Instantané : bouquet de soleil

Le mimosa est un de mes grands plaisirs de la fin de l’hiver, de ceux qui m’aident à tenir jusqu’au printemps : sa couleur qui fait comme un rayon de soleil dans le bureau, son odeur, son velouté, tout me ravit !

Lorsque j’écrivais la première version de l’invitation à un voyage sensoriel il y a deux ans, j’en avais un bouquet sous les yeux et sous le nez. C’était bien trouvé : j’écrivais sur la sensorialité avec dans mon bureau un de ces éléments qui me sont indispensables parce qu’ils stimulent mes sens ! L’odorat en particulier fait ressurgir des émotions et des souvenirs et il est un formidable déclencheur d’écriture (et j’ai conscience, en écrivant ce post, de faire une mise en abyme).

Dans le livret poétique sur les cinq sens, vous trouverez de multiples activités pour vous reconnecter à ces stimuli si précieux pour créer, pour écrire et pour plonger en soi ! C’est le premier que j’ai écrit, celui qui était pour moi une évidence, et je crois que c’est celui que je préfère !

Favoris de janvier 2023

Allez, un petit tour dans mes découvertes et favoris de ce premier mois de l’année 2023 !

1. La luminothérapie. Cela faisait très longtemps que j’avais envie d’essayer tant les mois d’hiver sont pour moi très difficiles à supporter. Je mets déjà des lumignons à peu près partout chez moi et pas seulement pour les fêtes, mais je voulais une lampe ad hoc, et je l’avais mise sur ma liste au Père Noël, qui me l’a gentiment apportée. Je me fais une séance tous les matins lorsque je pratique ma lecture active, je ne pratique pas depuis assez longtemps pour voir de réels effets (surtout que mon mois problématique c’est surtout novembre), mais tout de même, cela me donne un coup de boost pour ma journée.

2. Deux nouveaux vêtements dans mon dressing, toujours chez Sézane : je suis en train de travailler sur une capsule wardrobe simple et composée de vêtements dont je sais que je vais beaucoup les porter. Un de mes indispensables étant la chemise Pierro, dont j’ai plusieurs exemplaires et que je porte pour ainsi dire tout le temps, et que j’avais envie de fleurs (on n’a jamais assez de fleurs dans sa vie), mais d’une couleur que je n’avais pas encore, j’ai jeté mon dévolu sur un motif garden sur fond marine. Et comme je voulais aussi depuis longtemps une chemise en jean que je peux porter toute l’année, souple et qui va avec tout, j’en ai pris une aussi. L’avantage de constituer son fond avec deux ou trois marques que l’on connaît bien, c’est qu’il n’y a pas de mauvaises surprises au niveau de la taille et du tombé.

3. Deux chouettes femmes dont j’aime beaucoup suivre les activités sur Instagram, et que je trouve particulièrement inspirantes (cela fait une éternité que je n’ai pas fait d’articles inspiration d’ailleurs) :
Elisa Gallois de « Et Dieu créa » et dont j’aime beaucoup l’univers poétique. Ce que j’aime surtout, c’est qu’elle a mon âge, taille du 42 et ose tout niveau vestimentaire, et donne de très bons conseils pour s’habiller lorsqu’on n’est ni une crevette, ni plus-size : en fait j’ai souvent l’impression qu’au niveau des corps mis en avant sur le net, c’est tout ou rien, mais on voit finalement peu de corps « moyens » on va dire, et je ne me reconnais que rarement. Ici, je me reconnais, et elle m’a inspirée à acheter un truc que je vous montrerai le mois prochain parce qu’il est parti chez la retoucheuse !

Victoria Arias ou Mango and salt : elle vit à Amsterdam, j’adore la suivre dans ses péripéties chine et vintage (elle est de très très bon conseil pour dénicher des pépites), ses promenades digicam (elle m’a inspirée sur le sujet) et ses deux chiens Luna et Lenka, qui sont de races Galgo et Podenco, des lévriers de chasse très maltraités qui sont pourtant adorables ! Bref, elle m’inspire beaucoup au niveau du lifestyle !

