L’initiation de Claire – tome 2 : Douter, de Valéry K. Baran

DouterPeut-être n’aurait-elle pas dû en éprouver un tel effroi, après avoir goûté à ce vers quoi ses pulsions les plus sombres la poussaient ? Elle n’en avait pas été convaincue. Ce que lui avait fait vivre Mathieu était resté extrême, autant dans les pratiques en elles-mêmes que dans l’introduction brutale dans son univers. Il ne lui avait pas mis une gentille fessée avant de lui faire l’amour tendrement ; il l’avait poussée dans ses retranchements, avait abattu ses barrières l’une après l’autre, l’avait emmenée à la jouissance sous ses coups… Et il lui demandait déjà, désormais, d’être impliquée dans un rituel qui, du début à la fin, l’affolait.

C’est avec le premier volet de L’Initiation de Claire que j’ai découvert Valéry K. Baran, auteure dont depuis j’aime beaucoup lire les textes, qui correspondent parfaitement à mes goûts et à mon univers. J’attendais donc avec impatience le second volet de l’histoire de cette jeune femme qui fait l’apprentissage du BDSM…

Au lendemain de sa nuit d’initiation avec Mathieu, Claire ne sait plus trop où elle en est, et s’interroge sur ses désirs profonds : la découverte qu’elle vient de faire de son côté sombre l’inquiète, et elle n’est pas très sûre de vouloir continuer. Pourtant, Mathieu l’attire irrémédiablement.

Ce qui est appréciable avec Valéry K. Baran, outre évidemment les scènes de sexe excellemment écrites et très excitantes, c’est son talent pour explorer les tréfonds de l’âme de ses personnages : les choses ne vont jamais de soi, et les doutes du personnage sur ses véritables désirs sont au coeur de ce second tome, qui constitue en quelque sorte une parenthèse dans l’initiation à l’univers BDSM. Quelques liens, des souvenirs de la nuit précédente puisque ce second volet prend directement la suite du premier, mais ni paddle ni cravache ni fouet. Pour autant, on sait que cela va venir : Claire doute, mais il est très rapidement évident qu’elle a envie de continuer sur la voie de la connaissance d’elle-même et de ses désirs les plus sombres. Pour notre plus grand plaisir, évidemment !

L’initiation de Claire – tome 2 : Douter
Valéry K. BARAN
HQN, 2016

Mardi-c-est-permisBy Stephie

Sexy Rugby

Décidément, les éditeurs d’HQN ont toujours de bonnes idées : à l’occasion de la coupe du monde de Rugby, ils ont demandé à leurs auteurs d’écrire des nouvelles autour du ballon ovale — et surtout de leurs joueurs, dont on connaissait déjà la sexytude grâce au calendrier des Dieux du stade.

Neuf nouvelles ont ainsi été écrites et publiées, et dont on a parlé un peu partout tant l’idée a amusé les journalistes tant sportifs que littéraires, jusqu’à Augustin himself. Parmi ces nouvelles plus tentantes les unes que les autres,  j’en ai choisies deux, celles de mes chouchoutes : Angéla Morelli et Valéry K. Baran.

Dans Mêlée à deux, Angéla Morelli nous invite dans une maison d’hôtes près de Montauban, tenue par Eugénie, une geekette aux cheveux roses fan de fantasy, et sa tante Mila. Suite à un petit incident, elles doivent loger sous leur toit la moitié d’une équipe de rugby en stage dans la région. C’est comme cela qu’Eugénie fait la connaissance de Rodrigue, une armoire à glace exsudant la testostérone par tous les pores de sa peau mais aussi un peu Bad Boy. C’est mignon, c’est drôle, c’est sexy, les personnages sont très attachants, et on en redemande pour le dessert, d’autant que comme à son habitude, Angéla Morelli laisse dans son texte une place de choix aux livres et à la littérature !

Ambiance totalement différente dans A un stade du plaisir : Valéry K. Baran nous invite dans les vestiaires d’un centre de formation, et dans la tête de Josh, un jeune joueur troublé par un de ses coéquipiers. C’est de la romance M/M, donc pas forcément pour tout le monde, mais moi ça me plaît : l’histoire est sensuelle, troublante, et très bien construite, insistant non seulement sur l’aspect charnel mais aussi sur la dimension psychologique — comment accepter son homosexualité lorsqu’on évolue dans un milieu qui la rejette ? C’est parfois violent, mais aussi, bien sûr, très émoustillant !

Deux belles nouvelles donc, totalement différentes mais très plaisantes à lire, très bien écrites, qui donnent presque envie de s’intéresser de plus près à la coupe du monde !

