Et moi, je vis toujours de Jean d’Ormesson

Et moi, je vis toujours de Jean d'Ormesson

Et moi, je vis toujours de Jean d'OrmessonPlus intéressant que la politique et que cette économie qui m’a prise en otage et dont on nous rebat les oreilles, l’amour remonte à la plus haute Antiquité. Il naît avec la pensée, avec le mal, avec moi. Qu’ai-je donc fait depuis toujours ? Ah! bien sûr : Sumer, l’Egypte, la Grèce, la chute de l’Empire romain, la Chine, le monde arabe, mille ans de royauté, la Révolution française… Mais surtout : l’amour.
Les Egyptiens faisaient l’amour. Les Grecs faisaient l’amour. Les Romains faisaient l’amour. Lisez Catulle, Horace, Ovide. Je vous assure que vous faisiez l’amour en Mésopotamie et en Chine. En Inde. En Arabie. Chez les Turcs. Tout au long de la préhistoire, pendant des siècles et des siècles, et au Moyen Âge, encouragés par vos troubadours et vos Minnesänger. Dans les Amériques, en Russie, sous la neige et sous le soleil. A Bagdad, à Florence avec Boccace et son Décaméron, à Venise où l’amour tient une place considérable entre l’art, le commerce et la navigation. Et encore aujourd’hui, chez vous, et ailleurs. Partout, l’amour est à l’oeuvre pour permettre à mon règne de n’avoir pas de fin. 

La mort de Jean d’Ormesson m’a beaucoup touchée, j’aimais tellement l’entendre raconter des histoires. Alors bien sûr, il était évident que je lirais son dernier roman, au titre si prophétique finalement, comme une dernière pirouette ou un dernier clin d’oeil malicieux…

Que nous raconte-t-il ici ? Rien de moins que l’histoire de l’humanité, comme si elle était l’histoire d’un homme. La narratrice, c’est l’Histoire Universelle, qui tel le Juif errant traverse les époques et assiste à tous les événements importants, s’incarnant tantôt en homme, tantôt en femme, côtoyant les puissants et les plus humbles…

Un très beau roman, plein de poésie et de malice, empreint d’humanité, à la fois érudit et instructif et léger, qui a travers cette conscience du monde donne une cohérence à ce qui n’en a vraisemblablement pas : l’histoire de l’humanité, entre permanence et fragilité, oscillant entre le Mal et le Bien. Et, au centre de tout, essentielle, la littérature et les écrivains, comme voix de cette histoire universel. C’est presque mythique, finalement.

Si vous ne l’avez pas encore fait, lisez ce roman : c’est un plaisir de se laisser bercer, une dernière fois, par le talent de conteur de Jean d’O.

Et moi, je vis toujours
Jean d’ORMESSON
Gallimard, 2018

5 réponses sur « Et moi, je vis toujours de Jean d’Ormesson »

  1. Miss Zen

    Moi aussi, la mort de Jean d’Ormesson m’a terriblement attristée. Et je pensais justement ce matin à ce livre que je me réserve comme un bon cru. Je crois que sa fille devrait encore publier un autre et puis il faudra le relire…..

    Aimé par 1 personne

  2. Mind The Gap

    Je n’ai jamais lu D’Ormesson et comme toi, j’aimais l’entendre parler et raconter. Je ne crois pas que je choisirai ce livre-là comme première expérience de lecture avec lui…

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