Histoire de la beauté

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Le point de départ de ce très intéressant essai de Georges Vigarello est le constat que les canons de la beauté ont énormément varié selon les époques. Il nous offre donc ici un panorama très éclairant sur « le corps et l’art d’embellir de la Renaissance à nos jours » (c’est le sous-titre de l’essai). Comment cherche-t-on à transformer le corps naturel, qui selon Baudelaire est tout ce qu’il y a de plus laid ? Comment, selon les époques, cherche-t-on à valoriser certains traits et à en masquer d’autres ? Comment se met en jeu la dialectique entre ce qui est montré et ce qui est caché ? Et que nous disent toutes ces questions de la société qui les pose ?

En tant que spécialiste du costume, je ne peux qu’être séduite par un tel ouvrage, qui s’appuie sur de nombreux documents, notamment littéraires et iconographiques. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas de « petite histoire », car la question de l’apparence est au coeur même des problèmes cruciaux qui permettent d’appréhender une société dans sa totalité.

Je ne saurais donc trop conseiller cette lecture à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire, car on y apprend énormément de choses…

 

Les robes de ma vie

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Dans la série des lectures improbables, après  Le Sac à main, voici Les Robes de ma vie, écrit et illustré par Ilène Beckerman.

Il s’agit d’une autobiographie. Mais d’une autobiographie pas comme les autres : le texte n’est présent ici que pour commenter les dessins. Et surtout, l’auteur a choisi comme angle de vue l’histoire de sa garde-robe. Toute sa vie défile au long des pages à travers les vêtements qui ont marqué son histoire, ceux qu’elle portait lors des événements clé de son existence, des années 40 aux années 90 : son uniforme de scout, ses premières chaussures à talons, sa robe de mariée, sa robe de grossesse, sa fourrure achetée avec son premier salaire après son second divorce… le tout commenté avec beaucoup d’humour !

Ce qui est intéressant dans ce petit livre, c’est déjà l’originalité du point de vue : l’histoire de la construction d’une femme à travers l’histoire de ses goûts vestimentaires, c’est assez amusant ! Et puis, cela permet de faire un petit tour d’horizon de l’histoire de la mode de la seconde partie du XXème siècle.

Et en le lisant, je me suis interrogée : si je devais écrire l’histoire de ma vie à travers mes vêtements (et on sait combien ils ont d’importance pour moi), lesquels je choisirais ? Ma robe de princesse que je portais à tout les mariages lorsque j’étais petite, sans doute. Ma robe empire surnommée « Carrie Bradshaw » et mes escarpins Jimmy Choo, également. Mon 24h qui ne me quitte jamais, évidemment. Quoi d’autre ? Je ne sais pas…

 

Le sac à main

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J’ai découvert cet étrange petit roman de Marie Desplechin par je ne sais plus quel hasard. Le principe narratif m’a tout de suite plu. En fait, l’histoire est construite autour du sac à main de Dorothée, dont l’inventaire (« un bâton de rouge à lèvres », « un trousseau de clé », « un bon de commande »…) permet de comprendre peut à peu ce qui se passe. L’histoire nous est d’abord racontée du point de vue de Dorothée, puis de celui de Lars. Et l’un des deux cache un secret…

Ce court roman est vraiment difficile à résumer sans en dire trop, c’est pour ça que je m’arrêterai aux généralités. Mais réellement, c’est une lecture agréable, déroutante et intrigante… et je n’ai pu m’empêcher, en le lisant, de me demander quelle histoire raconterait mon sac à main si on en faisait l’inventaire… sans doute une histoire très étrange…

Ma vie est tout à fait fascinante, de Pénélope Bagieu

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Enfin ma vie non, mais ce petit livre, sans aucun doute. Je suis une inconditionnelle de Pénélope Bagieu, découverte tout à fait par hasard en errant de blog en blog et en découvrant le sien. Elle a vraiment une manière particulière de faire de situations banales (la vaisselle qui s’accumule dans l’évier, les lutins qui rétrécissent nos sous-vêtements la nuit, les tentations dans les vitrines des magasins, l’homme sans coeur…) des dessins d’une drôlerie et d’une tendresse uniques.

J’offre souvent ce livre, parce que je pense qu’il peut vraiment plaire à tout le monde. Même aux hommes, pour leur permettre de comprendre un peu nos angoisses métaphysiques (la robe bleue ou la robe noire ? Tu trouves pas que j’ai grossi ? Comment ça, c’est la penderie va s’écrouler ? Oui, j’étais juste sortie acheter du pain, mais…).

Donc, merci à Pénélope de sublimer notre quotidien (à tel point que cette année, je me suis offert l’agenda qu’elle a illustré, parce que je ne fais jamais les choses à moitié).

