Autrice indépendante : on y est presque

Suite de notre petite série. L’épisode de la semaine dernière a suscité un bel engouement, et je vous en remercie vraiment.

Depuis, les choses ont bien avancé :
1. J’ai enfin reçu mes ISBN (note pour la prochaine fois : m’y prendre davantage à l’avance pour ne pas devoir attendre pour mettre tout le reste du processus en route).
2. J’ai donc pu travailler sur la couverture : très facile pour la version ebook puisqu’il suffit de la première, un peu plus compliqué pour la version papier puisqu’il a fallu que je construise tout l’ensemble première/dos/quatrième. Je comptais naïvement sur l’outil proposé par KDP, que pour le coup j’ai trouvé très insuffisant : je pouvais certes intégrer ma première de couverture, mais pour le reste, comme je ne retrouvais ni mes couleurs ni mes polices, ça n’allait pas, donc j’ai dû faire mon propre template, ce qui m’a pris un peu de temps pour que tout soit bien comme je voulais. Mais ce n’est pas du temps perdu, puisque ce template pourra me resservir !
3. La publication est prévue le 17 juin, et en attendant, vous pouvez précommander la version numérique !
4. J’ai commandé une épreuve papier que je devrais recevoir… aujourd’hui, ce sera donc la prochaine étape : voir si tout est bon. Je ne vous cache pas que cela suscite un certain stress : tout est nickel en prévisualisation, mais on n’est jamais à l’abri des surprises (et je me connais : certaines choses bougeront au niveau de la couverture et notamment, après coup, je pense que j’ai fait un mauvais choix pour la quatrième, j’ai voulu garder la même police pour des raisons de cohérence mais ça ne va pas).

Les prochaine étapes (je me suis fait un planning sur Notion) : le dépôt légal (ça, ça devrait être simple mais avec les trucs administratifs je me méfie) et tout l’aspect promotion/communication : le communiqué de presse, les services de presse, la commande d’exemplaires auteur, je pense vous proposer un petit concours…

C’est beaucoup de boulot, mais pour la multipotentielle que je suis qui ne supporte pas la routine et a besoin de challenge pour se sentir vivre, c’est absolument passionnant de faire toutes ces choses différentes, d’apprendre, de trouver des solutions à des problèmes inédits : je crois vraiment que j’ai pris la bonne décision. D’autant que tout contrôler n’est pas pour déplaire à mon côté control freak.

Et l’autre aspect bénéfique, c’est que je retrouve le goût de l’écriture, la vraie, à savoir pas seulement mon journal, mes livrets, le blog, mais écrire des histoires. Attendre le bon vouloir d’un éditeur me donnait un méchant sentiment d' »à quoi bon » que j’avais du mal à combattre, à force : écrire est pour moi aussi vital que respirer, j’écris donc tous les jours, mais mes nombreux projets restaient au point mort. Là, je sais que quoi qu’il en soit, mon livre (et les suivants) va exister (l’autre nuit j’ai rêvé que j’étais sur le point d’accoucher) et que des gens vont le lire. Combien, je ne sais pas, ça ça dépend aussi de vous, mais il existera.

Et je vais m’arrêter là pour cette semaine : je vous avais promis de vous parler de l’histoire de l’écriture et de mon héroïne mais cet article est déjà assez long, donc nous reviendrons sur cette question la semaine prochaine ! Mais vous pouvez d’ores et déjà vous faire une idée avec la quatrième de couverture ! (edit : on m’a signalé la faute, j’ai noté de corriger)

Autrice indépendante : la couverture

En attendant mon ISBN (non mais vraiment : 3 semaines !), je me suis attelée à la couverture, un des aspects qui m’amusaient le plus. Je savais à peu près ce que je voulais : un dessin stylisé (et non une photo : je n’aime pas tellement les livres avec une photo en couverture), très féminin et élégant.

