Tous les matins, on a une mission

On ne va pas se mentir : les temps sont un peu compliqués. Mais lorsqu’il y a peu je suis retombée sur cette citation d’Edouard Baer, elle m’a fait sourire, et j’ai eu envie de la partager avec vous. Même si en ce moment, j’ai parfois envie de revenir me coucher !

Tous les matins, on a une mission. Trouver la gaieté au milieu des raisons de désespérer. La beauté au milieu des laideurs. La gentillesse au milieu des visages fermés. Les caresses au milieu des griffes. La tendresse au milieu des gifles. L’ouverture au milieu des fermetures. Si vous acceptez cette mission, la journée sera magnifique. Si vous la refusez, allez vous recoucher tout de suite !

Edouard BAER

Laissons briller notre propre lumière

Je suis retombée l’autre jour sur cette citation de Marianne Williamson, que l’on attribue d’ailleurs souvent à Nelson Mandela, ce qui est une erreur (Mandela a dit beaucoup de belles choses, mais pas celle-là). Et j’ai trouvé qu’elle résonnait particulièrement bien, pour la période actuelle, et aussi par rapport à ce à quoi je réfléchissais l’autre jour, à propos du Lion. En tout cas, je trouve cette citation très inspirante, même si pour ma part je supprimerais le terme de Dieu…

Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur, confronté à notre médiocrité ou nos insuffisances, notre crainte la plus profonde est que nous sommes puissant au-delà de nos limites. C’est notre propre lumière et non pas l’obscurité qui nous effraie le plus. Nous nous posons la question: “Qui suis-je , moi, pour être radieux, talentueux et merveilleux?” En fait qui êtes-vous pour ne pas l’être? Vous êtes un enfant de Dieu. Vous restreindre , vivre petit ne rend pas service au monde. L’illumination n’est pas de vous rétrécir pour éviter d’insécuriser les autres. Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous. Elle ne se trouve pas seulement dans quelques élus, elle est en chacun de nous, et au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même. En nous libérant de notre peur, notre présence libère automatiquement les autres.
Marianne WILLIAMSON – Un retour à l’amour : manuel de psychothérapie spirituelle : lâcher prise, pardonner, aimer.

La vérité vous libérera mais d’abord elle vous mettra en rage, de Gloria Steinem : réflexions sur l’amour, la vie, la révolte

Une petite phrase peut transformer un tweet en haïku, parce qu’elle évoque une histoire. D’ailleurs, si on l’arrose, elle en deviendra une. « Enoncez-moi un fait, je l’oublierai, mais racontez-moi une histoire et je m’en souviendrai », dit un adage amérindien. Si une citation fait surgir à l’esprit plusieurs histoires, alors, gageons qu’elle restera dans les mémoires.

J’adore les citations, et j’en utilise beaucoup, d’ailleurs à une période qui commence à se faire lointaine il y avait un rendez-vous hebdomadaire de citations sur les blogs : la citation du jeudi, et c’était très chouette de chercher LA citation qu’on allait mettre en avant, et d’en découvrir tout un florilège. Il en est resté une catégorie, que j’utilise de temps à autres.

Pour Gloria Steinem, les citations sont « la poésie du quotidien », et elle nous propose ici ses meilleures réflexions sur la famille et les amis, le fait de vieillir, le travail, les autres femmes, la révolution et le rire, la rue, le tout assorti de réflexions un peu plus longues, et de citations d’amies.

Une lecture que je qualifierais de vivifiante : bien évidemment je n’ai pas toujours été complètement d’accord avec tout, mais c’est justement ce qui m’a semblé intéressant dans ce petit ouvrage foisonnant et riche, et très drôle (Gloria Steinem a vraiment un don pour la formule) : il invite avant tout à réfléchir et à se poser des questions sur nombre de sujets, liés par le fil rouge du féminisme. Ce n’est jamais pesant ni pontifiant, toujours joyeux, et donc un régal à lire.

Une anthologie de poésie du quotidien savoureuse, qui montre encore une fois si besoin était le pouvoir des mots : à mettre entre toutes les mains.

La liberté vous libèrera mais d’abord elle vous mettra en rage
Gloria STEINEM
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Karine Lalechère
Harper Collins, 2020

Responsable de la beauté du monde

Dans Mémoires d’Hadrien, que je suis en train de relire et dont je vous reparlerai donc incessamment sous peu, il y a de nombreux passages qui me frappent et me poussent à la méditation. Mais un en particulier me hante depuis que je l’ai lu :

A chacun sa pente : à chacun aussi son but, son ambition si l’on veut, son goût le plus secret et son plus clair idéal. Le mien était enfermé dans ce mot de beauté, si difficile à définir en dépit de toutes les évidences des sens et des yeux. Je me sentais responsable de la beauté du monde. 

