Tripalium

Optimisme

L’autre jour, je crois que j’ai mis le doigt sur ce qui bloque encore au niveau de ma reconversion. Je crois. En fait, je passe des heures sur mes livrets, l’oracle, les nouvelles idées et vraiment cela me procure une joie immense. Par contre, pour tout ce qui est de l’ordre de l’entreprise elle-même, ça bloque, j’ai fait le logo mais c’est tout, même le site internet je bloque, ne parlons donc pas de tout le reste, je vous prie.

Alors bien sûr, il y a le fait que moi, ma zone de génie, c’est la créativité et je sais que tout le reste, l’administratif, ça va être pénible. Je le sais, et je pensais que c’était ce qui bloquait, mais je crois que ce n’est qu’une illusion. Ce qui bloque vraiment, c’est ma vision de ce que doit être le travail.

L’une des étymologies possibles du mot, c’est tri-palium, qui se trouve être un instrument de torture. Le travail, c’est la souffrance, la douleur, ou en tout cas la contrainte, le déplaisir. Personne autour de moi, quand j’étais enfant, n’aimait son travail : il était un mal nécessaire pour avoir un salaire, et la vie, la vraie, c’était tout ce qui était en dehors, les week-end, les vacances. C’est comme ça que je me suis retrouvée à faire un travail qui n’est qu’alimentaire, et que j’ai beaucoup de mal (enfin, mon inconscient : moi j’y arrive très bien) à imaginer que ce qui me permet de gagner ma vie ne soit pas une torture. Il y a donc, je crois, toute une reprogrammation à faire pour que je puisse accepter de gagner de l’argent avec quelque chose qui me rend heureuse.

D’autant que, en tirant le fil, je me suis rendu compte que l’argent aussi était un problème : j’ai pris l’habitude depuis des années de proposer du contenu gratuit, et je bloque sur le prix. En fait, idéalement, les livrets poétiques, j’aimerais les proposer en accès libre, parce que je suis heureuse de les avoir écrits, parce que je suis sûre que cela contribuera a créer des émotions positives et que c’est déjà une belle récompense. C’est pareil d’ailleurs pour mes textes littéraires, et c’est ce qui sans doute bloque aussi. Alors bien sûr, je pourrais, tout proposer en accès libre : mais ça ne règlerait pas mon problème de départ, qui est que je ne supporte plus mon travail alimentaire.

Donc j’en suis là, à me battre avec mes croyances limitantes qui m’empêchent d’avancer. Mais les formuler, c’est déjà commencer à les transformer, alors j’imagine que je suis sur le bon chemin…

7 commentaires

  1. Pour être passé par là je reconnais. Concernant la générosité j’ai découvert qu’elle était souvent impulsée par un orgueil mal placé et un manque terrifiant de confiance en soi, comme du prétexte de vouloir absolument être aimé. J’ai tout repris depuis le début. Tout travail mérite salaire. L’argent n’est pas seulement de l’argent c’est aussi une énergie comme le temps. Bonne journée Caroline

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  2. Je n’ai aucun mal à accorder de la valeur au travail des autres, pour le mien cela a toujours été plus difficile. Ce n’est pas toujours simple à vivre au quotidien, mais je me soigne (et je me mords parfois la langue pour ne pas me tirer dans le pied). Par ailleurs, je trouve tout à fait normal que tu vendes ce que tu as créé.

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    1. En fait ce n’est pas que je n’accorde pas de valeur à mon travail, mais ce n’est pas une valeur pécuniaire, c’est ce qui rend les choses un peu compliquées pour le moment, mais je travaille dessus 😉

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