Elle se fait des films

Black Mirror Bandersnatch, de Charlie Brooker : le film aux sentiers qui bifurquent

Black Mirror Bandersnatch, de Charlie Brooker : le film aux sentiers qui bifurquent

Je l’ai déjà dit maintes fois : j’ai toujours été borgesienne même lorsque je n’avais jamais entendu parler de Borges, et partant fascinée par la questions des choix, du libre-arbitre, des chemins qui bifurquent et autres réalités alternatives. Lorsque j’étais enfant, j’étais passionnée par les livres dont vous êtes le héros, et je passais des heures à explorer toutes les possibilités. J’ai aussi dans ma vie passé des heures à me demander si, en ayant fait d’autres choix à certains moments, ma vie serait autre. Activité qui ne sert à rien, je sais, mais je crois que c’est aussi une manie d’écrivain.

Bref, tout cela, Netflix nous le propose par le biais d’un film interactif lié à la série Black Mirroren attendant la nouvelle saison.

En 1984, un jeune informaticien de dix-neuf ans, au lourd bagage psychologique, crée un jeu vidéo à choix multiples, lui-même adapté d’un roman à choix multiples. Selon les choix que le spectateur fera à certains moments, l’histoire partira dans différentes directions.

C’est peu de dire que ce film m’a plongée dans des abîmes de perplexité existentielle : s’il a des défauts, si certaines arches narratives sont un peu légèrement traitées et si je n’ai pas toujours tout compris, le fait est que mes neurones ont tourné à plein régime. Construit sur une double (voire triple) mise en abîme (une autre de mes manies), Bandersnatch propose donc une expérience immersive métaphysique ; ça, ça a été, contrairement à certains je n’ai jamais grandement hésité dans les choix (c’est comme dans la vie : je faisais toujours les mauvais). Mais. Avons-nous, réellement, le choix ? Bien sûr, ce n’est pas comme parfois dans la vie, les choix sont prédéterminés et limités (et à certains moments j’en aurais bien fait un autre qui n’était pas proposé). Certains semblent anodins : la marque des céréales, la musique écoutée… D’autres sont plus vertigineux. Sauf qu’il m’a semblé que c’était comme dans la vie, et parfois on revient en arrière (ça vous est déjà arrivé je suppose de faire un choix, et puis, comme ce n’était pas le bon, la vie vous remet dans une situation similaire pour que vous puissiez agir autrement ?). Et certains choix ne sont que de faux choix.

Oui, Bandersnatch est une expérience métaphysique, qui permet de tester ce qu’on ne peut pas faire dans la vie, les conséquences des différents choix qui s’offrent à nous (on n’en teste toujours qu’un) et de mettre en perspective la notion de destin et de libre-arbitre. Nos choix en sont-ils vraiment ? Est-ce que tout est prédéterminé et quels que soient nos choix, certains événements se produisent immanquablement ? Il n’y a bien sûr pas de réponse, ou plutôt chacun a la sienne.

Pour ceux qui ont Netflix, je conseille vraiment de tester, c’est assez vertigineux et bien fait, on peut y passer des heures si on veut voir tous les chemins ou en tout cas explorer plusieurs possibilités.

Black Mirror : Bandersnatch
Charlie BROOKER
Netflix, 2018

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