Pourquoi je n’aime pas tellement le terme de « développement personnel »

Avant-goût de printemps

Je le disais l’autre jour : je n’aime pas tellement le terme de « développement personnel », même si je l’utilise, pour faire plus simple. Mais dans les faits, il me dérange de plus en plus.

Ce qui me dérange, ce n’est pas tant les connotations négatives qui y sont associées, même si un peu quand même, parce qu’elles induisent beaucoup de gens en erreur sur ce que c’est vraiment. Disons que pour beaucoup de gens, le concept est très américain, associé à tout une pléiade de plus ou moins gourous haranguant des foules ayant payé des sommes astronomiques pour les écouter parler dans des palais des congrès de 10000 personnes. Bon, ce sont les Américains, ils gèrent à leur manière, parfois un peu caricaturale. Ce n’est pas mon truc, pour moi il y a tout de même personnel dans l’histoire, mais passons.

Passons aussi sur toute la ribambelle de concepts mal compris et souvent caricaturés. Passons enfin sur la connotation égoïste souvent associée, parce que non, ce n’est pas égoïste de s’occuper de soi : dans l’avion, on met son propre masque à oxygène afin d’aider les autres à mettre le leur. Sinon on tombe dans les pommes voire pire, et on ne peut aider personne.

Ce qui me gène, c’est le terme même de « développement » ou de « croissance », et cette abominable expression : « devenir la meilleure version de soi ». Comme si on était un smartphone de base et qu’au fil des mises à jour, on obtenait de nouvelles fonctionnalités. Non non non, elles sont déjà là et si elles n’y sont pas tant pis. Il n’y a pas de meilleur ni de moins bon.

En fait, c’est Jung (encore lui) qui est à l’origine de ce qu’on appelle le « développement » personnel. Mais il appelait ça « processus d’individuation », et c’est beaucoup plus parlant : je ne vais pas m’étendre sur le sujet plus avant, j’en parlerai dans ma prochaine escale poétique, mais il s’agit tout simplement (c’est un travail complexe, mais qui se comprend simplement) de réintégrer toutes les parties de soi pour les harmoniser, et devenir soi, pleinement et entièrement. Pas un soi meilleur. Soi. Un peu comme font les japonais avec le kintsugi : prendre une assiette cassée (et nous sommes tous cassés, à la base) et la réparer avec des fils d’or.

Et c’est beau. Et ça suffit. Tout est déjà là. Comme le bouton de fleur : la fleur éclose est déjà présente, en potentiel, elle ne devient pas une « meilleure version d’elle-même ». Elle est déjà elle-même dans le bouton.

Alors évidemment, je continuerai sans doute à utiliser « développement personnel », pour plus de facilité, mais certaines choses me dérangent !

2 commentaires

  1. lizagrece dit :

    Ce qui me gêne ce que l’on nomme le développement personnel c’est aussi cette propension au repli sur soi

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    1. ça fait aussi partie des idées reçues, alors que pas forcément : ça dépend des gens. Après, le DP attire beaucoup les introvertis, qui ont besoin et aiment être seuls

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