Adieu, 2018 (et bon vent)

Bien plus encore que 2017, 2018 me laisse perplexe lorsque j’en fais le bilan. J’ai l’impression qu’il s’agissait d’une année de transition et de libération, où j’ai avancé même si je n’en vois pas les résultats concrets, et je commence à trépigner et à avoir besoin de changements. Disons que ce fut une année de violentes secousses, de tsunami émotionnel et existentiel. Je suis toujours dans les turbulences de ma mid-life crisisj’ai admis l’évidence que depuis des années je me voilais la face et que non, décidément, je ne suis pas à ma place là où je suis et que la vie que je mène, sur tous les plans, n’est pas la mienne. Sauf qu’il ne suffit pas de le constater pour que ça change, et concrètement pour l’instant ça ne change pas…

Beaucoup de choses ont changé, pourtant, sans forcément que ce soit des résolutions. Je me suis parfois surprise à faire des choses que trois semaines avant l’idée même m’aurait fait pousser de hauts cris. Surprise à ne plus faire des choses qui, auparavant, m’étaient essentielles : d’ailleurs, de toute l’année, je ne suis allée qu’une seule fois à Paris ce qui, vous en conviendrez, est une révolution (il faut dire que l’Univers m’a bien aidée, entre les grèves perlées de la SNCF et un claquage au mollet à la fin de l’été qui m’a littéralement immobilisée et obligée à cesser de gesticuler). Surprise à ralentir : le rythme du blog, d’ailleurs, s’en est ressenti, ce qui n’était pas du tout un manque de motivation, ni une envie d’arrêter, simplement, à un moment, j’ai éprouvé le besoin de poser les choses, de voir où je voulais aller, et je ne sais pas si vous vous êtes rendu compte qu’il prenait, petit à petit, un virage un peu plus « personnel » et plus « lifestyle » — et, curieusement, ou non d’ailleurs, ce sont ces articles, notamment celui sur l’hypersensibilité, qui suscitent le plus de réactions, notamment en « off ». Surprise, aussi, à avoir de nouvelles envies, à remettre en cause certains de mes choix de vie (ou plutôt ce que je croyais être des choix et qui n’en étaient pas), certains de mes fonctionnements, certains de mes systèmes de pensée, et à me demander si c’était réellement bon pour moi, à avoir de nouveaux désirs qui jusque-là ne m’avaient pas effleurée.

Mon rapport à mon corps a complètement changé. Il y a encore du chemin avant que je cesse de me battre avec lui, mais je n’en suis plus séparée et d’ailleurs il m’a beaucoup parlé cette année, en me faisant des trucs bizarres que je n’avais jamais eus (un claquage, un torticolis, et autres). C’est lié aussi à mon rapport à la féminité, sujet sur lequel j’ai beaucoup lu et réfléchi (notamment grâce aux ouvrages d’Adeline Fleury et de Camille Sfez), et qui va plus loin que ce que j’envisageais jusque-là.

Mon rapport à la nature a complètement changé. Je me suis surprise à prendre du plaisir à me promener dans les bois, en montagne, à m’entourer de matières naturelles, et notamment les pierres, les plantes, à prêter attention aux phases de la lune. Si l’eau a toujours été mon élément, j’apprends à apprécier les autres.

J’ai beaucoup, beaucoup écrit, furieusement même, à raison de plusieurs heures par jour, un texte essentiel pour moi, très personnel mais qui je pense a aussi une résonance universelle (au point où j’en suis, autant me prendre pour Victor Hugo), qui avoisine les 250000 mots et qu’il faudra élaguer si un jour je souhaite en faire quelque chose. Ce texte, et les événements intimes auxquels il est lié, m’ont beaucoup fait grandir, à la fois sur le plan de l’écriture (en relisant des choses plus anciennes j’ai l’impression d’avoir progressé) et sur le plan personnel, en tant que femme : je suis allée au cœur de mon labyrinthe et affronté la tribu des minotaures qui empoisonnaient ma vie. J’ai fait la paix avec certaines blessures de mon passé, je crois. Je me suis trouvée. Et à la lumière de ce texte, j’ai entièrement repris mon premier roman, qui je m’en suis rendu compte n’était pas achevé, tout comme moi je ne l’étais pas, et c’est sans doute la raison pour laquelle il ne trouvait pas sa maison.