4. Et comme d’habitude je termine sur les séries (pas de film cette fois-ci), toutes sur Netflix :
– Evidemment l’inénarrable Emily in Paris. Je m’en moque que rien ne soit réaliste dans cette série : j’adore, c’est un petit bonbon qui fait du bien, et je ne vais pas bouder mon plaisir.
– Une série documentaire appelée Architecte du désir, et qui met en scène une décoratrice d’intérieur qui s’est spécialisée dans les sex room, que ce soit les pièces de la maison uniquement destinées à faire l’amour (comme la Red room of Pain de Christian Grey) où une chambre à coucher. Dit comme cela, ça peut sembler un peu bizarre mais c’est réellement passionnant parce que, bien sûr, il n’est pas simplement question de décoration mais d’amour et de désir au sein du couple, et c’est vraiment une belle découverte.
– Sur un thème similaire (on ne se refait pas) j’ai découvert la série polonaise Sexify, dont la deuxième saison vient de sortir, et qui raconte les aventures de trois jeunes femmes qui développent une application destinée à améliorer la sexualité et atteindre l’orgasme, dans une société qui n’est pas très ouverte à ce genre de choses. J’ai adoré, c’est frais, drôle mais pas toujours, et très bien mené !

Et voilà pour le mois de janvier ! Et vous, qu’avez-vous découvert d’intéressant ce mois-ci ?

En mots et en images : janvier 2023

Les mots…

Un nouveau chapitre qui commence // Agapes // Rentrer chez soi // Réorganiser le quotidien. Ou essayer // Bon, ça ne sera pas encore pour cette fois // Nouveau bureau // Réorganiser l’espace. Extérieur, pour commencer // Epiphanie. C’est moi la reine // Tangage // De belles rencontres // Art floral // Le périple du siècle // Recentrage // Retrouver le rythme et l’enthousiasme // Un petit message qui fait plaisir // Corrections de manuscrit // Bouffée d’art frais et rendez-vous avec l’artiste // Coworking virtuel // Que de belles rencontres // Jour de neige // Une semaine raccourcie, et c’est tant mieux // Mon sureau // Rester au chaud dans mon cocon// Les jolis coquillages // Coquetterie salvatrice // Ma seule envie : je me lève, je me casse et je n’y reviens plus jamais // Un peu de shopping pour décompresser // Du soleil dans le bureau // Un nichoir pour mes oiseaux // Le retour des aventuriers // Créativité

Les images…

Autrice indépendante : Tout écrivain doit avoir le cœur brisé

Un jour du printemps 2016, alors que je venais juste de prendre la décision d’envoyer enfin le manuscrit de L’Aimante (qui n’était pas du tout ce qu’il est aujourd’hui, d’ailleurs) à des éditeurs, deux personnages ont débarqué chez moi pour que j’écrive leur histoire. J’étais un peu surprise : je n’avais pas du tout prévu d’écrire un deuxième roman alors que je ne savais pas encore quoi faire du premier. Mais ils se sont montrés très insistants, et je n’ai pas eu d’autre choix que de m’atteler à l’écriture. Avec beaucoup de joie, même si je ne savais pas du tout où j’allais.

Avec le recul des années, je vois de quoi et de qui est né ce roman, mais à l’époque, je ne le voyais pas du tout. Ce que je voyais, c’était deux personnages d’écrivains, deux fauves, deux êtres abîmés par la vie, qui se retrouvent, pour une opération marketing de leur maison d’édition, devoir passer une semaine ensemble dans la maison de l’un d’eux, une maison que d’ailleurs je connais bien, dans une région que j’aime.

Johanne est une jeune autrice, qui vient de publier un premier roman qui ressemble beaucoup à L’Aimante. Et qui, donc, me ressemble beaucoup, surtout à l’époque. François, lui, est un écrivain célèbre et reconnu, il a même eu le prix Goncourt, mais certains événements ont fait qu’il se montre très hostile envers Johanne et sa manière d’être. Au fil du temps, je me suis rendu compte que lui aussi me ressemblait beaucoup, même s’il ressemble aussi à quelqu’un d’autre, ce que je ne pouvais pas savoir à l’époque.

C’est une sorte de romance. Mais pas seulement, et je crois que c’est mon style, quelqu’un me l’avait dit un jour : me servir des codes de la romance, en faire un cadre que je peux ensuite dépasser. Ici il est question, une nouvelle fois, de découvrir ce qui se cache au fond de nous, des secrets, et d’écriture.

Plusieurs fois, au cours des différentes phases d’écriture, j’ai expérimenté la Grande Magie.

