livres après écroulement de la bibliothèque qui les supportait. Je ne sais pas si c’est très glamour, comme mort…

Les livres colonisent tout mon appartement, sans qu’il y ait de phénomène de vases communicants. Je veux dire, les livres entrent, mais ils ne ressortent pas : il est extrêmement rare que je me sépare d’un livre (même si j’essaie actuellement de me faire violence en faisant du troc), même un livre que je n’ai pas aimé, même un livre dont je n’ai pas pu dépasser le premier chapitre, même un livre que, par le fait du hasard (ou d’un processus de clonage qui m’échappe), je possède en plusieurs exemplaires. C’est impossible.

Les livres sont partout, dans toutes les pièces et dans tous les recoins. Dans le salon bien sûr, c’est là que sont les bibliothèques (mais ils sont aussi présents sur la table basse et dans des boîtes qui me servent de meuble d’appoint). Ils sont aussi présents dans la cuisine, sous forme de recueils de recettes. Dans la chambre, j’empile tous les manuels scolaires, et une de mes tables de nuit est envahie par ma monstrueuse PAL ; l’autre accueille les (oui, les, car il y en a toujours au moins deux ou trois) livres en cours. Dans les toilettes, enfin. Finalement, seule la salle de bain reste pour le moment en zone libre, à cause de l’humidité, et n’accueille un livre qu’à l’occasion d’un bain (zone libre de livres, mais de fait, ma salle de bains est colonisée par d’autres types de produits, nous y reviendrons une prochaine fois).

Et comme bien sûr mon appartement n’est pas extensible, mes livres colonisent aussi les habitations des autres, et notamment celle de mes parents (qui pourtant ont déjà fort à faire avec leurs propres envahisseurs), et une grosse partie de mes livres vit encore chez eux, dans des bibliothèques multiples ou dans des cartons, attendant le jour béni où j’aurai enfin la place de les accueillir chez moi (ce qui, à mon avis, n’est pas demain la veille…)

Je crois bien malheureusement que cette maladie est incurable, mais je pense que je suis loin d’être la seule à en être atteinte… je me trompe ? Et vous, est-ce que vous arrivez à maîtriser l’envahisseur livresque, ou est-ce que, comme moi, vous êtes totalement dépassés ?

(sur cette étrange maladie, je vous conseille la lecture de Des Bibliothèques pleines de fantôme de Jacques Bonnet, dont la couverture sert d’illustration à cet article : très stimulant !)

 

Le jeudi, c’est citation…

Aujourd’hui, une citation extraite d’un très beau livre dont je vous parlerai plus en détails demain (vous avez vu comment je fais du teasing ?) : C’est une chose étrange à la fin que le monde, de Jean d’Ormesson, qui, autant le dire tout de suite, m’a littéralement cueillie. Pour rester dans le thème, j’ai bien sûr choisi une citation à propos de l’amour :

l’amour, qui est la poésie même, suffit à donner un sens à la vie. Chaque amoureux a dans l’amour le sentiment de posséder le monde entier à travers l’être aimé. La clé du royaume lui est livrée. Il ne se pose plus de questions. Inutile de chercher plus loin. Toute la beauté de l’univers lui est enfin révélée. L’art et la littérature ne sont peut-être rien d’autre que la traduction sublimée d’une pulsion sexuelle.

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Que lire dans son bain ?

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Les mauvais jours arrivent à grands pas, et avec eux, l’un des rares plaisirs des températures indécemment froides : le bon bain chaud. Alors je sais, certaines personnes prennent aussi des bains en été, mais moi je ne conçois cette activité que lorsque je suis frigorifiée (ce qui n’est pas très difficile : à moins de vingt degrés, je grelotte). Je me plonge alors avec délices dans l’eau bien chaude et parfumée, des bougies allumées autour de moi pour une ambiance zen, un bon verre de vin blanc, un coussin gonflable pour être confortablement installée, et quelque chose à lire. Et là se pose donc la question cruciale : que lire dans son bain ? (la question est adaptable, on peut aussi se demander que lire aux toilettes, la problématique est un peu la même mais en nettement moins glamour, ce qui ne conviendrait pas à l’esprit chic du blog !).

Certains répondront avec assurance : un magazine de filles. Je suis globalement d’accord, mais les magazines ne sont pas toujours pratiques, au vu de leur format. ELLE par exemple, il faut soit le tenir à bout de bras, et ce n’est pas confortable, soit il trempe dans l’eau. Mais je reviendrai plus loin sur ce qu’on ne peut pas lire.

