Elle lit des récits et chroniques

Le Sel de la vie, de Françoise Héritier

Le Sel de la vie, de Françoise HéritierC’est donc une énumération qui suit, une simple liste, en une seule grande phrase, qui est venue ainsi toute seule par à-coups, comme un grand monologue murmuré. Il s’agit de sensations, de perceptions, d’émotions, de petits plaisirs, de grandes joies, de profondes désillusions parfois et même de peines, bien que mon esprit se soit tourné plutôt vers les moments lumineux de l’existence que vers les moments sombres, car il y en a eu. A de petits faits très généraux dont tout un chacun aura pu éprouver un jour la réalité (je parle alors de façon neutre, c’est-à-dire selon l’usage français au masculin) j’ai mêlé progressivement des souvenirs privés, durables, fixés en images mentales fortes pour toujours, instantanés fulgurants dont l’expérience peut être, je crois, transmise en quelques mots (je parle alors au féminin). Il faut voir dans ce texte une sorte de poème en prose en hommage à la vie. 

Jusqu’à présent, je n’avais lu de ce texte que des extraits. J’ai eu envie de m’y plonger totalement, un après-midi pluvieux où tout me semblait un peu vain.

C’est une longue lettre à un ami, réponse à une carte où il indiquait à l’auteur avoir volé quelques jours de vacances. Pour lui montrer qu’en considérant les choses de cette manière, il passe à côté de ce qui fait le sel de la vie, les « frémissements intimes » des plaisirs qui font ce que nous sommes et qui, si on y est attentifs, peuvent rendre le quotidien extraordinaire…

C’est un texte court, et qui fait un bien fou. A la fois très personnel (sans être intime ni rien dévoiler de privé) et fondamentalement universel, il nous apprend à regarder autrement ce que nous vivons tous les jours et à savourer les petites choses. Un peu comme une Happiness Jar mise en lettre. Cela donne un texte assez hédoniste, éminemment sensuel car émaillé de couleurs, de sons, d’odeurs, de perceptions tactiles et gustatives. La lenteur, les petits riens. Un texte d’une grande légèreté. Par choix, Françoise Héritier ne s’attarde pas les plaisirs intellectuels, ceux de la recherche et de l’écriture (quelques références à la lecture néanmoins), ni sur l’amour. C’est la seule chose que je regrette un petit peu, car si je devais faire ma propre liste ces deux aspects essentiels de l’existence y tiendraient une place de choix…

Mais lisez, lisez, picorez dans ce texte essentiel ! Il s’agit tout simplement de la manière de faire de chaque épisode de sa vie un trésor de beauté et de grâce qui s’accroît sans cesse, tout seul, et où on peut se ressourcer chaque jour.

C’est un peu habiter poétiquement le monde, non ?

Le Sel de la vie
Françoise HÉRITIER
Odile Jacob, 2012

(7 commentaires)

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