Les petits carnets

J’ai une manie, manie de fille et de littéraire : les petits carnets. J’en ai de toutes les sortes, de toutes les tailles, un peu partout : dans mon sac à main, sur ma table de nuit, à côté du canapé, sur le bureau. La plupart n’a pas de thématique : j’y note le tout venant, une recette lorsque je regarde une émission culinaire, des références de livres, des idées, des réflexions lorsque je suis en train de lire (surtout dans le cas où le livre n’est pas à moi, sinon j’ai tendance à écrire directement sur le livre en question), et lorsque l’inspiration est là des scènes de mon roman. Voici donc un petit aperçu de cette collection de carnets hétéroclites :

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Et puis, il y a les carnets « thématiques ». Le premier est celui qui, en fashionista qui se respecte, me sert à la fois de cahier de tendances et de look book :

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Et puis enfin, il y a le Livre de l’amour, mon dernier projet. L’idée m’est venue en tombant sur ce carnet imitant un livre ancien. J’y recueille toutes les images, les poèmes, les textes qui me touchent :

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Le jeudi, c’est citation…

Alors, aujourd’hui je vous propose une citation (enfin, deux pour être exacte) extraite de l’ouvrage dont je vous parlais il y a quelques jours, Soufi, mon amourIl s’agit de la dernière règle de vie du derviche Shams de Tabriz, la plus importante puisqu’elle est l’aboutissement de son cheminement :

Une vie sans amour ne compte pas. Ne vous demandez pas quel genre d’amour vous devriez rechercher, spirituel ou matériel, divin ou terrestre, oriental ou occidental… Les divisions ne conduisent qu’à plus de divisions. L’amour n’a pas d’étiquettes, pas de définitions. Il est ce qu’il est, pur et simple.

« L’amour est l’eau de la vie. Et un être aimé est une âme de feu !

L’univers tourne différemment quand le feu aime l’eau. » […]

Car tout amour, toute amitié sincère est une histoire de transformation inattendue. Si nous sommes la même personne avant et après avoir aimé, cela signifie que nous n’avons pas suffisamment aimé.

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Le jeudi, c’est citation…

Aujourd’hui, je vous laisse méditer sur un passage de la célèbre tirade de Perdican dans On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset, que presque tout le monde connaît mais qui mérite qu’on la relise, de temps en temps :

 

Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : « J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. »

 

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Le jeudi, c’est citation…

Afin de suivre le mouvement initié par chiffonnette et suivi par une bonne partie de la blogosphère, voici donc une nouvelle rubrique : la citation du jeudi.

 

Et pour commencer, je vous laisse méditer sur un aphorisme extrait du film de François Truffaut L’Homme qui aimait les femmes, et qui j’en suis sûre vous donnera matière à plonger dans un abîme de réflexion :

 

« On ne peut pas faire l’amour toute la journée, c’est bien pour ça qu’on a inventé le travail. »

 

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Ligue de protection de la sexualité des vampires

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Je n’en peux plus des âneries de Stephanie Meyer. Je fais une overdose de vampires creux et aseptisés, porteurs d’un moralisme puritain ! Edward Cullen est la honte de la corporation vampiresque, qu’on se le dise ! Déjà qu’il ne boive pas de sang humain, passons ! Mais qu’est-ce que c’est que ce vampire qui refuse de faire l’amour avant le mariage ? Mais où va-t-on ?

Je ne sais pas si Meyer (dont je n’ai pas lu la saga, je me suis arrêtée au tome 2, ça m’énervait trop) a conscience d’être totalement à côté de la plaque, mais en tout cas, elle l’est ! Le vampire, c’est quand même l’allégorie fantasmatique de l’érotisme et de la sexualité ! Sucer le sang de sa victime, c’est clairement un acte charnel ! Le vampire incarne donc à la fois les deux pulsions fondamentales que sont eros et thanatos. Pas une des deux, les deux associées indéfectiblement. C’est le désir, les instincts à l’état brut. Retirons lui cela, il ne reste du vampire que la dépuille vide de saint Barthélémy. Il n’y a pas de raison chez le vampire, il ne contrôle pas ses instincts et surtout pas son instinct sexuel, et c’est ce qui est chez lui fascinant ! Il incarne l’interdit, l’érotisme à l’état pur ! Que reste-t-il donc à Edward Cullen du vampire ? Absolument rien. Et je trouve que manipuler les adolescents comme le fait Meyer en prenant un personnage qui fascine mais en en dévoyant la signification pour condamner la sexualité au nom d’une vision étriquée de l’existence est tout simplement scandaleux.

Je m’élève donc vigoureusement contre le traitement réservé aux vampires dans les livres de Meyer et plus généralement dans la bit lit (= shit lit ?). Libérons les vampires, rendons-leur leurs bas instincts ! Relisons le Dracula de Bram Stocker, relisons la Morte Amoureuse de Gautier, relisons les Chroniques des Vampires de Anne Rice ! Le luxurieux et cruel Lestat a quand même plus d’allure qu’Edward Cullen ! Et revoyons le magistral Dracula de Coppola !

 

Le couple mythique : l’amour plus fort que la mort

C’est le thème que je travaille actuellement avec mes élèves avec le plus grand bonheur. Car c’est un fait : les plus grandes histoire d’amour de la culture occidentale sont des histoires tragiques, qui se terminent bien souvent par la mort des amants qui, ne pouvant vivre leur amour hors du commun dans le monde des hommes, s’unissent dans la mort. Pyrame et Thisbé, Tristan et Yseult, Romeo et Juliette, « La Mort des amants » de Baudelaire (et les élèves ajoutent immanquablement « Edward et Bella ». Bon, soit…).

La mort de Roméo et Juliette. Zefirelli

 Le mythe se développe à l’infini dans des textes (et plus généralement des oeuvres  car c’est aussi un thème très apprécié dans la peinture) tous plus touchants les uns que les autres, exploitant à l’envi les registres tragique et pathétique qui arrachent des larmes au lecteur (à la lectrice) au coeur sensible. Oui, j’en ai versé des larmes en lisant Tristan et Yseult ou Romeo et Juliette. Et « la mort des amants » est un des rares poèmes que je connaisse par coeur. Je ne sais pas pourquoi, ces histoires d’amour qui finissent mal résonnent finalement plus en moi que les happy end des contes de fées et des comédies sentimentales. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, c’est finalement moins classe que « parce qu’ils ne voulaient pas être séparés, l’éloignement qu’on a voulu leur imposer les a conduits à la mort ». Non ?

Et je ne résiste pas à vous mettre le magnifique texte de Baudelaire :

La Mort des amants

 

Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères,

Des divans profonds comme des tombeaux

Et d’étranges fleurs sur des étagères,

Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.

 

Usant à l’envi leurs chaleurs dernières,

Nos coeurs seront deux vastes flambeaux,

Qui réfléchiront leurs doubles lumières,

Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

 

Un soir fait de rose et de bleu mystique,

Nous échangerons un éclair unique,

Comme un long sanglot, tout chargé d’adieux ;

 

Et plus tard un ange, entr’ouvrant les portes,

Viendra ranimer, fidèle et joyeux,

Les miroirs ternis et les flammes mortes.

Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du Mal