Je me suis servie de Canva, bien sûr, qui propose un vaste choix dans le domaine, et j’ai tout de suite eu le coupe de foudre pour toute une série de designs dans le même univers. Certains ne sont accessibles qu’avec la version Premium, mais d’autres sont achetables à l’unité (ce que je n’ai pas encore fait puisque mon choix n’est pas définitif, d’où le filigrane). Je trouve qu’elles correspondent parfaitement au roman et à son contenu, c’est très féminin et romantique, très floral, et le symbole du papillon qui s’envole exactement le propos du roman (je vous parlerai du roman et de son héroïne la semaine prochaine).

Pour la couleur, je suis d’abord partie sur le Rose Pivoine de ma charte graphique (même si j’ai choisi de ne pas lier Le Voyage poétique à mon activité d’autrice indépendante, cela reste tout de même dans le même univers), que je trouve finalement trop soutenu, et je suis donc plutôt allée vers quelque chose de plus poudré.

Enfin, concernant la police, je suis tombé amoureuse de « Le Jour » qui existe en version Sérif et en version Script (tous les essais que je vais vous montrer n’utilisent pas encore cette police, puisque j’ai essayé différents rendus, dont l’un avec les polices dont je me sers pour le Voyage). Je pense d’ailleurs la réutiliser pour l’Oracle des poètes !

Voici ce que ça donne avec les différentes variations, et c’est là que vous intervenez : j’ai fait mon choix pour la couleur (la plus pâle même si j’aime bien aussi la version intermédiaire et la version dégradée) et pour la police (celle qui est sur tous les essais sauf 1), mais j’aimerais que vous me disiez quelle illustration vous préférez : elles sont très proches les unes des autres, mais je suis sûre que l’une d’elles vous parle plus que les autres (oui, il y en a une pour laquelle j’ai une petite préférence et ça se voit, mais j’hésite encore) ! Je veux bien aussi votre avis sur l’emplacement du nom et du titre : un en haut et l’autre en bas (mais alors lequel où ?) ou bien tout en bas ? Et n’hésitez pas si vous avez autre chose à dire !

Donc, tadam :

Autrice indépendante : les premiers pas

Je me suis dit que peut-être ça vous intéresserait de me suivre dans cette nouvelle aventure, que je vous parle de mes choix, de mes questions, de tout ce que je fais (et du roman lui-même, bien sûr). Aujourd’hui, je vais vous parler du choix le plus épineux, celui du lieu de publication, et de la première démarche légale, l’ISBN.

Le premier choix est celui de la plateforme. Je ne voulais plus passer par un prestataire, car j’ai essayé pour Salomé et je n’étais pas du tout satisfaite : on paye, déjà assez cher, pour un an, juste pour mettre en ligne ; ensuite, dès qu’on veut un service de plus, il faut repayer. Et si on vend un livre, ils prennent une commission. Cela fait beaucoup de sous dans leur poche, et pas tellement dans la mienne, alors qu’au final c’est moi qui fais tout le boulot, donc non, parce que j’ai trouvé que le service n’était pas à la hauteur de la facture. Je sais que certains auteurs sont très satisfaits, moi je ne l’étais pas, donc je cherchais une autre solution.

Une possibilité était de créer l’ebook et de le mettre sur différentes plateformes, et de passer par un imprimeur pour la version papier, étant donné que je veux absolument une version papier (étant moi-même rétive à la lecture numérique). Solution que, je vais être honnête, je n’ai même pas envisagée : trop chère, trop peu pratique. Mon intention est l’indépendance, mais je ne peux pas tout gérer non plus jusqu’aux envois du livre, sinon je ne m’en sors pas.

Donc, j’ai choisi la solution Amazon KDP (Kindle Direct Publishing). Je sais que ça va en faire tiquer certains, mais après beaucoup d’investigations, je me suis rendu compte que c’était tout de même ce qui se faisait de mieux, puisque tout en restant maître de tout mon processus, je peux déléguer à la plateforme bien des choses : pour la version numérique, j’ai plusieurs choix de création, j’en reparlerai parce que je me bats avec ce point-là ; après, je peux soit mettre l’ebook sur Amazon et ailleurs, soit intégrer le programme Kindle illimited, qui me permet d’être rémunérée à la page lue par les membres du programme qui, moyennant un abonnement mensuel, peuvent emprunter tous les livres qu’ils veulent, ce qui favorise la curiosité ; par contre, si je choisis d’intégrer le programme, je ne peux pas déposer l’ebook sur les autres sites libraires. Je pense intégrer le programme car d’après mes recherches ça fonctionne plutôt bien. Et puis ce n’est pas un engagement à vie, je ne signe rien avec mon sang, donc ça ne coûte rien d’essayer.

