Les parisiennes de Kiraz

parisiennes.gif

Ce que j’aime chez les Parisiennes de Kiraz, créées pour le magazine Jours de France en 1959 et qui ont aujourd’hui une présence active dans la publicité, c’est leur fraîcheur et leur intemporalité. Superficielles, drôles, bavardes, fashionistas (même si à l’époque le mot n’existait pas), elles font tourner les hommes en bourriques, se servent d’eux et en même temps recherchent désespérément le grand amour. En cela, et je vais sans doute faire hurler quelques puristes en le disant, elles sont pour moi les grandes soeurs de Carrie Bradshaw et ses amies. Oui parce que malgré leur caractère un peu désuet, ce sont néanmoins des femmes modernes, qui courrent de soirées en premiers rendez-vous perchées sur des escarpins que ne renierait pas Manolo, elles semblent futiles mais sont en fait d’une grande complexité : même les planches les plus anciennes, finalement, posent des problèmes totalement actuels, et je trouve que Kiraz cerne avec une clairvoyance absolue la psychologie féminine : « Il est honnête, travailleur, dévoué… Mais moi je n’aime que les voyous. », « j’aime dominer les hommes… mais je ne rêve que d’une défaite », tels sont les réflexions oh combien existentielles que ces jeunes femmes partagent avec leurs copines, et qui me donnent l’impression que j’aurais pu les prononcer !

Je garde un souvenir particulièrement vif de l’exposition qui a été consacrée à ces icônes par le musée Carnavalet en 2008 et dont le catalogue présente une sélection particulièrement éloquente. Une véritable plongée au coeur de la féminité…

 

Pars vite et reviens tard

pars-vite-et-reviens-tard couv

On ne peut pas dire que je sois une grande amatrice de polar, mais lorsque j’ai eu l’occasion, grâce à un représentant en livres scolaires qui me l’a gracieusement offert, et grâce à Pimprenelle qui proposait sur son blog de découvrir cet auteur, de lire cette oeuvre de Fred Vargas, dont j’entendais parler depuis si longtemps, j’ai sauté dessus. Et je n’ai pas du tout été déçue : l’intrigue est particulièrement originale et bien ficelée, et les personnages très attachants.

A Paris, Joss, ancien marin, exerce la profession de crieur : il déclame les petites annonces devant un parterre nourri de curieux. Mais au milieu des légumes à vendre et des chatons à adopter apparaissent d’étranges messages, qui annoncent tous la peste. Au même moment, d’étranges symboles sont peints sur les portes de certains immeubles. A chaque fois, tous les appartements sont concernés, sauf un. La psychose s’installe… et le commissaire Adamsberg, aux méthodes on ne peut plus particulières, se lance sur la piste de celui qui est derrière tout ça…

Ce fut vraiment une lecture agréable, et je pense que cet été il est fort possible que je lise d’autres romans du même auteur, d’autant que le personnage d’Adamsberg m’intrigue beaucoup, je dois dire, et que j’ai donc très envie de découvrir ses autres enquêtes, en espérant qu’elles seront aussi bien menées que celle-ci. Je vais donc de ce clic aller faire ma petite liste parmi les oeuvres proposées par les autres participants à ce challenge !

 fred_vargas-logo.jpg

 

Sex and the city, and me…

sex-and-the-city-2-

Que se passe-t-il après le happy end du conte de fée ? Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (ou pas d’ailleurs…). Soit. Mais dans les faits, ça donne quoi ? Et bien justement, c’est tout le propos de ce film que, je peux le dire d’emblée, j’ai adoré !

Autant dire tout de suite que ce n’était pas gagné. Déjà parce que je ne suis pas une fanatique des salles obscures : j’aime les films, mais je les préfère bien calée dans les coussins de mon canapé. Et puis je n’avais pas lu que des commentaires élogieux, loin de là, même venant d’inconditionnelles de Carrie et ses amies. Enfin, j’avais un doute : est-ce que j’allais me sentir concernée ? Parce que Carrie, c’est moi. Mais la Carrie de la série, celle qui court après ce mister Big ombrageux qui toujours s’échappe et se pose des questions existentielles comme « Manolo ou Jimmy ? ». Alors je craignais que la Carrie mariée, celle qui a enfin réussi à choper le sien et à le retenir dans ses filets, ne me parle pas, à moi dont le Big continue à jouer à cache-cache.

Et bien, justement, c’est tout le contraire qui s’est produit !