La première fois, c’est lorsqu’au cours d’une conversation, François donne à Johanne une interprétation très personnelle de ce qu’elle écrit. Les mots sont venus sous mes doigts sans que j’y réfléchisse, et lorsqu’ils se sont posés sur la page, j’ai été aussi perturbée que Johanne par ce qui semblait une révélation existentielle. Il m’a révélé sur L’Aimante quelque chose que je n’avais pas vu (et je ne sais toujours pas s’il a raison ou non). Peu après d’ailleurs, j’ai interviewé une autrice, dans le roman duquel il y avait me semblait il quelque chose du même ordre, et j’ai eu confirmation qu’elle aussi avait vécu cette expérience de découvrir quelque chose d’essentiel grâce à son personnage.

La deuxième fois, c’est lorsqu’après des pages et des pages écrites sans savoir quel était ce secret dont François ne voulait parler à personne (même à moi, son auteur, c’était quand même un monde), il nous l’a enfin révélé, à Johanne et à moi. En fait, la grande magie a eu lieu plusieurs mois après, lorsque ce secret fictif est venu, d’une certaine manière, percuter un autre secret, réel celui-là. Avec assez de différences (encore que, je ne sais pas tout) pour que je puisse laisser tel quel, mais tout de même.

La troisième fois, j’en ai parlé, c’est lorsque dans une phase de réécriture, je me suis mise en tête de faire le thème astral de François, et que tout était tellement juste et nourri de synchronicités par rapport à autre chose que j’ai souri.

Et d’autres fois, que je ne vais pas énumérer. C’est aussi dans ce roman qu’est née Adèle, vous verrez comment.

Donc voilà, il s’appelle Tout écrivain doit avoir le cœur brisé en référence à une phrase d’Hemingway à Salinger. Il sort le 3 mars, et j’espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire que moi à l’écrire.

Instantané : chambre boudoir

Suite (et fin) de la réorganisation spatiale de mon appartement : la chambre, où j’ai déménagé la console qui me servait de bureau d’ordinateur, et que j’avais à l’origine choisie pour deux raisons : sa profondeur réduite (je n’avais pas la place) et le fait qu’elle était issue de la même collection que mes tables de nuit (Maisons du monde, mais ils ne la font plus). C’était donc une évidence de la faire rejoindre sa famille, mais cela impliquait une réorganisation massive, et notamment de trouver une autre place pour la console en fer forgé qui était au bout du lit (et qui, soyons honnête, gênait le passage). Sa place était évidente : sous la fenêtre, mais cela m’a obligée là encore à un grand tri dans les magazines (et des sacrifices). J’ai aussi viré la psyché, attendu que le miroir qui était dans le salon a été transféré sur la console en bois pour un effet coiffeuse. Dans le coin où il y avait la psyché, j’ai mis ma chaise en velours rouge, sinon ça faisait tout vide, et j’ai pu mettre une autre chaise (qui me servait de chaise de bureau) sous la console/coiffeuse.

Encore une fois, je suis ravie de mon nouvel agencement, qui me donne l’impression d’avoir une nouvelle chambre, et bizarrement plus d’espace alors que j’ai ajouté un meuble. Au final, l’investissement a été minime (les nouveaux meubles du bureau) mais c’est comme si j’avais tout transformé. La chambre est plus harmonieuse, plus accueillante (et quand on connaît la symbolique psychologique des pièces de la maison, c’est très parlant), et j’en ai fait une espèce de boudoir sensuel qui correspond parfaitement à l’énergie que je veux donner à ce lieu, et plus généralement à ma maison !

Le sureau ratiboisé

J’ai déjà parlé de l’attachement viscéral que j’éprouve pour ce sureau. Pas seulement parce qu’il me donne en mai des fleurs délicieusement parfumées dont je fait des beignets et du gin aromatisé ; pas seulement parce que tout comme moi, les oiseaux l’adorent, s’y perchent et y nichent, ce qui crée une agitation cuicuitante qui me met en joie ; pas seulement parce que ses grandes branches, en été, procurent de la fraîcheur et permettent à ma chambre de rester agréable même en cas de canicule.

Non, il y a aussi des raisons plus symboliques : il s’est installé dans le jardin en même temps que moi dans mon appartement, et nous avons grandi ensemble, côte à côte et connectés. Dans la tradition celte, le sureau est un arbre sacré : il est utilisé pour nombre de potions, mais il est surtout symbole de vie et de mort, de renaissance, de transformation, de renouveau, de régénération, de changement, d’évolution, de transition. Et je trouve cette synchronicité très belle.