Cette pente, cette ambition, on peut aussi l’appeler mission de vie, et si ces mots résonnent autant en moi c’est que, moi aussi je me sens responsable de la beauté du monde. Particulièrement en ce moment, qui se prête assez peu en apparence à habiter poétiquement ce monde, et où, pourtant, l’Univers me susurre à l’oreille qu’au contraire, c’est maintenant que c’est le plus essentiel : partager et cultiver ce qui est beau et apporte du réconfort !

Les expressions anglaises qui font chic dans la conversation

lie back

L’autre jour, toujours dans l’écriture de mon roman*, je me faisais cette réflexion que, dans certaines situations, la langue anglaise est beaucoup plus expressive et imagée. Par exemple, les pronoms possessifs, c’est beaucoup plus pratique dans la langue de Dickens, surtout lors des scènes d’amour : en français, on finit par ne plus trop savoir quelle partie du corps de qui fait quoi, on est obligé de répéter les prénoms, c’est lourd : en français par exemple : on a « sa main sur son épaule » (oui mais, quelle main et quelle épaule ?) alors qu’en anglais, c’est clair : her hand on his shoulder, ou his hand on her shoulder. Rapidité, efficacité, simplicité (ils sont forts ces Anglais !). C’est pareil avec certains mots, dont je ne trouve pas d’équivalent pleinement satisfaisant en français : overwhelming, insecure, womanizer…

Et puis, il y a les expressions. Evidemment, certaines ont un équivalent dans notre langue mais, mais, parfois c’est plus percutant en anglais. Et quand on cite Shakespeare, c’est de toute façon mieux de le faire dans le texte !

The lady doth protest too much, methinks (Shakespeare)
(utile pour remettre en place quelqu’un qui affirme un peu trop vite être innocent de ce dont on ne l’accuse pas, ou qui rejette avec un peu trop d’empressement une proposition… très rigolo lorsqu’adressé à un homme — bon, en réalité, cette citation est détournée de son sens original, mais ce n’est pas grave)

Lie back and think of England
(en situation graveleuse. Là encore, c’est plus rigolo lorsque c’est une femme qui s’adresse à un homme, de préférence anglais sinon il risque de ne pas comprendre la référence et on perd du temps)

Keep calm and carry on
(la base — un de mes mantras actuels)

Frailty, thy name is woman (Shakespeare again)
(pas forcément facile à recaser, mais je l’aime bien malgré sa misogynie)

Your wishes are my command
(Quand on veut jouer les femmes soumises ; en français on a « vos désirs sont des ordres », mais j’aime mieux l’anglais car le parallélisme est plus abouti avec le balancement « your »/ »my »)

You made my day !
(pour un truc très drôle ; celle-là je l’utilise souvent, enfin sauf en ce moment parce qu’en ce moment pour me faire rire il faut se lever très tôt)

True is it that we have seen better days (Shakespeare, what else ?)
(totalement adapté à ma situation actuelle, il va sans dire…)

Et la dernière, devenue mon mantra ces derniers temps, et qui n’est pas stricto sensu (oui, j’utilise aussi beaucoup d’expressions latines, on en reparlera si quelqu’un fait un jour le mois latin) une expression anglaise, puisqu’il s’agit en fait du titre d’un épisode de The Persuaders (les deux playboys parient sur « qui séduira la fille », et lorsqu’entre en ligne de compte l’enjeu du pari, Danny dit ça à Brett) :
To the death, baby
(normalement, c’est quand on fait un pari, donc. Mais. Moi je l’utilise parce que je ne me laisserai pas faire, et que je lutterai jusqu’à la mort pour défendre mon honneur bafoué (oui, j’estime qu’on a bafoué mon honneur) en espérant que ça ne se transforme pas en Rather death than shame  )

* En fait, j’ai un carnet Moleskine dans lequel je note tout le processus d’écriture, de genèse, les réflexions diverses et variées qui me viennent…

mois anglaisBy  Cryssilda,  Martine et Lou

Le jeudi, on se déclare…

jetaime

Evident, non ? Je ne vous dit pas encore d’où vient cette citation, je vous le révélerai la semaine prochaine…

(la citation est droite ! Elle a l’air penché, mais c’est un effet d’optique dû au cadre, qui est irrégulier, et au joint de mon buffet)

citation

By chiffonnette 

 

Le jeudi,on se régénère…

Aujourd’hui, une citation extraite du Choc amoureux de Francesco Alberoni, dont je vous reparlerai samedi (et peut-être aussi dimanche, car j’ai beaucoup à dire, à moins que je ne parle d’autre chose, je ne sais pas trop encore, on verra). Je vous laisse vous émouvoir :

alberoni_effected

citation

By Chiffonnette