Instantané : au milieu des Iris

L’iris n’est pas forcément ma fleur préférée (ce sont les pivoines). Mais je les aime tout de même beaucoup (remarquez, à part la lavande, j’aime toutes les fleurs). Alors, mardi, je suis revenue au parc floral pour profiter enfin de son jardin d’iris, cette fois fleuri et embaumant. Le parc est d’ailleurs réputé pour sa collection, labellisée collection nationale par le conservatoire des collections végétales spécialisée. Une bulle de bonheur, que l’apprentie aquarelliste botanique que je suis rêve d’être un jour capable de peindre !

Autrice indépendante : la couverture

En attendant mon ISBN (non mais vraiment : 3 semaines !), je me suis attelée à la couverture, un des aspects qui m’amusaient le plus. Je savais à peu près ce que je voulais : un dessin stylisé (et non une photo : je n’aime pas tellement les livres avec une photo en couverture), très féminin et élégant.

Je me suis servie de Canva, bien sûr, qui propose un vaste choix dans le domaine, et j’ai tout de suite eu le coupe de foudre pour toute une série de designs dans le même univers. Certains ne sont accessibles qu’avec la version Premium, mais d’autres sont achetables à l’unité (ce que je n’ai pas encore fait puisque mon choix n’est pas définitif, d’où le filigrane). Je trouve qu’elles correspondent parfaitement au roman et à son contenu, c’est très féminin et romantique, très floral, et le symbole du papillon qui s’envole exactement le propos du roman (je vous parlerai du roman et de son héroïne la semaine prochaine).

Pour la couleur, je suis d’abord partie sur le Rose Pivoine de ma charte graphique (même si j’ai choisi de ne pas lier Le Voyage poétique à mon activité d’autrice indépendante, cela reste tout de même dans le même univers), que je trouve finalement trop soutenu, et je suis donc plutôt allée vers quelque chose de plus poudré.

Enfin, concernant la police, je suis tombé amoureuse de « Le Jour » qui existe en version Sérif et en version Script (tous les essais que je vais vous montrer n’utilisent pas encore cette police, puisque j’ai essayé différents rendus, dont l’un avec les polices dont je me sers pour le Voyage). Je pense d’ailleurs la réutiliser pour l’Oracle des poètes !

Voici ce que ça donne avec les différentes variations, et c’est là que vous intervenez : j’ai fait mon choix pour la couleur (la plus pâle même si j’aime bien aussi la version intermédiaire et la version dégradée) et pour la police (celle qui est sur tous les essais sauf 1), mais j’aimerais que vous me disiez quelle illustration vous préférez : elles sont très proches les unes des autres, mais je suis sûre que l’une d’elles vous parle plus que les autres (oui, il y en a une pour laquelle j’ai une petite préférence et ça se voit, mais j’hésite encore) ! Je veux bien aussi votre avis sur l’emplacement du nom et du titre : un en haut et l’autre en bas (mais alors lequel où ?) ou bien tout en bas ? Et n’hésitez pas si vous avez autre chose à dire !

Donc, tadam :

Poèmes tardifs, de Margaret Atwood : habiter poétiquement le monde

Voici les tulipes
en bouton ou épanouies,
leurs flétrissures et leurs chutes, leurs brillances
et leurs poses,
le satin de leurs ténèbres.

On continue avec Margaret Atwood et un autre recueil de poèmes, sorti en même temps que ses Poèmes de jeunesse ; cette fois, ce sont des poèmes plus récents, écrits entre 2008 et 2019, et qui abordent un spectre d’expériences beaucoup plus large : le sexe, la nature, la perte et le deuil, mais aussi des sujets d’actualité comme le réchauffement climatique.

Dans son adresse au lecteur, Atwood écrit :

La poésie prend pour thèmes tout ce qui se situe au cœur de l’existence humaine : la vie, la mort, le renouveau, le changement ; ainsi que l’équité et l’iniquité, l’injustice et parfois l’injustice.
Le monde dans toute sa diversité. Le temps qu’il fait. Le temps qui passe. La tristesse. La joie.
Et les oiseaux.

Et c’est exactement ce qu’elle fait dans ce magnifique recueil, jouant toute la gamme du lyrisme, de l’émerveillement face aux fleurs et à l’amour à la tristesse de la perte et d’un monde sans oiseaux !

A découvrir absolument, pour mettre plus de poésie dans le quotidien !

Poèmes tardifs
Margaret ATWOOD
Traduits de l’anglais (Canada) par Christine Evain et Bruno Doucey
Robert Laffont, 2022

Instantané : vu d’en bas

En passant devant un champ de boutons d’or, j’ai eu cette idée qui m’a saisie brusquement : et si je les photographiais depuis le sol ? Ni une ni deux, j’ai pris mon smartphone, lancé le retardateur, et posé l’appareil par terre au milieu des fleurs. Impossible de cadrer, impossible de faire la mise au point. Juste : faire confiance au hasard.