Mais voilà : ce sureau, qui m’apporte tant de joie, en dérange d’autres. Qui le trouvent envahissant. Quand je dis d’autres, c’est un autre, qui n’aime pas la vie, qui n’aime pas ce qui pousse, qui n’aime que l’ordre étriqué. Depuis deux ans il était donc question de le ratiboiser afin qu’il ne gêne plus (il ne gêne pas). Jusqu’à présent, j’avais réussi à le sauver, argumentant sur la fraîcheur (parce que les oiseaux, j’ai bien compris, tout le monde s’en fout sauf moi et la propriétaire de l’appartement au-dessus, mais elle n’y vit plus…). On lui avait coupé quelques branches, et cela suffisait.

Et voilà que vendredi dernier, je me réveille avec une sensation d’angoisse et de colère, mal lunée quoi. Ce qui n’arrive jamais les jours où je ne vais pas à mon travail alimentaire, parce que ces jours là je suis heureuse de la journée qui commence et de ce que je vais faire. Ce n’était donc pas normal. Et voilà ce qui est arrivé dans la matinée. Ils ont complètement… je n’ai même pas de mots pour qualifier ce qu’ils ont fait à mon sureau, sans que je puisse intervenir puisque non propriétaire, je n’ai pas mon mot à dire. Ils n’ont laissé qu’un vague tronc et de grosses branches : un sureau, ça pousse vite, mais je doute qu’il pousse assez vite pour refaire de belles branches avant le printemps.

Dans Les émotions cachées des plantes (il le raconte aussi dans Le Nouveau dictionnaire de l’impossible), Didier van Cauwelaert raconte une expérience où un arbre qui lui était cher lui avait en quelque sorte transmis, par télépathie (ou une sorte de) qu’il allait être coupé. Je suis persuadée que c’est ce qui s’est passé dans mon cas.

Le fait est que cette histoire m’a mise dans une colère noire. Littéralement, j’en ai pleuré de rage (et je n’ai pas encore vu le responsable du désastre, et je suis rarement méchante mais là je vais l’être ; cela dit je ne suis pas certaine que martyriser un arbre sacré soit porteur de chance). Alors je suis hypersensible donc chez moi, les émotions, quand je les laisse circuler, c’est assez impressionnant. J’étais en colère parce que mes oiseaux (je vais aller acheter un nichoir, mais je doute que ça leur plaise, et ce monde de silence va m’oppresser), parce que mes fleurs, et parce que la température dans ma chambre l’été.

Mais je sentais, tout de même, que cela venait toucher autre chose. Et j’ai fini par mettre le doigt dessus : j’ai l’impression que c’est ce qu’on m’a fait et que je me suis fait toute ma vie : me ratiboiser, couper mes branches pour ne pas déranger et prendre trop de place.

Le cercle des Happyculteurs

Cela faisait longtemps que j’avais envie d’un espace dans lequel partager chaque jour créations, émerveillements, questionnements. Mais pas un endroit qui n’irait que dans un sens, de moi vers les autres comme je le fais ici ou dans mon infolettre l’Escale poétique : quelque chose qui fonctionne dans toutes les directions. Une communauté quoi, bienveillante et créative.

Alors je sais, la mode est aux serveurs Discord ou Telegram ou aux groupes WhatsApp, mais franchement, ça ne me dit rien, et en bonne dinosaure du web, j’ai choisi de m’installer sur Facebook. Sans doute aussi parce que je soupçonne quand même que les gens qui me suivent ont le même âge que moi et restent, bon an mal an, sur ce réseau, malgré ses défauts.

Au début, j’avais envisagé de lier étroitement ce groupe aux voyages poétiques, et d’en réserver l’accès à ceux qui auraient acheté l’un ou l’autre de mes livrets d’activités. Un peu comme le fait Lilou Macé avec les groupes thématiques consacrés à ses défis des 100 jours, groupes dont j’ai beaucoup aimé l’émulation d’ailleurs. Sauf que nous n’avons pas la même communauté, et que je ne vends pas assez de livrets (malheureusement) pour que cela donne quelque chose de dynamique, et la sauce n’a pas pris.

J’ai donc décidé de fonctionner autrement, et d’ouvrir le cercle à tous ceux qui en auraient l’envie et en feraient la demande. N’hésitez donc pas à rejoindre Le cercle des happyculteurs et à venir y partager vos idées, vos émerveillements, vos créations, vos questions, ou tout simplement faire connaissance et discuter avec les autres. J’espère que ce groupe sera très vite un espace riche et joyeux, rempli de tout ce qui rend la vie plus belle et plus poétique, et que vous vous y sentirez bien !