Faire semblant

Faire semblant

C’est un thème que j’avais déjà abordé alors qu’on était encore à moitié confinés. Fake it until you make it. Fais semblant jusqu’à ce que ça soit vrai. Et cela fait des mois que je l’applique à la lettre : j’agis au quotidien (autant que faire se peut) comme si j’étais déjà libérée de mon travail alimentaire et qu’écrire était mon activité principale, et que les autres trucs que je faisaient m’épanouissaient aussi. Pas seulement écrire des livres d’ailleurs : à force de tourner la question dans tous les sens, je me suis rendu compte que ma « mission », ce n’était pas juste ça, c’était beaucoup plus vaste (et varié). Mais ce n’est pas l’objet de ma réflexion du jour.

L’objet c’est que, en soi, ça fonctionne plutôt bien, j’ai vraiment avancé, mes projets sont concrets, se mettent en place, je suis très efficaces et il y a des jours où, oui, j’arrive complètement à oublier le reste pour être pleinement dans mon alignement. J’en suis arrivée au stade où quand on me demande « ce que je fais dans la vie » je n’ai plus cette panique qui s’empare de moi, je dis que « j’écris », et c’est vrai. Et je suis parfaitement bien, parfaitement heureuse dans cet espace.

Sauf que bien sûr, il y a un loup. C’est mon travail réel (celui qui me rapporte des sous…) qui me semble de plus en plus « fake », et j’ai l’impression de plus en plus constante d’un grand écart entre le vrai et le faux, mais en quelque sorte inversé : je joue un rôle dont je ne veux plus, et j’ai l’impression de mentir constamment, de n’être pas moi-même, d’être inauthentique. Que le costume est beaucoup trop petit, que ça doit se voir quand même. Et pourtant…

Et il y a bien eu un changement profond, et essentiel : avant, je n’étais pas moi parce que je n’étais pas alignée à l’intérieur avec mes envies profondes. Et ça a été un gros travail de l’être, de savoir qui j’étais et ce que je voulais vraiment (et c’est d’ailleurs tout l’objet de la plateforme que je suis en train de créer : partager les outils qui m’ont permis, depuis bientôt quatre ans, d’effectuer cette transformation). Et aujourd’hui je suis pleinement alignée à l’intérieur. Mais je ne le suis pas à l’extérieur, parce que bien sûr ça prend du temps.

Pour l’instant, je n’ai pas la solution : si je suis pragmatique et réaliste, le fait est que j’ai besoin de manger et d’avoir un toit au-dessus de la tête, d’un côté, et que mes projets ne vont probablement pas d’entrée de jeu me rapporter suffisamment pour ça, de l’autre : une reconversion professionnelle ne se fait pas d’un claquement de doigt. Qu’alors, sauf miracle (mais on n’est jamais à l’abri d’un saut quantique quand tout est bien aligné à l’intérieur) je vais bien être obligée de continuer à faire semblant un certain temps, à jongler. Et cela me fait quand même un peu de peine, de devoir continuer à n’être pas complètement alignée et authentique. Même si je sais que ce n’est que transitoire.

7 commentaires

  1. C’est sûr que parfois le boulot alimentaire on aimerait bien l’envoyer valser, avec toute la pression, toutes les contraintes… Mais bon, faut bouffer et se loger ! Cotiser pour la retraite (si un jour j’en ai une !) et avoir un peu d’avance pour explorer le monde…

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