L’écriture comme un couteau, d’Annie Ernaux. Entretien avec Frédéric-Yves Jeannet

Je sens l’écriture comme une transsubstantiation, comme la transformation de ce qui appartient au vécu, au « moi », en quelque chose existant tout à fait en dehors de ma personne. Quelque chose d’un ordre immatériel et par là même assimilable, compréhensible, au sens le plus fort de la « préhension » par les autres.

Je poursuis mes investigations concernant Annie Ernaux, avec ce texte au titre fort (j’en ai donné un similaire à un texte, si ce n’est que c’est l’amour qui est le couteau, mais c’est à cause de Kafka) et qui me semble assez essentiel.

Dans cette série d’entretiens menée par mail avec Frédéric-Yves Jeannet, Annie Ernaux se livre sur tous les sujets qui concernent l’écriture : l’écriture du moi, la forme, le style, les influences, la dimension politique de l’écriture, et j’en passe car il serait vain de tous vouloir les lister.

Et j’ai vraiment trouvé cela passionnant encore une fois, bien plus que les romans d’Ernaux eux-mêmes. Bien sûr, il y a des points où ça coince : ce besoin de décharner le style, cette obsession des rapports de classe et cette culpabilité sous-jacente que je n’arrive décidément pas à comprendre, l’enseignement, Duras… mais j’ai aussi été illuminée par de nombreux passages, j’ai surligné bien des phrases et même recopié certaines dans mon carnet de citations, beaucoup de choses m’ont fait réfléchir aussi, par exemple cette idée que lorsqu’on s’intéresse aux influences d’un écrivain, on devrait aussi se demander contre qui il écrit, je n’y avais jamais pensé en ces termes mais j’ai trouvé cela très vrai. J’ai aussi beaucoup aimé ce qu’elle dit sur « l’écriture féminine ».

Au final, j’ai trouvé ce texte assez vivifiant, et il m’a aidée à poser beaucoup de choses (y compris, donc, contre Annie Ernaux). Je le conseille vraiment cette lecture à tous ceux qui s’intéressent à la fabrique de l’écriture : c’est une mine, il faut creuser, mais on en ressort enrichi !

L’Ecriture comme un couteau
Annie ERNAUX
Entretien avec Frédéric-Yves Jeannet
Stock, 2003 (Gallimard, Folio, 2011)

Dans la tête d’un zèbre, de Claire Rio Petit : mieux vivre avec un cerveau complexe

Ce livre est un partage. Le partage du résultat de mes recherches sur le thème de la douance, de la multipotentialité. Le partage de mes expériences, bonnes ou mauvaises, sous la forme d’un récit de vie. Il est un guide accessible à tous même s’il est loin d’être exhaustif tant le sujet est vaste. J’ai entrepris sa rédaction à un moment où j’étais en quête de réponses et j’espère qu’il pourra vous être utile si vous vous sentez différents, en décalage avec le monde qui vous entoure, si vous êtes, vous aussi, en quête d’informations sur la douance ou si vous êtes juste curieux.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de livre sur le sujet. De fait, je ne peux pas être sr tous les terrains introspectifs (même si je soupçonne que les sujets qui m’accaparent actuellement ne sont pas sans lien), et j’avais un peu l’impression d’avoir un peu fait le tour de la question, sans que cela m’aide concrètement : je ne sais plus qui dit que constater que son vélo à un pneu crevé, c’est bien, mais que ça ne va pas le regonfler. Donc, je m’attelle plutôt à essayer de le regonfler. Mais avant l’été, Claire m’a proposé de m’envoyer son livre, et je me suis dit qu’à défaut de m’aider, cela m’intéresserait.

Il s’agit donc du témoignage/enquête d’une zèbre (c’est le terme qu’elle préfère) détectée très tardivement. L’ouvrage s’ouvre sur des généralités : le cerveau, les formes d’intelligence, la pensée, la mémoire, les émotions, l’hyperexcitabilité, la synesthésie. Ensuite, elle évoque le passage à l’âge adulte, avec tout le sentiment de décalage ressenti et la « découverte », qui engendre une véritable renaissance. Enfin, la dernière partie est consacrée à la manière de déployer ses ailes (ce qui nous ramène à la métaphore que personnellement j’adopte : le cygne) : être une femme, l’amour et les peurs, la sexualité, la parentalité ou non (avec un passage sur le syndrome du jumeau perdu), la vie professionnelle, le besoin de se sentir vivre, l’équilibre et le bonheur.

