Les vies non vécues

La semaine dernière, je suis tombée sur un article parlant du saut quantique, mais dans un sens différent de celui où j’utilise d’habitude cette expression : pour moi, le saut quantique, c’est lorsque des événements prévus arrivent plus vite qu’on ne le pensait. Ici, il s’agit de la possibilité, grâce à la méditation, de « sauter » dans d’autres dimensions, où notre vie serait autre. Et parfaite, idéale, selon ce que disent certains.

Alors bien sûr, le truc est perché, et repose sur la croyance que tout est possible et que nous pouvons devenir ce que nous désirons, il suffit d’ouvrir la bonne porte (on passera sur la possibilité pure et simple d’ouvrir ces portes, ce n’est pas le sujet). Je veux bien croire qu’il soit possible que l’humanité ait pris un tout autre chemin de développement et qu’il existe des réalités totalement différentes de celle que nous connaissons, par contre je vois mal comment il pourrait exister des réalités alternatives où on peut voler. Puisque les réalités alternatives naissent de nos choix. Et je crois aussi qu’ils sont dans la projection et construction d’une vie idéale, et non dans l’exploration de ce qui aurait pu être. Et ce n’est pas la même chose.

Il n’empêche que cet article m’a, une nouvelle fois, plongée dans des abîmes de perplexité métaphysique et existentielle sur ce sujet, qui est un de mes intérêts constants : quelles sont ces vies non vécues mais que j’aurais potentiellement pu vivre ? Qu’est-ce que j’y fais ? Comment je me sens ?

Mais surtout : est-ce que ça serait toujours moi ? Et là, la réponse est probablement non. Puisque si j’avais fait d’autres choix, il y a des expériences que je n’aurais pas vécues, d’autres que j’aurais vécues, et nos expériences façonnent la personne que nous sommes. Peut-être qu’à cet instant, dans ces autres vies, je m’interroge sur le même sujet, à partir d’autres données, parce qu’il y a, tout de même un noyau dur, qui reste. Et je ne crois pas qu’il existe un moi, quelque part, qui n’écrit pas.

Par curiosité, j’irais bien explorer tout ça, toutes ces vies non vécues mais qui auraient pu être. Et vous ?

Jung, un voyage vers soi de Frédéric Lenoir : une vie

Je suis pourtant convaincu que son œuvre visionnaire constitue l’une des plus grandes révolutions de la pensée humaine et que son importance va bien au-delà du terreau dans lequel elle a germé : la psychologie des profondeurs. A travers les grands concepts qu’il a élaborés — la synchronicité, les complexes, l’inconscient collectif, les archétypes, les types psychologiques, l’anima et l’animus, l’ombre, la persona, le processus d’individuation — , Jung apporte un regard sur l’être humain et son rapport au monde qui non seulement bouleverse les connaissances psychologiques, mais sollicite aussi la philosophie, l’anthropologie, la physique, les sciences de l’éducation, la théologie, l’histoire des mythes et des croyances.

Je ne suis pas toujours très fan des livres de Frédéric Lenoir ; par contre, je suis nourrie de Jung (plus encore même que ce que je croyais avant d’ouvrir ce livre), et j’ai été frappée par la synchronicité (concept jungien) de le trouver sous mon nez au moment même de la création du Voyage Poétique, qui est aussi un voyage vers soi. Et au fil de la lecture, c’est une émeute de synchronicités qui m’ont assaillie.

Ici, Frédéric Lenoir nous propose une « biographie intellectuelle » de Jung, dans laquelle il mêle (et démêle) ses grandes idées et découvertes au récit de sa vie. Mais surtout ses idées et découvertes, et c’est bien, soyons clair, ce qui est le plus intéressant.

Et cet ouvrage se révèle une excellente et passionnante introduction à la pensée jungienne, très claire et pédagogique : Lenoir parvient à trouver le moyen de « schématiser » (c’est positif ici, et pas du tout réducteur) une pensée en arborescence et même rhizomatique (il émet d’ailleurs l’hypothèse que Jung était Haut Potentiel, ce qui me semble assez probable en effet), ce qui permet de la saisir beaucoup plus aisément. Bref, cet ouvrage m’a donné beaucoup d’idées et de pistes à creuser pour mes propres recherches, et je le conseille à tous ceux qui ont envie de mieux comprendre en quoi Jung a totalement révolutionné la psychologie, mais aussi la spiritualité, en inventant au passage le « développement personnel » dans sa dimension positive.

Quant à moi, outre mon travail d’approfondissement, je pense que je lirai très bientôt l’ouvrage que Frédéric Lenoir a consacré à Spinoza, un autre philosophe qui m’intéresse beaucoup.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.

C’est amusant et curieux : alors même que très probablement tout repose sur ce poème (en tout cas, en grande partie) (je finis par me demander si je n’ai pas été Baudelaire, dans une autre vie), non seulement je ne l’ai pas intégré à l’oracle des poètes (sinon, je peux faire un « oracle de Baudelaire »), mais je ne l’ai même jamais partagé ici. Alors, comme cette semaine est importante, ce mois, cette année, le premier instant poétique de 2022 sera consacré à l’ « Invitation au voyage », qui est tout un programme :

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale
.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal (1857)

Invitation à un voyage sensoriel : concours

Et si je vous en offrais un exemplaire, de ce livret d’activités poétiques sur les cinq sens ? Banco !