Mais c’est surtout la question de la version papier qui m’a convaincue : c’est du print on demand, donc même si les délais sont un peu longs, ça évite les stocks, et c’est Amazon qui gère l’impression et l’expédition. Sauf que je peux aussi commander des épreuves mais également des exemplaires auteurs, je ne paye que les frais d’impression et les frais de port, ce qui est somme toute raisonnable, exemplaires que je peux ensuite vendre par mes propres canaux (par exemple un salon ou une dédicace). Je n’en commanderai pas des centaines, mais quelques uns pour les services de presse, organiser un concours, on verra. Et je trouve qu’Amazon reste très raisonnable concernant la part du prix de vente qu’il prélève, et contrairement aux prestataires on ne paye que si on vend.

Je ne suis pas du tout sponsorisée, encore une fois, c’est vraiment le fruit d’une mûre réflexion : il y a deux ans, lorsque déjà j’avais pensé à devenir autrice indépendante, j’étais arrivée à la même conclusion que c’était la meilleure solution en tout cas pour moi, et c’est ce qui m’avait arrêtée. Depuis, j’ai fait du chemin, et j’ai décidé que parfois il faut arrêter le manichéisme. Bref.

Une fois ce choix fait, il faut demander un ISBN. Il n’est pas obligatoire pour la version numérique, mais si on a aussi une version papier, il le devient. Deux solutions : soit Amazon nous en fournit un gratuitement, soit on le demande à l’AFNIL. J’ai fait le deuxième choix, pour avoir vraiment ma marque, mais c’est payant (le premier), 34€, et c’est long, 3 semaines (je ne comprends pas qu’il faille 3 semaines pour un numéro, c’est dingue). Donc j’en suis là : j’attends mon ISBN.

Dernier point, statutaire : j’ai fait le choix de ne pas lier mon activité d’autrice indépendante au Voyage Poétique : c’était possible mais pas obligatoire (depuis peu : avant il fallait nécessairement le statut d’autoentrepreneur). Et j’ai fini par conclure que même si bien sûr c’était lié, ça restait deux projets différents, notamment d’un point de vue administratif, et de toute façon je n’aime pas mettre tous mes oeufs dans le même panier sinon les moutons sont mal rangés. Ce point nous conduira sans doute à de folles aventures avec l’URSSAF Limousin, tant honni dans la profession…

Voilà pour ces quelques points administro-techniques. La semaine prochaine, nous aborderons quelque chose de beaucoup plus créatif : un peu de mise en page, et surtout la couverture !

Pourquoi j’ai fini par décider de devenir autrice indépendante

C’est le fruit d’une longue réflexion, qui s’étend elle aussi sur les deux dernières années (et s’est faite en parallèle, bien sûr) : tantôt j’étais décidée, tantôt plus du tout, mais aujourd’hui, après une semaine de tempête dans mon crâne, je crois que je suis enfin prête.

A l’origine, je n’étais pas du tout convaincue par le système. Il faut dire que j’ai eu de très mauvaises expériences : des textes ni faits ni à faire et truffés de fautes, des auteurs agressifs. J’avais aussi tenté pour mon recueil de nouvelles, mais je n’avais pas choisi la bonne plateforme et je ne me suis pas investie donc ça n’a pas fonctionné. Mais, pour être honnête, j’ai aussi eu de belles expériences, des œuvres qui valaient le coup et dont il aurait été dommage que personne ne puisse les lire simplement parce qu’aucun éditeur ne leur donnait leur chance.

