Elle lit des BD

Anaïs Nin sur la mer des mensonges, de Léonie Bischoff : l’écriture et le désir

Anaïs Nin sur la mer des mensonges, de Léonie Bischoff : l'écriture et le désir

J’ai l’air tranquille et solide mais bien peu savent combien de femmes il y a en moi.

Lorsque Noukette a parlé de cet album l’autre jour, je me suis immédiatement dit qu’il me le fallait absolument. Chose d’ailleurs que je me dis souvent à propos de beaucoup de choses, et heureusement, souvent, ça me passe. Pas là : j’aime Anaïs Nin, il me fallait absolument cet album donc j’ai acheté cet album (si tout pouvait être aussi simple dans la vie).

L’histoire commence à Paris : Anaïs étouffe avec son banquier de mari, à qui elle reproche un peu d’avoir renoncé à sa vocation créatrice ; et puis, si elle l’aime, le fait est qu’au lit, ce n’est pas ça. De son côté, elle écrit, son journal mais ne parvient pas à passer à la fiction. Elle pressent pourtant qu’il y a en elle quelque chose qui ne demande qu’à éclore, et c’est sa rencontre avec Henry Miller (et sa femme June) qui va lui permettre d’aller au bout d’elle-même.

Un magnifique album, autant esthétiquement que scénaristiquement, qui parvient parfaitement à rendre la complexité du personnage d’Anaïs Nin tel qu’il nous est connu grâce à son journal, qui s’incarne ici comme une sorte de double auquel elle s’adresse, mettant en valeur le clivage, le conflit qui est au centre de toute son œuvre et de toute sa vie : le soi, le mensonge, le masque, ces deux derniers étant parfois un moyen aussi de pouvoir être authentiquement la femme bouillonnante, libre, sauvage qu’il y a en elle, et à laquelle elle a accès grâce à Miller, qui lui offre le monde de la jouissance. Et de l’écriture comme quelque chose qui n’est pas à côté de la vie, mais qui est la vie.

Anaïs Nin disait ne pas vouloir écrire comme un homme : et il y a dans son écriture une puissance charnelle qui nous fait dire qu’elle a réussi, et cette réussite est parfaitement rendue par cet album d’une beauté et d’une sensualité troublantes.

Anaïs Nin sur la mer des mensonges
Léonie BISCHOFF
Casterman, 2020

2 comments on “Anaïs Nin sur la mer des mensonges, de Léonie Bischoff : l’écriture et le désir

  1. Je note de ce pas ce titre qui me tente terriblement!

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