Pour participer au concours, c’est simple : il vous suffit de me dire en commentaire le sens qui est pour vous le plus important, celui qui vous procure le plus de plaisir. N’oubliez pas de me laisser une adresse email valide pour que je puisse vous l’envoyer directement.

Et si vous aviez la gentillesse de partager ce concours autour de vous, afin de faire connaître mon travail, ça ne vous apportera pas de chance supplémentaire (c’est complexe à gérer) mais je vous en serai très très reconnaissante !

Vous avez jusqu’au dimanche 30 janvier à 10h !

Bonne chance

Aimer l’amour, l’écrire, d’Antoine Compagnon : l’amour vu par les grands écrivains

Tout semble en effet indiquer que l’on n’aimerait pas autant si l’on n’avait pas appris l’amour dans les livres, dans les mots et les phrases de la littérature, le rythme de l’alexandrin, le style du roman : « Il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux s’ils n’avaient jamais entendu parler de l’amour », décrétait La Rochefoucauld dans une sentence trop souvent citée. Et c’est peut-être cette vérité-là, faisant de l’amour une fabrication, voire une fiction ou un beau mensonge, qui incitait Paul Morand, écrivain de la conquête amoureuse, grand séducteur devant l’éternel, à se méfier du mot amour et à vendre la mèche. « L’amour n’est pas un sentiment, c’est un art. » N’est-ce pas l’une des citations les plus répandues de cet écrivain ? Oui, love serait le nom de l’émotion, mais amour celui de l’art, de l’art d’aimer, art très français.

Un autre de mes cadeaux de Noël, qui était d’ailleurs dans ma liste depuis de très nombreuses années (depuis sa parution), tant il correspond parfaitement à… moi.

Il s’agit d’une anthologie des plus belles pages d’amour issues des collections de la BNF, et présentées par Antoine Compagnon.

Un magnifique livre, et un magnifique cadeau pour un écrivain dont la mission (entre autres) est d’écrire l’amour : j’ai passé des heures à le feuilleter, à admirer toutes ces pages magnifiques couvertes de l’écriture de Flaubert, de Baudelaire, de Barthes, de Vian, d’Aragon, d’Annie Ernaux, de Colette et de tant d’autres. C’est beau, et ce superbe objet a trouvé sa place sur mon bureau !

Aimer l’amour, l’écrire
Antoine COMPAGNON
BNF/L’Iconoclaste, 2016

Les énergies du Taureau et les cinq sens

Dans mon thème astral, je n’ai pas de Taureau. Pour tout dire, je n’ai pas de signes de terre, ce qui explique beaucoup de choses. Enfin, plus exactement : je n’ai aucune planète en Taureau, mais les énergies du signe sont tout de même présentes, puisque nous avons tous toutes les énergies, mais nous les utilisons plus ou moins. D’autant que j’ai un truc important qui est en Taureau : mon Milieu du Ciel. C’est-à-dire l’angle qui représente la carrière, la renommée. Et que oui, j’ai toujours senti que cette dimension était essentielle pour moi dans mes activités « professionnelles », même si c’est longtemps resté confus.

Comme la Balance, le Taureau est gouverné par Vénus. Mais là où la Balance est dans le côté intellectuel, esthétique, artistique de la déesse (l’Aphrodite dite Urania, Aphrodite Céleste), le Taureau représente sa dimension charnelle, sensuelle, que d’aucuns qualifient de « vulgaire » (Aphrodite pandemos). Le Taureau, c’est un hédoniste qui aime la bonne chère (c’est souvent comme ça qu’on le caricature) mais aussi les plaisirs de la chair, et plus généralement tout ce qui va réjouir ses sens : il aime le beau, le bon, le confortable. Ses qualités sont donc d’avoir une belle connexion à la terre et à son corps, c’est un signe très ancré, qui sait prendre soin de lui, de sa maison, prendre son temps, tout en se connectant à ses émotions. Bref : le Taureau est sans doute le signe qui sait le mieux profiter de l’abondance de la vie.

C’est le signe qui correspond parfaitement à mon mantra de 2022 : je suis vivante. Et c’est une énergie qui, en fait, me correspond parfaitement bien : j’aime bien manger, j’aime prendre soin de chez moi, j’aime qu’autour de moi ce soit beau, douillet, que ça sente bon…

Avec mon opposition d’Uranus, en Taureau donc, sur mon Milieu du Ciel, il était somme toute logique que ma « libération professionnelle » ait quelque chose à voir avec ces thématiques. Et de fait : le premier livret que je vous propose est consacré aux cinq sens. C’est à un Voyage sensoriel que je vous invite pour commencer 2022, et ce voyage poétique vers vous-même qui est la base de mon travail. Un voyage pour vous reconnecter à vos sens, tous, afin de jouir plus pleinement de la vie.

Alors, vous me suivez ? C’est par ici pour embarquer !

Instantané : A l’aquarelle

Comme c’est l’un de mes objectifs de 2022, j’ai commencé mes cours d’aquarelle botanique. J’adore apprendre de nouvelles choses, c’est mon mode d’existence, et je suis donc particulièrement ravie de ce nouveau cours : même si je faisais déjà des petites choses, je manquais de vraie technique, et là, dès le premier module, je sens que ça progresse. Mon objectif n’étant pas, puisque ce n’est pas mon style, de peindre de manière réaliste, mais c’est intéressant de savoir aussi le faire. Et l’un de mes grands plaisirs, actuellement, c’est de m’amuser avec les couleurs : je trouve cela tellement apaisant !

Et vous, vous avez commencé une nouvelle activité ?