Mais je restais agrippée, moi, à ce désir qu’on me choisisse, qu’on me donne ma chance. D’être reconnue en tant qu’autrice par une autorité extérieure. Qui me donne l’autorisation. Evidemment, ce besoin d’être validée, reconnue, il vient du rejet que j’ai subi de longues années à l’école, et que je continuais à revivre. Non, on ne veut pas de toi. Cela aurait pu finir par fonctionner, d’ailleurs, cette forme de guérison du passé. Cela a même failli fonctionner, une fois.

Sauf que : ce désir de validation extérieure entrait en collision avec ma valeur la plus profonde, la plus essentielle : mon besoin de liberté et d’indépendance. Un éditeur, ça reste un patron, quelqu’un qui vous impose des décisions parce qu’il pense que c’est mieux. C’est aussi quelqu’un qui peut vous jeter du jour au lendemain. Or tout ce que je fais actuellement pour quitter mon travail alimentaire, c’est bien, justement, parce que je ne supporte plus qu’on me dise ce que j’ai à faire, qu’on décide de mon emploi du temps, de ceci, de cela : je suis faite pour être indépendante. Point.

Je ne m’en rendais pas compte, parce que c’était assez inconscient, mais c’est bien parce que j’étais tirée dans deux directions opposées que je finissais par faire du sur-place. Comme dans ce jeu de foire où deux équipes tirent une corde. Tantôt ça va d’un côté, tantôt de l’autre. Mais il faut bien à un moment qu’une des deux équipes lâche pour que la corde finisse par partir complètement d’un côté.

Chez moi, c’est mon désir de validation extérieure qui a lâché : je n’ai besoin de personne pour m’autoriser à publier mes textes. Je n’ai pas besoin que quelqu’un me dise que je suis écrivain. Je m’y autorise moi-même.

Je dois admettre que ces derniers temps, j’ai été pas mal aidée dans ma prise de conscience par tout ce qui se passe dans le monde de l’édition : ce n’est pas très joyeux, et c’est venu appuyer sur le bouton de ma peur primaire : celle de ne pas être libre de mes décisions. Je l’ai vu d’ailleurs lorsqu’en août 2019 un éditeur voulait le publier : on m’a demandé de faire des corrections qui ne me convenaient pas, que j’ai faites parce que comme on me donnait ma chance je ne voulais pas la laisser passer, mais j’avais l’impression de me trahir (et ça devait tellement se sentir qu’au final, il n’en a plus voulu). Je ne veux plus qu’on m’oblige à me contorsionner pour entrer dans des cases carrées alors que je suis un rond.

Du reste, de plus en plus d’auteurs confirmés font le choix de devenir indépendants, c’est peut-être une évolution logique du système, l’ancien se meurt, inventons autre chose.

Un autre élément a achevé de me convaincre : j’ai besoin de couper le cordon ombilical avec ce roman. Je ne peux pas juste le ranger dans un tiroir : j’ai besoin que mon héroïne parte vivre sa vie dans le monde. C’est viscéral : là encore, pour que l’ancien meure et que je puisse commencer quelque chose de nouveau, j’ai besoin de clore vraiment ce dossier, et de pouvoir me consacrer à de nouveaux projets littéraires qui attendent leur tour. Et je ne veux plus attendre le bon vouloir d’un éditeur.

Alors c’est pénible parce qu’il faut tout faire : la mise en page du texte (j’ai failli envoyer mon traitement de texte se faire rôtir en Enfer), la couverture, les démarches légales (ça c’est mon dernier souci). Mais pour moi qui ai toujours ce désir d’apprendre de nouvelles choses, c’est pénible, mais c’est aussi exaltant.

Alors je ne sais pas quand il paraîtra (sans doute assez rapidement : je suis longue à la prise de décision, ça peut prendre des années comme on le voit, mais une fois que c’est fait, j’y vais au bulldozer). Je vous tiendrai évidemment informés, et j’espère que vous me suivrez dans cette aventure !

Les heures qui s’écoulent

Tic Tac, Tic Tac, Tic Tac. La pendule marque les secondes, qui deviennent des minutes, qui deviennent des heures qui s’écoulent et ne reviennent plus, comme un fleuve coule toujours vers la mer sans jamais revenir vers sa source. Image banale, usée, cliché, pour dire cette idée d’un temps linéaire où les heures s’écoulent et nous conduisent inexorablement vers la fin.