Et la magie est apparue. Voir les fleurs d’en bas. C’est un nouveau point de vue sur le monde, tel qu’on ne le voit jamais, mais tel que le voient chaque jour insectes et petites bêtes, l’infiniment petit à côté duquel les petites fleurs paraissent infiniment grandes. L’impression d’être un Minimoy, m’a dit une copine…

Pétales de pivoine

Puisque c’est la pleine saison des pivoines, qui est ma fleur préférée (je les aime toutes, toutes me ravissent, sauf la lavande que je déteste, mais les pivoines, leur sensualité, leur élégance, leur luxuriance, c’est tout de même une merveille) j’en profite pour partager avec vous ce joli poème d’Apollinaire, pour Lou, alors qu’il est dans les tranchées :

Pétales de pivoine
Trois pétales de pivoine
Rouges comme une pivoine
Et ces pétales me font rêver

Ces pétales ce sont
Trois belles petites dames
À peau soyeuse et qui rougissent
De honte
D’être avec des petits soldats

Elles se promènent dans les bois
Et causent avec les sansonnets
Qui leur font cent sonnets

Elles montent en aéroplane
Sur de belles libellules électriques
Dont les élytres chatoient au soleil

Et les libellules qui sont
De petites diablesses
Font l’amour avec les pivoines
C’est un joli amour contre nature
Entre demoiselles et dames

Trois pétales dans la lettre
Trois pétales de pivoine.

Quand je fais pour toi mes poèmes quotidiens et variés
Lou je sais bien pourquoi je suis ici
À regarder fleurir l’obus à regarder venir la torpille aérienne
À écouter gauler les noix des véhémentes mitrailleuses

Je chante ici pour que tu chantes pour que tu danses
Pour que tu joues avec l’amour
Pour que tes mains fleurissent comme des roses
Et tes jambes comme des lys
Pour que ton sommeil soit doux

Aujourd’hui Lou je ne t’offre en bouquet poétique
Que les tristes fleurs d’acier
Que l’on désigne par leur mesure en millimètres
(Où le système métrique va-t-il se nicher)
On l’applique à la mort qui elle ne danse plus
Mais survit attentive au fond des hypogées

Mais trois pétales de pivoine
Sont venus comme de belles dames
En robe de satin grenat
Marquise
Quelle robe exquise
Comtesse
Les belles f…es
Baronne
Écoutez la Mort qui ronronne
Trois pétales de pivoine
Me sont venus de Paris

Courmelois, le 22 mai 1915
Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou

Autrice indépendante : les premiers pas

Je me suis dit que peut-être ça vous intéresserait de me suivre dans cette nouvelle aventure, que je vous parle de mes choix, de mes questions, de tout ce que je fais (et du roman lui-même, bien sûr). Aujourd’hui, je vais vous parler du choix le plus épineux, celui du lieu de publication, et de la première démarche légale, l’ISBN.

Le premier choix est celui de la plateforme. Je ne voulais plus passer par un prestataire, car j’ai essayé pour Salomé et je n’étais pas du tout satisfaite : on paye, déjà assez cher, pour un an, juste pour mettre en ligne ; ensuite, dès qu’on veut un service de plus, il faut repayer. Et si on vend un livre, ils prennent une commission. Cela fait beaucoup de sous dans leur poche, et pas tellement dans la mienne, alors qu’au final c’est moi qui fais tout le boulot, donc non, parce que j’ai trouvé que le service n’était pas à la hauteur de la facture. Je sais que certains auteurs sont très satisfaits, moi je ne l’étais pas, donc je cherchais une autre solution.

Une possibilité était de créer l’ebook et de le mettre sur différentes plateformes, et de passer par un imprimeur pour la version papier, étant donné que je veux absolument une version papier (étant moi-même rétive à la lecture numérique). Solution que, je vais être honnête, je n’ai même pas envisagée : trop chère, trop peu pratique. Mon intention est l’indépendance, mais je ne peux pas tout gérer non plus jusqu’aux envois du livre, sinon je ne m’en sors pas.

Donc, j’ai choisi la solution Amazon KDP (Kindle Direct Publishing). Je sais que ça va en faire tiquer certains, mais après beaucoup d’investigations, je me suis rendu compte que c’était tout de même ce qui se faisait de mieux, puisque tout en restant maître de tout mon processus, je peux déléguer à la plateforme bien des choses : pour la version numérique, j’ai plusieurs choix de création, j’en reparlerai parce que je me bats avec ce point-là ; après, je peux soit mettre l’ebook sur Amazon et ailleurs, soit intégrer le programme Kindle illimited, qui me permet d’être rémunérée à la page lue par les membres du programme qui, moyennant un abonnement mensuel, peuvent emprunter tous les livres qu’ils veulent, ce qui favorise la curiosité ; par contre, si je choisis d’intégrer le programme, je ne peux pas déposer l’ebook sur les autres sites libraires. Je pense intégrer le programme car d’après mes recherches ça fonctionne plutôt bien. Et puis ce n’est pas un engagement à vie, je ne signe rien avec mon sang, donc ça ne coûte rien d’essayer.