Un ouvrage très riche, un des plus riches et complets que j’ai lu sur le sujet. Je me suis beaucoup reconnue (pas sur tout évidemment), y compris sur des points sur lesquels je n’avais absolument pas fait le lien : le fait que je doive porter des lunettes de soleil à peu près 365 jours par an, que j’entende les ultrasons, que je sois intolérante aux vibrations des basses de la musique électro au point d’en être physiquement malade. J’ai souvent souri (« ah oui, c’est exactement ça »), et au final cet essai m’a donné beaucoup de clés de compréhension qui, si elles ne m’aident pas forcément à regonfler mon pneu, m’aident à comprendre pourquoi il est à plat. Bref, cela m’a fait du bien, et je ne saurais trop recommander cette lecture à ceux qui sont concernés, ou ont des proches qui le sont.

L’ouvrage paraîtra bientôt dans une nouvelle édition plus travaillée, mais je vous donne celle dans laquelle je l’ai lu !

Dans la tête d’un zèbre. Mieux vivre avec un cerveau complexe.
Claire RIO PETIT
Hello, 2022

Tarot for Writers, de Corinne Kenner : Tarot et créativité

Most people think of tarot cards as a fortunetelling device — but they’re also an excellent tool for writing and creative thinking. Writers from John Steinbeck to Stephen King have used tarot cards for inspiration, and Italian novelist Italo Calvino went so far as to call the tarot « a machine for writing stories. »
Calvino was right. An ordinary tarot deck can help you break through writer’s block, serve as a source of creative inspiration, and give you insights into your characters’ past, present and future. Tarot cards can help you generate new material or breathe new life into a project you’ve already started.

Une partie de mon été a été consacrée à la poursuite de mon apprentissage du Tarot, d’abord pour moi, ensuite parce que mon nouveau projet de roman est en partie basé sur la divination, et enfin parce que je voudrais proposer un programme de créativité plus riche et complet que ce que j’ai fait avec le Voyage Tarologique (qui va disparaître, donc si vous le voulez, c’est le moment). J’ai donc suivi plusieurs formations absolument passionnantes qui ont enrichi mon approche, et j’ai énormément travaillé sur ce manuel.

Tarot for Writers est, comme son titre l’indique, un manuel de Tarot a destination des écrivains. La première partie est consacrée à l’outil lui-même, les cartes, les tirages : elle ne m’a pas appris grand chose vu où j’en suis dans ma pratique, mais néanmoins j’ai trouvé qu’il s’agissait d’une excellente introduction. La deuxième partie se concentre sur la manière dont le Tarot peut servir aux écrivains : dans la phase d’écriture elle-même (construire les personnages, l’intrigue etc.) mais aussi comme coach . Enfin, la troisième partie est un voyage créatif à travers les 78 arcanes : leur signification, leur symbolisme, ce à quoi ils nous invitent dans notre pratique d’écriture, et quelques déclencheurs d’écriture.

Un manuel qui n’a pas fini de me servir, car il s’agit d’un excellent manuel de Tarot, dans un anglais facile, et qui adopte un angle original qui permet d’enrichir sa pratique tarologique et sa pratique d’écriture, avec beaucoup d’exercices ; c’est aussi un très bon cours d’écriture avec des chapitres intéressants sur la construction des personnages, de l’intrigue, qui donne beaucoup d’idées pour les ateliers d’écriture. Alors bien sûr je m’en sers surtout pour m’amuser : pour écrire un roman entier, je pense que c’est plus compliqué sinon à titre expérimental, mais on peut s’en servir pour creuser et développer.

L’autrice propose le même manuel mais en version astrologique, et j’ai hâte de m’y plonger car mon ambition est d’arriver à mêler plus étroitement les deux outils. Pour celui-là, je le conseille vraiment, que vous soyez curieux du Tarot et cherchiez quelque chose de moins impressionnant que le Tarot divinatoire, ou bien que vous ayez envie de varier un peu votre pratique d’écriture : c’est une mine d’or.

Tarot for Writers
Corinne KENNER
Llewellyn Publications, 2009

L’atelier noir, d’Annie Ernaux : la fabrique de l’écriture

Mais je sais que je ne peux pas échapper à cette phase d’exploration, quelle que soit sa durée. J’ai besoin de découvrir sur quoi j’ai le désir d’écrire, de connaître ma nécessité la plus dangereuse, celle qui me fera m’engager pour des mois dans un texte, vivre avec lui constamment et aller jusqu’à la fin, coûte que coûte. J’attends obscurément de ce journal qu’il m’éclaire sur ce désir et je suis stupéfaite de constater que, à mon insu, il m’a toujours menée jusqu’ici, dans des délais plus ou moins longs, vers ce que j’allais écrire, consentir à écrire enfin.

Bon. Devant mon échec à m’intéresser aux « romans » d’Annie Ernaux, échec plus ou moins cuisant selon les œuvres, je me suis dit que j’allais me plonger dans ses textes réflexifs, l’arrière-cuisine de son œuvre, et j’ai commencé par cet Atelier noir, son journal d’écriture.