L’eau, le temps.

Mais le débit du temps n’est pas régulier, oh non. Parfois les heures s’écoulent à une vitesse vertigineuse, elles semblent des minutes, lorsqu’on est gai, lorsqu’on est dans les bras de la personne aimée, lorsqu’on fait l’amour le temps passe trop vite et tout autant il s’arrête, il est immobile et les horloges ne marquent pas cet instant qui est d’une autre nature.

Mais le débit du temps n’est pas régulier. Lorsqu’on travaille, lorsqu’on attend, les heures s’écoulent à une vitesse épouvantablement lente.

Les heures s’écoulent, pourtant. Deviennent des jours qui deviennent des semaines qui deviennent des mois. Rien, au regard de l’éternité. Une éternité, au regard d’une vie humaine. Et nous sommes humains, malgré tout, et les heures qui s’écoulent laissent des traces sur notre corps comme les larmes qui coulent sur les joues d’un enfant.

Les heures s’écoulent, pourtant, nous portant, nous supportant, nous emportant comme de frêles bateaux dans le courant. Nous transportant, où ?

L’endroit où les ailes se déploient

Je me suis toujours demandé si la métamorphose de la chenille en papillon était douloureuse — si cette dissolution suivie d’une recomposition, ça faisait mal ? J’imagine que oui, être totalement dissout, même si c’est pour devenir quelque chose de magnifique comme un papillon, ce n’est pas ce qu’il y a de plus agréable. Pourtant, elle y va, la chenille — c’est son instinct, elle ne peut pas lutter. Elle construit son cocon, s’enferme à l’intérieur pour que là s’opère la métamorphose. Cocon : là où on se transforme. La chenille disparaît. Le papillon apparaît. Progressivement se construit. Son corps, ses ailes.

Un jour, il est prêt, il est terminé. Et je me suis toujours demandé : est-ce que c’est difficile, de sortir du cocon ? Est-ce qu’il résiste, refuse de se déchirer pour laisser sortir la nouvelle personnalité de la chenille devenue papillon ? Est-ce que ça lui fait mal ?

Et puis, déployer ses ailes pour la première fois, les faire battre, et s’envoler…

Choses qui arrivent en silence…

C’est doux, ouateux, et ça ne fait pas de bruit. L’amour ne fait pas de bruit, quand il arrive. Il se déplace à pas de loup, sur la pointe des pieds. S’insinue en nous en silence. Petit à petit. Ce n’est pas un coup de foudre. On ne tombe pas. On s’élève lentement dans les airs. On se grandit. On déploie ses ailes comme un ange. Oui, l’amour fait ça. L’amour fait cette chose incroyable de nous élever au-dessus de nous-même et pour cela il n’y a absolument pas besoin de faire du bruit, au contraire. En douceur. Petit à petit. Jour après jour. Un regard, un sourire, des mains qui se frôlent. S’il faisait du bruit, on l’entendrait, et on aurait peur. Mais on ne l’entend pas : en bon chasseur aguerri, Cupidon armé de son arc sait se faire discret, on ne le voit pas, on ne l’entend pas. On est là, et puis il décoche sa flèche. Mais on ne la sent pas tout de suite, non. L’amour prend du temps, à grandir. Du silence. Pour qu’on ne se rende compte qu’il est là que lorsqu’il est trop tard : on aime, on aime pour toute la vie, alors qu’on avait dit jamais plus. Cet amour, qui est arrivé en silence, il s’est tranquillement installé dans notre cœur, il a ouvert tous les volets, fait le ménage, enlevé les araignées de sous les meubles, aéré les édredons, fait un feu réconfortant dans la cheminée. Il a fait de notre cœur un foyer. L’amour est arrivé en silence, et maintenant on n’entend plus que lui qui bat fort…

(J’ai relu récemment mes writing prompts, et j’ai trouvé que certains méritaient peut-être d’être partagés plutôt que de rester dans mon carnet… il y en aura d’autres, au gré du temps).