Mais c’est surtout la question de la version papier qui m’a convaincue : c’est du print on demand, donc même si les délais sont un peu longs, ça évite les stocks, et c’est Amazon qui gère l’impression et l’expédition. Sauf que je peux aussi commander des épreuves mais également des exemplaires auteurs, je ne paye que les frais d’impression et les frais de port, ce qui est somme toute raisonnable, exemplaires que je peux ensuite vendre par mes propres canaux (par exemple un salon ou une dédicace). Je n’en commanderai pas des centaines, mais quelques uns pour les services de presse, organiser un concours, on verra. Et je trouve qu’Amazon reste très raisonnable concernant la part du prix de vente qu’il prélève, et contrairement aux prestataires on ne paye que si on vend.

Je ne suis pas du tout sponsorisée, encore une fois, c’est vraiment le fruit d’une mûre réflexion : il y a deux ans, lorsque déjà j’avais pensé à devenir autrice indépendante, j’étais arrivée à la même conclusion que c’était la meilleure solution en tout cas pour moi, et c’est ce qui m’avait arrêtée. Depuis, j’ai fait du chemin, et j’ai décidé que parfois il faut arrêter le manichéisme. Bref.

Une fois ce choix fait, il faut demander un ISBN. Il n’est pas obligatoire pour la version numérique, mais si on a aussi une version papier, il le devient. Deux solutions : soit Amazon nous en fournit un gratuitement, soit on le demande à l’AFNIL. J’ai fait le deuxième choix, pour avoir vraiment ma marque, mais c’est payant (le premier), 34€, et c’est long, 3 semaines (je ne comprends pas qu’il faille 3 semaines pour un numéro, c’est dingue). Donc j’en suis là : j’attends mon ISBN.

Dernier point, statutaire : j’ai fait le choix de ne pas lier mon activité d’autrice indépendante au Voyage Poétique : c’était possible mais pas obligatoire (depuis peu : avant il fallait nécessairement le statut d’autoentrepreneur). Et j’ai fini par conclure que même si bien sûr c’était lié, ça restait deux projets différents, notamment d’un point de vue administratif, et de toute façon je n’aime pas mettre tous mes oeufs dans le même panier sinon les moutons sont mal rangés. Ce point nous conduira sans doute à de folles aventures avec l’URSSAF Limousin, tant honni dans la profession…

Voilà pour ces quelques points administro-techniques. La semaine prochaine, nous aborderons quelque chose de beaucoup plus créatif : un peu de mise en page, et surtout la couverture !

Circé et autres poèmes de jeunesse, de Margaret Atwood : éclosion

De plus en plus fréquemment les contours
de mon corps s’estompent et je deviens
désir de m’assimiler au monde, y compris
à toi, si possible par la peau comme
le tour de passe-passe d’une plante avec l’oxygène ;
et de vivre d’un feu inoffensif.

Margaret Atwood est une autrice qui m’intrigue beaucoup, mais j’ai beaucoup de mal à franchir le pas de lire ses romans les plus connus, car le sujet m’angoisse et qu’honnêtement, je suis bien assez angoissée comme ça. Donc quand j’ai vu ces poèmes, je me suis dit que c’était une bonne porte d’entrée.

Magnifiquement préfacé par Bruno Doucey, le recueil nous fait voyager à travers dix années de création poétique (entre 1966 et 1974), qui précèdent ou accompagnent l’éclosion de son œuvre romanesque. Plusieurs recueils se suivent : Le Cercle vicieux, Les animaux de ce pays, Consignes pour le monde souterrain, Politique de pouvoir, Tu es heureuse et surtout le dernier, mon préféré, Circé – Poèmes d’argile.

L’imaginaire déployé dans ces poèmes est assez sombre, voire angoissant (moi qui voulais éviter l’angoisse !), très aquatique et mythologique, et j’ai beaucoup aimé cette plongée dans cet univers ! Après, il est difficile d’en parler plus précisément, on ne peut pas parler comme ça de poésie : c’est une expérience qui se vit, et je vous conseille vraiment de la vivre !

Circé et autres poèmes de jeunesse
Margaret ATWOOD
Traduit de l’anglais (Canada) par Christine Evain
Edition bilingue
Robert Laffont, Pavillons poche, 2022