La Prophétie Charlemagne

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Voici les dernières aventures de Cotton Malone, ancien agent du gouvernement américain reconverti en libraire au Danemark. J’aime énormément ces thrillers écrits par Steve Berry : le personnage principal est attachant, le rythme est soutenu, et, pour ne rien gâcher, on apprend beaucoup de choses sur l’histoire.

Dans ce roman, l’intrigue a un caractère personnel : Malone cherche à savoir ce qui est arrivé à son père, dont le sous-marin a disparu 35 ans plus tôt. Il est accompagné dans sa quête par une cohorte de personnages dont on ne sait jamais lesquels sont fiables et lesquels ne sont pas : Dorothea et Christl, des jumelles animées d’une haine farouche l’une envers l’autre, leur inquiétante mère et son homme de main… Parallèlement, Stephanie Nelle et Edwin Davis, soutenus par le Président des Etats-Unis himself, cherchent à déjouer les plans d’un machiavélique amiral de la navy, aux ambitions démesurées et à la morale quelque peu dévoyée. Les deux fils narratifs, qui bien évidemment entretiennent un lien étroit, s’entrecroisent pour donner au roman un rythme halletant, sans pour autant perdre le lecteur. Quel est donc ce secret que les uns cherchent à dévoiler afin de comprendre ce qui est arrivé en 1973, et que les autres cherchent farouchement à préserver ? Tel est l’enjeu de ce livre, qui nous entraîne vers ce qui est peut-être l’origine de toute civilisation…

Ce roman peut paraître effrayant par sa longueur, mais en réalité il se lit très vite, tant on se sent happé par le désir de découvrir la clé de l’énigme. Et il se termine sur un cliffangher qui donne d’autant plus envie de découvrir le prochain, qui nous livrera peut-être enfin l’origine de ce prénom fort intrigant de « Cotton », dont l’histoire est toujours promise par le personnage… Un seul regret : l’absence des personnages de Henrik et Cassiopée, qui ne semblent pas avoir trouvé leur place dans cette quête.

Le conflit : la femme et la mère

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C’est avec Elisabeth Badinter que j’ai souhaité ouvrir le feu. Vous verrez que la question du féminin est d’ailleurs souvent au centre des sujets qui me préoccupent…

J’ai passé mon après-midi de dimanche à dévorer cet essai. A force d’en entendre parler à droite et à gauche avec des avis souvent très… tranchés, j’ai voulu me faire ma propre opinion. Et je ne regrette pas.

L’ouvrage est vraiment très très loin des caricatures qu’on a voulu en faire. Les partisans de l’allaitement ont ainsi voulu donner du livre l’image d’un pamphlet anti lait maternel, inféodé aux grandes multinationales du lait artificiel, et fustigeant les femmes qui donnent le sein comme ennemies du féminisme. Mais ce n’est pas du tout ce que j’ai lu, pour ma part…

Jamais Elisabeth Badinter ne dit que l’allaitement est le mal absolu (ou alors j’ai eu entre les mains un exemplaire unique imprimé seulement pour moi…). L’allaitement n’est même pas le sujet principal du livre. La thèse est qu’il existe une multitude de manières d’être femme et une multitude de désirs féminin par rapport à la féminité. Certaines s’épanouiront totalement dans le rôle traditionnel de la Mère, d’autres parviendront à naviguer de manière équilibrée entre leur identité maternelle et leurs autres désirs (professionnels, amoureux…), d’autres enfin ne s’épanouiront pas dans la maternité parce qu’elles ont d’autres priorités. Entre ces trois pôles, des multiplicités de positions intermédiaires…

Le problème, c’est que la société actuelle montre un retour en force de l’image archétypale de la mère idéale, qui sacrifie tout pour ses enfants, et, crise économique oblige, reste au foyer. Rôle qui peut convenir à certaines, mais pas à toutes. Sommée d’allaitée parce que c’est ainsi que la nature l’a faite, sommée d’utiliser des couches lavables parce que c’est écologique, sommée de cuisiner des purées bio, sommée de travailler à temps partiel ou même de ne plus travailler du tout, la femme qui ne se retrouve pas du tout dans ce que la société voudrait qu’elle soit a bien souvent l’impression d’être une mauvaise mère, qu’elle n’est pas, et sent peser sur elle les regards réprobateurs.

Allaiter, c’est très bien. Quand on le souhaite. Mais quand on n’en a pas envie, ça peut juste être l’enfer. Or l’OMS voudrait que le taux de femmes qui allaitent soient bien supérieur à ce qu’il est actuellement. La France résiste : les maternités labellisées « amies des bébés » (j’adore ce nom, les autres sont leurs ennemies certainement), qui pour obtenir le dit label doivent avoir75% d’allaitement exclusif, ne sont que 7. Comment imaginer que l’augmentation du nombre de femmes donnant le sein puisse se faire sans pressions et stigmatisation de celles qui ne le souhaitent pas ? Difficile.

Or c’est bien là l’enjeu de cet essai : rappeler une fois encore que les femmes doivent rester libres de leurs choix. Libres d’avoir un enfant ou non, libres de l’allaiter ou non, libres de travailler moins, ne plus travailler du tout, de travailler autant, de donner la priorité à leur rôle de mère ou à celui de femme… libres !!!! Or force est de constater que chez nos chers voisins européens, le choix n’est pas là : en Allemagne, puisque c’est l’exemple le plus effrayant, les contraintes qui pèsent sur les mères sont tellement lourdes que le taux de fécondité y est au plus bas, les femmes préférant ne pas faire d’enfants plutôt que d’être considérées comme « mères corbeaux ». En France, les femmes sont libres, et du coup le taux de fécondité est encore élevé. Mais pour combien de temps ?

Je vous encourage à lire cet ouvrage et de ne pas vous arrêter à ce qu’on a pu vous en dire, ce serait vraiment dommage !