Nous retrouvons donc nos quatre amies deux ans après les avoir laissées à la fin du premier opus. Charlotte et Miranda font ce qu’elles peuvent avec leurs enfants, Samantha lutte contre la ménopause à coup d’hormones, et Carrie et Big vivent une vie heureuse dans leur appartement douillet. Heureuse ? C’est compter sans les doutes. Mais là où on s’attendrait à ce que ce soit Big qui pose problème encore une fois, c’est Carrie qui a du mal à s’y faire. Alors que Big, tout à son bonheur tranquille, ne rêve que de dîner à la maison et regarder de vieux films lové sur le canapé avec sa femme, Carrie a peur de s’enliser et de laisser s’installer une routine de vieux couple. Carrie Preston regrette un peu Carrie Bradshaw. Vient alors pour nos quatre amies une formidable opportunité d’échapper à leur quotidien : un fabuleux séjour tous frais payés (ce qui n’est pas peu dire) à Abu Dhabi. Plongées au coeur des Mille et une nuits, elles retrouvent leur légèreté. Et pas que leur légèreté, puisqu’au détour d’une boutique du souk, Carrie tombe nez à nez avec Aidan…

Alors oui, ce n’est pas le film de l’année et on n’attend pas l’Oscar de l’interprétation. Oui, c’est bling bling, c’est too much, c’est fric, c’est parfois gros (quelles sont les probabilités de tomber sur son ex à l’autre bout de la planète ?), mais c’est Sex and the City. C’est drôle, les costumes sont à tomber, et ça fait rêver. J’ai été totalement transportée, totalement conquise, ça m’a redonné la pêche, la foi, l’envie de croire encore aux contes de fée. Rien que pour le sourire craquant de Big, son inimitable (encore que je connaisse quelqu’un qui l’imite à la perfection) haussement de sourcils, son regard plein de tendresse, son romantisme particulier… et bien ça vaut le coup !

Les grands classiques de la littérature libertine

lemonde.jpg

Belle initiative que celle du Monde : éditer, dans une collection très glamour habillée par Nathalie Rykiel, les grands textes de la littérature érotique en 20 volume qui paraîtront chaque jeudi ! Le choix s’est porté sur des auteurs incontournables bien sûr, comme Diderot, Sade, Casanova ou Crébillon fils, et sur d’autres qui restent pour moi à découvrir : Andréa de Nerciat, Charles Duclos ou Forgeret de Monbron. Il y aura également des anthologies, notamment des Correspondances amoureuses que j’attends avec impatience, un recueil de poésie érotique et un autre de contes et nouvelles, et un Curiosités et anonymes dont je me demande bien ce qu’il peut contenir. Tous les volumes réunis formeront une sorte de fresque représentant un oeil féminin, qui sera du meilleur effet dans la bibliothèque (il va d’ailleurs falloir que je fasse un peu de tri pour leur laisser de la place). Il y a également un oeil sur la couverture, oeil ouvert sur le tableau qui se trouve sous la couverture, et qui est en lien avec l’oeuvre proposée, et qui changera de place selon le détail qu’il s’agira de mettre en valeur.

Lorsque j’ai vu le tome 1 tout à l’heure, Les Bijoux indiscrets de Diderot, je n’ai donc pas pu me retenir de le faire mien, même si je possédais déjà ce texte (personne n’en sera surpris, je présume). Je trouve l’édition de belle qualité, meilleure d’ailleurs que ce que le Monde propose d’habitude, et il est accompagné de documents divers, d’une introduction  écrite par l’un des meilleurs spécialistes de chaque auteur, et d’illustrations. Une bonne occasion de relire ce petit roman très drôle, où le sexe des femmes (métaphorisé sous le terme de « bijoux »), bavard et peu discret, raconte la vie privée de sa propriétaire.

Bref, une belle surprise, je pense d’ailleurs m’abonner pour être sûre de n’en louper aucun (oui parce que sinon la fresque ne sera pas complète et ça va me perturber).

 

Le concile d’amour

panizza.jpg

Voici encore une curiosité ! Il s’agit d’une pièce de théâtre (que j’aimerais vraiment voir sur scène !!!!!!!!!) écrite par Oscar Panizza en 1894. On est en pleine décadence, et cela se retrouve dans les choix du thème et des personnages.

Nous sommes en 1495. Pendant que sur terre les hommes s’adonnent à la luxure, et notamment le Pape, au Ciel plusieurs personnages dissertent : Dieu, le Diable, la Vierge, le Christ, et avec eux une cohorte d’anges et de personnages comme Marie-Madeleine. La question : comment punir les hommes de leur attitude ? Et c’est comme ça qu’apparut la syphilis, sous les traits de la Femme…

Autant dire que l’oeuvre fit scandale, et qu’elle valut à l’auteur un petit séjour en prison. Parce que, outre le fait de représenter Dieu et sa famille sur scène, ce qui déjà est assez impensable, il pose avec humour une question essentielle : pourquoi l’amour et la sexualité, même la plus débridée, devraient-ils être punis ? Pourquoi devrait-on se sentir coupable ? Pourquoi la syphilis (et après elle le SIDA, ce qui rend le texte d’autant plus actuel) serait-elle un châtiment ?