Sex and the city

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Ceux qui me connaissent se doutent que j’attends la sortie de ce film avec la plus grande impatience. Je possède l’intégrale de la série en DVD et je l’ai tellement regardée (à vrai dire, à chaque coup de blues…) que je la connais par coeur. Et j’ai trouvé le moyen de verser quelques larmes devant le premier film. Oui, je suis une midinette, et malheureusement Big me rappelle quelqu’un…

Carrie est mariée, Miranda et Charlotte ont un peu de mal avec leurs enfants, Samantha est toujours Samantha. Et Big est toujours Big. En même temps, s’il changeait, on ne l’aimerait plus autant. Mais le fait est qu’après avoir mis 6 saisons pour se rendre compte que Carrie était la femme de sa vie et lui déclarer sa flamme et tout un film pour accepter de l’épouser, il a toujours peur… et un homme qui a peur… c’est un peu pénible à la longue, même s’il est l’homme de votre vie. D’autant qu’à l’occasion d’un voyage à Abou Dhabi avec ses copines, Carrie tombe nez à nez avec… Aidan, et manifestement ce dernier est à nouveau célibataire et en pince toujours pour notre shoe-addict. Bon, je dois dire que je serais trèèès déçue si Carrie finissait par choisir Aidan, car je l’ai toujours tellement trouvé inconsistant par rapport à Big que je trouverais ce choix assez peu logique (un peu comme si elle préférait une paire de pantouffles à des Manolo, voyez…).

En bonus, quelques guest stars et notamment la sublimissima Penelope Cruz, qui ne semble pas laisser Big de marbre…

Quant aux costumes, apparemment Patricia Field n’a rien perdu de son inspiration, et mon oeil de lynx a déjà repéré dans la bande-annonce quelques tenues fort inspirantes.

Le conflit : la femme et la mère

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C’est avec Elisabeth Badinter que j’ai souhaité ouvrir le feu. Vous verrez que la question du féminin est d’ailleurs souvent au centre des sujets qui me préoccupent…

J’ai passé mon après-midi de dimanche à dévorer cet essai. A force d’en entendre parler à droite et à gauche avec des avis souvent très… tranchés, j’ai voulu me faire ma propre opinion. Et je ne regrette pas.

L’ouvrage est vraiment très très loin des caricatures qu’on a voulu en faire. Les partisans de l’allaitement ont ainsi voulu donner du livre l’image d’un pamphlet anti lait maternel, inféodé aux grandes multinationales du lait artificiel, et fustigeant les femmes qui donnent le sein comme ennemies du féminisme. Mais ce n’est pas du tout ce que j’ai lu, pour ma part…

Jamais Elisabeth Badinter ne dit que l’allaitement est le mal absolu (ou alors j’ai eu entre les mains un exemplaire unique imprimé seulement pour moi…). L’allaitement n’est même pas le sujet principal du livre. La thèse est qu’il existe une multitude de manières d’être femme et une multitude de désirs féminin par rapport à la féminité. Certaines s’épanouiront totalement dans le rôle traditionnel de la Mère, d’autres parviendront à naviguer de manière équilibrée entre leur identité maternelle et leurs autres désirs (professionnels, amoureux…), d’autres enfin ne s’épanouiront pas dans la maternité parce qu’elles ont d’autres priorités. Entre ces trois pôles, des multiplicités de positions intermédiaires…

Le problème, c’est que la société actuelle montre un retour en force de l’image archétypale de la mère idéale, qui sacrifie tout pour ses enfants, et, crise économique oblige, reste au foyer. Rôle qui peut convenir à certaines, mais pas à toutes. Sommée d’allaitée parce que c’est ainsi que la nature l’a faite, sommée d’utiliser des couches lavables parce que c’est écologique, sommée de cuisiner des purées bio, sommée de travailler à temps partiel ou même de ne plus travailler du tout, la femme qui ne se retrouve pas du tout dans ce que la société voudrait qu’elle soit a bien souvent l’impression d’être une mauvaise mère, qu’elle n’est pas, et sent peser sur elle les regards réprobateurs.

Allaiter, c’est très bien. Quand on le souhaite. Mais quand on n’en a pas envie, ça peut juste être l’enfer. Or l’OMS voudrait que le taux de femmes qui allaitent soient bien supérieur à ce qu’il est actuellement. La France résiste : les maternités labellisées « amies des bébés » (j’adore ce nom, les autres sont leurs ennemies certainement), qui pour obtenir le dit label doivent avoir75% d’allaitement exclusif, ne sont que 7. Comment imaginer que l’augmentation du nombre de femmes donnant le sein puisse se faire sans pressions et stigmatisation de celles qui ne le souhaitent pas ? Difficile.

Or c’est bien là l’enjeu de cet essai : rappeler une fois encore que les femmes doivent rester libres de leurs choix. Libres d’avoir un enfant ou non, libres de l’allaiter ou non, libres de travailler moins, ne plus travailler du tout, de travailler autant, de donner la priorité à leur rôle de mère ou à celui de femme… libres !!!! Or force est de constater que chez nos chers voisins européens, le choix n’est pas là : en Allemagne, puisque c’est l’exemple le plus effrayant, les contraintes qui pèsent sur les mères sont tellement lourdes que le taux de fécondité y est au plus bas, les femmes préférant ne pas faire d’enfants plutôt que d’être considérées comme « mères corbeaux ». En France, les femmes sont libres, et du coup le taux de fécondité est encore élevé. Mais pour combien de temps ?

Je vous encourage à lire cet ouvrage et de ne pas vous arrêter à ce qu’on a pu vous en dire, ce serait vraiment dommage !