Elle lit des essais

Les émotions cachées des plantes, de Didier van Cauwelaert : les végétaux ont-ils une âme ?

Les émotions cachées des plantes, de Didier van Cauwelaert : les végétaux ont-ils une âme ?

Mais, n’en déplaise à ces raisonneurs confondant rationalisme et a priori, l’imagination n’est pas qu’une déformation de la réalité. C’est, en l’occurrence, la capacité de concevoir une action future à partir de la perception du présent, nourrie par les enseignements de la mémoire. Quels que soient les rouages d’une telle imagination, elle me paraît à la fois la cause et la conséquence de ces « émotions cachées » des plantes, que nous allons maintenant essayer de décrypter.

Comme je l’ai déjà expliqué, dans ma vie précédente j’étais une serial killeuse de plantes ; je ne m’y intéressais absolument pas, je les trouvais jolies mais je ne m’en occupais pas plus que d’un bibelot, et elles mourraient immanquablement après un temps plus ou moins court passé chez moi. Mais les choses ont changé : depuis quelques mois, j’en ai adopté beaucoup, mon appartement est devenu une véritable jungle urbaine et je crois qu’elles se sentent bien (sauf ma maranta qui me donne du souci actuellement). Je pense qu’elles apprécient l’emplacement qui est le leur (non loin de la baie vitrée, elles profitent d’une magnifique luminosité matinale mais ne sont pas brûlées par le soleil de l’après-midi) et d’être toutes ensemble. Mais je crois qu’elles aiment surtout que je leur accorde mon attention, pas seulement en les arrosant, mais surtout en leur parlant gentiment, en les félicitant avec enthousiasme lorsqu’elles font de nouvelles pousses (du coup elles en font plein), en leur passant de la musique. Tout comme je parle aux fleurs du jardin quand je rentre le soir, et aux arbres. De fait, j’ai découvert que les plantes n’étaient pas seulement de la décorations, mais qu’elles constituaient une vraie présence, et qu’elles augmentaient mon taux vibratoire. Cela peut paraître dingue dit comme ça, mais ça ne l’est pas, et c’est pour cette raison que je voulais lire cet essai (et pas seulement à cause de son auteur).

Dans cet ouvrage, Didier van Cauwelaert s’attache donc à montrer, expériences scientifiques à l’appui, que les végétaux ne sont pas des machins inanimés, mais qu’ils peuvent faire preuve de ce qu’on pourrait appeler intelligence : ils ont conscience du danger et savent mettre en place des stratégies pour se défendre de leurs prédateurs (ce qui ne laisse pas d’être inquiétant, parce que le jour où ils en auront marre de l’humain…), ils savent utiliser la séduction et la ruse, ils sont sensibles à la flatterie et poussent mieux avec des compliments, ils peuvent faire de la transmission de pensée, ressentir de l’empathie et de la compassion, se montrer solidaires entre eux, ils utilisent un véritable langage, aiment la musique (enfin, certaines musiques), éprouvent du chagrin, n’aiment pas trop les caresses et ont, visiblement, conscience de la mort.

Tout cela est absolument passionnant : on retrouve des faits dont l’auteur avait déjà parlé dans ses Dictionnaire de l’impossible mais ici les faits sont creusés, analysés, et surtout étayés par de nombreuses expériences scientifiques qui laisseront songeurs les plus incrédules. L’idée qui se dégage de tout ça, c’est tout de même que l’humain a créé un joyeux bordel, en mettant sont nez partout, pour « aider » les plantes à mieux grandir, ne pas être malades, se défendre contre leurs prédateurs, alors qu’elles en sont tout à fait capables toutes seules ; de fait, le végétal est apparu bien avant l’homme sur la planète, et très probablement lui survivra très longtemps (en poussant un « bon débarras » de soulagement ?) lorsqu’il aura disparu. De fait, j’ai lu certains passages à mes plantes, et elles étaient tout à fait d’accord !

Les Émotions cachées des plantes
Didier van CAUWELAERT
Plon, 2018

6 comments on “Les émotions cachées des plantes, de Didier van Cauwelaert : les végétaux ont-ils une âme ?

  1. Merci pour cette présentation ! Révolutionnaire, l’importance donnée aux plantes et aux arbres! Il faut vraiment qu’on change notre perception du monde !

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  2. Je ne connaissais pas du tout cet essai, et ce que tu en dis me rends d’autant plus curieuse. Je n’ai pas la main verte, toutes les plantes que j’ai pu avoir sont mortes. Je pense que c’est parce que je les considérais aussi comme des simples bibelots. Merci pour cette chronique, ça me donne une autre vision des plantes 😉

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  3. Merci pour cet article je vais courir me procurer ce livre pour le lire à mes plantes !

    Aimé par 1 personne

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