Le Petit Prince

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On ne voit bien qu’avec le coeur.

L’essentiel est invisible pour les yeux.

C’est un livre que je relis régulièrement, et toujours avec autant de plaisir et d’émerveillement. C’est un livre que j’aime beaucoup étudier également lorsque j’ai le plaisir d’avoir des sixièmes, car il est d’une richesse incroyable.  Je l’ai d’ailleurs découvert lorsque j’étais moi-même en sixième et l’exemplaire que j’utilise date de cette époque. J’aime beaucoup voir le regard effaré de mes loupiots lorsque je leur précise ce fait, et qu’ils me disent avec de grands yeux : « whhaaaa, il est drôlement vieux alors ! » (ce qui fait toujours plaisir…).

La rencontre avec le renard qui ne demande qu’à être apprivoisé, la découverte du caractère unique de sa rose et du fait que, malgré son caractère insupportable, il l’aime et elle lui manque, les boas ouverts et fermés… tant de passages clés qui nous en apprennent beaucoup sur la vie. C’est peut-être un des plus beaux livres qui ait été écrit sur l’amour…

Je ne saurais trop conseiller également, pour ceux qui ne la connaissent pas, la bande dessinée de Johan Sfar, qui respecte à merveille l’univers de ce petit personnage qui a marqué la littérature française et bien des générations d’enfants.

Je l’aimais…

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Je crois que j’étais assez heureux à cette époque de ma vie parce que même si je n’étais pas avec elle, je savais qu’elle existait. C’était déjà inespéré.

D’Anna Gavalda, je n’avais lu jusqu’à récemment que son recueil de nouvelles Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, qui était déjà tout un programme en ce qui concerne la complexité des relations amoureuses. Mais je me souviens qu’il y a environ deux ans, quelqu’un m’avait conseillé ce petit roman. Prise par le temps et d’autres préoccupations, j’avais oublié. Et puis l’autre jour, par hasard, je suis retombée dessus, et par un pluvieux dimanche après-midi empreint de mélancolie, bien calée dans mes coussins, je l’ai dévoré.

Chloé vient d’être abandonnée par son mari. Pierre, son beau-père, l’emmène dans sa maison de campagne, à l’écart des bruits du monde. Et là, cet homme secret et austère, qui ne se livre jamais, va lui raconter le grand amour de sa vie. Pas son histoire avec Christine, son épouse, mais avec Mathilde, qu’il a pourtant laissé partir, par lâcheté, par peur de bouleverser sa vie, alors que pourtant il l’aimait plus que tout.

Je dois dire que ce roman m’a beaucoup touchée et rendue un peu triste, parce qu’il est finalement assez pessimiste : même quant on rencontre l’Amour, le vrai, celui qui  bouleverse jusqu’au fond de l’âme, il est possible de passer à côté et de gâcher sa chance d’être heureux par peur d’être malheureux, par peur du changement, par peur de l’échec.

En tout cas, Gavalda possède une manière bien à elle de parler de l’amour. Ses phrases sonnent juste et j’avais souvent l’impression qu’elle arrivait à mettre des mots sur ce que je ressentais confusément sans arriver à l’exprimer clairement. La citation que j’ai mise en exergue de cet article est sans doute celle qui m’a le plus bouleversée pour cette raison.

Je n’ai pas encore vue l’adaptation cinématographique de Zabou Breitman, mais je pense que je ne vais pas tarder à le faire car la bande annonce est prometteuse.

La Prophétie Charlemagne

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Voici les dernières aventures de Cotton Malone, ancien agent du gouvernement américain reconverti en libraire au Danemark. J’aime énormément ces thrillers écrits par Steve Berry : le personnage principal est attachant, le rythme est soutenu, et, pour ne rien gâcher, on apprend beaucoup de choses sur l’histoire.

Dans ce roman, l’intrigue a un caractère personnel : Malone cherche à savoir ce qui est arrivé à son père, dont le sous-marin a disparu 35 ans plus tôt. Il est accompagné dans sa quête par une cohorte de personnages dont on ne sait jamais lesquels sont fiables et lesquels ne sont pas : Dorothea et Christl, des jumelles animées d’une haine farouche l’une envers l’autre, leur inquiétante mère et son homme de main… Parallèlement, Stephanie Nelle et Edwin Davis, soutenus par le Président des Etats-Unis himself, cherchent à déjouer les plans d’un machiavélique amiral de la navy, aux ambitions démesurées et à la morale quelque peu dévoyée. Les deux fils narratifs, qui bien évidemment entretiennent un lien étroit, s’entrecroisent pour donner au roman un rythme halletant, sans pour autant perdre le lecteur. Quel est donc ce secret que les uns cherchent à dévoiler afin de comprendre ce qui est arrivé en 1973, et que les autres cherchent farouchement à préserver ? Tel est l’enjeu de ce livre, qui nous entraîne vers ce qui est peut-être l’origine de toute civilisation…

Ce roman peut paraître effrayant par sa longueur, mais en réalité il se lit très vite, tant on se sent happé par le désir de découvrir la clé de l’énigme. Et il se termine sur un cliffangher qui donne d’autant plus envie de découvrir le prochain, qui nous livrera peut-être enfin l’origine de ce prénom fort intrigant de « Cotton », dont l’histoire est toujours promise par le personnage… Un seul regret : l’absence des personnages de Henrik et Cassiopée, qui ne semblent pas avoir trouvé leur place dans cette quête.