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Instantané #80 (attendre patiemment que ça mûrisse)

Instantané #80 (attendre patiemment que ça mûrisse)

Shams de Tabriz écrivait : la patience, ce n’est pas endurer passivement. C’est voir assez loin pour avoir confiance en l’aboutissement d’un processus. L’impatience signifie une courte vue, qui ne permet pas d’envisager l’issue. 

L’autre jour, en regardant mes tomates, j’ai repensé à cette phrase, en me disant que c’était fou ce que le jardinage nous apprenait sur la vie. En l’occurrence, la patience : d’abord on plante, et puis ça pousse, ça pousse. Les tomates font des fleurs, puis des petits fruits, qui mûrissent tranquillement avant qu’on puisse enfin les déguster. Et c’est, finalement, le plus long : ce moment entre la formation du fruit et celui où on peut le cueillir parce qu’il est arrivé à maturation. Je sais que je ne pourrai pas en manger avant un mois. Et bien sûr, j’ai hâte d’en manger, de mes petites tomates, c’est tellement bon, ce qu’on a fait pousser soi-même. Mais je ne suis pas impatiente, au sens où je sais que chaque chose arrive en son temps, lorsqu’elle est prête, lorsque c’est le moment, et que le moment n’est pas encore venu pour mes tomates ; et il viendra, ce moment, c’est certain.

Alors, en regardant mes tomates, j’ai enfin compris ce que c’était que le fameux lâcher-prise dont on nous rebat les oreilles : cela ne sert à rien que je m’agace parce qu’elles sont encore vertes, mes tomates, m’agacer ne les fera pas rougir plus vite ; rien ne les fera rougir plus vite, elles suivent leur rythme, voilà tout. Alors comme je sais qu’elles vont bien finir par mûrir, et bien je n’ai plus qu’à attendre patiemment qu’elles soient prêtes.

Toujours regardant mes tomates, je me suis alors dit que c’était sans doute une métaphore de la vie : outre mes légumes et mes fleurs, j’ai planté de nombreuses choses ces derniers mois. Des petites graines dont j’ai hâte qu’elles donnent enfin des fruits ; mais j’ai planté des choses qui ont besoin d’une longue maturation pour donner. Alors, je suis souvent impatiente, d’autant que, contrairement à mes tomates, je ne peux pas tellement voir où elles en sont, et qu’après tout, je ne peux pas être complètement certaine que ça va donner des fruits. Ou des fleurs. Tout ce qu’on plante ne pousse pas, malheureusement.

Mais je vais essayer de faire comme pour mes tomates : attendre patiemment que ce soit le bon moment.

Edit : ce qui est rigolo, c’est que deux jours après j’avais déjà une petite tomate mûre, 3 semaines avant la date habituelle, donc je ne l’attendais pas du tout, et ce fut alors une jolie surprise ! 

La première petite tomate
La première petite tomate

4 comments on “Instantané #80 (attendre patiemment que ça mûrisse)

  1. Oui, tout ça est très vrai, sans compter que parfois, à la fin de la saison, certaines tomates ne murissent jamais si le temps est défavorable, mais ça c’est les aléas non maîtrisables. Et j’ai hâte de manger les premières tomates de l’année, avec de la mozzarella et du basilic, j’adoooooooore ça !

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  2. Tu as raison, le jardinage nous apprend tellement sur nous-mêmes, nos fonctionnements, la nature, la vie! Chaque école devrait avoir son petit potager pour que les enfants puissent faire ces découvertes progressivement…

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