En 2017, j’avais amorcé des changements, et encore une fois je pense que mon déménagement était éminemment symbolique, comme un nouveau départ, mais transitoire. En 2018, j’ai donc l’impression de m’être « purgée » de mon passé, de m’être libérée de mes entraves.

Enfin, sort of… Parce que le problème, c’est que j’ai l’impression que moi j’ai avancé, j’ai revu mes priorités, découvert ce que je voulais vraiment, et où était ma place, mais les changements dans ma vie ne suivent pas. Comme si cette vie qui ne me convient pas ne cessait de m’attraper par le bras pour me tirer en arrière.

Toujours aucun éditeur à l’horizon (enfin si, j’ai eu un appel au mois de juin pour mes nouvelles érotiques, on devait signer le contrat et puis je ne sais pas, l’éditeur ne m’a jamais recontactée et comme je ne le « sentais » pas je n’ai pas insisté (j’ai appris depuis que probablement j’avais eu raison de suivre mon intuition)), et j’ai beau me dire que c’est arrivé même aux plus grands auteurs, j’ai beau savoir qu’écrire est ce que je dois faire, le fait est qu’écrire plusieurs heures par jour, avoir des dizaines de projets, tout en se disant que personne ne lira jamais ce qu’on écrit, c’est extrêmement frustrant et au final décourageant.

Toujours aucun changement d’air à l’horizon. J’ai un besoin urgent de quitter Orléans que je ne supporte plus, et de faire un autre travail, lié mais différent. Et ailleurs. En avril, j’ai demandé à nouveau le poste qui me fait rêver et qui me permettrait un changement salutaire. Je ne l’ai pas eu. A nouveau.

Quant à ma vie sentimentale… on verra, mais c’est vraiment le domaine de ma vie où j’ai le plus l’impression de patauger dans la mélasse, et que je n’y arriverai jamais.

Bref, une année de transition, qui a été assez violente même si je sens bien au fond et malgré les doutes et agacements que je suis sur la bonne voie, ce que l’Univers ne cesse de me dire en m’envoyant des signes et des synchronicités. Mais j’ai tout de même hâte de la voir se terminer et de passer à autre chose, un véritable nouveau départ, parce que les transitions, c’est mignon mais épuisant, et surtout je ne suis pas l’incarnation de la patience. Je sens bien que les choses sont en train de se décanter, que des dizaines de projets mijotent en moi et n’attendent que le bon moment pour se manifester. Mais voilà : j’ai envie de réels changements, concrets, et de neuf (ce qui tombe bien, puisque c’est la rime de 2019).

Janvier…

Février…

Mars…

Avril…

Mai…

Juin…

Juillet…

Août…

Septembre…

Octobre…

Novembre…

Décembre…

17 réponses sur « Adieu, 2018 (et bon vent) »

  1. Gabriel Grossi

    Bonjour, j’ai bien aimé votre article, vous avez semble-t-il une belle plume, alors j’espère que 2019 vous apportera les changements que vous attendez.

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  2. clemencedharville

    Mon année 2018 fut aussi une année de transition — et même pire que la votre — assez atroce — avec beaucoup de problèmes d’argent.
    Quant à écrire beaucoup et n’être pas édité, non seulement c’est très frustrant, mais moi ça m’aigrie (mépris pour les auteurs qui sont édités sans le mériter) et impuissant (quand on a été beaucoup refusé on ne sait plus comment écrire). J’ai une amie qui écrit des romans sans les envoyer à des éditeurs, juste pour elle. Moi je ne peux pas. J’écris pour être lue, puisque j’écris pour partager des connaissances.
    Sinon, si ça peut vous consoler, je vous envie : vous pouvez vous acheter des tombereaux de pivoines (j’adore les pivoines mais c’est un luxe pour moi), des robes chez Boden (idem), et vous avez un joli intérieur avec de jolis meubles.
    En tout cas, je vous souhaite un 2019 plein de publications et de rêves réalisés.