Mêlée à deux
Angéla MORELLI

A un stade du plaisir
Valéry K. BARAN

HQN, 2015

Mardi-c-est-permisBy Stephie

Les provocations d’Ava, d’Ava Castel

Les provocations d'AvaEt tu n’as pas fini de les faire rire, parce qu’ils étaient aux premières loges pour profiter de ma toute première infidélité à ton égard. Tu dois porter quelques noms de cocus. Mais tu ne leur en voudras pas, c’est maintenant complètement légitime.

Je voulais lire ce texte depuis sa sortie, d’autant que je l’avais promis à son auteur. Mais, faute de temps, je n’ai pas eu le temps avant, et je l’ai donc emporté avec moi à Bruxelles. La soirée a été chaude, c’est moi qui vous le dit, malgré la pluie qui tombait violemment contre la vitre…

En rentrant plus tôt que prévu de ses vacances, la narratrice, Ava, a trouvé son compagnon la tête enfouie entre les cuisses d’une autre femme, ce qu’elle n’a évidemment guère apprécié. Après avoir disparu pendant quelques jours, elle lui écrit pour lui raconter tout ce qu’elle a fait… et pour lui qui est jaloux, ce récit pourrait bien constituer la pire des punitions.

Il y a un proverbe qui dit qu’il vaut mieux marcher sur la queue d’un serpent que d’humilier une femme, et cette novella le prouve avec maestria : extrêmement bien construite, elle progresse lentement mais sûrement, commence par de petits faits jusqu’à aboutir au plus cruel. C’est très érotique, mais aussi diablement pervers, pour notre plus grand plaisir, car le narrataire est toujours présent, et on ne peut s’empêcher de l’imaginer souffrir et s’étrangler de rage — ce qui est somme toute assez plaisant voire cathartique. Après s’être oubliée dans une relation où le plaisir de l’autre comptait plus que le sien, Ava se libère et met en scène sa libération, à travers un processus que l’on pourrait presque qualifier de dramaturgique, qui se sert de la pulsion scopique pour faire mal.

Parfaitement maîtrisé, ce texte est donc une très agréable lecture, parfaite pour l’été et la chaleur !

Les Provocations d’Ava
Ava CASTEL
Collection Paulette, 2015

Et en plus, il cuisine d’Angela Morelli

Et en plus, il cuisineGreg était l’ancien petit ami d’Agathe, qui avait mérité récemment le sobriquet d’Odieux Connard. Elle l’avait largué trois semaines auparavant après qu’elle l’avait surpris en train de démontrer à une blonde d’un mètre quatre-vingts à peine majeure les bienfaits de la levrette dans le lit conjugal. Même si Agathe n’était pas particulièrement émotive, elle en avait laissé tomber ses clés en criant de surprise. Greg avait eu la décence de ne pas achever ce qu’il était en train de faire, mais pas celle de quitter élégamment les lieux. Agathe s’était donc retrouvée avec deux valises hâtivement remplies et son chat, le nez rougi et les yeux pleins de larmes, sur le paillasson de Jade qui lui avait offert l’asile, son canapé-lit et six tournées de mojitos.

C’est l’été (enfin bientôt, mais vu qu’il fait beau, c’est tout comme) et c’est donc la saison la plus propice aux comédies romantiques. C’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé la plume d’Angela Morelli, avec cette novella pleine d’allant !

Le week-end s’annonce rude pour Agathe, obligée de se rendre à Montauban, là où elle a grandi, pour l’anniversaire de mariage de ses parents. Le problème n’est pas la fête en soi, mais son odieux dragon de mère, et le fait qu’elle n’a encore osé annoncer à personne qu’elle vient de se séparer de Greg, que ses parents tenaient pour le gendre idéal, et qui était de leur point de vue la seule chose bien qu’ait réussi leur fille dans sa vie. Pourtant, une surprise l’attend en la personne du craquant traiteur, qui se trouve être un ancien camarade de classe…

C’est de la pure comédie romantique comme on les aime : fraîche, drôle, avec des personnages hauts en couleur et attachants. Pas tous : la mère est à baffer, et dans la situation d’Agathe, j’aurais pris mes cliques et mes claques et elle se serait passée de moi à sa fête ; mais du coup, il n’y aurait pas eu d’histoire, et je ne suis pas Agathe, une jeune femme touchante et qui manque de confiance en elle, parce qu’elle a toujours fait ce qu’on voulait d’elle et non ce qu’elle voulait elle, sans pour autant obtenir l’approbation de ses géniteurs, d’affreux snobs il faut bien le dire.

J’ai passé un très bon moment avec cette petite histoire, que je vous conseille vraiment si vous avez envie d’un peu de distraction !

Et en plus, il cuisine
Angela MORELLI
HQN, 2015