Elle lit des romans

Laisser des traces, d’Arnaud Dudek : splendeur et misère de la politique

Laisser des traces, d'Arnaud Dudek : splendeur et misère de la politique

Comme dans le poème d’Emma Nizan… « Je voudrais tant laisser des traces », martèle-t-il, je crois que c’est ce qui m’anime depuis toujours. Le petit gars qui a grandi dans une maison de poupée, qui a été élevé par un peintre en bâtiment et une employée de laboratoire, et qui n’a aucune envie d’être un figurant. Mon nom accolé à une loi qui changerait — en mieux — la vie des gens, mon visage associé à une grande réforme, que sais-je encore… J’ai trop peur de disparaître sans avoir… Trop peur que de mon passage ici il ne reste rien. Je vous ai raconté cette histoire de peinture entendue chez Chouchou ? Un type a trouvé un tableau du Titien chez un brocanteur. Le Titien… Il peut mourir, à présent, ce type. Il a laissé une trace dans l’histoire de la peinture. En revanche, moi… 

Nous voulons tous laisser des traces. C’est pour cela que nous avons des enfants, écrivons, créons, ou pour certains nous engageons en politique. C’est en tout cas pour cette raison que s’est engagé le personnage du nouveau roman d’Arnaud Dudek

Fraîchement élu maire de Nevilly au printemps 2020, Maxime Ronet découvre rapidement la réalité du terrain, et son impuissance : il fait de son mieux, mais il n’est pas parfait, commet des erreurs, certaines lourdes, comme avoir annulé plusieurs fois un rendez-vous avec une certaine Emma Nizan…

La vocation politique, l’idéal et le réel : c’est ce qu’interroge Arnaud Dudek dans ce joli roman, par le biais d’un narrateur qui ne se laisse pas effacer. On le sait le quotidien d’un maire est de moins en moins attractif, de plus en plus frustrant, ponctué de problèmes pratiques et de situations concrètes face auxquelles il se retrouve souvent démuni : comment aider les gens ? Car Maxime Ronet, malgré ses défauts, veut réellement aider les gens, être utile, améliorer leur vie — laisser des traces. Et il y parviendra, peut-être, mais pas forcément comme il le croyait.

J’étais un peu perplexe en commençant ce roman, parce qu’a priori le sujet ne me touche pas plus que ça : et puis, si, je me suis laissé emporter par l’écriture d’Arnaud Dudek, je me suis beaucoup attachée à Maxime malgré ses défauts et intéressée à ce questionnement qui par certains côtés m’a fait penser à Zadigj’avoue aussi que Maxime m’a beaucoup rappelé quelqu’un qui m’est cher. Sans parler de la poésie !

Bref, un très beau roman, à la fois tendre et ironique !

Laisser des traces
Arnaud DUDEK
Anne Carrière, 2019

L’avis de Clara

1 comment on “Laisser des traces, d’Arnaud Dudek : splendeur et misère de la politique

  1. Même s’il ne me concerne pas vraiment, le sujet m’intéresse. je note.

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