Elle se réfléchit dans le miroir instantanés

Instantané #82 (prendre soin de l’enfant intérieur)

Aquarelle

L’autre jour, alors que j’étais plongée dans la lecture de La Réconciliation de Lili Barbery dont je vous parlerai bientôt et que j’étais déjà scotchée par les similitudes et les échos que ce récit provoquait en moi, elle a publié sur son blog un article sur l’enfant intérieur. Cela m’a fait l’effet d’une secousse sismique de magnitude 8, d’abord parce que la question de l’enfant intérieur est justement celle que je suis en train de travailler grâce au livre de Julia Cameron, Libérez votre créativité, que l’on surnomme « la bible des artistes » et dont je vous reparlerai mais pas bientôt car il faut d’abord que je finisse le programme (mais sans divulgâcher, il me fait un effet dingue pour de nombreuses raisons) ; mais surtout c’est, au-delà des différences évidentes, les ressemblances encore une fois qui m’ont frappée.

De fait, cette semaine, le programme de créativité proposait de se priver de lecture. Comme jeudi et vendredi dernier me sont arrivés coup sur coup deux trucs pas sympas du tout, je voyais ça comme une torture supplémentaire dont je n’avais pas trop besoin. Et puis, je me suis rendu compte qu’au contraire, ça tombait peut-être bien qu’au lieu de, comme d’habitude, me réfugier dans la lecture pour oublier le réel, je doive trouver d’autres ressources, et surtout, je me confronte vraiment à moi-même. Ça a été un peu dur et puis, j’ai vite eu envie de faire des choses que je ne fais jamais. Ou très peu. Notamment dessiner et peindre. Depuis que j’étais enfant, je m’étais mis dans la tête que j’étais sous-douée en matière d’art graphique, et si ces dernières semaine j’ai fait de la peinture, c’était de l’abstrait. Là j’ai eu l’envie, l’impulsion d’essayer de représenter quelque chose. Que la petite fille en moi fasse ce que finalement elle ne s’était jamais autorisée à faire. Alors j’ai acheté des feutres de coloriage, de l’aquarelle, et je m’y suis mise, et j’ai découvert que non, je n’étais pas sous-douée, juste timorée, et que ce que je faisais était plutôt honnête. J’aime tellement ma première aquarelle, cette fleur qui n’existe pas vraiment, que je l’ai encadrée pour la mettre dans mon bureau. C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup.

Et puis je suis allée me promener. J’ai ramassé tout un tas de trucs, comme j’adore le faire, mais en ayant conscience que c’était la petite fille en moi qui, quand je faisais ça, s’exprimait, cette petite fille vive, curieuse de tout, qui s’émerveille d’un rien, qui parle aux animaux parce qu’elle sait qu’ils la comprennent. Cette petite fille que j’ai censurée pendant des années et que ces derniers mois j’ai accepté de libérer, mais encore plus depuis que j’ai commencé le programme de Julia Cameron.

Parce que, désormais, j’ai compris que certains de mes comportements, de mes pensées, de mes schémas et donc de mes échecs viennent de là : de ce que je ne me suis pas autorisée à être pleinement moi. Et j’ai compris que, cette enfant intérieur, je devais en prendre soin. Et cette semaine, j’ai fait un joli rêve, très symbolique : celui de prendre l’avion en serrant fort cette petite fille dans mes bras. C’est d’ailleurs la première fois, je crois, que j’arrive en rêve à monter dans l’avion : d’habitude je vais à l’aéroport mais il y a toujours un problème. J’imagine que c’est que je suis sur la bonne voie…

7 comments on “Instantané #82 (prendre soin de l’enfant intérieur)

  1. Rendons à César ce qui lui appartient 🙂 en l’occurrence à l’immense maître zen bouddhiste Thich Nat han L’enfant Intérieur

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  2. Mark in Mayenne

    Jolie fleur

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  3. Joliment dit! Je pique l’expression ! 😉

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  4. Tout ça m’intéresse hautement et énormément. J’ai le bouquin de Julia Cameron que j’avais commencé avec beaucoup d’intérêt et d’enthousiasme mais je n’ai pas été jusqu’au bout suite à un petite crise perso – tu me donnes envie de m’y remettre. A moins que j’attende d’abord ton billet….
    Je vais déjà aller lire le billet de Lili Barbery et en apprendre plus sur son livre !

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    • Je pense que justement ce programme est susceptible de générer des crises (j’en sais quelque chose) et qu’il faut persévérer : j’ai découvert plein de trucs ! Je parlerai du livre de Lili jeudi !

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  5. Ping : La réconciliation, de la haine du corps à l’amour de soi de Lili Barbery-Coulon : rassembler les fragments – Cultur'elle

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