Très drôle mais malheureusement méconnu, cette pièce mérite vraiment qu’on s’y arrête !!!!

Juillet

juillet.jpg

L’amour est là, dans ses bras, arrivé à bon port, éphémère comme l’être humain qu’il est, incomplet, imparfait parce que voué à l’extinction, la disparition, comme lui. La seule éternité semble bien être ce cri inépuisable, cette constante exigence d’amour qu’il croyait bien pourtant avoir étouffé au fond de lui.

Lorsque Lili a parlé de ce livre il y a quelques temps, j’ai tout de suite noté la référence et me le suis procuré rapidement, tant l’histoire m’attirait. Et de fait, ce roman a tout pour me plaire : une histoire d’amour passionnelle et passionnée, interdite, risquée. Une plongée au coeur de l’âme humaine et de ses tourments, qui prouve encore une fois, si besoin était, que l’amour n’a rien de raisonnable.

Simon aime Catherine, Catherine aime Simon. Cet amour est profond, total, absolu, bien que non vécu : chacun aime en silence. Mais voilà : Catherine est mariée à David, le fils de Simon, et ils ont ensemble un petit garçon. Catherine et David n’ont pas fait l’amour depuis deux ans, depuis ce jour de juillet où Catherine a révélé sa grossesse. Les fils de la tragédie sont noués : les personnages se retrouvent à la campagne pour préparer le repas d’anniversaire de Charlotte, mère de David et femme de Simon. La chaleur est torride, les sentiments, les passions sont exarcerbés, les caractères se révèlent. Tout bascule alors en cette journée de juillet…

L’histoire est très belle, les sentiments sont parfaitement analysés. Mais pour une raison que j’ignore, je n’ai pas réussi à entrer pleinement dedans. Je pense que c’est ma faute, j’ai été gênée par l’atmosphère québecquoise et ma lecture achoppait sur certaines expressions et tournures de phrases, notamment dans les dialogues, et du coup je n’ai pas été transportée. C’est dommage…

 

Fluide glamour

fluide.jpg

En tombant l’autre jour sur un article chez Neph, j’ai eu très envie de découvrir à mon tour ce nouveau magazine, et je me suis donc précipitée dessus chez mon dealer de papier glacé préféré. Et je n’ai pas du tout été déçue du voyage, moi qui ai en ce moment bien besoin de légèreté teintée d’une petite dose de cynisme. Et je n’aurai qu’un mot (enfin une expression) : OMG (qui signifie bien sûr : Oh My GodE).

Autant le dire tout de suite : je ne connais rien à la BD, et je ne connais le Fluide Glacial original que pour l’avoir feuilleté une fois il y a bien longtemps car une fille de mon lycée avait posé pour les pages playmate et que ça alimentait les conversations de cour de récré (et curieuse comme je suis, j’avais évidemment tenu à me faire ma propre opinion, vous pensez bien !). C’est donc avec un regard plus ou moins innocent que je me suis plongée hier après-midi dans cette drôle de lecture, et je dois dire que je suis totalement convaincue. Le ton est décalé, c’est drôle, ça parle de sexe sans jamais tomber dans la vulgarité. J’ai retrouvé des gens dont j’apprécie le travail, comme Margaux Motin dont je parlais l’autre jour ou Paco, j’en ai découvert d’autres dont j’ai beaucoup apprécié le coup de crayon, comme Arthur de Pins. J’ai donc un petit peu amélioré ma culture BD, ce qui n’était pas du luxe. Mais il n’y a pas que de la BD, il y a des textes et je suis également tombée sous le charme de plumes qui méritent d’être lues, comme Ovidie, célèbre actrice porno (dont je n’ai pas vu les films) racontant ici l’histoire de Larry Flint, ou Maïa Mazaurette qui, dans Le Guide du râteau, fait tomber de son piédestal le sentiment amoureux. J’ai également appris au fil des pages que le vibromasseur était out et que le nouveau sex toy tendance était la machine à laver (plus difficile à caser dans un petit appart, néanmoins), qu’il existait des fétichistes du pull en mohair et que pour rassurer un homme sur sa virilité il faut lui demander de déplacer une armoire (astuce que je ne manquerai pas de tester à l’occasion, bien que n’ayant pas d’armoire. Le buffet fera l’affaire !). Entre autres.

Bref, c’est drôle, c’est léger, c’est cynique, c’est girly, et on passe un agréable moment !

Le site : fluide glamour