Elle lit de la poésie

Les murmures de l’amour, de François Solesmes : la religion d’aimer

Les murmures de l'amour, de François Solesmes : la religion d'aimer

S’il est tant de définitions de l’amour, c’est qu’aucune ne l’enferme. Voici la plus humble : l’amour est là quand la seule pensée que l’Autre existe et que nous l’avons, nous, rencontré, nous tire des larmes d’une gratitude encore mêlée d’incrédulité.

et encore ceci :

Je suis telle ces gens dont on dit — après une maladie, un deuil, un accident — qu’ils ne sont plus pareils. Pour moi, ce fut à la suite d’un accident très singulier : j’ai heurté de plein fouet ton visage, tes mains, ton torse, ton ventre, — ta vie. Pêle-mêle. 

Quelqu’un (qui ?) m’avait conseillé ce titre lorsque j’étais en train d’écrire le Truc. Cela dit, comme on a dû me suggérer à l’époque tout ce qui s’est écrit sur l’amour depuis l’Antiquité, il est évident qu’il me faudra plus d’une vie pour tout lire. Nonobstant j’avais noté ce titre, dans l’intention de m’y pencher un jour ou l’autre. Ce jour était la semaine dernière.

Le discours amoureux est-il mort ? Non affirme François Solesmes, et quand bien même il ne ferait que murmurer, l’amour parle encore. Alors, il nous propose un dialogue amoureux. L’amoureux, l’amoureuse, l’amant, l’amante…

Cantique des cantiques contemporain, ce texte est d’une beauté éblouissante et fulgurante. J’avais envie de tout souligner, de tout noter, de tout apprendre par cœur. C’est un long poème qui fait effraction dans l’âme, l’ouvrant en grand pour laisser passer la lumière : chaque mot, chaque lettre, chaque virgule résonne — au point que j’ai eu parfois l’impression de me consumer, de manquer d’air, d’être déployée, au point de pleurer parfois. Non que ce soit triste, au contraire : c’est, beau, c’est vivant, vibrant. Il y a dans ce texte à la fois poétique, métaphorique, spirituel et charnel, délicatement érotique (certains passages m’ont réellement donné très chaud), aérien et grave, lumineux, de sublimes pages sur le baiser, le corps féminin qui se déploie en métaphores florales et aquatiques, l’extase. Ici, l’amour est hissé à hauteur de religion — la seule qui vaille !

Bref, un texte qui m’a totalement submergée, transportée et illuminée. Précipitez-vous si vous ne le connaissez-pas : il est de ces merveilles cachées qui valent vraiment la peine. Quant à moi, je viens de découvrir un auteur qui fait battre mon cœur et parle à mon âme !

Les Murmures de l’amour
François SOLESMES
Encre Marine, 2004 (Les Belles Lettres, 2013)

5 comments on “Les murmures de l’amour, de François Solesmes : la religion d’aimer

  1. Ping : Petit éloge du désir, de Belinda Cannone : ce qui nous rend vivants – Cultur'elle

  2. Même si les citations que tu as noté sont très belles, le sujet est de ceux je fuis !

    Aimé par 1 personne

  3. Ping : La présence pure et autres textes, de Christian Bobin : Être poétiquement au monde – Cultur'elle

  4. Ouh mais tu m’intéresses… 😉 Je suis friande moi aussi de ce genre de textes, de temps à autre.

    Aimé par 1 personne

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