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  3. les Livres de George

    Pour que les changements arrivent il faut leur laisser du temps, parfois un temps très long. J’ai ressenti le même besoin de changement à mes 40 ans, j’avais l’impression que mon avenir était une longue stagnation. ça a mis 6 ans avant que les choses bougent, ce fut douloureux, stressant, mais ponctué de plusieurs petites fiertés et avancées. Nous n’avons certes pas les mêmes aspirations, mais le même besoin de se réaliser semble-t-il. Il ne faut pas lâcher !!

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  4. coupsdecoeurgeraldine

    Bon, il y a tout de même du positif en 2018… Quant à la middle life crisis, à 46 ans, ça se calme bien… Moi, j’ai trouvé ma voie dans une vie simple mais active et utile. Je n’ai plus de grands rêves et le vis très bien car mes rêves se trouvent plus au bout de la rue qu’au bout du monde maintenant. Mais bon, j’aimerai tout de même gagner au loto pour réaliser un rêve à 10 km de chez moi ! Comme quoi !!!
    Quant aux changements que tu espères (depuis plusieurs années, puisque je te lis depuis plusieurs années), il faut aussi prendre des risques, quitter sa zone de « confort » (travail assuré…) et se lancer… 3 fois je me suis lancée dans ma vie, en larguant tout et en partant vers l’inconnu… 2 fois pour partir m’installer en Guadeloupe (bon la 2ème fois, ce n’était plus l’inconnu), une fois pour aller vivre à Londres. Pourquoi ne pas profiter de ton poste pour aller l’exercer ailleurs, à l’étranger, soit dans la pampa, soit dans une ville culturelle, telle que New York, Londres, Tokyo ou autre… Et si une fois sur place, on est déçu ou que tout ne se passe pas comme on l’espérait, on peut toujours revenir !

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  5. Stephie

    Je comprends parfaitement… de grosses bises en te souhaitant que toutes les petites pierres mises les unes sur les autres constituent enfin un appui solide sur lequel te hisser.

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  6. coupsdecoeurgeraldine

    Re ! C’est vrai que je lis bcp tes billets « perso » car je m’y retrouve tout de même souvent. Mais à une époque, j’ai eu aussi l’obsession de l’écriture et évidemment, de l’édition… Sans doute lié à un besoin de reconnaissance. Cela m’est complètement passé… Maintenant, mon obsession est de sauver des chats errants !
    Bon 2019, que du neuf !

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  7. Aline

    Quel beau billet!
    Je te suis assidûment.
    Surtout continue ne perds pas espoir.
    Je sais, facile à dire.
    J’ai hâte de pouvoir lire tes romans. Si jamais tu veux nous mettre un extrait…
    Tes photos sont magnifiques.
    On sent que tout ce que tu fais, tu le fais avec ton cœur.
    Une très belle année 2019!

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  8. Syl.

    Je me souviens d’une époque, assez lointaine maintenant, où tu disais ne pas aimer t’aventurer hors de la ville. Quelle belle progression ! Vu de loin, ce petit bilan est très positif.
    Bonne année 2019 !!!

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  9. Mind The Gap

    Il y en aurait à dire sur ce bilan très personnel, au moins toi tu oses le faire et le publier ici et très peu de blogueuses le font avec autant de lucidité et de sincérité. Ce qui certain c’est que vu de loin, de ma place, tu apparais comme quelqu’un de singulier et ça c’est déjà énorme. Pour le reste, peut être que ton rapport à la solitude est en train de changer avec l’âge et du coup ça remet plein de choses en cause !
    Pour ton blog, tu as bien raison de le faire évoluer si tu en as envie et puis publier à la chaîne ça peut aussi gonfler à terme et c’est pas parce que tu ralentis les chroniques de livres que ton blog ne sera plus côté parmi les blogs littéraires !
    Bref , le meilleur pour toi en 2019, c’est ce que je te souhaite !

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  10. Ping: Parce que les tatouages sont notre histoire, d’Heloïse Guay de Bellissen : la mémoire dans la peau – Cultur'elle

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