Journal d’écriture ou plutôt journal d’avant l’écriture, puisque dès qu’elle a son sujet, le texte qu’elle a envie d’écrire à ce moment-là ou plutôt le texte qui veut être écrit, parmi les multiples idées, elle se lance dans le projet et n’écrit plus dans ce journal. Il s’agit donc, ici, de la suivre dans ses multiples questionnements : la quête du sujet, la quête de la forme…

Et ça, oui, j’ai trouvé ça très intéressant. Cette manière de mêler la vie et l’écriture (au début du Jeune Homme, elle écrit d’ailleurs : « Si je ne les écris pas, les choses ne sont pas allées jusqu’à leur terme, elles ont été seulement vécues »). Et il y a dans ce journal des passages magnifiques sur l’amour et le désir et comment l’écriture naît de là, et moi, c’est ça qui m’intéresse, et c’est justement ce qui me pose problème avec Ernaux : cette tension, cet élan, je ne les retrouve pas dans le produit fini.

En fait, cette lecture m’a finalement permis de mieux cerner ce qui me dérange : je serais assez curieuse d’ailleurs de lire ses premiers jets, tant j’ai l’impression que tout son travail de réécriture consiste finalement à assécher et décharner le style tout en historicisant et en sociologisant. Et ça, ça ne m’intéresse pas (je ne dis pas que ce n’est pas intéressant : juste, moi, je m’en fous).

Au final, je suis très satisfaite de cette lecture, qui nous fait entrer dans la fabrique des textes, j’ai noté beaucoup de réflexions inspirantes, et je continue mes investigations de ce côté-là !

L’Atelier noir
Annie ERNAUX
Les Busclats, 2011 – Gallimard, 2022

La Magie sexuelle, de Sarane Alexandrian : bréviaire des sortilèges amoureux

L’homme et la femme, par la magie sexuelle, extraient l’un de l’autre ce qui manque à la virilité et à la féminité pour être toute puissante. L’individu, par la magie sexuelle, opère la fusion du monde charnel et du monde spirituel. L’humanité dans son ensemble, en conséquence, a intérêt d’aller plus loin que l’amour, plus loin que le plaisir, pour assurer à l’érotisme le développement des pouvoirs magiques déjà latents en lui.

La magie sexuelle : un sujet qui m’intéresse, d’un point de vue plus intellectuel et esthétique (et même littéraire puisque je l’aborde dans certains textes) que pratique d’ailleurs, mais que je trouve absolument fascinant, et j’étais donc très curieuse de découvrir cet essai de Sarane Alexandrian, connu pour avoir été le bras droit d’André Breton (et on sait que l’ésotérisme était un sujet qui intéressait beaucoup les surréalistes). Cet essai est d’abord paru en 2000, et jouit d’une nouvelle édition sortie récemment : une occasion parfaite donc.

Dans cet essai, l’auteur aborde tout d’abord la magie sexuelle inférieure, à savoir comment améliorer sa vie sexuelle et amoureuse grâce à la magie, dans un premier chapitre consacré à la tradition des sortilèges amoureux (sur le sujet, je vous renvoie à la merveilleuse conférence de Tobie Nathan). Mais visiblement, tout comme moi, c’est la magie sexuelle supérieure qui l’intéresse, à savoir celle qui utilise l’énergie sexuelle pour développer les pouvoirs psychiques et influer sur le monde, et il l’aborde dans les cinq chapitres suivants : la magie blanche de l’amour, la sexualité sacrée, le grand œuvre de chair, comment faire l’amour avec une créature invisible et « l’art de chevaucher le tigre » (c’est à dire l’abstinence). Il revient ensuite brièvement sur la magie sexuelle inférieure avec un dernier chapitre sur les aides magiques au sexe. Un dernier addendum s’intéresse brièvement à la wicca.

Un ouvrage du grande richesse, très érudit, parfois curieux (un passage sur le Tarot fera que je ne regarderai plus jamais mes jeux de la même manière), très ésotérique voire occulte, mais absolument passionnant (quand on s’intéresse à ce type de sujets, ce qui est mon cas), et il constitue un véritable fertiliseur pour l’imaginaire !

La Magie sexuelle. Bréviaire des sortilèges amoureux.
Sarane ALEXANDRIAN
La Musardine, 2000-2022

Déchaîne tes mémoires, de Marie Sélène : explore ton passé pour réenchanter ton présent

Ce livre va t’accompagner à la découverte des mystères de la mémoire et t’amener à explorer de bien étranges sphères à l’intérieur de toi. Tu tiens entre tes mains un réel outil de développement personnel qui va te permettre de t’informer, mais également de transformer ton quotidien si tu le souhaites. Nous avons tous et toutes des mémoires d’un passé qui pèse un peu trop lourd, qui ternit notre présent et nous empêche d’en profiter pleinement. Ces mémoires variées trouvent leurs sources dans différents lieux de la psyché et je te propose de les intégrer plutôt que de les subir. Elles sont à la fois des souvenirs, des apprentissages, des émotions gravées, mais aussi des cicatrices, des blocages, des sentiments profonds et incompris.

