Elle lit de la poésie

Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise…

Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain, Étendre ses désirs comme un profond feuillage, Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage, La sève universelle affluer dans ses mains. Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face, Boire le sel ardent des embruns et des pleurs, Et goûter chaudement la joie et la douleur Qui font une buée humaine dans l’espace. Sentir, dans son coeur vif, l’air, le feu et le sang Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre ; - S’élever au réel et pencher au mystère, Être le jour qui monte et l’ombre qui descend. Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise, Laisser du coeur vermeil couler la flamme et l’eau, Et comme l’aube claire appuyée au coteau Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise

Mon dernier projet en date (et qui a beaucoup de bras, on dirait Shiva) implique beaucoup de poésie. Il est question, comme toujours, d’habiter poétiquement le monde. Enfin je n’en dis pas plus pour le moment, mais à cette occasion, je suis retombée sur ce poème d’Anna de Noailles, « la vie profonde », et… c’est exactement ça. Mon projet, je veux dire. Enfin, pas complètement, vous verrez quand ça sera prêt. En attendant je partage avec vous le poème, au cas où vous ne le connaîtriez pas ou simplement pour le plaisir de le relire !

La vie profonde

Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,
La sève universelle affluer dans ses mains.

Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l’espace.

Sentir, dans son coeur vif, l’air, le feu et le sang
Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre ;
– S’élever au réel et pencher au mystère,
Être le jour qui monte et l’ombre qui descend.

Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
Laisser du cœur vermeil couler la flamme et l’eau,
Et comme l’aube claire appuyée au coteau
Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise

1 comment on “Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise…

  1. Marilyne

    C’est très beau en effet, merci pour ce partage ! 🙂

    Aimé par 1 personne

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