Que lire alors ? Le principe, c’est qu’il faut quelque chose de plutôt court, qui se laisse facilement abandonner. Des recueils de nouvelles par exemple, de la poésie, ou de la correspondance (amoureuse de préférence, ça correspond mieux à l’ambiance ; pas la vôtre bien sûr, ce serait dommage de perdre une lettre de l’aimé en la faisant tomber dans l’eau). Autre piste, celle de la philosophie, dans la mesure où le bain, propice à la détente, favorise la méditation : je propose, par exemple, La Voix de l’éternelle sagesse de Khalil Gibran ou Le Manuel du guerrier de Lumière de Paulo Coelho. Par contre, je déconseille assez fortement Nietzsche…

Que ne pas lire, alors ? Bon déjà je pense que les Pléiade sont assez contre-indiquées : de fait, dans un bain, il vaut mieux lire des livres de poche, car on n’est jamais à l’abri d’un accident par noyade. Pour la même raison, je pense que les beaux livres d’art n’ont guère leur place dans une baignoire (comme nous le verrons prochainement, leur place à eux est sur la table basse…), à cause de leur fragilité mais aussi de leur format quelque peu encombrant. Je déconseille aussi les pavés et les livres demandant une attention soutenue (encore que, lire les soliloques d’Ariane dans son bain lorsqu’on est soi-même dans son bain, ça peut être amusant).

Bien sûr, on peut aussi ne rien lire du tout et laisser vagabonder son esprit au fil de l’eau. Personnellement, j’ai du mal, mais après tout, pourquoi pas ?

 

Le jeudi, c’est citation…

Aujourd’hui, une citation sur le baiser, qui m’a beaucoup émue l’autre jour lorsque je suis tombée par hasard dessus, à tel point que dans la foulée je me suis acheté le livre dont elle est tirée : Il s’agit de La Voix de l’éternelle sagesse de Khalil Gibran (voix qui aurait pu être voie, d’ailleurs). Il s’agit donc d’une méditation poétique sur le premier baiser donné à l’être aimé, méditation qui j’en suis sûre vous fera rêver :

C’est la première gorgée bue à la coupe que la déesse remplit du nectar de la Vie.

C’est la ligne de séparation entre le Doute qui leurre l’esprit et attriste l’âme et la Certitude qui inonde de joie l’être intime.

C’est le commencement du chant de la Vie et le premier acte de la comédie de l’Homme Idéal.

C’est le lien qui relie l’étrangeté du passé à la clarté du futur, le lien entre le silence des sentiments et leur chant.

C’est un mot prononcé par quatre lèvres qui proclament le coeur un trône, l’Amour un roi et la fidélité une couronne.

C’est la douce caresse des doigts délicats de la brise sur les lèvres de la rose – qui émet un long soupir de soulagement et un doux gémissement.

C’est le début de cette vibration magique qui transporte les amants du monde des poids et des mesures dans celui des rêves et des révélations.

C’est l’union de deux fleurs parfumées, et le mélange de leur parfum afin de créer une troisième âme.

 

De même que le premier regard est pareil à une graine que sème la déesse dans le champ du coeur humain, le premier baiser est la première fleur au bout du rameau de l’Arbre de vie.

 

Inutile de vous préciser que ce texte figure en bonne place dans mon Livre de l’amour…

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Les petits carnets

J’ai une manie, manie de fille et de littéraire : les petits carnets. J’en ai de toutes les sortes, de toutes les tailles, un peu partout : dans mon sac à main, sur ma table de nuit, à côté du canapé, sur le bureau. La plupart n’a pas de thématique : j’y note le tout venant, une recette lorsque je regarde une émission culinaire, des références de livres, des idées, des réflexions lorsque je suis en train de lire (surtout dans le cas où le livre n’est pas à moi, sinon j’ai tendance à écrire directement sur le livre en question), et lorsque l’inspiration est là des scènes de mon roman. Voici donc un petit aperçu de cette collection de carnets hétéroclites :

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Et puis, il y a les carnets « thématiques ». Le premier est celui qui, en fashionista qui se respecte, me sert à la fois de cahier de tendances et de look book :

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Et puis enfin, il y a le Livre de l’amour, mon dernier projet. L’idée m’est venue en tombant sur ce carnet imitant un livre ancien. J’y recueille toutes les images, les poèmes, les textes qui me touchent :

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Le jeudi, c’est citation…

Alors, aujourd’hui je vous propose une citation (enfin, deux pour être exacte) extraite de l’ouvrage dont je vous parlais il y a quelques jours, Soufi, mon amourIl s’agit de la dernière règle de vie du derviche Shams de Tabriz, la plus importante puisqu’elle est l’aboutissement de son cheminement :

Une vie sans amour ne compte pas. Ne vous demandez pas quel genre d’amour vous devriez rechercher, spirituel ou matériel, divin ou terrestre, oriental ou occidental… Les divisions ne conduisent qu’à plus de divisions. L’amour n’a pas d’étiquettes, pas de définitions. Il est ce qu’il est, pur et simple.

« L’amour est l’eau de la vie. Et un être aimé est une âme de feu !

L’univers tourne différemment quand le feu aime l’eau. » […]

Car tout amour, toute amitié sincère est une histoire de transformation inattendue. Si nous sommes la même personne avant et après avoir aimé, cela signifie que nous n’avons pas suffisamment aimé.

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