J’aime beaucoup Marie Sélène. C’est avec elle que j’ai commencé à m’intéresser pleinement à l’astrologie, et son essai sur le sujet m’a beaucoup aidée dans mon apprentissage. Ce que j’apprécie chez elle, c’est sa poésie et sa douceur, sa manière de s’appuyer sur les mythes pour nous aider à nous comprendre, et quand j’ai vu le sujet de son nouvel ouvrage, j’ai tout de suite su qu’il était pour moi, étant moi-même actuellement en pleine guerre avec des mémoires entravantes.

C’est bien de cela dont il s’agit ici : les mémoires. Pas les jolis souvenirs que l’on chérit, mais ceux qui nous empêchent d’avancer librement. Il s’agit donc d’un outil pour transmuter les mémoires bloquantes : mémoires relationnelles, mémoires traumatiques, mémoires injonctives, mémoires transgénérationnelles, mémoires collectives, mémoires originelles…

Un outil, et non une baguette magique : il ne s’agit pas seulement de le lire. Mais, accompagné de Marie Sélène, et des exercices qu’elle propose, de plonger en soi pour comprendre ce qui s’y passe, et pouvoir se libérer de ses chaînes. De fait, cet essai a fait remonter beaucoup de choses, et permis quelques prises de conscience salutaires, ce qui est un premier pas. De fait, ce livre m’a beaucoup fait penser à Femmes qui courent avec les loups. Ici, avec beaucoup de poésie et de douceur, Marie Sélène revisite certains mythes pour nous montrer le chemin vers nous, et ça fait beaucoup de bien !

Déchaîne tes mémoires. Explore ton passé pour réenchanter ton présent !
Marie Sélène
marabout, 2022

Apprivoiser son ombre, de Jean Monbourquette : intégrer le côté mal aimé de soi

L’ombre, c’est tout ce que nous avons refoulé dans l’inconscient par crainte d’être rejetés par les personnes qui ont joué un rôle déterminant dans notre éducation. Nous avons eu peur de perdre leur affection en les décevant ou en créant un malaise par certains de nos comportements ou certains aspects de notre personnalité. Nous avons tôt fait de discerner ce qui était acceptable à leurs yeux et ce qui ne l’était pas. Alors, pour leur plaire, nous nous sommes empressés de reléguer de larges portions de nous-mêmes aux oubliettes de l’inconscient. Nous avons tout mis en œuvre pour esquiver la moindre désapprobation verbale ou tacite de la part des personnes que nous aimions ou dont nous dépendions.

L’ombre est un concept mal connu en France, alors qu’il est fondamental dans le travail d’individuation. Cela dit, Jung, qui en est à l’origine, est assez mal connu en France, écrasé par la figure de Freud, ce que je trouve dommage, car sa pensée est finalement beaucoup plus riche.

J’ai à de nombreuses reprises déjà parlé de ce concept sur lequel je travaille beaucoup, et qui ne doit absolument pas être confondu avec le mal, les défauts, les déviances : l’ombre, cela peut être des qualités, des talents que l’on n’a pas exploités car ils étaient « mal vus » dans notre milieu.

Dans cet essai, Jean Monbourquette s’attache donc à nous apprendre comment en faire une amie. Après avoir défini précisément l’ombre et la conception jungienne, et expliqué comment elle se forme, il nous montre comment l’embrasser, la reconnaître, reprendre possession de ses projections, quelles stratégies utiliser pour l’apprivoiser, et comment la réintégration de l’ombre fait partie du développement spirituel.

C’est un excellent ouvrage de base pour le shadow work, clair, pédagogique et assez complet pour une introduction : on y apprend beaucoup de choses, les exemples sont très parlants, et l’ensemble est d’une grande aide. J’ai juste un bémol concernant le dernier chapitre, qui me semble assez incohérent : disons que c’est le seul chapitre où on sent pleinement que l’auteur est prêtre, et cela se sent dans certaines remarques où, malgré le fait qu’il ne cesse de répéter que l’ombre n’est pas le mal, il finit néanmoins par plus ou moins l’assimiler à des tendances fâcheuses à comprendre pour pouvoir les corriger. Or à plusieurs moments j’ai perçu que la sexualité libre était une tendance fâcheuse, et la « chasteté » le revers à cultiver. Ce qui, bien évidemment, a appuyé sur mes « boutons » colère. Alors c’est très léger, mais cela reste présent, donc bémol. Mais dans l’ensemble cet essai est vraiment très bien fait !

Apprivoiser son ombre
Jean MONBOURQUETTE
Bayard, 2011 (Points, 2015)